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Rutland Place

Publié le par Doc Bird

 

« Rutland Place » d’Anne Perry, éditions 10-18, collection Grands détectives

Résumé : Dans le quartier très select de Rutland Place, à l’époque victorienne, où tout reste feutré, une jeune femme meurt par empoisonnement. Les langues vont bon train. Suicide ? Accident ? Ou pire, meurtre ? Charlotte, fille d’une des résidentes, et épouse d’un policier, va mener l’enquête.

Mon avis : L’ambiance des quartiers anglais de la noblesse anglaise à l’époque victorienne est admirablement restituée dans ce roman, qui fait partie d’une série, mais qu’il est tout à fait possible de lire sans avoir lu les autres, comme je l’ai fait. Anne Perry nous rend témoins d’une époque aux habitudes surannées, où tout est discret et feutré, régi par les règles bien rigides de l’étiquette.

Les femmes cachent leur ennui sous des conversations futiles, se rendant l’après-midi pour le thé chez leurs voisines, ou recevant ces dernières. Mais parfois cette existence bien réglée peut voler en éclats, notamment lorsque la mort s’invite brutalement.

Charlotte, fille d’une aristocrate, avec son franc parler, détonne un peu, d’autant plus qu’elle s’est mariée à un policier. En recevant un courrier de sa mère, elle découvre que cette dernière est amoureuse d’un autre, et craint que cela se sache dans la haute société, car elle s’est fait voler a perdu un médaillon avec le portait de celui qu’elle aime à l’intérieur. Elle demande alors à sa fille Charlotte d’enquêter discrètement… D’autant plus qu’elle se sent espionnée…

Charlotte commence alors à rechercher des indices, quand une des voisines de sa mère meurt brutalement, empoisonnée. Son mari enquête et va devoir déterminer s’il s’agit d’un suicide, d’un accident ou d’un meurtre.

Et ce sera l’occasion pour Charlotte, et le lecteur, de découvrir les faux semblant de cette société qui sait si bien cacher ses secrets derrière une apparente respectabilité.

Un roman que je vous recommande avec plaisir, à lire en lisant une bonne tasse de thé, et en envisageant tranquillement différentes hypothèses, en s’amusant de l’hypocrisie d’une société fermée, jusqu’à la révélation finale, qui révélera de biens sombres secrets.

Publié dans Lecture-adultes

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 Au revoir là-haut 

Publié le par Doc Bird

« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître, éditions Le livre de Poche

Résumé : A la fin de la Première Guerre mondiale, Albert se retrouve en charge d’Edouard, qui l’a sauvé d’une mort certaine par ensevelissement, et qui a perdu la moitié de son visage en le sauvant. Tous deux se retrouvent dans une France qui souhaite oublier la guerre, et vont devoir apprendre à vivre dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. C’est alors qu’Edouard a une idée qui leur permettrait de s’enrichir et de pouvoir choisir leur vie… Mais celle-ci est très dangereuse, aléatoire, et surtout emplie de cynisme.

Mon avis : Ce roman a reçu le prix Goncourt, et a également été adapté au cinéma.

Le récit de découpe en trois parties qui nous font suivre le destin de deux jeunes hommes qui n’avaient rien en commun et qui n’auraient jamais dû se rencontrer s’il n’y avait pas eu la guerre.

D’un côté, Albert, modeste employé dont la peur, le manque d’énergie et l’incapacité à faire des choix réfléchis semblent régir sa vie. De l’autre, Edouard, jeune homme issu d’une famille riche, en opposition avec son père en raison de son goût (et de son talent) pour les arts, et qui est attiré par les hommes. Tous deux ne se sont jamais rien dit, mais un jour tragique, Albert se fait ensevelir vivant, et Edouard, blessé à la jambe, lui vient en aide, mais recevra de nombreux éclats d’obus, qui vont le transformer en gueule cassée. Naît alors entre les deux hommes une amitié indéfectible, mais ce pacte qui les lie va aussi les amener au bord de l’enfer.

