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coups de coeur

Dysfférent

Publié le par Doc Bird

« Dysfférent » de Fanny Vandermeersch, éditions le Muscadier, collection rester vivant

Résumé : Charlemagne se dit qu’il s’il avait eu un prénom un peu plus banal, il aurait évité d’être aussi différent, dyslexique, dysorthographique, dyspraxique… Mais Charlemagne va aussi découvrir que lui aussi peut avoir un talent.

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman frais qui redonne espoir aux jeunes qu’on étiquette comme agités, distraits, en difficulté.

Charlemagne rencontre beaucoup de difficultés à l’école malgré ses efforts. Il a vraiment du mal en français où son professeur l’envoie souvent au tableau, ou en EPS où personne ne veut de lui dans son équipe. C’est d’ailleurs en EPS qu’il va lui arriver une étrange aventure : il va se perdre dans les bois lors d’une course d’orientation, et va entendre une douce mélodie venant d’une maison dans les bois, qui va l’attirer et le remuer profondément.

Et quand la remplaçante du professeur de musique va lui faire écouter de la musique classique, Charlemagne va se retrouver transporté. Il va découvrir le piano et vouloir apprendre à en jouer, même si on pourrait penser qu’il a trop de difficultés pour y arriver.

Un beau roman qui montre que chacun a un talent en lui, qu’il doit découvrir, et que les difficultés n’empêchent de réussir à trouver sa voie dans la vie.

Ce roman est écrit en police Open Dyslexic, facilitant la lecture pour les dyslexiques.

Un extrait 

 Il ne faut pas avoir honte de ce que l’on est. Si on se sent inférieur, les autres le sentent et en profitent. Si on se sent comme eux, ou si au moins on leur fait croire, ils nous laissent tranquille.

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Autour de Jupiter 

Publié le par Doc Bird

« Autour de Jupiter » de Gary D. Schmidt, éditions Bayard

Résumé : Les parents de Jack vont devenir famille d’accueil et recevoir Joseph, un garçon de 14 ans qui est allé en maison de redressement, et qui est papa d’un bébé, Jupiter. Jack se sent prêt à tout pour protéger Joseph, même s’il est plus jeune que lui.

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman intense et riche en émotions qui va droit au cœur.

Joseph est un garçon de 14 ans qui n’a pas eu de chance avec la vie, sauf quand il a rencontré Madeleine, est tombé éperdument amoureux d’elle et a vécu des moments heureux avec elle. Tous deux admiraient dans le ciel étoilé la planète Jupiter, et c’est pour cela que Madeleine a donné ce nom à leur fille quand elle est née. Mais Joseph ne peut pas voir sa fille et il en est malade.

On lui dit que c’est impossible, qu’il est trop jeune pour être papa, qu’il doit oublier, qu’il est déjà allé en maison de redressement car les parents de Madeleine avaient porté plainte.

Le narrateur de l’histoire, Jack, a deux ans de moins que Joseph et décide de prendre Joseph sous son aile et de l’aider. Même si la communication est difficile entre lui et Joseph, car celui-ci est taiseux et a souffert de traumatismes, peu à peu on sent leurs liens se resserrer et l’ébauche d’une belle amitié se dessiner. Jack va devenir le témoin de la renaissance progressive de Joseph à la vie, et va tout faire pour l’aider, y compris envers et contre certains adultes et élèves qui condamnent Joseph d’avance.

Ce récit est tout simplement magnifique, dans un univers agricole, où la traite des vaches et l’amour d’une famille va permettre de renouer avec la vie et l’espoir, même si le destin semble se moquer des hommes et de ce qu’ils souhaitent.

Une histoire forte, belle et triste à la fois, qui m’a laissé les larmes aux yeux à la fin. A lire !

Un extrait : 

C’est comme ça, quelquefois. Vous savez qu’il va se passer quelque chose de bien et, même si ce n’est pas tout de suite, rien que de savoir que ça va arriver, vous avez envie de hennir et de vous ébrouer. Enfin, façon de parler.

