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 Stardust, 1. Un héritage oublié 

Publié le par Doc Bird

« Stardust, 1. Un héritage oublié », scénario de Maxe L’Hermenier, dessin de Yllya, éditions Jungle, collection Miss Jungle

Résumé : Thaïs vit seule avec sa grand-mère dans un petit village où les sorciers sont interdits. Mais un jour, Thaïs va rencontrer un sorcier et découvrir aussi que le chef du village leur ment…

Mon avis : Cette BD aux illustrations très colorées est sympa à lire, mais n’a pas un scénario très original, car en la lisant, j’ai vraiment ressenti une impression de déjà-vu.

On y retrouve en effet une jeune fille qui vit seule avec sa grand-mère, et qui va découvrir que sa mère, et son grand-père avant elle, étaient des sorciers puissants, mais qu’ils ont disparu. Elle va aussi croiser un loup blanc protecteur et découvrir qu’en elle coule le sang de la magie. Et elle va aussi découvrir que les apparences sont trompeuses, car le chef du village s’est bien moqué d’eux. On y rencontre aussi un chat qui parle. 

Bref, il manque l’étincelle de nouveauté pour que j’adhère totalement à cette BD. Mais je pense qu’elle devrait attirer les élèves.

Publié dans Lectures-BD

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Les animaux étranges

Publié le par Doc Bird

« Les animaux étranges » d’Elisabeth Dumont-Le Cornec, éditions Fleurus, collection la grande imagerie

Voici un documentaire que les élèves vont sûrement aimer, car il met en avant des animaux hors normes, aux formes parfois étranges ou bizarres, et les jeunes ados sont très souvent attirés par ce genre de livres.

On y croisera des animaux aux pelages chamarrés, aux plumes originales, aux écailles étonnantes, avec des piquants, sans poils… Et pour chaque animal, un encart présente sa carte d’identité et des informations sur l’utilité de ce qui le rend spécial.

Un titre sympa à proposer aux élèves !

Publié dans Lectures-documentaires

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Je ne joue plus, Alexandre ! 

Publié le par Doc Bird

« Je ne joue plus, Alexandre ! » de Michèle Bayar, éditions Oskar, collection Droits de l’enfant

Résumé : Alycia et Alexandre sont amis et font plein d’activités ensemble. Mais leur belle amitié va vaciller le jour où Alexandre montre à Alycia une photo pornographique pour rire…

Mon avis : J’ai acheté ce roman jeunesse car j’en connais peu qui abordent le thème de la pornographie, hormis « Point of view » qui est destiné aux plus grands, alors que celui-ci peut tout à fait être lu dès la sixième.

J’ai compris en lisant le résumé et en voyant la quatrième de couverture que ce roman reprend des personnages du roman « Je ne te crains plus, Alycia ! », mais cela n’empêche absolument pas de rentrer dans le récit.

On y fait la rencontre d’Alycia et d’Alexandre, amis inséparables qui partagent tout. Mais un jour, sur un malentendu, Alexandre montre à Alycia une photo pornographique sur son téléphone. Alycia est choquée, se dispute avec Alexandre, et décide de ne plus lui parler. Les rumeurs dans la classe et le collège vont bon train, et une surveillante, la CPE et le professeur d’histoire-géographie vont recevoir les élèves pour comprendre ce qui s’est passé, et calmer la situation.

J’ai trouvé ce roman très intéressant, car il montre que le consentement se joue sur différents niveaux, et qu’il faut toujours explicitement demander avant de montrer une image, une vidéo…qui peut choquer. On voit aussi que la pornographie est assez banalisée chez les jeunes ados, et qu’il est important de discuter avec eux de ce sujet, de l’amour, de la sexualité…

J’ai bien aimé le prof d’histoire qui réussit à écouter les élèves sans juger, reformule leurs phrases, et leur demande de réfléchir ensemble pour trouver une solution, ces paroles me faisant penser à la CNV (communication non violente).

Un roman à proposer aux jeunes !

Publié dans Lectures-romans

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Des forêts, des arbres et des hommes

Publié le par Doc Bird

« Des forêts, des arbres et des hommes » de André-Jean Guérin et Paul Mathis, éditions EDP Sciences

Merci aux éditions EDP Sciences et à Babelio et son opération Masse critique Non Fiction, qui m’ont permis de découvrir ce livre.

