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masse critique babelio

Marie de Beaujeu 

Publié le par Doc Bird

« Marie de Beaujeu » d’Elisabeth Bourgois, éditions du Triomphe

Je remercie Babelio et son opération Masse critique Littératures, ainsi que les éditions du Triomphe, pour l’envoi de ce roman historique, qui va nous emmener au cœur du 13ème siècle, entre la Franche-Comté, Paris et la route de la dernière croisade de Saint-Louis.

Avant de parler plus avant de ce roman, je précise qu’il a déjà été publié en 2014 sous le même titre, mais que l’édition que j’ai reçue a été intégralement révisée en 2025.

L’autrice, Elisabeth Bourgois, s’est inspirée d’une histoire locale du site de Beaujeu, en Haute-Saône, où subsiste de nos jours une tour carrée, où aurait vécu Marie de Beaujeu, l’héroïne de cette histoire.

Marie est une jeune fille pleine de vie et d’enthousiasme, qui vit dans le château de Beaujeu avec ses parents et ses deux frères. Un seigneur plein d’envie de posséder ce beau fief, Erard de Blamont, va alors se rapprocher de la famille, car, ne pouvant envahir le château, il décide de demander la main de Marie à son père. Mais Marie déteste cet homme au physique repoussant, qui a en plus l’âge de son père, et elle aime secrètement Guy, qui rêve de devenir chevalier, mais est le fils du meunier. Ses parents repoussent leur décision, tout du moins au début, car ils veulent le bonheur de leur fille.

Mais les événements vont se précipiter, entre la mort qui va s’inviter au château, un horrible secret caché par son frère aîné Jehan, l’arrivée d’un cousin de la famille, Thomas d’Oiselay, conseiller du roi Saint-Louis, et l’invitation faite aux seigneurs et chevaliers de repartir avec le roi Louis IX pour une nouvelle croisade.

Ce roman historique est foisonnant, avec un mélange plutôt réussi de fiction et de réalité historique. Si la plupart des personnages principaux sortent de l’imagination de l’auteur, ou de légendes locales, d’autres sont bien réels, comme Marguerite de Flandre ou le roi Saint-Louis. L’ambiance de l’époque est bien restituée, montrant une société où le roi de France a une juridiction limitée sur Paris et ses alentours, mais est un souverain chrétien et pieux capable de pouvoir lancer des Croisades, où les fiefs peuvent passer d’un seigneur à un autre par la ruse ou par la force, et où peuple et seigneur vivent en dépendant l’un de l’autre.

L’atmosphère du Paris du 13ème siècle est également bien restituée, tout comme la réalité historique parfois bien cruelle, notamment avec la dernière croisade de Saint-Louis où les morts vont s’accumuler à cause des diverses maladies et de la peste, et où celui-ci trouvera la mort. Le lecteur se rend aussi compte combien la religion chrétienne imprégnait cette époque.

Bien sûr, certains éléments apportent une touche de modernisme qui ne correspond pas à la réalité de l’époque, comme le fait que l’avis d’une jeune fille puisse être pris en compte par ses parents pour le mariage, qui était arrangé en fonction des intérêts familiaux, et où l’amour n’avait guère de place.

Et l’autrice se permet des rebondissements peut-être un peu trop faciles, avec des retournements de situation peu crédibles à certains moments, comme celle de la personne qui n’était pas celle qu’on croyait. Elle se permet aussi des raccourcis sur l’hérédité que j’ai trouvé un peu top passe-partout, sur le thème de « bon sang ne saurait mentir », qui apportent parfois un peu trop de facilité à l’histoire.

Et pourtant, malgré ces bémols, j’ai été plutôt emportée par le récit, que j’ai plus lu comme une légende romanesque, où le bien finit par gagner. On suit bien sûr le destin de Marie, qui va vivre de nombreux événements, être éprouvée par les épreuves, mais aussi celui de son frère Jehan forcé de partir à Paris, et celui de Thomas, son cousin, qui va être le personnage fil rouge du récit.