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Petit Noun. L’hippopotame bleu des bords du Nil 

Publié le par Doc Bird

« Petit Noun. L’hippopotame bleu des bords du Nil » de Géraldine Elschner et Anja Klauss, éditions Canopé et L’Elan vert, collection Pont des arts

Résumé : Petit Noun est un hippopotame bleu qui vivait au bord du Nil de l’Egypte antique. Après un très long sommeil, il se réveille et part à la recherche de sa famille.

Mon avis : Cet album est une pépite magnifique aussi bien pour l’histoire que pour les illustrations qui sont superbes, et invitent au voyage.

La collection Pont des arts met en relation un objet dans un musée, ici une figurine d’hippopotame exposée au Louvre et trouvée lors de fouilles archéologiques en Egypte, et une histoire qui permet de comprendre pourquoi cet objet a été fabriqué et a été retrouvé dans des tombes.

L’histoire de Petit Noun qui vit avec sa famille d’hippopotames bleus, suit un homme et s’endort dans sa tombe, puis se réveille à notre époque et part en quête de sa famille, jusqu’à la retrouver au musée du Louvre de Paris, est une réussite, mêlant fiction et légende, et permettant de mieux comprendre cet objet.

Une belle collection à suivre !

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Lulu et Nelson, Tome 1. Cap sur l’Afrique 

Publié le par Doc Bird

« Lulu et Nelson, Tome 1. Cap sur l’Afrique » de Charlotte Girard, Jean-Marie Omont et Aurélie Neyret, éditions Soleil, collection Métamorphose

Résumé : Hope doit quitter l’Inde pour l’Italie avec sa mère, alors qu’elle souhaite rester. Juste avant le départ, elle reçoit une lettre de sa grand-mère, Lulu, qui va lui raconter un épisode de son passé pour lui montrer que la vie prend parfois des détours pour nous emmener vers notre destin.

Mon avis : Ce tome 1 est un véritable coup de cœur, que ce soit pour le scénario comme pour les illustrations d’Aurélie Neyret. Vous aurez d’ailleurs reconnu son beau coup de crayon.

L’histoire commence en Inde, mais va très vite nous emmener ailleurs, dans le récit du passé de Lulu. Cette dernière a toujours été attirée par les lions depuis toute petite, et ses parents sont dompteurs dans un cirque. Tout bascule jour où sa mère se fait tuer sous ses yeux par un lion lors d’un spectacle. Dès lors, son père souhaite l’éloigner de sa passion pour les lions. Mais Lulu est obstinée, surtout qu’elle aime Cyrus, le lionceau devenu un lion adulte.

Mais un autre fait tragique va encore faire basculer sa vie. Le feu prend dans le cirque, et tous les lions meurent, y compris Cyrus. Le père de Lulu décide de quitter le cirque et le métier de dompteur, mais Lulu a une autre idée : partir en Afrique du Sud trouver des bébés lions pour les ramener et les dresser.

Et comme Lulu n’en fait qu’à sa tête, elle décide partir seule sur un bateau… Heureusement, son père parvient à monter in extremis. Ce sera le début d’un voyage dont en sent qu’il va bouleverser la vie de Lulu, surtout quand elle va rencontrer un jeune africain, Nelson, qui va l’aider dans tous ses problèmes.

Quel beau récit que ce tome 1 ! Je me suis laissée tout de suite emportée par le récit de Lulu, et je n’ai qu’une hâte : pouvoir lire la suite pour savoir ce qui va se passer.

Cette BD aborde la thématique des animaux : peut-on  les aimer et les enfermer dans une cage ? Ou faut-il les laisser en liberté ? Mais il aborde aussi le thème de l’Apartheid en Afrique du sud, et de la différence de traitement en fonction de la couleur de peau.

Une belle série à suivre !

Publié dans Lectures-BD, Coups de coeur

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Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais

Publié le par Doc Bird

« Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais » de Joranne, éditions Sully, collection Le Prunier

J’ai un certain nombre d’élèves fans du Japon et de culture japonaise, et j’ai commandé cet ouvrage qui pourrait les intéresser, car il parle de différents objets, parfois très connus. Il a été réalisé par Joranne, illustratrice et blogueuse qui est partie au Japon plusieurs fois, et a décidé de partager sa passion pour ce pays à travers ce documentaire.