Albert se sent redevable envers Edouard qui lui a sauvé la vie, et va devenir à son tour son ange gardien, se sentant coupable de ce qui est arrivé au visage d’Edouard. Celui-ci, en voyant son visage irrécupérable, ne veut pas retourner dans sa famille, et Albert va alors faire l’impensable : faire passer Edouard pour quelqu’un d’autre… Mais de retour dans la société civile, Albert va vite se rendre compte que la vie est devenue très compliquée, car le travail n’attend pas les soldats revenus du front, face à une guerre que les gens souhaitent oublier. La pauvreté guette, et Albert doit aussi s’occuper d’Edouard, de ses soins, et de sa dépendance à la morphine.

C’est alors qu’Edouard commence à reprendre goût à la vie en fabriquant des masques, qu’il a l’idée de monter la plus grosse arnaque de l’époque : se faire passer pour une société qui vend des statues pour des monuments aux morts, se faire payer sans livrer, puis disparaître et profiter de la vie.

J’ai lu ce roman, dont j’avais lu plusieurs critiques, comme celles de Paroles et de Manou, et je suis ressortie de cette lecture plutôt mal à l’aise, car le cynisme domine le récit.

D’abord celui du lieutenant Pradelle, prêt à tout pour monter les échelons dans l’armée, y compris à tuer et faire tuer des innocents, recourant régulièrement au chantage pour réussir, et qui va aussi monter une arnaque de grande envergure avec les cimetières militaires, gagnant éhonteusement de l’argent.

Mais aussi celui d’Edouard, pris d’une sorte de folie des grandeurs, décidant de prendre l’argent des pauvres familles pour leurs morts, sans regret.

Et enfin Albert, qui se retrouve tout le temps dépassé par les situations, semblant incapable de réfléchir par lui-même et de prendre ses propres décisions, et tremblant toujours de peur.

Ce récit semble refléter une époque où après la guerre, chacun cherche à s’enrichir, quels que soient les moyens, et où le respect aux disparus, morts, et à leurs familles n’est pas prioritaire. J’ai trouvé bouleversant le début, quand Albert se retrouve pris dans un engrenage infernal, étant présent au mauvais moment au mauvais endroit, et souffert avec lui de son étouffement progressif sur le front, mais aussi en découvrant le visage d’Edouard, ravagé. Quel destin pouvait attendre les hommes, qui, comme eux, ont souffert dans leur chair et dans leur esprit ?

Un roman plutôt dérangeant, dont je suis ressortie plutôt désorientée, ayant vécu les horreurs de la guerre, mais aussi la cruauté de la société civile. Je sais qu’une suite est sortie, mais je ne suis pas du tout sûre d’avoir envie de la lire. Mais je changerai peut-être d'avis, car Manou a fait une chronique du tome 2 qui donne envie.

La critique de Paroles : 

Les critiques de Manou sur les tomes 1 et 2 : 

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Petit pays

Publié le par Doc Bird

« Petit pays » de Gaël Faye, éditions Le livre de poche

Cela faisait longtemps que je ce titre était dans ma PAL et j’ai enfin pris le temps de le lire. Et j’ai été happée dès le début du récit par ce roman qui a reçu entre autres le Prix Goncourt des lycéens. D’ailleurs je fais confiance aux choix des lycéens, qui récompensent des livres que j’apprécie ensuite beaucoup !

Ce roman est en partie autobiographique, Gaël Faye étant né d’un père français et d’une mère rwandaise, et ayant vécu sa jeunesse au Burundi. Ce roman parle de la fin de l’enfance, et des moments douloureux qui mènent vers l’âge adulte, avec la disparition de l’innocence et des illusions.