Un roman entre faits historiques, complots, amour et aventure, qui m’a emmenée dans une époque rude mais passionnante, aux côtés d’une héroïne courageuse pour pouvoir choisir sa destinée.

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Les journaux pas si intimes de Marion : l’amour ça rend idiot !

Publié le par Doc Bird

« Les journaux pas si intimes de Marion : l’amour ça rend idiot ! » de Faustina Fiore, illustrations de Sess, éditions Poulpe fictions

Résumé : Marion découvre avec stupeur que sa meilleure amie, Nina, est amoureuse de Bruno, un garçon avec qui elles ont le cours de sport en commun. Et Nina demande à Marion de l’aider à rédiger ses messages pour briller devant Bruno. Marion se prend au jeu, et peut-être même un peu trop…

Mon avis : Je remercie Babelio et son édition Masse critique littérature jeunesse, ainsi que les éditions Poulpe fictions, pour l’envoi de ce titre.

Ce roman est le quatrième de la série, avec une héroïne, Marion, qui écrit dans son journal intime ses aventures, avec beaucoup d’humour. Marion a deux meilleures amies, Nina et Samira, une maman libraire enceinte d’un nouveau compagnon, et elle adore écrire, elle fait d’ailleurs partie d’un club d’écriture.

Le récit commence avec une Marion assez énervée de constater que Nina semble avoir perdu tous ses neurones en étant tombée amoureuse de Bruno, un garçon que Nina trouve formidable. Et lorsque ce dernier va lui écrire, Nina, paniquée, va demander à Marion de rédiger ses messages afin de donner la meilleure image possible d’elle.

Alors Marion va écrire avec beaucoup d’humour et avec des références littéraires. Elle se prend de plus en plus au jeu, et va commencer à se mettre à penser souvent à Bruno. C’est la catastrophe, car il semblerait bien qu’elle commence à ressentir des sentiments pour lui.

Ce roman sous forme de journal intime a tout plaire aux jeunes ados, entre l’humour mordant de Marion, les dessins rigolos et expressifs, les captures d’écran, et l’art de Marion de se mettre dans des situations pas possibles. En tant qu’adulte, j’ai bien aimé les références aux différents titres, comme Astérix, Alice au pays des merveilles, Naruto, Kamo, et bien sûr Cyrano de Bergerac. Le parallèle est rapidement fait entre Marion et Christian, qui prennent la plume pour Nina/Cyrano afin de charmer Bruno/Roxane. Mais l’autrice a réussi à ne pas faire un copier-coller de l’histoire originale, et déjoue les prédictions sur la suite des relations entre les jeunes collégiens.

Une belle découverte que ce titre !

Ce roman me permet de participer au challenge Littérature jeunesse de Pativore, et à la thématique mensuelle : amitié et amour.

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 Hrodbehrt l’Oiselet 

Publié le par Doc Bird

« Hrodbehrt l’Oiselet » de Marie-Dominique Colombani, éditions Thot, collection Fantasy

J’ai pu découvrir ce titre grâce aux éditions Thot et à Babelio, lors du Masse critique Mauvais genres, et je les en remercie.

Avec ce roman estampillé fantasy, on part dans un monde qui m’a fait penser par certains aspects aux récits du Moyen-Âge, avec une prophétie qui promet qu’un héros au cœur pur va pouvoir vaincre les forces du mal, incarnées en un personnage. Et ce héros va poursuivre sa quête, accompagné de fidèles compagnons, et faisant des rencontres mystérieuses et mystiques qui vont le faire avancer et mûrir en sagesse. Cela n’a pas été sans me rappeler la quête du Graal, et les rencontres des chevaliers avec des personnages mystérieux surgissant de nulle part, ou encore des potions qui permettent de se transformer.

