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masse critique babelio

 Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi

Publié le par Doc Bird

« Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi » de Camille Andrea, éditions Plon

Quand Jacob ouvre la porte à Noah un mardi, il ne sait pas que ce sera le début d’une belle relation qui va l’aider à sortir de la morosité de sa vie quotidienne depuis la mort de sa femme.

Il va voir venir à lui un vent de fraîcheur avec Noah, garçon métis de 10 ans, qui veut devenir président des Etats-Unis, et rendre le monde meilleur. Et pour cela, Noah a décidé de faire du porte à porte pour récolter des signatures et convaincre les gens avec ses idées et ses solutions pour que le monde aille mieux.

Jacob accueille alors régulièrement Noah chez lui pour échanger avec lui, autour d’un donut au chocolat et d’un verre de lait, attendant avec impatience ces rendez-vous, qui le font revenir vers la vie, alors qu’il s’enfonçait jusque-là dans les habitudes et la morosité, solitaire, et sans raison de vivre.

Mais la mémoire lui joue des tours, car il oublie de plus en plus de choses, y compris sa vie et son passé. Alors il relit les carnets dans lesquels il a écrit ses souvenirs, surtout ceux dont il a honte.

Noah est un jeune garçon plein d’innocence et de joie de vivre, prêt à voir le meilleur en l’autre, et élaborant des solutions pour les différents problèmes de société. Sa vie est loin d’être rose, car il vit seul avec son père qui cuisine des pizzas dans son restaurant, plutôt bourru et qui communique peu avec lui… Mais Noah a suffisamment de force en lui pour poursuivre ses rêves…

Mais un jour, Jacob va disparaître, sa maison va prendre feu, et la vérité sur son passé va éclater. Mais est-ce vraiment ce qui s’est passé ?

Voici un roman que je qualifierais de fable philosophique, un peu à l’image du Petit Prince qui pose des questions et qui fait des rencontres qui vont le faire évoluer et questionner le lecteur.

La rencontre entre le vieux monsieur au passé trouble et le petit garçon plein de candeur va être l’occasion de réfléchir sur le sens de nos actes, le poids de l’immobilisme, l’étincelle qui fait agir.

L’histoire est un mélange de tristesse face à la mémoire qui part, la solitude des personnes âgées, le poids du passé, et en même temps une graine d’espoir sur la possibilité de réaliser ses rêves. Elle commence comme un roman feel good, et se poursuit en montrant que dans la vie, rien n’est tout noir ou tout blanc, mais que la vie et faite de nombreuses nuances.

Et la fin est assez inattendue, car les années passent, et nos deux héros vont se recroiser dans un final plein d’émotions.

Merci à Babelio et aux éditions Plon de m'avoir proposé la lecture de ce roman. 

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Amy pour la vie !

Publié le par Doc Bird

« Amy pour la vie ! », scénario de Christophe Cazenove et Jérôme Derache, dessins de Cécile, couleurs d’Annelise Sauvêtre, éditions Bamboo

Résumé : Amy, 12 ans, est malvoyante, et se déplace au quotidien avec une canne blanche. Mais sa vie va changer le jour où le chien qu’on lui a offert quand il était bébé, Kita, revient de son école de dressage, et devient son chien-guide. Tous deux vont apprendre à vivre ensemble, partager de bons moments, et des bêtises !

Mon avis : Je remercie les éditions Bamboo et Babelio, grâce à qui j’ai reçu cette BD lors du dernier masse critique spécial littérature jeunesse.

Je suis très contente de pouvoir lire une BD qui permet de discuter de handicap avec les élèves, mêlant fiction à travers l’histoire d’Amy et de son chien Kita, et documentaire à travers des pages explicatives.

L’histoire se divise en plusieurs épisodes de la vie d’Amy et de Kita, bientôt rejoints par un nouvel arrivant dans l’école d’Amy, Louka, qui va devenir ami avec elle, et partager leur quotidien. Chaque épisode est entrecoupé de pages explicatives, qui donnent des informations sérieuses sur le handicap visuel, les chiens d’aveugle et leur formation.