Il est divisé en trois parties, présentant les objets porte-bonheur, les objets courants, et d’autres objets. Pour chacun d’entre eux, elle écrit son nom en japonais, en expliquant les éléments qui le composent et sa signification, puis elle raconte son histoire, souvent mêlé de légende, les différents modèles, et donne des anecdotes parfois très étonnantes, le tout illustré de façon très mignonne et kawaï.

On rencontrera le fameux maneki-neko, le daruma, ou encore les washlet, ces WC japonais super modernes qui ressemblent parfois à la cabine de pilotage d’un avion, ou encore les marimo, ces petites boules d’algues très tendance mais aussi en danger.

Un ouvrage passionnant que j’ai lu d’une traite, mais dans lequel on peut aussi piocher pour découvrir des objets. Les illustrations sont à la fois précises et rigolotes, et on découvre ou redécouvre tout un pan de la culture japonaise. A lire !

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Chloé des loups. La série lumineuse 

Publié le par Doc Bird

« Chloé des loups. La série lumineuse » d’Alexandra Ughetto, éditions Robert Laffont, collection R

Résumé : Chloé vit sur Anturia, en l’an 800. Elle va bientôt avoir 18 ans, et a peur de son destin, qui l’oblige à vivre avec un loup, car elle descend de cette lignée. Car depuis depuis toute petite, elle craint les loups et la volonté de son père qui l’oblige à se plier à son destin. Mais Chloé va aussi découvrir grâce à son amie Annabelle, et à d’autres rencontres, qu’elle peut choisir sa vie, en entrant à l’intérieur d’elle-même et en découvrant son courage et sa force intérieure.

Mon avis : Difficile de faire un résumé de ce livre qui est foisonnant, à la fois roman, parcours initiatique, traité de vie intérieure, et ouvrage de développement personnel.

Nous faisons la connaissance de Chloé, une jeune fille mal dans sa peau, à cause de ses peurs, de ses relations difficiles avec son père qui veut lui imposer son avenir. Chloé n’arrive plus à faire face à ce qui la ronge. Heureusement, elle va découvrir qu’elle peut agir pour vivre sa propre vie, et qu’elle possède elle-même les outils à l’intérieur d’elle.

Elle va écouter son amie Annabelle qui lui redonne très vite bonne humeur et joie de vivre, aller dans des endroits magnifiques et magiques, lire des livres interdits d’une bibliothèque secrète, dans un monde où réfléchir est interdit, et où la philosophie n’a pas droit de cité, faire des rencontres, comme celle d’Aelig qui vient du passé, et semble avoir des liens très forts avec elle.

Chloé va noter dans son carnet ce qu’elle appelle des pensées lumineuses, des outils qui lui permettent d’appréhender son monde intérieur, et de progresser dans la connaissance d’elle-même.

Elle va ainsi apprendre à identifier ses peurs et les regarder en face, découvrir l’ancrage par la respiration, la pensée positive, les croyances limitantes, écouter son intuition, voir le monde avec plus de légèreté, prendre soin de son enfant intérieur, découvrir le concept de résilience, apprendre à connaître et accepter ses émotions. En fait, elle va découvrir qui est elle est vraiment, pour faire des choix en pleine conscience.

Elle va ainsi se libérer de tout ce qui lui pesait, et partir, libérée vers l’avenir qu’elle s’est choisi librement.

L’histoire se déroule dans un endroit merveilleux, avec aussi des aspects sombres et douloureux, car l’homme s’est coupé de la nature et donc de lui-même, et un passé douloureux en la personne d’Aelig, avec qui Chloé va voir des liens par-delà les siècles. 

Cet ouvrage m’a fait penser par certains côtés au « Monde de Sophie », car il permet de découvrir la philosophie, mais surtout d’apprendre à se connaître soi-même.