Mais revenons à l’histoire. Le récit commence avec Atchéla, une jeune fille qui descend par sa mère, Chaline, d’une lignée de sages et de guérisseurs un peu sorciers. Elle porte au visage une vilaine cicatrice, ayant reçu petite fille un coup d’épée venant d’envahisseurs sanguinaires. Atchéla va comprendre qu’elle pourrait réaliser la prophétie, en devenant mère d’un garçon, fils du mal et du bien, appelé l’Oiselet, qui va sauver la région du mal, et permettre l’instauration de la paix. Mais pour cela, elle va devoir user de subterfuges et lutter pour sa vie.

C’est ainsi que, dans des circonstances sanglantes, va naître Hrodbehrt, un garçon promis à une grande destinée, qui va faire preuve de capacités extraordinaires, et devra passer par la souffrance ultime pour pouvoir accomplir son destin, accompagné de deux animaux fidèles, un chien et un âne. Sur sa route, il va croiser le malheur mais aussi le bonheur, et faire don de lui-même pour accomplir la prophétie, et pouvoir rencontrer Tumr, celui par qui le mal est arrivé…

Au début de ma lecture, j’ai pensé que ce roman serait un peu complexe à lire, en voyant la longue liste de présentation des personnages, mais en fait, le récit permet assez facilement de se repérer, même s’il faut bien se concentrer à certains moments.

Je pensais commencer assez vite à rencontrer l’enfant de la prophétie, Hrodbehrt, et ai été étonnée de voir que la première partie du récit était consacrée à d’autres personnages, qui vont se révéler importants ensuite. J’aurais préféré que le résumé de la quatrième de couverture donne moins d’informations, car on sait tout ou presque de ce qui va arriver.

La plume de l’autrice est exigeante, et nous emmène avec elle dans un monde où la violence règne souvent, les épreuves sont douloureuses, les sacrifices nombreux, et où personne ne ressort indemne de cette quête, payant de son corps ou de sa vie. Ce roman est à la fois le récit d’une légende, ainsi que celui d’une quête, qui va mener Hrodbehrt à aller au cœur de lui-même, allant jusqu’au bout de la souffrance pour pouvoir laisser le bien régner.

Ce livre paru en 2016, va être suivi en 2026 d’un second tome, qui raconte les aventures d’Hrodbehrt qui va devoir apporter la paix dans tout le pays.

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Le Naja d’Emeraude 

Publié le par Doc Bird

« Le Naja d’Emeraude » de Sarah Oling, éditions Sterenn, collection Arvor – Vue sur mer

J’ai lu ce livre grâce au Masse critique Babelio Littératures et aux éditions Sterenn, que je remercie pour l’envoi.

Cap sur l’Inde et le comptoir de Pondichéry des années 30 aux années 60, à travers ce roman qui mêle histoire coloniale, indépendance, danse traditionnelle, et pratiques et rites ancestraux. Entre tradition et modernité, ce roman va mettre en scène deux personnages liés par des secrets familiaux, qui vont tous deux se rencontrer, trouver en l’autre son âme sœur, et faire face à la malédiction des dieux.

D’un côté, Taran Arundel, jeune homme aux yeux de serpent naja qui peuvent se révéler hypnotiques, qui va découvrir et exceller dans le monde de la danse traditionnelle Kathakali, qu’il décide de moderniser avec sa compagnie, le Naja d’émeraude. Mais les dieux ne voient pas cela d’un bon œil, et les hommes cherchent à se venger… Taran est entouré de la vieille Vamika, qui est comme une mère pour lui, et veille sur lui avec Baba depuis la mort de sa mère à la naissance.

De l’autre Devin Kumar, un jeune homme doux et bon qui va tomber sous le charme de Taran, veut apprendre la danse sous sa tutelle, et qui va devenir très proche de Taran.