Sous prétexte de fiction, en donnant la parole à Pando, l’arbre peut-être le plus âgé du monde, ce livre est en fait un documentaire richement documenté scientifiquement, écrit par André-Jean Guérin, ingénieur des forêts, ancien membre du CESE (conseil économique social et environnemental), et président de l’association « A tree for you », et Paul Mathis, biophysicien, spécialiste de la photosynthèse.

Pando existe bien, et n’est pas vraiment un arbre unique, mais une colonie d’arbres, des peupliers faux trembles, qui se reproduit par le drageonnage, la reproduction se faisant par clonage, de nouvelles tiges se créant à partir des racines. Pando se trouve aux Etats-Unis, dans l’Utah, dans un parc protégé. Les scientifiques estiment qu’il pourrait avoir environ 80 000 ans, sa colonie est composée d’environ 47 000 troncs, et pourrait vivre encore longtemps, mais l’action de l’homme pourrait signer son arrêt de mort, entre les sécheresses, le raccourcissement des hivers, et l’absence de prédateurs naturels des herbivores, tués par l’homme, permettant aux herbivores de brouter les jeunes pousses de Pando, et ne lui permettant pas de se régénérer. C’est pour cela que les deux auteurs lui donnent la parole, celle-ci servant de prétexte à la présentation d’un contenu scientifique rigoureux et étayé de nombreuses sources.

Pando va ainsi présenter son histoire probable et ses caractéristiques, démontrer qu’humains, animaux et végétaux ont environ 25% de leur ADN en commun, les rendant plus proches qu’on n’aurait le penser de prime abord. Il explique aussi comment sont apparus les premiers végétaux, dont les arbres, leur lente évolution en fonction des écosystèmes, leurs liens avec les champignons via le système racinaire, le fonctionnement de la photosynthèse et la façon dont les arbres stockent le carbone. Puis Pando va consacrer plusieurs chapitres à l’arrivée de l’homme sur terre, son évolution, qui a progressivement impacté les écosystèmes, avec la culture de plantes au meilleur rendement, se nourrir de fruits et de graines, le déboisage intensif, en vue de construire des habitations, fabriquer des meubles, du papier, obtenir des terres cultivables, se chauffer ou cuisiner, construire des bateaux, laisser de la place pour les villes de plus en plus nombreuses et étendues, créer des routes pour la circulation… Ce faisant, l’action de l’homme a bouleversé les différents écosystèmes et le climat, les arbres n’étant plus assez nombreux sur la planète pour capter le CO2, permettre la formation de nuages de pluie, retenir l’eau et éviter les inondations.

La déforestation de l’Amazonie est un exemple de catastrophe annoncée, et sert de base pour le plaidoyer de Pando, qui propose de gérer autrement la planète et les forêts. Il faudrait planter des milliards d’arbres, en proposant des espèces diversifiées, gérer la forêt de façon durable en équilibrant les coupes et les plantations, et en ayant une vision à long terme. Mais les hommes pourront-ils se mettre d’accord sur la planète et agiront-ils avec conscience ?

Ce livre est destiné au grand public, et fait un état des lieux des différents systèmes souffrant de l’action humaine, mais certaines parties ont un contenu scientifique un peu ardu pour les néophytes comme moi. L’idée de donner la parole à Pando est une bonne idée, mais souvent il disparaît derrière le contenu scientifique et des références, rendant parfois sa parole un peu indigeste. Il aurait fallu un plus de fiction documentaire que de documentaire pur et dur pour que le livre soit adapté à tous.

Mais le contenu est très intéressant, et montre que l’humain va devoir agir très vite s’il veut encore espérer vivre sur notre belle planète. Le point de non-retour n’est pas loin, et tous les pays doivent en prendre conscience et se mobiliser rapidement,  pour éviter le pire. Ils doivent s’entendre sur la gestion durable des forêts, la plantation massive d’arbres, et la limitation de l’utilisation des énergies fossiles.

Des forêts, des arbres et des hommes
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La cuisine japonaise

Publié le par Doc Bird

« La cuisine japonaise » de Sanae Sayama et Marie Assénat, éditions Mango jeunesse, collection L’atelier des petits cuistots

Voici un livre de cuisine qui devrait plaire aux fans du Japon !

On y trouve beaucoup de recettes à base de riz, des plats comme ceux qu’on peut acheter dans les commerces ambulants, des goûters et des bons dîners maison.

