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Tout le bleu du ciel

Publié le par Doc Bird

« Tout le bleu du ciel » de Mélissa Da Costa, éditions Le livre de poche

Emile, 26 ans, est atteint d’un Alzheimer précoce, et il lui reste peu de mois à vivre. Il refuse de finir ses jours dans une clinique, avec sa famille qui le voit dépérir de jour en jour. Il passe alors une petite annonce pour trouver quelqu’un qui accepte de partir avec lui sur les routes, pour un ultime périple. Il a la surprise qu’une jeune femme, Joanne, lui réponde et accepte sa proposition. Commence alors un voyage en camping car entre un jeune homme qui veut vive à fond ses derniers moments et que ses volontés soient respectées, et une jeune femme taiseuse, qui se cache sous un grand chapeau noir. Tous deux vont apprendre progressivement à se connaître et à laisser s’ouvrir la carapace dont ils ont revêtu leur cœur. Mais la maladie d’Emile devient de plus en plus pressante et commence à prendre le dessus.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en lisant ce roman, attirée par le titre et la couverture, et je ne m’attendais pas à être aussi touchée par ce roman à la fois pudique et honnête sur les douleurs de la vie, et qui est rapidement devenu un coup de cœur pour moi tout au long des 800 pages du récit.

Emile, qui veut fuir sa famille pour éviter d’être une charge pour eux, et qui refuse d’être enfermé dans une clinique, relié à des machines, va décider de partir en camping car à l’aventure, dans un road trip qu’il avait rêvé de réaliser avec son meilleur ami.

Il va faire équipe avec Joanne, à peine plus âgée que lui, mutique, qui accepte de respecter ses volontés et de le suivre sur la route, comme si elle aussi cherchait à fuir une immense douleur.

Au silence des premiers jours va commencer à succéder des paroles, chacun s’apprivoisant progressivement. Joanne parle peu et semble insensible, mais c’est en fait pour mieux cacher un terrible chagrin. Tous deux vont alors devenir peu à peu une aide pour l’autre, chacun essayant de faire au mieux, et chacun aidant l’autre à refermer ses blessures.

Joanne reprend chaque jour un peu plus goût à la vie, et va initier Emile à la pleine conscience du moment présent, lui à qui il ne reste plus que le présent car le futur n’est plus pour lui, et le passé disparaît.

On se prend à espérer que tout cela finisse bien, mais Emile est condamné, et la maladie va rapidement revenir au devant de la scène. Malgré tout, ce n’est pas un roman triste, même s’il l’est aussi, mais il est surtout empli d’humanité, de petits bonheurs, de belles rencontre au hasard de la route, de beaux paysages, et de découverte de soi. La vie en fait, avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs et ses malheurs.

Les citations de Joanne font toutes réfléchir, et certaines m’ont donné envie de relire « L’alchimiste » de Paulo Coelho. Ce titre est le premier écrit par l’autrice, et c’est un véritable coup de cœur pour moi. Bravo !

Quelques extraits :

L’effort physique permet au mental de totalement lâcher prise. Les pensées se succèdent en tourbillon, mais un tourbillon calme et et serein.

 Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même. C’est de Confucius.

Quelque part, il a de la chance de savoir qu’il va mourir très bientôt. Sans ça, il n’aurait jamais pris le temps de partir, de voyager au cœur de lui-même, de voir les choses avec de nouveaux yeux.

 Il n’a jamais ressenti ça, ce sentiment de plénitude et de gratitude envers l’Univers. Oui, il va mourir mais il est là ce soir, il a compris énormément de choses. Il n’en est pas vraiment sûr mais il a l’impression qu’il vient de se pardonner.

 Il dit que recevoir est un acte de générosité. En acceptant de recevoir, tu permets à l’autre de te rendre heureux… et tu le rends heureux à son tour. 

S’adapter, c’est s’en sortir. Il faut savoir réorienter ses voiles. Toujours

 Quand tu as l’impression que ta vie s’éparpille en mille morceaux, quand tous tes repères s’envolent, alors transforme-toi en arbre.