Le petit Gabriel vit avec sa sœur Ana, son père français et sa mère rwandaise au Burundi. Il narre une enfance heureuse, entre les sorties et les aventures avec les copains pour aller chercher des mangues, nager dans la rivière. Une belle période de joie et d’insouciance, qui va progressivement disparaître, car le monde des adultes va changer sa vie. Au début, Gabriel ne comprend pas trop ce qui se passe, mais il semble que sa vie commence à changer le jour où ses parents se disputent, et où Gabriel comprend qu’ils vont se séparer. Mais ce n’est que le commencement…

Peu à peu, il va entrevoir que la politique et les élections vont mettre le chaos aussi bien au Rwanda qu’au Burundi, et il va vivre de l’intérieur la terrible guerre civile entre les Hutus et les Tutsis. Plus rien ne sera jamais comme avant, et Gabriel va devoir grandir trop vite et brutalement, marqué à jamais par les événements terribles qu’il va vivre.

Un roman qui montre l’importance de connaître ses racines, mais aussi la terrible douleur de devoir les quitter, de voir tout son monde voler en éclats, sa famille disparaître, et se retrouver seul à devoir gérer sa vie. Un roman fort, intense et douloureux, mais nécessaire pour vivre de l’intérieur cette terrible guerre civile et ces nombreux massacres.

Quelques extraits :

Plus tard, quand je serai grand, je veux être mécanicien pour ne jamais être en panne dans la vie. Il faut savoir réparer les choses quand elles ne fonctionnent plus. 

 Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis.

L’avis de Manou :

L’avis de Paroles : 

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L’Âme du monde

Publié le par Doc Bird

« L’Âme du monde » de Frédéric Lenoir, éditions Pocket

 

Quand j’ai croisé la couverture de « L’Âme du monde », je n’ai pas hésité un seul instant, me rappelant que Manou en avait fait l’éloge et curieuse d’en savoir plus. 

Frédéric Lenoir, qui est philosophe et historien des religions, offre au lecteur un beau cadeau, proposant de garder l’essentiel des sagesses des différentes cultures et religions, afin de transmettre des concepts, idées et conseils qui permettent de mener une vie pleine de sens, connecté à l’univers qui nous entoure.

Il prétexte une rencontre entre différents sages du monde, qui doivent transmettre la quintessence de leur savoir à deux jeunes adolescents, dans un contexte de fin du monde possible, pour transmettre ce qu’il appelle « les 7 clés de sagesse » qui permettent de vivre une vie meilleure et porteuse de sens et de réflexion sur soi-même. C’est l’occasion de partir à la rencontre de différentes sagesses, qui ne sont pas explicitement nommées, afin d’en garder l’essentiel à transmettre. On croise alors les sagesses et religions juives, chamaniques, catholiques, hindoues, chinoises, musulmanes, bouddhistes, et la philosophie grecque.

Les sages réunis dans le monastère de Toulanka, au Tibet, vont comprendre qu’ils ont été réunis pour enseigner à deux adolescents l’essentiel de leur savoir et de leur sagesse, afin que ces derniers puissent les transmettre au monde entier, car le chaos pourrait arriver dans le monde. Ils décident d’enlever toute référence religieuse, et de réfléchir à ce qu’il est essentiel de transmettre, par le biais d’histoires, de cours de réflexion, ou de citations. Chaque jour est consacré à un « cours », afin de laisser aux adolescents le temps d’assimiler tout ce qu’ils ont appris.

Le lecteur découvre alors des préceptes pour guider sa vie : la découverte du sens de la vie, comment faire vivre en harmonie corps, émotions et âme, apprendre ce qu’est vraiment la liberté, ouvrir son cœur au véritable amour, cultiver des qualités pour une vie meilleure, apprendre à vivre l’instant présent, accepter que tout change et que le regard qu’on porte sur les événements peut tout changer, comprendre que le bonheur ne dépend pas d’éléments extérieurs mais de nous-même.