Le petit plus de ce livre de recettes, c’est qu’il propose aussi des petites notes culturelles qui expliquent les traditions japonaises et les liens avec la tradition culinaire japonaise.

Le tout est accompagné de belles photos de plats qui donnent envie, ainsi que belles illustrations, à l’image de la couverture.

Publié dans Lectures-documentaires

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Spy x Family, 7

Publié le par Doc Bird

« Spy x Family, 7 » de Tatsuya Endo, éditions Kurokawa

Résumé : Twilight réussit à entrer en contact avec le père de Damien, grâce au mauvais comportement d’Anya. Parviendra-t-il à nouer un lien ?

Mon avis : Encore une belle réussite que ce tome 7 où les scènes sous tension sont entrecoupées d’autres chapitres où l’humour prédomine : le chien Bond qui craint de mourir avec la nourriture de Yor, la lutte pour goûter au célèbre gâteau de l’école qui pourrait rendre intelligent celui qui en mange, ou encore la recherche compliquée d’un chat…

Pendant ce temps, l’intrigue progresse avec Twilight qui réussit à établir un premier contact avec Donovan Desmond, tandis que Yor se voit confier une mission de protection, dans laquelle elle va emmener par hasard sa famille.

En fermant ce tome, je n’ai qu’une envie, poursuivre la série !

Publié dans Lectures-mangas

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 L’endométriose de Clara. Comprendre la maladie pour les 15-25 ans

Publié le par Doc Bird

« L’endométriose de Clara. Comprendre la maladie pour les 15-25 ans » de Yasmine Candau, illustrations de MaY Fait des Gribouillis, éditions Dunod, collection Dunod Graphic

J’ai acheté cette BD documentaire, car c’est le seul titre que j’ai trouvé actuellement qui peut être simple à comprendre par les collégiens et surtout les jeunes filles sur le thème de l’endométriose, qui touche environ 10 % des femmes.

Ecrit en partenariat avec l’associations EndoFrance par Yasmine Candau, elle-même touchée par cette maladie, cet ouvrage nous donne à suivre plusieurs années de la vie de Clara, qui souffre de règles très douloureuses depuis l’adolescence, mais que personne ne prend vraiment au sérieux, y compris son médecin de famille ou la radiologue qui va lui faire passer sa première IRM.

Elle va vivre plusieurs années d’errance et de souffrance avant que quelqu’un l’écoute vraiment, car sa mère ou ses amies lui disent que cela passera, qu’elle est douillette et s’écoute trop. Avec le temps, les douleurs empirent, y compris en dehors des règles, et même lors de ses rapports sexuels avec son petit ami.

Et c’est l’infirmière de son collège, qu a reçu une formation sur l’endométriose, qui va poser une première suspicion de diagnostic, et va l’orienter vers des spécialistes de cette maladie. Ce sera le début d’un long chemin difficile, car chacune est différente, et il n’est pas simple de trouver rapidement la bonne solution pour aider Clara à aller mieux.

A travers le récit de Clara, chaque lectrice et chaque lecteur également, peut mettre des mots sur cette souffrance, et savoir qu’il existe des spécialistes formés qui peuvent poser un diagnotic précis et aider à trouver des solutions pour aller mieux. Avoir des douleurs insupportables lors des regles n’est pas normal, il est important d’accueillir la parole et la souffrance de l’autre pour ensuite l’orienter vers les spécialistes formés.

J’ai bien aimé que les différentes solutions possibles soient présentées, et les différents témoignages dans la BD montrent que le parcours est long et difficile, avant qu’un diagnostic ne soit posé et que des solutions puissent être proposées : pilule, cure thermale, ostéopathie, opération…

Cette BD explique vraiment l’endométriose, et c’est important que les garçons la lisent aussi pour comprendre parfois leur petite amie si elle en souffre, et mieux l’accompagner et la soutenir. A lire et à faire lire !

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L’incroyable destin de Thomas Pesquet, astronaute 

Publié le par Doc Bird

 

« L’incroyable destin de Thomas Pesquet, astronaute » de Pierre Oertel, illustrations d’Erwann Surcouf, éditions Bayard jeunesse, collections Les romans-doc science

Résumé : Récit de la vie de Thomas Pesquet, de ses rêves d’astronaute à leur réalisation.