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 Traitors Gate 

Publié le par Doc Bird

« Traitors Gate » de Anne Perry, éditions 10/18, collection Grands détectives

Résumé : Thomas Pitt va être bouleversé en apprenant la mort de son ancien mentor, Sir Arthur Desmond. Mais il va l’être d’autant plus en apprenant que cette mort pourrait bien n’être ni un accident, ni un suicide, mais peut-être un assassinat. Souhaitant faire éclater la vérité pour son ami Matthew, fils de Sir Arthur, il va enquêter, et découvrir que de grands enjeux politiques et économiques en Afrique pourraient être à l’œuvre…

Mon avis : Nous plongeons dans le passé de l’enquêteur Thomas Pitt, devenu commissaire, avec cet opus, ainsi que dans l’expansion coloniale de l’empire britannique en Afrique à l’époque de la reine Victoria.

Thomas Pitt va apprendre la désagréable nouvelle de la mort de Sir Arthur Desmond, ancien mentor qui a cru en lui, et père de son meilleur ami, même s’ils se sont perdus de vue depuis de nombreuses années. Mais il va surtout avoir le choc de découvrir que sa mort est peut-être un assassinat, et enquête pour en savoir plus.

En même temps, il est chargé d’enquêter au Ministère des Affaires étrangères sur un éventuel traître qui transmettrait des informations confidentielles à l’ambassade d’Allemagne concernant les intérêts britanniques en Afrique.

Et les deux enquêtes vont progressivement se rejoindre et se recouper, car Sir Desmond semblait commencer à gêner dans certains milieux, dénonçant les agissements d’un Cercle secret et ses intérêts financiers en Afrique.

J’ai retrouvé avec plaisir Thomas et sa femme Charlotte dans un titre plein de mystères, de collusions et de corruptions financières. Dans l’ambiance feutrée des salons, rien ne semble transpirer et les apparences sont très importantes. En fouillant au sein du Ministère des Affaires étrangères et en enquêtant sur la mort de Sir Arthur, Thomas va se mettre en danger comme jamais, face à une organisation secrète aux nombreuses ramifications, et dangereuse.

Ce roman permet de retrouver l’ambiance et les mentalités de l’époque victorienne, avec les nombreux intérêts économiques, politiques et financiers autour de l’Afrique, qui semblent fort peu se soucier du bien-être et des intérêts des africains.

On y aborde aussi le thème des débuts du féminisme, avec certaines femmes considérées comme originales, voulant aider les femmes seules, leur permettre d’accéder à des études et de gagner seules leur vie.

Un bon moment de lecture, où les coupables ne sont pas ceux que l’on croit, et où loyauté et trahison sont les maîtres mots.

 

Publié dans Lecture-adultes

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Marie de Beaujeu 

Publié le par Doc Bird

« Marie de Beaujeu » d’Elisabeth Bourgois, éditions du Triomphe

Je remercie Babelio et son opération Masse critique Littératures, ainsi que les éditions du Triomphe, pour l’envoi de ce roman historique, qui va nous emmener au cœur du 13ème siècle, entre la Franche-Comté, Paris et la route de la dernière croisade de Saint-Louis.

Avant de parler plus avant de ce roman, je précise qu’il a déjà été publié en 2014 sous le même titre, mais que l’édition que j’ai reçue a été intégralement révisée en 2025.

L’autrice, Elisabeth Bourgois, s’est inspirée d’une histoire locale du site de Beaujeu, en Haute-Saône, où subsiste de nos jours une tour carrée, où aurait vécu Marie de Beaujeu, l’héroïne de cette histoire.

Marie est une jeune fille pleine de vie et d’enthousiasme, qui vit dans le château de Beaujeu avec ses parents et ses deux frères. Un seigneur plein d’envie de posséder ce beau fief, Erard de Blamont, va alors se rapprocher de la famille, car, ne pouvant envahir le château, il décide de demander la main de Marie à son père. Mais Marie déteste cet homme au physique repoussant, qui a en plus l’âge de son père, et elle aime secrètement Guy, qui rêve de devenir chevalier, mais est le fils du meunier. Ses parents repoussent leur décision, tout du moins au début, car ils veulent le bonheur de leur fille.

Mais les événements vont se précipiter, entre la mort qui va s’inviter au château, un horrible secret caché par son frère aîné Jehan, l’arrivée d’un cousin de la famille, Thomas d’Oiselay, conseiller du roi Saint-Louis, et l’invitation faite aux seigneurs et chevaliers de repartir avec le roi Louis IX pour une nouvelle croisade.