Un écrit que j’ai lu avec plaisir, retrouvant des histoires ou des contes connus (comme l’attelage pour gouverner da vie, la description de l’éléphant par des aveugles), et j’ai trouvé que cet ouvrage renferme l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour mieux vivre, libre ensuite au lecteur d’approfondir ensuite ce qu’il a appris, et surtout à commencer à mettre en pratique, pour construire un monde meilleur et plus respectueux de la planète.

Un beau guide de vie que je conseille vivement !

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L’évangile des anguilles

Publié le par Doc Bird

« L’évangile des anguilles » de Patrik Svensson, éditions du Seuil

J’ai reçu ce roman en avant-première sur proposition de Babelio que je remercie, ainsi que les éditions du Seuil. D’ailleurs je parle de roman, mais on pourrait aussi bien parler d’essai philosophique aussi bien sur l’anguille que sur la vie et la mort.

Patrik Svensson est un auteur suédois qui écrit avec ce titre son premier livre, et celui-ci est très original. S’appuyant à la fois sur son histoire personnelle et familiale, notamment avec le récit de pêches à l’anguille avec son père, et sur des recherches scientifiques poussées (d’ailleurs il y a une bibliographie à la fin), ce récit alterne des chapitres personnels, et d’autres plus longs, à la recherche de l’énigme scientifique de l’anguille, qui glisse entre les mains de quiconque tente de percer son mystère.

Et sur un sujet qui n’a pas l’air si palpitant au premier abord, je me suis retrouvée happée par surprise dans ce récit. Car l’auteur a réussi à m’hameçonner habilement, en racontant les mystères de l’anguille, auxquels l’homme essaye de trouver des réponses concrètes et scientifiques depuis Aristote, mais qui se heurte à un animal tellement secret qu’on sait peu de choses sur lui, même si on progresse peu à peu avec les moyens modernes.

C’est ainsi que j’ai appris que ce poisson ( car c’en est bien un, malgré son allure de serpent), naîtrait dans la mer des Sargasses sous forme de petite feuille larvaire, puis suit les courants marins, se transforme en alevin, et arrive dans les rivières d’eau douce où il devient une anguille de couleur jaune, vit sa vie d’anguille et un jour, poussé par on ne sait quel instinct, se transforme en anguille argentée, développe des organes sexuels et repart vers la mer des Sargasses se reproduire et mourir.

Enfin bon, tout cela reste encore un peu théorique, car toutes les preuves ne sont pas là. Par exemple, on n’a jamais vu d’anguille se reproduire, il a fallu des siècles avant de découvrir des anguilles avec des organes reproducteurs, et on n’a jamais vu d’anguille morte dans les Sargasses.

Et ces mystères nuisent aussi à cet animal de légende, qui pourrait rapidement disparaître de la surface du globe, à cause de l’action humaine, alors qu’il est apparu sur terre bien avant l’homme.

Ce roman fourmille d’informations sur l’anguille, son mode de vie, les légendes qui l’entourent, la passion des hommes sur ses mystères (même Freud, avant d’être le célèbre psychanalyste qu’on connaît, s’est penché sur le mystère de l’anguille et n’a rien trouvé), la volonté de quelques uns à passer des années pour en savoir plus sur elle. Et en même temps, c’est aussi l’occasion pour l’auteur de renouer avec ses origines, ses parties de pêche à l’anguille avec son père, et de réfléchir à des questions philosophiques et métaphysiques liées à cet animal nimbé de mystère, de réfléchir sur ses racines pour savoir où l’on va, sur les croyances et la foi, sur la vie, ses transformations, la mort.

Et la couverture est très réussie, avec le bleu de la mer ou de la rivière, la barque où se trouvent père et fils, et l’onde de l’eau qui fait penser à des anguilles, mystérieuses et cachées.

Un titre original que je conseille, qui a d’ailleurs été lauréat du prix August, équivalent du prix Goncourt en Suède.

 

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L’instant mantra

Publié le par Doc Bird

« L’instant mantra » de Sylvain Martin, éditions Indigraphe

J’ai reçu rapidement dans ma boîte aux lettres ce roman, après avoir été contactée par Babelio pour ce Masse critique spécial.