Les auteurs de cette BD, qui ont travaillé ensemble sur la belle série « Amies de papier », ont de nouveau collaboré ensemble pour écrire cette BD pleine d’humour et dont j’ai bien aimé les illustrations tout en douceur, entre une Amy pleine de facétie, un Louka maladroit, et un Kita sérieux mais aussi plein d’humour !

J’ai bien aimé aussi la dernière partie où les camarades de classe d’Amy expérimentent la vie en aveugle et en découvrent de l’intérieur toutes les difficultés, permettant de les mettre en empathie avec Amy.

Une BD très intéressante à proposer aux élèves pour parler du handicap, et du rôle des chiens guides.

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Amande

Publié le par Doc Bird

« Amande » de Won-Pyung Sohn, éditions Pocket jeunesse

Résumé : Depuis tout petit, Yunjae ne ressent pas les émotions, n’arrive pas à décoder le visage des autres, et est incapable d’éprouver de l’empathie. Sa mère lui a appris à retenir des codes pour pouvoir s’en sortir, mais un tragique événement le fait se retrouver seul. Sa rencontre avec Gon, un ado rebelle, va commencer à changer sa vie et son quotidien, et Yunjae va commencer à s’ouvrir au monde et à la vie.

Mon avis : J’ai reçu ce roman, qui sort en librairie le 5 mai, grâce à un Masse critique spécial de Babelio et aux éditions Pocket jeunesse, que je remercie.

J’ai fait la rencontre d’un ado, Yunjae, qui est atteint de la maladie appelée alexithymie, qui empêche la personne qui en est atteinte de pouvoir identifier et ressentir ses émotions, et de pouvoir accéder à celles des autres. Cela est lié à des amygdales cérébrales qui sont plus petites et ne se sont pas développées. Ces amygdales ont une forme d’amande, d’où le titre de ce roman et les essais désespérés de la maman de donner des amandes à son fils pour que ses amygdales se développent, par leur ressemblance physique.

Yunjae est un enfant comme les autres, hormis ce handicap émotionnel qui le met à part des autres, et lui vaudra d’être harcelé par les autres enfants. Il vit avec sa mère et sa grand-mère, et toutes deux essaient de palier son manque d’émotions par l’apprentissage de réponses et de codes qui peuvent l’aider à s’intégrer et à paraître moins bizarre.

Mais sa vie déjà compliquée va être totalement bouleversée par un événement terrible, pour lequel il ne ressentira rien. Il se retrouve seul, et va devoir apprendre à faire face seul aux autres. Il retourne au lycée, où il va faire la rencontre de Gon, un ado qui n’a pas été épargné non plus par la vie, car il a été enlevé à ses parents quand il était petit, et a retrouvé son père biologique récemment. Gon est plein de colère et de rancœur, contre son père mais aussi contre Yunjae, mais tous les deux vont finir par devenir amis.

Progressivement, Yunjae va s’ouvrir à Gon, et commencer à développer des embryons de sentiments et d’émotions, et quand il rencontrera Dora, il va aussi faire l’expérience de sensations inédites. Mais il va aussi découvrir la souffrance à travers Gon...

Ce roman est un gros succès en Corée, et devrait trouver très vite sa place dans le cœur des lecteurs. Car si Yunjae ne ressent pas d’émotions, le lecteur va passer par toute une palette de sentiments, s’attachant à ce héros si distancié et en même temps si humain, qui va être le témoin d’événements douloureux depuis tout petit, anesthésiant encore plus son cerveau, qui ne ressentait pas d’émotions.

On s’apitoie sur son sort, tout en sentant qu’il possède une force de caractère incroyable, et en rencontrant Gon puis Dora, et en commençant à faire face au monde qui l’entoure, il va progressivement, par petites touches, évoluer.

Seul bémol, certains événements à la fin paraissent un peu trop précipités, avec de grosses ficelles. J’aurais préféré une fin plus nuancée.