Ce roman historique est foisonnant, avec un mélange plutôt réussi de fiction et de réalité historique. Si la plupart des personnages principaux sortent de l’imagination de l’auteur, ou de légendes locales, d’autres sont bien réels, comme Marguerite de Flandre ou le roi Saint-Louis. L’ambiance de l’époque est bien restituée, montrant une société où le roi de France a une juridiction limitée sur Paris et ses alentours, mais est un souverain chrétien et pieux capable de pouvoir lancer des Croisades, où les fiefs peuvent passer d’un seigneur à un autre par la ruse ou par la force, et où peuple et seigneur vivent en dépendant l’un de l’autre.

L’atmosphère du Paris du 13ème siècle est également bien restituée, tout comme la réalité historique parfois bien cruelle, notamment avec la dernière croisade de Saint-Louis où les morts vont s’accumuler à cause des diverses maladies et de la peste, et où celui-ci trouvera la mort. Le lecteur se rend aussi compte combien la religion chrétienne imprégnait cette époque.

Bien sûr, certains éléments apportent une touche de modernisme qui ne correspond pas à la réalité de l’époque, comme le fait que l’avis d’une jeune fille puisse être pris en compte par ses parents pour le mariage, qui était arrangé en fonction des intérêts familiaux, et où l’amour n’avait guère de place.

Et l’autrice se permet des rebondissements peut-être un peu trop faciles, avec des retournements de situation peu crédibles à certains moments, comme celle de la personne qui n’était pas celle qu’on croyait. Elle se permet aussi des raccourcis sur l’hérédité que j’ai trouvé un peu top passe-partout, sur le thème de « bon sang ne saurait mentir », qui apportent parfois un peu trop de facilité à l’histoire.

Et pourtant, malgré ces bémols, j’ai été plutôt emportée par le récit, que j’ai plus lu comme une légende romanesque, où le bien finit par gagner. On suit bien sûr le destin de Marie, qui va vivre de nombreux événements, être éprouvée par les épreuves, mais aussi celui de son frère Jehan forcé de partir à Paris, et celui de Thomas, son cousin, qui va être le personnage fil rouge du récit.

Un roman entre faits historiques, complots, amour et aventure, qui m’a emmenée dans une époque rude mais passionnante, aux côtés d’une héroïne courageuse pour pouvoir choisir sa destinée.

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 Hrodbehrt l’Oiselet 

Publié le par Doc Bird

« Hrodbehrt l’Oiselet » de Marie-Dominique Colombani, éditions Thot, collection Fantasy

J’ai pu découvrir ce titre grâce aux éditions Thot et à Babelio, lors du Masse critique Mauvais genres, et je les en remercie.

Avec ce roman estampillé fantasy, on part dans un monde qui m’a fait penser par certains aspects aux récits du Moyen-Âge, avec une prophétie qui promet qu’un héros au cœur pur va pouvoir vaincre les forces du mal, incarnées en un personnage. Et ce héros va poursuivre sa quête, accompagné de fidèles compagnons, et faisant des rencontres mystérieuses et mystiques qui vont le faire avancer et mûrir en sagesse. Cela n’a pas été sans me rappeler la quête du Graal, et les rencontres des chevaliers avec des personnages mystérieux surgissant de nulle part, ou encore des potions qui permettent de se transformer.

Mais revenons à l’histoire. Le récit commence avec Atchéla, une jeune fille qui descend par sa mère, Chaline, d’une lignée de sages et de guérisseurs un peu sorciers. Elle porte au visage une vilaine cicatrice, ayant reçu petite fille un coup d’épée venant d’envahisseurs sanguinaires. Atchéla va comprendre qu’elle pourrait réaliser la prophétie, en devenant mère d’un garçon, fils du mal et du bien, appelé l’Oiselet, qui va sauver la région du mal, et permettre l’instauration de la paix. Mais pour cela, elle va devoir user de subterfuges et lutter pour sa vie.

C’est ainsi que, dans des circonstances sanglantes, va naître Hrodbehrt, un garçon promis à une grande destinée, qui va faire preuve de capacités extraordinaires, et devra passer par la souffrance ultime pour pouvoir accomplir son destin, accompagné de deux animaux fidèles, un chien et un âne. Sur sa route, il va croiser le malheur mais aussi le bonheur, et faire don de lui-même pour accomplir la prophétie, et pouvoir rencontrer Tumr, celui par qui le mal est arrivé…

Au début de ma lecture, j’ai pensé que ce roman serait un peu complexe à lire, en voyant la longue liste de présentation des personnages, mais en fait, le récit permet assez facilement de se repérer, même s’il faut bien se concentrer à certains moments.