Mon avis : Sous forme d’histoire entrecoupée de pages documentaires explicatives, nous partons à la rencontre de Thomas Pesquet à travers les différentes étapes de sa vie : ses études, son métier, sa sélection pour devenir astronaute, ainsi que ses deux missions dans la station spatiale internationale.

Ce roman-documentaire court permet de connaître les grandes lignes de la vie de Thomas Pesquet, et de comprendre l’exploration spatiale, les expériences menées ou encore l’entraînement pour devenir astronaute.

Un ouvrage intéressant pour apprendre à connaître Thomas Pesquet et pourquoi pas, susciter des vocations ?!

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 L’année où je suis devenue ado

Publié le par Doc Bird

« L’année où je suis devenue ado » de Nora Dasnes, éditions Casterman

Résumé : Emma fait sa rentrée en 5ème et est contente de retrouver ses deux meilleures amies, Linnéa et Bao. Mais elle va vite se rendre compte que les gens ont changé, avec par exemple Linnéa qui sort avec un garçon, et une nouvelle dans leur classe, Mariam. Emma commence à ne plus trop savoir où se situer et où elle en est vraiment…

Mon avis : Une belle BD que l’autrice a écrit en pensant à ce qu’elle aurait aimé lire quand l’adolescence est arrivée.

On y fait la rencontre d’Emma qui écrit les premiers mois de sa rentrée en classe de 5ème dans son journal intime. Jusque-là, Emma vivait dans l’insouciance de l’enfance avec ses deux meilleures amies, passant leur temps à construire une cabane dans la forêt et à l’améliorer.

Mais elle se rend compte que les choses ont changé à la rentrée : elle a l’impression que les autres sont différents, même sa meilleure amie, Linnéa qui sort avec un garçon et commence à se maquiller. Bao, son autre meilleure amie, va d’ailleurs se disputer avec Linnéa car celle-ci ne pense plus qu’à l’amour et en oublie ses amies et leur projet de cabane. Entre les deux, Emma ne sait plus trop où elle en est, et se pose beaucoup de questions sur l’adolescence, l’amour…

D’autant plus qu’une nouvelle fille est arrivée dans leur classe, Mariam, qui fait bondir son cœur. Serait-ce cela l’amour ?

Une BD très sympa que les ados vont aimer, car il parle des changements à l’adolescence, du caractère et des centres d’intérêts qui évoluent, de la maturité des filles et des garçons, de l’amour entre filles et garçons ou entre filles, tout en montrant qu’il est normal de ne plus trop savoir se situer à ce moment-là.

Et mention spéciale au papa d’Emma dont les playlists sont très sympas.

Publié dans Lectures-BD

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Les lotus d’or

Publié le par Doc Bird

« Les lotus d’or » de Jane Yang, éditions Charleston

J’ai reçu ce roman dans le cadre du Masse critique Littératures organisé par Babelio, que je remercie, ainsi que les éditions Charleston, que j’ai découvert à cette occasion. J’avais demandé ce titre, attirée par la couverture flamboyante et le résumé.

L’histoire se déroule en Chine au XIXème siècle, et présente le destin de deux femmes depuis leur enfance.

Dans une société hiérarchisée par beaucoup de règles et de traditions, Petite Fleur apprend depuis toute petite à bander ses pieds pour qu’ils deviennent des lotus d’or, de petits pieds lui permettant plus tard de pouvoir espérer un bon mariage, et donc une situation correcte.

Mais les aléas de la vie font que sa mère est obligée de la vendre pour pouvoir assurer leur survie et l’éducation de son frère. Elle va devenir muizai, une esclave au service d’une famille riche, les Fong. Sa mère lui fait promettre de toujours bander ses pieds, qui sont sa seule chance de pouvoir s’en sortir, d’obéir et d’être sage. Petite Fleur se retrouve attachée au service de Linjing, une petite fille gâtée qui est promise à un bon mariage, et qui impose à Petite Fleur ses caprices et ses désirs.

Petite Fleur va peu à peu voir ses rêves se déliter face à la dure réalité de sa condition, sa maîtresse étant égoïste, lui imposant des ordres douloureux comme celui d’arrêter de bander ses pieds, car elle doit elle-même garder ses pieds naturels, pour plaire à son futur mari, qui est contre les lotus d’or, et avance dans la modernité.