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 Nectar et Ambroisie et le monde des ténèbres, Tome 1

Publié le par Doc Bird

« Nectar et Ambroisie et le monde des ténèbres, Tome 1 » de Sabina Colloredo, traduit de l’italien par Claire Bertholet, illustrations de Haria Urbinati, éditions Hachette

Résumé : Nectar et Ambroisie, deux enfants immortels, vivent sur l’Olympe en compagnie des dieux et déesses. Ils s’amusent ensemble dans un monde devenu glacé depuis qu’Hadès a enlevé Perséphone. Ils décident alors de se rendre dans les Enfers pour convaincre Hadès et faire revenir le printemps.

Mon avis : Voilà deux nouveaux héros hauts en couleurs, qui ont l’esprit affûté, et la langue bien pendue !

Nectar et Ambroisie ont été trouvés lorsqu’ils étaient encore des bébés, et ont été élevés par Héra et les autres dieux. Nul ne sait qui ils sont vraiment et pourquoi ils ont été abandonnés. Ils s’entendent très bien et adorent vivre des aventures ensemble. En faisant de la luge, ils se rendent compte que le monde glacé est bien triste, et Nectar réfléchit à un moyen de pouvoir changer les choses.

Accompagné d’Ambroisie, il part direction les Enfers ! Les deux héros vont alors devoir faire preuve de ruse et de courage pour pouvoir réussir à rencontrer Hadès et Perséphone.

Voilà un tome 1 d’une série qui devait plaire à partir de 8 ans avec deux enfants aux nombreuses ressources qui vont dépoussiérer la mythologie ! Il y a un mélange d’aventures, d’humour et une pointe de mystère sur les origines des enfants qui donne envie d’en savoir plus !

Les caractères des différents dieux et héros rencontrés dans le récit sont fidèles, et le lecteur découvre alors un peu de la personnalité de chacun, mais aussi différentes aventures mythologiques.

Un bon roman à lire pour découvrir la mythologie en s’amusant ! Merci à Babelio et aux éditions Hachette de m'avoir proposé cette lecture. 

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Celle qui parle

Publié le par Doc Bird

« Celle qui parle » de Alicia Jaraba, éditions Bamboo, collection Grand Angle

Cap sur un mélange d’histoire et de légende avec cette BD, reçue dans le cadre d’un Masse critique spécial de Babelio et des éditions Bamboo, que je remercie.

Elle met en avant Malinalli, la fille d’un cacique (chef) d’un village, qui va se retrouver vendue comme esclave à un autre cacique, travaillant dans les champs, puis devenant ensuite une des concubines du cacique. Elle décide d’apprendre la langue maya, qu’elle ne connaissait pas, afin de pouvoir communiquer et de comprendre ce qui se dit.

Lorsqu’arrivent des navires avec à son bord Hernan Cortez, son don des langues lui vaut d’être repérée, afin qu’elle joue le rôle d’interprète entre Cortez et les différents interlocuteurs locaux. Elle deviendra la Malinche, celle qui parle, et qui donc joue dans les décisions, car elle a le pouvoir de la parole dont seuls les hommes disposaient.

Elle veut à la fois aider son peuple qui est dominé par les Mexicas, mais va aussi vite se rendre compte que Cortez et ses hommes ont soifs de richesse et de domination, tous peuples confondus, et qu’ils veulent détruire leurs traditions et leurs croyances. Certains penseront qu’elle a été une traître par rapport à son peuple.

J’ai trouvé cette BD très intéressante, car l’autrice a décidé de combler les nombreux blancs et mystères qui entourent la vie de Malinalli, en ajoutant sa sensibilité féminine pour une histoire surtout transmise et véhiculée par les hommes.

Elle montre une jeune fille, puis une femme, qui essaie de faire au mieux en fonction de son cœur et de ses convictions, mais qui va aussi faire des erreurs, qui subit beaucoup dans un monde dominé par les conflits et par les hommes. Les femmes n’ont pas une vie facile, souvent esclaves de leur compagnon, devant obéissance et accepter les relations sexuelles imposées.

Alicia Jarara en fait le portrait d’une femme forte malgré ses hésitations, qui ose parler et dire non. Une BD qui met en avant le sort réservé aux femmes, et qui montre le courage de s’élever et de dire non.