Je pensais commencer assez vite à rencontrer l’enfant de la prophétie, Hrodbehrt, et ai été étonnée de voir que la première partie du récit était consacrée à d’autres personnages, qui vont se révéler importants ensuite. J’aurais préféré que le résumé de la quatrième de couverture donne moins d’informations, car on sait tout ou presque de ce qui va arriver.

La plume de l’autrice est exigeante, et nous emmène avec elle dans un monde où la violence règne souvent, les épreuves sont douloureuses, les sacrifices nombreux, et où personne ne ressort indemne de cette quête, payant de son corps ou de sa vie. Ce roman est à la fois le récit d’une légende, ainsi que celui d’une quête, qui va mener Hrodbehrt à aller au cœur de lui-même, allant jusqu’au bout de la souffrance pour pouvoir laisser le bien régner.

Ce livre paru en 2016, va être suivi en 2026 d’un second tome, qui raconte les aventures d’Hrodbehrt qui va devoir apporter la paix dans tout le pays.

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Le Naja d’Emeraude 

Publié le par Doc Bird

« Le Naja d’Emeraude » de Sarah Oling, éditions Sterenn, collection Arvor – Vue sur mer

J’ai lu ce livre grâce au Masse critique Babelio Littératures et aux éditions Sterenn, que je remercie pour l’envoi.

Cap sur l’Inde et le comptoir de Pondichéry des années 30 aux années 60, à travers ce roman qui mêle histoire coloniale, indépendance, danse traditionnelle, et pratiques et rites ancestraux. Entre tradition et modernité, ce roman va mettre en scène deux personnages liés par des secrets familiaux, qui vont tous deux se rencontrer, trouver en l’autre son âme sœur, et faire face à la malédiction des dieux.

D’un côté, Taran Arundel, jeune homme aux yeux de serpent naja qui peuvent se révéler hypnotiques, qui va découvrir et exceller dans le monde de la danse traditionnelle Kathakali, qu’il décide de moderniser avec sa compagnie, le Naja d’émeraude. Mais les dieux ne voient pas cela d’un bon œil, et les hommes cherchent à se venger… Taran est entouré de la vieille Vamika, qui est comme une mère pour lui, et veille sur lui avec Baba depuis la mort de sa mère à la naissance.

De l’autre Devin Kumar, un jeune homme doux et bon qui va tomber sous le charme de Taran, veut apprendre la danse sous sa tutelle, et qui va devenir très proche de Taran.

Tous deux ont en commun leur amour de la danse, et des origines anglo-indiennes, mais ils vont aussi découvrir qu’ils ne savaient pas tout de leurs familles, et de leurs liens. Ils vont devenir très proches, unis par l’esprit comme des âmes sœurs. Entre la malédiction des dieux et de la déesse Kâlî que Taran offense en voulant être trop moderne dans la danse et la vie, et les hommes qui veulent se venger sur les deux jeunes gens, leur destin sera marqué par l’amour et la souffrance. Et lorsque deux danseuses bretonnes vont arriver, tout pourrait basculer…

Voici un roman que j’ai trouvé assez étrange et original, avec un mélange entre rites et traditions ancestrales, et modernisme, qui vont provoquer beaucoup de malheur. Le récit oscille entre moments où la réalité, souvent cruelle, domine, et d’autres où l’esprit se rend d’autres contrées, et où les dieux se jouent des hommes.

Taran et Devin vont vivre des destins similaires, marqués tous les eux dans leur chair par la haine des hommes, et devant vivre leur amour cachés, ce qui va entraîner d’autres malheurs.

Un titre qui invite à se rendre dans des dimensions de l’esprit, avec des rites et des formules qui peuvent influer la vie, et où les dieux, quelle que soit la culture, décident du destin des hommes et des femmes.