« L’instant mantra » est un premier roman, et est édité par une maison d’édition que je ne connaissais pas du tout, les éditions Indigraphe. J’ai bien aimé leur explication sur le choix de leur nom, mais aussi de leur logo, et sur les valeurs qu’ils souhaitent transmettre à travers les livres qu’ils publient.

Parlons maintenant du roman proprement dit. Il raconte l’histoire de Baptiste, quadragénaire qui souhaite vivre une belle histoire d’amour, depuis son divorce. Sa rencontre à l’aéroport avec la belle Mélissa lui laisse espoir, et en même temps, il reçoit chez lui une lettre parfumée, sans timbre, ni expéditeur, qui contient un mantra, un acronyme et des questions. Il s’interroge sur la femme qui a pu lui expédier cette lettre, pensant que ce pourrait être Mélissa. Ce sera pour lui l’occasion de s’interroger sur lui-même, ses aspirations, et d’apprendre à écouter son cœur.

Ce roman d’apprentissage va emmener Baptiste sur le chemin vers lui-même, à travers différentes étapes, pour apprendre à vivre selon son cœur, dans l’instant présent, éprouver de la gratitude, découvrir l’intention juste.

L’idée de faire faire à Baptiste un parcours philosophique et personnel sous forme de roman est originale, mais j’ai trouvé que l’ensemble manquait par moments de fluidité, avec le choix par l’auteur de mots rares, qui ont dénoté dans l’univers de fiction, alors qu’ils auraient été plus adaptés dans un livre de développement personnel. Le choix de mots ciselés m’a gêné, apportant un ton parfois artificiel là où j’attendais de la simplicité. Il est en effet difficile de trouver le juste équilibre entre fiction et apport de réflexion philosophique, et j’aurais par moments préféré que l’auteur choisisse entre l’un et l’autre.

Certains moments m’ont paru artificiels et un peu trop clichés, notamment lors des scènes d’amour entre Baptiste et Mélissa, ou lors des échanges de SMS.

Il a manqué l’étincelle qui aurait pu m’emporter.

Mais je trouve que le chemin suivi par Baptiste donne envie à chacun de s’interroger par rapport aux différents mantras reçus, et de se lancer à son tour dans le voyage d’exploration à l’intérieur de soi, pour apprendre à se connaître, apprécier les joies de la vie.

Un extrait :

 

 Qu’est-ce que je m’apprête à faire ou à dire ? Suis-je en train d’agir ou de parler par habitude ? Mon intention est-elle inspirée par la bonté, la compassion, l’amour et le souhait de bonheur tant pour les autres que pour moi ? 

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Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Publié le par Doc Bird

« Toute la lumière que nous ne pouvons voir » d’Anthony Doerr, éditions Le livre de poche

Résumé : Deux destins vont se croiser en août 44 à Saint-Malo, celui de Marie-Laure, jeune fille aveugle réfugiée dans la ville, et celui de Werner, soldat allemand qui travaille sur les transmissions radios. Ce roman va raconter leur histoire jusqu’à cette date.

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman, qui a reçu le prix Pulitzer 2015, et également choix des libraires 2017.

Le récit fait s’entrecroiser l’histoire de la jeunesse de Marie-Laure, qui vit à Paris, et dont le père travaille au Muséum d’histoire naturelle, et de Werner, jeune orphelin allemand qui vit avec sa sœur près des mines où leur père est mort, et qui montre beaucoup de curiosité et de dextérité dans le domaine de l’électricité et des circuits. Dès le début de l’histoire, on se doute que leurs destins vont se croiser dans la ville de Saint-Malo, en août 44, où ils vont se retrouver, et d’ailleurs des liens infimes vont les relier progressivement, notamment à travers la radio.