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La chamane de Lascaux

Publié le par Doc Bird

« La chamane de Lascaux » de Sophie Marvaud, éditions 10/18

 Résumé : 15 000 avant JC, dans les vallées du Périgord, vit le clan des Grandes-Mains-Blanches. Parmi eux, la famille des Quatre-Encoches est partie durant la belle saison pour aller chercher des coquillages vers l’océan, mais Iranie, l’apprentie de la chamane Licorne-la-Puissante, se fait assassiner. Et sur la route du retour, des défections ont lieu… Licorne-la-Puissante sent que son clan est en danger, et va devoir faire face aux dissensions qui rongent le clan de l’intérieur, tout en comprenant qu’un danger extérieur est imminent, avec un chaman aux idées nouvelles et aux pratiques douteuses.

Mon avis : Voici un roman reçu grâce au dernier Masse critique « Mauvais genres » de Babelio et aux éditions 10/18. Ayant lu avec plaisir il y a des années la saga des « Enfants de la terre » de Jean M. Auel, je me suis dit que ce titre mêlant Préhistoire et policer pourrait m’intéresser. Il est paru auparavant en 2014 sous les titre « Meurtre chez les magdaléniens » aux éditions Nouveau Monde.

Et ce fut un véritable plaisir de me plonger dans ce polar préhistorique qui permet aussi de parler de sujets toujours actuels : la précarité de la vie, la mort, les liens entre humains, les relations hommes femmes, les violences sexuelles, l’homosexualité, le pouvoir, la maladie, le spirituel… Car on enquête bien sur le coupable qu’on trouve assez vite, mais le plus dur va être de le confondre, et ce sera l’occasion d’en apprendre plus sur la vie et les traditions de ce clan.

Sophie Marvaud, qui est historienne, explique bien en fin d’ouvrage, les éléments scientifiques sur lesquels elle s’est appuyée, mais aussi la part d’imaginaire nécessaire pour écrire son roman. J’ai apprécié qu’elle donne des noms significatifs aux personnages comme Mégacéros, Le Fonceur, L’Affectueuse… comme dans les diverses traditions des peuples. Ayant déjà pu visiter le Périgord, et les différents endroits où se passe l’action, comme la grotte de la Madeleine, les Eyzies ou Lascaux, les descriptions des figures dessinées sur les parois ont pris une autre dimension pour moi, ainsi que leurs significations.

Le récit se passe à une époque d’ère glaciaire où la vie était rude, l’appartenance à un clan essentielle pour survivre, mais où les humains sont ce qu’ils sont, et peuvent rencontrer des différents qui pourraient mettre le clan en danger.

J’ai apprécié les réflexions autour des relations hommes femmes, la place de la femme dans le groupe, la possibilité de chasser qui ne plaît pas à tous les hommes, les idées de certains qui trouvent que seuls les hommes peuvent discuter avec les esprits, et qu’un bon chaman est un homme.

J’ai aussi aimé le personnage de Licorne-la-Puissante, la chamane, qui écoute les esprits, guide le groupe, est le témoin et le passeur d’histoires, mais aussi guérisseuse. C’est une femme d’expérience qui commence à vieillir et sent qu’elle doit passer le relais, à la fois forte et fragile, car son pouvoir repose sur la confiance que le clan lui porte, et que les événements peuvent malmener. Elle ne se croit pas toute-puissante, et laisse les choses suivre leur cours, en espérant que ses choix soient les bons et permettent de faire régner l’harmonie.

L’autrice a réussi à rendre proches de nous ces hommes et ces femmes éloignés dans le temps, mais qui partagent au final les mêmes préoccupations. Un titre que je recommande et qui me donne envie de lire aussi « Le choc de Carnac » qui a reçu le Prix France Bleu – L’Histoire en polar.