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La couleur des sentiments

Publié le par Doc Bird

« La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett, éditions Actes Sud, collection Babel

Dans les années 60, dans la ville de Jackson, Mississippi, la ségrégation raciale est toujours aussi présente. Aibileen travaille comme bonne dans une famille, et elle s’occupe avec amour et tendresse d’une petite fille, dont la mère n’est pas proche du tout. Minny a été renvoyée de son dernier travail, et ne sait pas si elle va retrouver un emploi, car elle a mauvaise réputation en raison de son sens de la répartie, mais elle est une excellente cuisinière. Toutes deux vivent au quotidien dans des familles blanches, où elles entendent tout, mais n’en pensent pas moins. Il y aussi une blanche différente des autres, Skeeter, qui revient à Jackson après ses études, et découvre que Constantine, qui l’a élevée depuis toute petite, est partie sans rien lui dire. Skeeter veut en savoir plus, enquête, et va se rapprocher d’Aibileen, jusqu’à avoir l’idée d’écrire un livre-témoignage sur ce que vivent les femmes noires au service des blancs.

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman, ainsi que du film qui en avait été tiré, mais je n’avais ni lu l’un ni vu l’autre. C’est chose réparée aujourd’hui, plus d’une dizaine d’années après la sortie du roman. Et je me suis laissée embarquée dans ce pavé avec passion, suivant le destin de femmes courageuses qui mènent des vies dures au service de familles blanches pas toujours reconnaissantes, et de femmes blanches différentes, qui agissent ou pensent autrement, et peuvent faire bouger les lignes. Car si le Mississippi ne semble pas vouloir bouger contre les lois raciales, le pays commence à entrer en ébullition, avec les marches noires, Martin Luther King.

L’autrice nous dresse le portrait d’une société aux règles bien définies, où la frontière entre blancs et noirs est imperméable, chacun vivant sa vie de son côté, les noires se rendant au travail chaque jour, et rentrant dans le quartier noir chaque soir. Certaines Blanches ont des relations un peu plus empathiques, tandis que d’autres font le maximum pour que chacun reste à sa place, et n’hésitent pas à promouvoir des toilettes séparées, car on ne sait jamais, les maladies des noirs pourraient affecter leurs familles.

Je me suis laissée happée par ce roman, touchée par la solidarité des héroïnes entre elles, leur courage, leurs sens des valeurs, essayant de faire bouger les lignes, sachant que leur action va avoir des retombées négatives sur elles : perte d’emploi, violences du Ku Klux Klan, mise au ban de la société…

J’ai même refermé la dernière page avec un soupir, car j’aurais encore voulu poursuivre un peu de chemin avec elles, et savoir comment leur vie se poursuivait.

Un livre coup de cœur !

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Le cri 

Publié le par Doc Bird

« Le cri » de Nicolas Beuglet, éditions Pocket

Sarah Geringën est appelée une nuit à l’hôpital psychiatrique de Gaustad, vers Oslo, pour le suicide d’un patient. Mais elle comprend très vite que qu’on ne lui dit pas tout. Comment le patient surnommé 488 aurait-il pu se suicider lui-même par strangulation ? Pourquoi a-t-il ce numéro tatoué sur le front ? Et pourquoi est-il mort avec le visage figé sur un cri d’horreur ? Sarah va devoir compter sur son sang-froid et ses ressources intérieures pour pouvoir faire face à cette enquête dangereuse, d’autant plus que l’hôpital psychiatrique lui rappelle un traumatisme personnel, et que son compagnon vient de lui annoncer leur séparation.

J’ai trouvé ce roman dans une boîte à livres, et même si je n’ai pas lu d’autres titres avec l’enquêtrice Sarah Geringën, cela ne m’a pas empêché d’entrer dans le récit, même sans tout connaître du passé de Sarah. La soirée débute mal pour elle, avec son compagnon qui vient de lui annoncer qu’il la trompait et la quittait, et Sarah est au bord de l’effondrement.

En voyant que son chef insiste au téléphone, elle décroche et se retrouve à partir enquêter sur un possible suicide dans un hôpital psychiatrique. Très vite, les témoignages hésitants et changeants des infirmiers et du gardien de nuit lui mettent la puce à l’oreille. Le suicide du patient 488 n’en est peut-être pas un et le directeur de l’hôpital pourrait cacher de lourds secrets.

Sarah va alors se lancer dans une enquête épique qui va l’emmener en différents endroits du monde, et où le passé de la Guerre Froide, et des questions scientifiques et religieuses autour de ce qui arrive après la mort vont mettre sa vie en danger.