Marie-Laure devient aveugle très jeune, mais se bat malgré son handicap pour mener une vie la plus autonome possible, avec l’aide et l’amour de son père. Son travail dans le Muséum d’histoire naturelle de Paris va lui permettre d’entrer en contact avec le monde des fossiles, des oiseaux empaillés, des pierres rares, et sa rencontre avec les livres en braille de Jules Verne va lui permettre de s’évader vers des mondes sous-marins inconnus. Mais la guerre éclate, et Marie-Laure doit fuir Paris avec son père sur les routes de l’Exode, direction Saint-Malo, où vit un grand-oncle qui pourrait les héberger.

Werner vit à l’orphelinat des enfants de mineurs avec sa sœur Jutta. Il sait que son destin est tout tracé, mineur comme son père. Mais tout va changer quand il va être repéré par de hauts dignitaires nazis pour ses capacités à réparer des radios, et il va intégrer une école nazie qui forme de futurs soldats. Il va alors perdre son innocence.

L’auteur entremêle à la fois les récits de leurs jeunesses, et fait aussi des va et vient entre les années 30 et août 44, où on comprend que Marie-Laure et Werner pourraient peut-être se croiser. Avec des mots justes, sans misérabilisme, Anthony Doerr dresse le portrait d’une époque complexe, où chacun n’est pas forcément celui qu’il semble, avec les privations, la délation, mais aussi la résistance et la solidarité.

Et malgré la tristesse des événements, on en ressort avec l’espoir, l’impression que la noirceur des hommes ne peut pas effacer toute la lumière du monde, et avec le sentiment que les hommes sont bien peu de choses par rapport au temps et à l’immensité du monde. Et le roman monte également en intensité au fur et à mesure de l’avancée du récit, avec l’impression que nos héros sont comme des funambules sur un fil au-dessus de l’abîme. Et vous y rencontrerez aussi l’Océan de Flammes, qui a aussi peut-être son rôle à jouer, et qui est l’objet de la convoitise des hommes. Si vous en souhaitez en savoir plus, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans ce roman.

Un extrait 

notre atmosphère est une bibliothèque recueillant toutes les vies qui ont jamais été vécues, toutes les phrases jamais prononcées, les mots jamais transmis.

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Les Nouvelles Aventures du fäkir au pays d’Ikea 

Publié le par Doc Bird

« Les Nouvelles Aventures du fäkir au pays d’Ikea » de Romain Puértolas, éditions Le Dilettante

J’ai craqué quand j’ai vu dans les rayons de la médiathèque la suite des aventures de notre savoureux fakir Ajah. Car avec cette couverture ressemblant à un pull suédois, on se doute bien qu’Ajah ne va pas vivre en tout repos !

Et c’est en effet le cas, sauf au début, quand Ajah découvre et comprend avec stupeur qu’il s’est embourgeoisé depuis l’écriture et le succès de son livre. La preuve, son frigo est bourré d’Actimels ! Et c’est son éditeur qui va lui mettre un bon coup de pied au derrière, et le forcer à sortir de son confort léthargique.

Il comprend alors qu’il a renié les principes d’humilité qu’il avait acquis, et en réfléchissant à ses aventures précédentes pour la recherche d’un lit à clous, il découvre que ce modèle ne se fait plus chez Ikéa. Il décide alors de rencontrer le patron d’Ikéa pour qu’il relance la production, direction la Suède ! Et c’est le début d’aventures incroyables qui vont le faire se confronter à d’anciens démons de son passé, enfin surtout un !

Car le hasard va lui permettre de remettre à plat son passé d’enfant apprenti fakir. Les chapitres vont alors alterner entre aventures en Suède et tranches de vie de son passé difficile d’apprenti.

Comme dans le tome précédent, l’auteur s’amuse et jubile, et cela se voit dans son écriture, avec un mélange d’humour (avec les jeux de mots sur les noms propres, les clichés et autres idées reçues), les situations improbables, et des épisodes et réflexions qui permettent de réfléchir sur notre société, tout en montrant les ravages du passé sur la personne que nous devenons.