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Le sens de nos pas

Publié le par Doc Bird

« Le sens de nos pas » de Claire Norton, éditions Robert Laffont

Auguste se rend chaque jour dans le parc pour s’asseoir sur le banc au nom de Jeanne, sa femme tant aimée qui est maintenant disparue. Il vient s’y ressourcer et se rappeler le passé, dans un quotidien compliqué où il fait semblant d’être sourd pour qu’on lui fiche la paix, car son fils, sa belle-fille et leur ado sont venus emménager chez lui pour l’aider depuis la mort de sa femme. Mais le quotidien n’est pas rose, entre un fils absent avec qui il ne communique plus, alors qu’ils avaient une belle relation il y a des années, une belle-fille bruyante qui voudrait se débarrasser de lui pour le mettre en maison de retraite, et un petit-fils aux jeux vidéos très bruyants. Et le coup fatal est porté quand il apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas inguérissable, et qu’il lui reste peu de temps à vivre.

C’est secoué qu’il arrive ce jour-là sur son banc, et y rencontre Philomène, une jeune ado de quinze ans, elle aussi malmenée par les affres de la vie, car elle a perdu sa mère dans un accident de voiture il a y peu. Elle ne communique plus avec son père qui n’a pas su trouver les mots, pris lui-même dans son propre chagrin. Et elle ressent qu’on lui cache des choses, que sa mère pourrait s’être suicidée, et elle s’en veut de n’avoir rien vu. Elle décide alors de partir pour chercher des réponses à ses questions dans la région où sa mère est morte, en déplacement professionnel, et elle va demander à Auguste de l’accompagner.

Auguste, lui, a une toute autre idée en tête, partir loin de sa famille pour remettre en ordre sa vie avant de mourir, et choisir la mort qu’il souhaite. Il ne veut pas s’encombrer d’une ado, mais Philomène va ruser pour qu’il l’accompagne, et tous deux vont partir sur la route de leur vie.

Ils vont commencer à s’apprivoiser, et Auguste va s’attacher à cette ado brisée par la mort subite de sa mère, et minée par les nombreuses questions qu’elle se pose, et Philomène va découvrir avec Auguste le sens de la vie.

Leur duo improbable va faire des expériences inédites, rencontrer une jeune femme au chapeau rose qu’ils vont aussi aider, parler à cœur ouvert, échanger leurs points de vue, parler de la vie et de la mort, mais aussi vivre des moments fous.

Leur rencontre va permettre au lecteur de réfléchir sur le sens de la vie, le temps qui passe inexorablement et qui s’accélère en vieillissant, l’amour, les liens entre générations, les rêves et les regrets, les choix qui façonnent une vie, la place de la vieillesse et de la maladie dans la société, et bien sûr la mort : celle brutale dans un accident de voiture, mais aussi le questionnement sur la fin de vie, les soins palliatifs, l’euthanasie.

Rien n’est ni tout blanc ni tout noir, mais plutôt dans toute une palette de couleurs, montrant que les idées de chacun peuvent évoluer en fonction des événements. Car Auguste, fervent croyant, a vu l’agonie de sa femme en soins palliatifs, et ne souhaite pas subir la même chose, et va opter pour le choix de sa mort, encore lucide et ne souffrant pas encore trop, épargnant aussi à sa famille de voir sa déchéance et sa souffrance.

Quelque soit l’avis de chacun sur la fin de vie, ce roman fait réfléchir, et montre la complexité de ce sujet.

Ce roman est bouleversant, à la fois porteur d’espoir et très triste. La fin m’a fait pleurer, très émouvante, tout en retenue et en pudeur, et en même temps porteuse de réflexion sur le sens de la vie et les relations aux autres.

Un roman que j’ai eu le plaisir de lire en avant-première grâce à Babelio et aux éditions Robert Laffont, et qui sort le 7 avril 2022.

Un extrait : 

 - Avez-vous des regrets ?