J’ai lu quasiment d’une traite ce polar addictif qui ne laisse aucun temps mort dans le récit. Chaque chapitre donne envie d’en savoir plus, et de nombreux rebondissements que je n’avais pas vu venir tiennent le lecteur en haleine. J’avoue que je n’avais pas vu venir tout ce qui allait arriver à un personnage, Christopher, que Sarah va rencontrer dans le cadre de son enquête, et que cela m’a tenu en haleine.

Et en suivant l’enquête de Sarah, on se retrouve à découvrir des secrets bien tenus sur des expérimentations humaines pendant la Guerre froide, et la quête folle de certains prêts à tout sacrifier pour que la science confirme leurs intuitions.

Un thriller passionnant à lire, qui a reçu le prix Nouvelles voix du polar en 2018 !

Publié dans Lecture-adultes

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Un parfum d’encre et de liberté

Publié le par Doc Bird

« Un parfum d’encre et de liberté » de Sarah McCoy, éditions Pocket

En 2014, Eden emménage avec Jack, son mari, dans une vieille demeure à Apple Hill. Elle espère pouvoir y trouver un havre de paix qui lui permette de soigner ses blessures, et enfin apaiser son désir d’enfant qui s’est révélé impossible.

Par hasard, en ouvrant la trappe de la cave, elle va découvrir une tête en porcelaine d’une poupée qui semble dater d’il y a beaucoup d’années. A travers elle, elle va se retrouver reliée à Sarah Brown, qui aide son père pour l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis en 1859. Ce dernier aide les esclaves à fuir vers d’autres contrées, grâce au chemin de fer, et Sarah va apporter une aide précieuse grâce à ses dessins qui permettent aux esclaves en fuite de pouvoir trouver des repères dans leur long voyage vers la liberté.

Mais la guerre couve, et son père va être emprisonné et exécuté. Sarah va alors décider de continuer le travail de son père, en mémoire de celui-ci, mais aussi par conviction.

Ce roman est intéressant, car il mêle à la fois fiction et réalité historique, car Sarah Brown a effectivement existé et participé à la lutte contre l’esclavage, ce que je ne savais pas du tout. L’autrice a bien sûr utilisé son imagination pour combler les blancs dans son histoire, mais tout ce qu’elle a écrit semble tout à fait crédible et possible. Et en mêlant son destin à celui d’Eden, personnage totalement inventé, elle va permettre un dialogue entre deux femmes que la vie n’a pas épargné.

Au début, le personnage d’Eden m’a plutôt agacé, avec sa mauvaise humeur et sa mauvaise foi constante vis-à-vis de tout le monde, et surtout de Jack, son mari. Puis progressivement, Eden va commencer à s’ouvrir au monde extérieur, d’abord avec le chien Criquet qui déboule dans sa vie, ce qui va amener l’apparition d’une jeune fille, Cleo, qui a été engagée par Jack pour s’occuper de Criquet, qui va l’amener progressivement à sortir de chez elle, à s’ouvrir aux autres, et même à commencer à s’interroger sur ce qui fait le sens de la vie.

Un roman à la fois historique et feel good, qui mêle le destin de deux femmes à la fois semblables et différentes, dont le destin sera marqué par l’amour et l’impossibilité d’avoir des enfants.

Quelques extraits :

Vous savez ce que dit la fée des peluches : « Les livres ne supportent pas le bruit, ça leur donne la migraine. »

 On ne peut pas forcer la vie à faire ce qu’on veut quand on le veut. On ne peut pas changer le passé, ni contrôler l’avenir. On peut juste vivre le présent le mieux possible. Et avec un peu de chance, il nous sourit. 

Publié dans Lecture-adultes

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La fabrique des pandémies

Publié le par Doc Bird

« La fabrique des pandémies » de Marie-Monique Robin, éditions Pocket

J’avais déjà entendu parler de ce livre, et j’ai eu la surprise et la joie de pouvoir le trouver dans une boîte à livres. Merci à la personne qui a eu la gentillesse de partager ce livre que je qualifierai de fondamental !

L’autrice, Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice de films documentaires qui lancent des alertes, comme « Le monde selon Monsanto », a décidé d’écrire ce livre pendant l’épidemie de Covid 19 et le confinement de 2020, interviewant à distance différents scientifiques et sommités de différentes branches de la science. Car chaque science, isolée des autres, ne voit qu’un aspect très partiel de la réalité, et seul le croisement des sciences et des informations permet d’avoir une vue globale de la situation, et collaborer pour trouver des solutions.