Tous deux ont en commun leur amour de la danse, et des origines anglo-indiennes, mais ils vont aussi découvrir qu’ils ne savaient pas tout de leurs familles, et de leurs liens. Ils vont devenir très proches, unis par l’esprit comme des âmes sœurs. Entre la malédiction des dieux et de la déesse Kâlî que Taran offense en voulant être trop moderne dans la danse et la vie, et les hommes qui veulent se venger sur les deux jeunes gens, leur destin sera marqué par l’amour et la souffrance. Et lorsque deux danseuses bretonnes vont arriver, tout pourrait basculer…

Voici un roman que j’ai trouvé assez étrange et original, avec un mélange entre rites et traditions ancestrales, et modernisme, qui vont provoquer beaucoup de malheur. Le récit oscille entre moments où la réalité, souvent cruelle, domine, et d’autres où l’esprit se rend d’autres contrées, et où les dieux se jouent des hommes.

Taran et Devin vont vivre des destins similaires, marqués tous les eux dans leur chair par la haine des hommes, et devant vivre leur amour cachés, ce qui va entraîner d’autres malheurs.

Un titre qui invite à se rendre dans des dimensions de l’esprit, avec des rites et des formules qui peuvent influer la vie, et où les dieux, quelle que soit la culture, décident du destin des hommes et des femmes.

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Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ? 

Publié le par Doc Bird

« Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ? » de Jean Guilaine, éditions Odile Jacob

J’ai reçu ce titre dans le cadre de l’opération Masse critique non-fiction, et je remercie Babelio et les éditions Odile Jacob pour l’envoi.

Il s’agit d’un essai écrit par Jean Guilaine, spécialiste de la Préhistoire et de la Protohistoire, ancien professeur d’archéologie au Collège de France et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Son ouvrage, richement documenté des recherches et fouilles archéologiques, accompagné dune bibliographie conséquente, part du postulat de mettre en parallèle notre monde et notre société actuelle avec les sociétés du Néolithique, période où les hommes ont commencé à vivre en société, se sédentarisant, se regroupant dans des villages ou des villes, et devenant des agriculteurs et éleveurs au lieu de de rester des chasseurs-cueilleurs.

Jean Guilaine va ainsi évoquer différentes thématiques en abordant d’abord notre société contemporaine, puis en remontant au Néolithique pour vérifier si, pendant cette période, l’homme a été confronté aux mêmes problématiques, et quel était le fonctionnement des sociétés. Il va aborder sept grandes thématiques : la domination et le pouvoir, les inégalités sociales et les oppressions, les changements climatiques et les catastrophes naturelles, l’action de l’homme sur l’environnement, les maladies et épidémies, la guerre et les tortures, les changements démographiques.

Si certains pouvaient penser que le Néolithique était une période idéale, une sorte d’âge d’or de l’humanité, ils risquent fort d’être déçus, car les preuves archéologiques démontrent que l’homme a toujours été ce qu’il est maintenant, un être avide de pouvoir, de richesses et d’apparats, où le patriarcat domine et où les femmes ont peu de place, et encore pire si elles sont esclaves, où il a du s’adapter aux contraintes climatiques comme les montées des eaux, les sécheresses, les séismes, les éruptions volcaniques, où la soif de richesses a lancé les humains à forer la terre, où le regroupement et la proximité des animaux d’élevage a favorisé la transmission de maladies et la survenue d’épidémies, où la guerre a toujours existé, tout comme la torture, ainsi que des rituels sanguinaires, et où les grandes villes et civilisations ont connu leur apogée et ont disparu, à cause de l’agriculture intensive, de la sécheresse, des révoltes contre le pouvoir, des changements climatiques.

Jean Guilaine nous dresse donc le portrait d’une humanité peu reluisante, où les racines de nos problématiques actuelles ont été plantées il y fort longtemps. D’ailleurs, l’auteur le dit lui-même dès le début, il va nous présenter une face assez négative et noire de l’humanité, loin de l’idéal d’une société néolithique parfaite. Et les différentes fouilles et recherches archéologiques sont sans ambiguïté, révélant le tableau d’une société néolithique inégalitaire, esclavagiste, se faisant la guerre, et commençant à piller les ressources de la planète, tout en se croyant supérieure à la nature et maître du monde.