Un superbe ouvrage, à lire tranquillement, à son rythme, avec les perles lumineuses écrites par Chloé dans son carnet, qui se révèlent des guides de vie à ne pas oublier. Un véritable coup de cœur, écrit pour les jeunes, mais que je conseille aussi aux adultes.

Vous pouvez écouter les podcasts de l’auteur "La p’tite chronique lumineuse" à cette adresse : https://alexandraughetto.com/category/la-ptite-chronique-lumineuse-podcast/

Quelques extraits :

 

Il se pourrait bien que je nourrisse ma peur en lui accordant autant de place… Il se pourrait bien que je ne nourrisse pas assez ma joie et mon bonheur.

L’ancrage, lui, me permet de trouver une stabilité intérieure et d’arrêter d’être chahutée par mes pensées.

 Mes pensées créent mon ambiance intérieure.

En fait, il vaut mieux identifier nos besoins et trouver comment les satisfaire.

 Surtout, j’ai beaucoup moins peur. Je devrais plutôt dire que j’ai appris à avancer avec ma peur, sans la laisser décider à ma place. 

Fallait-il en détruire, des barricades, pour pouvoir l’aimer.
Fallait-il en détruire, des barricades, pour pouvoir m’aimer moi-même.

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Le livre des beautés minuscules 

Publié le par Doc Bird

 « Le livre des beautés minuscules », poèmes de Carl Norac, images de Julie Bernard, éditions Rue du Monde, collection Graines de mots

Résumé : 36 poèmes qui célèbrent la beauté du monde, jusque dans les moindres détails : paysages, jardins, lune, nuit, soleil, vent, montagne, arbre, oiseaux… Tous les éléments de la nature sont magnifiés.

Mon avis : Comme le dit le sous-titre de ce très bel album, voici 36 poèmes pour murmurer la beauté du monde qui sont magnifiquement illustrés.

Ce livre est un vrai hommage à la nature et à la beauté de tout ce qui nous entoure, à travers des poèmes qui nous transportent et nous invitent à regarder d’un autre œil, plus attentif, le monde qui nous entoure, les éléments naturels, les animaux comme les humains.

Un vrai petit bijou à lire, à faire lire et à montrer !

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À la recherche de Jack

Publié le par Doc Bird

« À la recherche de Jack » de Mel Darbon, éditions Hélium

Résumé : Rosie est amoureuse de Jack, et Jack est amoureux de Rosie, et c’est tout ce qui compte. Mais un jour Jack est envoyé dans une autre ville à cause d’un accès de violence, et Rosie n’a pas le droit d’aller le voir. Alors Rosie n’a plus qu’une idée en tête, aller le retrouver, même si elle doit braver les interdits, et qu’elle sait que ce sera très compliquée, car elle est trisomique 21.

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman émouvant qui met le lecteur dans la peau de Rosie, jeune fille de 16 ans atteinte de trisomie 21, lui permettant de la comprendre de l’intérieur, de connaître ses difficultés et sa façon de réagir par rapport aux autres et aux situations.

L’auteur a écrit ce roman par rapport à son frère autiste, et à tous les préjugés rencontrés par rapport à lui, mais aussi car elle a travaillé comme assistante pédagogique avec des élèves trisomiques. Et son expérience personnelle l’a aidée à prendre la plume pour écrire ce petit bijou, et montrer que chacun est différent, a des capacités et des compétences différentes, mais est profondément humain.

Sur son trajet à la recherche de Jack, Rosie va oser partir seule dans la grande ville de Londres, pour trouver un train qui lui permette d’aller rejoindre la ville de Jack. A certains moments dans le métro, les aventures de Rosie m’ont fait penser au « bizarre incident du chien pendant la nuit » où un ado autiste prend aussi seul les transports et va vite être perdu dans un monde inconnu.