La situation est grave, les constats accablants, et l’avenir semble bien sombre si l’ensemble des forces vives ne se coordonne pas pour améliorer très vite notre présent. L’épidémie de Covid 19 ne pourrait bien être qu’une alerte de ce qui nous attend dans un futur proche, si les humains ne réagissent pas très vite.

Et pour cela, il faut rechercher les causes possibles des différentes maladies et pandémies qui se suivent : SIDA, Ebola, Zika… Tout est lié à l’action de l’homme, à l’ère de l’anthropocène, et celui-ci a oublié qu’il n’était pas en haut de la chaîne du vivant, mais qu’il était tout simplement un élément, un chaînon parmi les autres, qui pourraît bien disparaître…

Les causes, finalement, sont connues : il s’agit des actions de l’homme qui favorisent la disparition de la biodiversité à travers le monde, et du problème de la pauvreté, le tout pris dans un enchaînement vicieux.

Car les déforestations, les cultures uniques de plantes homogènes qui les rendent fragiles aux différents virus et champignons, la concentration de culture d’animaux domestiques pour nourrir les hommes, contribuant à l’apparition et à la transmission de maladies, les tests d’apprentis sorciers sur des virus, favorisent l’apparition de pathogènes, et surtout leur transmission à l’homme. Et tant que les intérêts économiques à court terme dominent, il sera compliqué de pouvoir agir.

Car dès que la biodiversité disparaît, favorisant la dominance d’espèces animales ou végétales uniques, les maladies arrivent et se transmettent très vite à l’homme.

Alors que faire ? Certes, chacun à notre mesure nous pouvons agir, mais il faut surtout que les politiques s’emparent de cette question, et comprennent que nous allons rapidement dans l’impasse, et qu’il faut totalement repenser nos façons de vivre et notre économie : favoriser la diversification des cultures, arrêter l’élevage intensif, arrêter la déforestation, revoir les modes de transports, et vivre en harmonie avec une planète qui peut très bien vivre sans nous. En bref, prendre soin de la terre, sinon, nous allons très vite disparaître et la société s’effondrer.

J’espère que ce livre, ainsi que le documentaire qui en a été tiré, pourra faire prendre rapidement conscience aux décideurs de cet enjeu fondamental, et que des actions vont vite être prises.

Voici la bande-annonce du film documentaire : 

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Famille parfaite 

Publié le par Doc Bird

« Famille parfaite » de Lisa Gardner, éditions Le livre de poche, collection Thriller

Résumé : La famille Denbe semble vivre dans le bonheur et l’opulence. Mais un jour, les trois membres de la famille vont être enlevés. Quels sombres secrets cache donc cette famille si idéale ?

Mon avis : Un soir, au retour d’un repas au restaurant, Justin et sa femme Libby se font attaquer au Taser à leur domicile, ainsi que leur fille de 15 ans, Ashlyn, qui était restée à la maison.

S’agit-il d’un enlèvement ? Pour quelles raisons ? Pourquoi les ravisseurs ne demandent-ils pas rapidement une rançon ?  Et que pouvait bien cacher cette famille ?

C’est ce que va chercher à savoir Tessa Leoni, ancienne flic devenue détective, ainsi que le shérif et le FBI.

Voici un polar parfait pour se détendre, mené habilement avec juste ce qu’il faut d’informations pour que le lecteur, tout comme les enquêteurs, partent sur de fausses pistes.

Les chapitres alternent les points de vue des enquêteurs, ainsi que celui de Libby, qui vit de l’intérieur l’enlèvement et l’horrible séquestration avec son mari et sa fille.

L’intrigue va rapidement montrer que la famille parfaite était plutôt en train de se décomposer, avec un mari qui trompait sa femme, une femme devenue droguée et accro aux médicaments, et une fille qui couchait avec un garçon sans que ses parents se soient doutés de quoi que ce soit. Et en plus, il semblerait que l’entreprise du bâtiment de Justin n’était pas toute nette non plus.

Qui peut donc leur en vouloir et les connaître aussi intimement, et pourquoi ?

Un polar bien ficelé qui fait froid dans le dos, et où on voit jusqu’où peut aller la noirceur de l’âme humaine, le tout dans un huis-clos qui donne des sueurs froides. Et l’autrice réussit à garder le suspense et les rebondissements jusqu’aux derniers chapitres.

A lire !

Publié dans Lecture-adultes

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