Laissez-vous embarquer à travers de nouvelles péripéties dans ce roman qui fait passer un bon moment !

Quelques extraits :

La maison de Sihringh était à son image. Vieille et abîmée à l’extérieur. D’une grande beauté et lumineuse à l’intérieur.

Il ne faut jamais renier ce que l’on est. La différence est une force. 

S’accepter aux yeux des autres, c’était s’accepter soi-même.

Même si l’on craint, si l’on a peur pour nos biens, peur de tout perdre, de faire confiance au moins une fois dans sa vie.

Publié dans Lecture-adultes

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L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Publié le par Doc Bird

« L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa » de Romain Puértolas, éditions Le Dilettante 

Prenez un indien sortant de son avion et arrivant sur le sol français pour acheter un meuble Ikéa, un chauffeur de taxi gitan qui déteste être trompé par son client, une montgolfière, des migrants, une femme à la recherche de l’amour, une actrice française en voyage pour un festival de cinéma, mélangez fortement et vous obtiendrez un récit feel good et déjanté qui va vous emmener à travers le monde, de la France à la Lybie.

Tout paraît incroyable, mais le récit se tient, d’aventures en quiproquos, avec un personnage principal, Ajatashatru, qui va vivre de rocambolesques aventures qui vont le faire mûrir, car il va avoir différentes révélations, et comprendre qu’il doit changer de vie et faire le bien autour de lui.

Le style de l’auteur est bourré d’humour, avec les différentes façons de prononcer le nom d’Aja et d’autres personnages, ou des réflexions décalées. L’ensemble est très plaisant à lire pour passer un bon moment et se mettre à croire aux heureux hasards et aux coups de chance. Entre récit initiatique et roman feel good, je vous conseille ce titre si vous avez envie d’une lecture détente (mais pas que).

Un extrait : 

Comme quoi, la vie tenait à peu de chose et les endroits les plus banals étaient parfois le début d’excitantes aventures.

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?

Publié le par Doc Bird

« T’en souviens-tu, mon Anaïs ? et autres nouvelles » de Michel Bussy, éditions Pocket

Michel Bussi est un auteur que j’apprécie beaucoup, car il me plonge dans des récits dont les mailles se resserrent, et pourtant, à la fin, je suis toujours aussi surprise par la chute. Ici, voici quatre nouvelles qui se passent au bord de la mer, et dont la fin est toujours surprenante et inédite.

Dans « T’en souviens-tu, mon Anaïs ? », une jeune femme et sa fille arrivent dans un petit village normand pour changer de vie. Mais la mère se sent surveillée chez elle, sa vie commence à tourner au cauchemar, et elle se demande quel lien cela pourrait-il avoir avec la venue de la célèbre actrice Anaïs Aubert deux siècles auparavant.

« L’armoire normande » raconte le séjour d’un couple dans une vieille bâtisse normande, en compagnie de leur hôte, qu’ils commencent à soupçonner d’avoir tué sa femme avant leur arrivée.

Dans la troisième nouvelle, un écrivain de nouvelles policières se rend dans un vide-grenier avec sa femme, et enquête sur une mystérieuse vendeuse qui vend des objets qu’il pense appartenir à ses enfants quand ils étaient petits.

Avec « Une fugue au paradis », rendez-vous à la Réunion avec la découverte du corps poignardé d’un jeune homme dans la mer.

Ces quatre nouvelles ont pour point commun de se passer sur les côtes, et de mener son lecteur dans une histoire où les doutes arrivent vite, et où de nombreux indices sont semés comme des petits cailloux pour essayer de retrouver son chemin dans l’intrigue.

Mais l’auteur nous emmène où il veut, et la fin est toujours surprenante.

J’ai bien aimé ces nouvelles, moins que les romans, car elle se sont révélées un peu trop courtes, mais c’est un recueil à conseiller si on veut entrer dans l’univers de l’auteur, et se laisser promener tout au long du récit par lui.

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