Et dans la peau de Rosie, on comprend que cela va se révéler très compliqué, mais que Rosie a aussi une très grande force de caractère, et est très courageuse. Parfois tout s’embrouille dans sa tête, elle a beau avoir bien écrit et enregistré les plans de métro pour pouvoir se rendre à la gare Victoria, elle va jouer de malchance, car la neige va annuler tous les trains et Rosie va se retrouver seule dans une grande ville. Elle va faire de belles rencontres, avec des personnes qui vont l’aider, mais d’autres vont aussi se moquer, ou profiter de sa faiblesse, et à certains moments on tremble pour Rosie ! Car le monde n’est pas empli que de personnes altruistes qui veulent aider, il y a aussi celles qui volent ou veulent faire du mal aux autres.

 Ce roman est à la fois une belle façon de parler du handicap, mais est aussi une très belle histoire d’amour, car la boussole et l’espoir de Rosie, c’est son Jack qu’elle aime passionnément, et pour qui elle est prête à tout pour le retrouver. Et le récit est entrecoupé des cartes postales envoyées par Jack à Rosie, qui permettent de comprendre son handicap à lui aussi, ainsi que son amour profond pour Rosie.

Si on devait retenir quelque chose de ce roman, ce serait que l’amour rend meilleur, que le handicap est seulement une différence, qu’il faut laisser au placard la peur qui naît des différences.

Un coup de cœur à lire et à proposer aux élèves au CDI !

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Chère Fubuki Katana 

Publié le par Doc Bird

 « Chère Fubuki Katana » de Annelise Heurtier, éditions Casterman

Résumé : Emi, jeune lycéenne japonaise, ne va pas trop bien, car sa classe la harcèle. Mais elle n’ose pas s’en plaindre, car cela ne fait qu’empirer les choses au Japon, et vous fait passer pour un faible. Seule lueur d’espoir pour elle, sa rencontre avec Hana dans un bar à chats. Pourra-t-elle oser lui parler et s’ouvrir à elle ?

Mon avis : Les romans d’Annelise Heurtier que j’ai lus sont tous empreints de poésie et de délicatesse, en abordant des sujets difficiles ou lourds, comme l’anorexie dans « Le complexe du papillon », le ségrégationnisme dans « Sweet Sixteen » ou le handicap dans « Envole-moi ». A chaque fois, je ressors de la lecture à la fois vivifiée et apaisée, et me disant que je vais sûrement proposer ce livre aux élèves. Et ce roman-ci ne fait pas exception.

On plonge dans le Japon moderne empreint de nouveautés mais aussi de beaucoup de traditions, certaines étant parfois étouffantes.

Emi vit avec ses parents dans une maison traditionnelle, vivant au rythme des saisons et des différentes fêtes et coutumes que sa mère suit scrupuleusement. Mais depuis quelques mois, Emi ne ne sent pas bien et se rend au lycée avec la boule au ventre, car elle est harcelée et se sent seule. Alors elle a arrêté les clubs, et essaie de se forger une carapace, en se disant que cela passera, qu’elle est forte et qu’elle peut surmonter cela, et elle se réfugie dans son univers manga, imaginant la vie en cases noir et blanc. Mais cette situation est très difficile à vivre pour elle.

Seule joie et seul répit dans la semaine, c’est quand elle se rend dans un bar à chats où elle voit son chat préféré. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’elle va rencontrer par hasard Hana, une jeune fille qui a arrêté le lycée, et avec qui elle va commencer à se prendre d’amitié. Grâce à Hana et à son soutien, Emi commence à reprendre goût à la vie, et à redresser la tête.

Mais dans un monde où les apparences comptent beaucoup, Emi va découvrir que tout n’est pas forcément comme on pourrait le penser.

J’ai eu un coup de cœur pour ce roman formidablement bien écrit, qui arrive à mettre en avant le poids des traditions au Japon, permet d’en savoir un peu plus sur les différentes coutumes (visites et prières au temple, temps forts de l’année, les kimonos des geishas, les yakuzas, les préjugés sur certaines catégories de personnes…), met en avant la beauté de l’éphémère, et montre la force et le pouvoir de l’amitié.

Et on découvre seulement dans la dernière partie du roman pourquoi donc le titre s’intitule « Chère Fubuki Katana », et qui est cette personne à qui une entreprise envoie des lettres.