Auguste réfléchit longuement avant de répondre :

- Je n’en ai qu’un : m’être souvent fait un sang d’encre pour des broutilles qui n’en valaient pas la peine… Pour des choses qui ne se sont jamais produites alors que je les redoutais, ou pour d’autres sur lesquelles je n’avais de toute manière aucun pouvoir d’agir. Mais de cela on se rend compte bien trop tard… 

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Respirons ensemble

Publié le par Doc Bird

« Respirons ensemble » d’Emmanuelle Chedid-Advenier, éditions Cent Mille Milliards

Voici un très beau livre écrit par une enseignante de yoga spécialisée dans le yoga du son, que jai reçu lors du dernier Masse critique non-fiction de Babelio.

La couverture est superbe, mêlant souffle et carte mentale mettant en avant les bienfaits de la respiration.

Le livre commence par des explications anatomiques détaillées et très claires, du nez jusqu’aux plus petites alvéoles pulmonaires, montre le lien entre santé et respiration, mais aussi entre respiration et émotions. Puis sont présentées plusieurs techniques de pranayama, l’art de respirer selon le yoga, des respirations à destination des enfants, les mudrâs, gestes des mains pour accompagner le souffle, et enfin des postures pour ouvrir son corps et respirer pleinement.

J’ai adoré ce livre du début jusqu’à la fin, car il mêle à la fois des connaissances théoriques et des exercices pratiques à tester, et les illustrations sur fond bleu foncé sont très belles.

Pour moi qui pratique le yoga depuis plusieurs années, il n’y a rien de nouveau. Je connais la respiration complète, la respiration en carré ou la respiration alternée, ainsi que certaines mudrâs et postures pratiquées en cours. Mais j’ai bien aimé trouver dans un seul livre toutes ces pratiques reliées par le souffle, dans lesquelles piocher régulièrement, car elles font un bien fou et apaisent l’esprit.

Un beau livre à offrir ou à s’offrir, pour aussi approfondir l’aspect spirituel du yoga et se concentrer sur l’instant présent.

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Portrait au couteau

Publié le par Doc Bird

« Portrait au couteau » de Malika Ferdjoukh, éditions Bayard

Résumé : En 1910, une jeune fille, Marie, quitte l’appartement d’un peintre à qui elle sert de modèle, et va être assassinée de plusieurs coups de couteau au cœur. De nos jours, Antonin et Elisabeth, étudiants en arts, vont découvrir que Flavie, qui pose comme modèle, porte sur son corps les mêmes cicatrices qu’une jeune fille peinte sur le tableau « Le cœur déchiré ». Ils vont alors enquêter sur ces troublantes coïncidences.

Mon avis : Merci à Babelio et aux éditions Bayard de m’avoir proposé la lecture de ce roman. J’ai tout de suite postulé, car j’ai déjà lu plusieurs titres de Malika Ferdjoukh que j’avais appréciés.

Ici, on se retrouve plongé à la fois dans le passé et le présent, avec un mélange d’art, d’histoire, d’enquête policière, d’amour et bien sûr une bonne dose de mystère angoissant et de surnaturel !

Tout commence en 1910, avec Marie, une danseuse de l’Opéra, qui se rend dans l’atelier du peintre Odilon Voret, qu’elle surnomme « l’Ogre », car il lui fait secrètement peur. Elle pose pour lui et cela lui permet de lui rapporter de l’argent. Mais ce jour-là, en sortant de l’atelier, dans l’ombre de l’escalier, elle est assassinée de plusieurs coups de couteau dans le cœur. Une enquête est menée, mais le coupable ne sera jamais retrouvé.

Puis l’histoire se poursuit à notre époque, avec Antonin, étudiant en arts, qui trouve étrange que Flavie, qui pose comme modèle, ait des cicatrices au niveau du cœur. Et le mystère va vite s’épaissir quand il va découvrir que Flavie est une descendante du peintre Odilon Voret, et que toutes les femmes de la famille sont nées avec ces cicatrices. Et stupeur, ces cicatrices correspondent exactement à celles d’une jeune fille peinte sur un tableau par ce peintre au XXème siècle. Ce tableau, surnommé « Le cœur déchiré » est criant de réalisme, avec une jeune fille sauvagement poignardée et poussant un cri muet.