J’ai trouvé que ce titre permettait de comprendre, qu’hélas, à de rares exceptions, l’homme continue toujours dans la même lancée, comme s’il oubliait ce qu’il aurait pu apprendre pour mieux vivre en harmonie avec les autres et la nature. La seule petite lueur d’espoir semble être la capacité de résilience de l’humanité face aux problèmes et catastrophes.

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La famille Tango, 1

Publié le par Doc Bird

« La famille Tango, 1 » de Karim Alliane et Henri Calais, couleurs de Christo Gangloff, éditions Dupuis

Résumé : Depuis la disparition de sa mère, Tina vit très souvent chez sa grand-mère, n’arrivant plus à vivre avec son père et sa belle-mère. En découvrant dans un tiroir de sa grand-mère un carnet magique, Tina va se retrouver embarquée dans une aventure avec sa grand-mère, et Kimberly, sa pire ou meilleure ennemie ! Car un chat-dieu convoite ce carnet pour détruire la mémoire des humains.

Mon avis : Une belle découverte que ce roman graphique reçu lors du Masse critique graphique. Je remercie d’ailleurs Babelio et les éditions Dupuis pour l’envoi.

Ce roman nous emmène à un rythme endiablé dans un récit plein de pep’s et de dynamisme, au cœur d’aventures trépidantes liées à des histoires et des êtres légendaires, en lien avec les traditions mexicaines.

La famille Tango ne manque pas d’originalité, entre une grand-mère qui va se révéler être à la tête d’une organisation secrète, la mère de Tina qui s’est battue pour lutter contre le Grand-Zéro, un chat bleu mythique, et Tina, qui a aussi son caractère, admire sa mère disparue, n’arrive pas à accepter le remariage de son père, et a une meilleure ennemie amie avec qui les échanges sont explosifs ! Les voilà toutes trois embarquées dans une aventure totalement folle, poursuivies par un chat-dieu aux multiples ruses prêt à tout pour récupérer le carnet magique de la famille Tango, qui permet de lire le futur et le passé, et surtout qui contient la mémoire des histoires et légendes des hommes. Car son objectif est de détruire ce livre, et donc la mémoire des hommes afin de pouvoir régner sur eux !

Un premier tome dynamique qui emporte son lecteur et donne envie de connaître la suite !

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Plantasia 

Publié le par Doc Bird

« Plantasia » de Vincent Dock, éditions Sarbacane

Résumé : A Plantasia, la boutique des sœurs Aurore et Lily, on peut trouver de magnifiques plantes et des plantes rares. Mais une plante spéciale attire la convoitise de deux frères prêts à tout pour s’en emparer…

Mon avis : Bienvenue dans l’univers magique des sœurs sorcières Aurore et Lily, qui tiennent la boutique de plantes depuis la mort de leurs parents. On y trouve toutes sortes de plantes classiques ou magiques, dont elles s’occupent avec amour et dévotion.

Aurore, l’aînée, est ordonnée et méticuleuse, et veille sur sa petite sœur Lily qui est plus fougueuse. Elles partent parfois rechercher des plantes rares en fonction des clients, ou vont sauver des plantes de la nature abîmées ou malades.

Un jour, deux frères, qui se font passer pour des journalistes, posent des questions sur leur boutique, et cachent leur motivation : trouver une plante magique capable de fabriquer de l’or et de les rendre riches. Jusque-là, ils ont trouvé des plantes leur permettant de créer des pierres précieuses, mais la plante s’étiole vite et les pierres ne restent pas précieuses longtemps. Et ils savent qu’à Plantasia, une plante magique pourrait les aider à réaliser leur rêve. Utilisant la ruse, et comptant sur leurs corbeaux, ils espionnent les sœurs pour pouvoir s’emparer de la plante qu’ils convoitent.

On ouvre cette BD comme un grimoire qui fourmille de détails, chaque case étant l’occasion d’admirer plein de détails, de nature et de plantes. J’ai suivi les aventures des deux sœurs en m’immergeant dans leur monde, en suivant leur quête de plantes, en rencontrant avec elles des personnages qui vont permettre à Lily de grandir et de mûrir, d’apprendre à faire face à ses peurs et à ses angoisses, à oser agir.