Un roman qui montre que le Japon est un pays aux traditions et mentalités bien différentes de l’Occident, et qui montre la vérité derrières les apparences. Un coup de cœur à lire !

Un extrait : 

Quelles que soient les influences, on était toujours libre de penser différemment. Mais où puisait-on la force de le faire ? Qu’est-ce qui faisait qu’on était capable, ou non ?

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La chamane de Lascaux

Publié le par Doc Bird

« La chamane de Lascaux » de Sophie Marvaud, éditions 10/18

 Résumé : 15 000 avant JC, dans les vallées du Périgord, vit le clan des Grandes-Mains-Blanches. Parmi eux, la famille des Quatre-Encoches est partie durant la belle saison pour aller chercher des coquillages vers l’océan, mais Iranie, l’apprentie de la chamane Licorne-la-Puissante, se fait assassiner. Et sur la route du retour, des défections ont lieu… Licorne-la-Puissante sent que son clan est en danger, et va devoir faire face aux dissensions qui rongent le clan de l’intérieur, tout en comprenant qu’un danger extérieur est imminent, avec un chaman aux idées nouvelles et aux pratiques douteuses.

Mon avis : Voici un roman reçu grâce au dernier Masse critique « Mauvais genres » de Babelio et aux éditions 10/18. Ayant lu avec plaisir il y a des années la saga des « Enfants de la terre » de Jean M. Auel, je me suis dit que ce titre mêlant Préhistoire et policer pourrait m’intéresser. Il est paru auparavant en 2014 sous les titre « Meurtre chez les magdaléniens » aux éditions Nouveau Monde.

Et ce fut un véritable plaisir de me plonger dans ce polar préhistorique qui permet aussi de parler de sujets toujours actuels : la précarité de la vie, la mort, les liens entre humains, les relations hommes femmes, les violences sexuelles, l’homosexualité, le pouvoir, la maladie, le spirituel… Car on enquête bien sur le coupable qu’on trouve assez vite, mais le plus dur va être de le confondre, et ce sera l’occasion d’en apprendre plus sur la vie et les traditions de ce clan.

Sophie Marvaud, qui est historienne, explique bien en fin d’ouvrage, les éléments scientifiques sur lesquels elle s’est appuyée, mais aussi la part d’imaginaire nécessaire pour écrire son roman. J’ai apprécié qu’elle donne des noms significatifs aux personnages comme Mégacéros, Le Fonceur, L’Affectueuse… comme dans les diverses traditions des peuples. Ayant déjà pu visiter le Périgord, et les différents endroits où se passe l’action, comme la grotte de la Madeleine, les Eyzies ou Lascaux, les descriptions des figures dessinées sur les parois ont pris une autre dimension pour moi, ainsi que leurs significations.

Le récit se passe à une époque d’ère glaciaire où la vie était rude, l’appartenance à un clan essentielle pour survivre, mais où les humains sont ce qu’ils sont, et peuvent rencontrer des différents qui pourraient mettre le clan en danger.

J’ai apprécié les réflexions autour des relations hommes femmes, la place de la femme dans le groupe, la possibilité de chasser qui ne plaît pas à tous les hommes, les idées de certains qui trouvent que seuls les hommes peuvent discuter avec les esprits, et qu’un bon chaman est un homme.

J’ai aussi aimé le personnage de Licorne-la-Puissante, la chamane, qui écoute les esprits, guide le groupe, est le témoin et le passeur d’histoires, mais aussi guérisseuse. C’est une femme d’expérience qui commence à vieillir et sent qu’elle doit passer le relais, à la fois forte et fragile, car son pouvoir repose sur la confiance que le clan lui porte, et que les événements peuvent malmener. Elle ne se croit pas toute-puissante, et laisse les choses suivre leur cours, en espérant que ses choix soient les bons et permettent de faire régner l’harmonie.

L’autrice a réussi à rendre proches de nous ces hommes et ces femmes éloignés dans le temps, mais qui partagent au final les mêmes préoccupations. Un titre que je recommande et qui me donne envie de lire aussi « Le choc de Carnac » qui a reçu le Prix France Bleu – L’Histoire en polar.

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