Antonin, Elisabeth, étudiante en arts amoureuse d’Antonin, et Flavie, vont alors décider de résoudre ce mystère et de mener l’enquête. Celle-ci va les mener à certains moments proches de la peur et de la folie, entre Antonin, qui va sentir sa main gauche faire des choses à sa place, et Elisabeth qui va entrer dans le tableau ! On reconnaît bien là la plume angoissante et fantastique de Malika Ferdjoukh !

Un roman que j’ai trouvé intéressant, que je pense plus destiné à un public de lycéens ou d’adultes, avec de nombreuses références littéraires et artistiques, un vocabulaire parfois rare, et des joutes verbales qui nécessitent un certain niveau de culture. Le lecteur trouve rapidement qui est l’auteur du crime, avant que les révélations ne soient faites, mais l’essentiel est plus dans la restitution d’une atmosphère angoissante à souhaits, où le fantastique se glisse de façon insidieuse.  A tester !

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Cité Les Argonautes, 1. Des mensonges plus grands que le collège

Publié le par Doc Bird

« Cité Les Argonautes, 1. Des mensonges plus grands que le collège » de Insa Sané, éditions Milan

Résumé : Bounégueux est devenu le Nouveau en emménageant dans la Cité des Argonautes. Mais en entrant en sixième, et en voyant Medi se faire harceler par un redoublant, il décide de se rapprocher du groupe auquel il appartient, pour se sentir plus fort.

Mon avis : Je remercie Babelio et les éditions Milan pour cet envoi du Masse critique littérature jeunesse.

J’ai été heureuse de lire un titre d’Insa Sané, un auteur de Sarcelles, qui montre que le monde de l’écriture est ouvert à tous, y compris quand on vit en banlieue. Ici, son roman s’adresse plutôt à des collégiens, et s’appuie à la fois sur son vécu en tant qu'élève, mais aussi ses rencontres avec des collégiens.

Il écrit un tome 1 d’une série réaliste, au ton choral, avec des chapitres racontés du point de vue de plusieurs personnages. Le récit commence avec Bounégueux, qui arrive dans la Cité des Argonautes, et doit vivre avec l’étiquette de Nouveau qu’on met de côté car on ne le connaît pas. Il décide d’appartenir à un groupe en entrant en sixième, et va devenir ami avec Medi, Maya, Erwan et Jeanne. Leur amitié repose sur l’idée que l’union fait la force, notamment face à Fabrice, un élève redoublant qui fait peur aux autres et harcèle notamment Medi. Mais les idées de Bounégueux ne sont pas toujours aussi géniales qu’il n’y paraît, et ne fonctionnent pas toujours. Malgré tout, ça y est, il fait partie de la bande.

On croise aussi Erwan, qui vit pauvrement, et croit encore à la petite souris, car cela lui permet d’enchanter sa vie dans un quotidien difficile, Medi, qui vit douloureusement son père si peu présent, et absent, même quand il est présent, Maya, qui adore la moto et son père, et enfin Jeanne, que sa mère surveille constamment et qui n’aime pas ses amis.

Tous les cinq vont être liés par un secret, et cela pourrait leur coûter un retour de bâton du destin.

Un roman que j’ai lu d’une traite, au ton et aux mots justes, qui sait dépasser les apparences et les préjugés pour aller au cœur de chacun. On sent bien le vécu dans le récit, et Insa Sané a aussi sûrement mis de lui dans le personnage du comédien qui vient en résidence d’artiste dans un collège monter avec la classe une pièce. Tout n’est pas rose dans la Cité des Argonautes, loin de là, et des drames vont même survenir, on croise le racisme, la peur de la différence, les difficiles relations familiales, les préjugés.

J’ai bien envie de connaître la suite avec le tome 2 qui sort en février 2022.

Quelques extraits :

Bien sûr, il avait raison : on grandit toujours plus vite quand on affronte ses peurs et les défis que nous offre la vie. 

 L’absence, c’est le vide. Peut-on toucher le vide ? Sentir le vide ? Entendre le vide ? L’embrasser ? On sait que le vide est là, mais peut-on lui donner un nom ? Dans mon univers à moi, le vide s’appelle « Papa »

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