Petite Fleur trouve refuge dans sa passion pour la broderie, art dans lequel elle excelle, et qui rend jalouse Linjing. Elle a des idées novatrices qui rendent ses motifs et ses couleurs vivants, et la broderie est ce qui lui permet d’échapper à la dure réalité quotidienne, et de se sentir vivante et libre.

Linjing a peur de son futur mariage, notamment de sa belle-mère et de ses belles-sœurs, car elle sent que ces dernières croient en la vertu des lotus d’or, et pourraient lui mener la vie dure. Elle comprend rapidement que Petite Fleur, avec ses idées et son audace, pourrait être sa seule alliée sur place. Elle va alors tout faire pour que celle-ci la suive, sans écouter les envies de cette dernière…

Je n’en dis pas plus sur ce roman qui est une vraie fresque familiale, qui permet de découvrir le monde de la Chine à la fin du XIXème siècle, quand le pays commence à s’ouvrir à l’Occident, mais où les traditions sont toujours très fortes dans la société.

Seuls les hommes ont le droit d’aller et de venir, de faire des choix, alors que les femmes doivent rapidement trouver un mari convenable pouvant assurer leur subsistance, devant vivre une vie d’obéissance au mari et à la famille de celui-ci. Et dans une société où l’homme peut avoir plusieurs épouses, les rivalités et coups bas peuvent être féroces pour détrôner la première épouse, et donner un fils à la famille. Les femmes ne s’entraident pas, et la belle-mère peut régner sur ce petit monde en personne acariâtre, imposant sa douloureuse domination sur toutes les femmes de la maison de son fils. Les lotus d’or ont une valeur de vertu, et sont très recherchés, au prix de grandes souffrances physiques, et ces petits pieds contribuent à l’enfermement des femmes chez elles, car celles-ci ne peuvent faire que de petits pas et fatiguent vite. Les femmes n'ont pour seuls choix que le mariage, la vie en couvent, ou dans une communauté de sœurs chastes qui doivent travailler sur pour assurer leur subsistance. La notion de bonheur individuel n’existe pas, et les valeurs de la famille sont les plus importantes.  

Mais la Chine commence un peu à s’ouvrir au monde, notamment les britanniques, et la société commence une lente évolution. Cela fait que ce roman est aussi une vraie fresque féministe, montrant les inégalités entre hommes et femmes, et le combat de certaines femmes pour faire évoluer leur condition. Petite Fleur fait partie de ces femmes d’exception. Elle va devoir se battre face à un destin tout tracé d’esclave, privée de liberté, elle va devoir faire face à de nombreux coups du sort très douloureux, notamment à cause de la jalousie et de l’égoïsme de Linjing, et faire preuve de créativité et de résilience.

Les chapitres alternent d’ailleurs entre leurs deux voix, permettant au lecteur de s’immerger dans leur intériorité et leurs réflexions. Même si j’ai préféré le courage de Petite Fleur, souffert avec elle des revirements du destin qui semblent contrecarrer tous ses projets, j’ai quand même ressenti de l’empathie et de la pitié pour Linjing à certains moments, celle-ci cédant toujours à la peur, même si le plus souvent elle m’agaçait prodigieusement avec ses réflexes de petite-fille gâtée.

Chaque partie du roman semble être une étape douloureuse de plus pour nos deux héroïnes dont le destin est inextricablement lié. Seule la toute dernière partie m’a parue un peu trop romantique et à l’eau de rose, je l’ai hélas trouvée assez peu réaliste et plutôt hors-sol, même si cela permet à Petite Fleur de devenir une figure de résistance qui montre une ouverture possible.

Ce roman m’a permis de découvrir un pays et une société que je connaissais peu, notamment la tradition des pieds bandés, qui m’a horrifiée, car j’ai cherché sur Internet de plus amples informations, les photos que j’ai vues m’ont révulsée : c'est un véritable outil de domination masculine au prix d’une immense souffrance, avec les os cassés, et les gangrènes possibles. J’ai aussi découvert de l’intérieur le fonctionnement des familles, et la mise en rivalité des femmes pour toujours mieux les maintenir dans leur condition. Et ce roman a aussi attisé ma curiosité sur la broderie et les motifs de décoration orientaux.

Un titre qui allait vers le coup cœur, mais la fin m’a parue trop peu réaliste, même si elle permet d’avoir un peu d’espoir.

Les lotus d’or
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