C’est une belle découverte que cette BD, dans un monde magique, et une belle ode à la protection de la nature et des hommes.

Merci à Babelio et aux éditions Sarbacane pour l'envoi de cette BD lors du Masse critique graphique.

Quelques extraits :

C’est pour ça que ce que nous faisons est important, Lily. Des petits gestes mais qui sauvent parfois la vie ! Pour nos clients, ce ne sont pas que des fleurs, ce sont des pétales de bonheur.

Bien sûr que si, ma chauve-souris, j’ai tout le temps peur, mais il faut continuer d’avancer, doucement.

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Des forêts, des arbres et des hommes

Publié le par Doc Bird

« Des forêts, des arbres et des hommes » de André-Jean Guérin et Paul Mathis, éditions EDP Sciences

Merci aux éditions EDP Sciences et à Babelio et son opération Masse critique Non Fiction, qui m’ont permis de découvrir ce livre.

Sous prétexte de fiction, en donnant la parole à Pando, l’arbre peut-être le plus âgé du monde, ce livre est en fait un documentaire richement documenté scientifiquement, écrit par André-Jean Guérin, ingénieur des forêts, ancien membre du CESE (conseil économique social et environnemental), et président de l’association « A tree for you », et Paul Mathis, biophysicien, spécialiste de la photosynthèse.

Pando existe bien, et n’est pas vraiment un arbre unique, mais une colonie d’arbres, des peupliers faux trembles, qui se reproduit par le drageonnage, la reproduction se faisant par clonage, de nouvelles tiges se créant à partir des racines. Pando se trouve aux Etats-Unis, dans l’Utah, dans un parc protégé. Les scientifiques estiment qu’il pourrait avoir environ 80 000 ans, sa colonie est composée d’environ 47 000 troncs, et pourrait vivre encore longtemps, mais l’action de l’homme pourrait signer son arrêt de mort, entre les sécheresses, le raccourcissement des hivers, et l’absence de prédateurs naturels des herbivores, tués par l’homme, permettant aux herbivores de brouter les jeunes pousses de Pando, et ne lui permettant pas de se régénérer. C’est pour cela que les deux auteurs lui donnent la parole, celle-ci servant de prétexte à la présentation d’un contenu scientifique rigoureux et étayé de nombreuses sources.

Pando va ainsi présenter son histoire probable et ses caractéristiques, démontrer qu’humains, animaux et végétaux ont environ 25% de leur ADN en commun, les rendant plus proches qu’on n’aurait le penser de prime abord. Il explique aussi comment sont apparus les premiers végétaux, dont les arbres, leur lente évolution en fonction des écosystèmes, leurs liens avec les champignons via le système racinaire, le fonctionnement de la photosynthèse et la façon dont les arbres stockent le carbone. Puis Pando va consacrer plusieurs chapitres à l’arrivée de l’homme sur terre, son évolution, qui a progressivement impacté les écosystèmes, avec la culture de plantes au meilleur rendement, se nourrir de fruits et de graines, le déboisage intensif, en vue de construire des habitations, fabriquer des meubles, du papier, obtenir des terres cultivables, se chauffer ou cuisiner, construire des bateaux, laisser de la place pour les villes de plus en plus nombreuses et étendues, créer des routes pour la circulation… Ce faisant, l’action de l’homme a bouleversé les différents écosystèmes et le climat, les arbres n’étant plus assez nombreux sur la planète pour capter le CO2, permettre la formation de nuages de pluie, retenir l’eau et éviter les inondations.

La déforestation de l’Amazonie est un exemple de catastrophe annoncée, et sert de base pour le plaidoyer de Pando, qui propose de gérer autrement la planète et les forêts. Il faudrait planter des milliards d’arbres, en proposant des espèces diversifiées, gérer la forêt de façon durable en équilibrant les coupes et les plantations, et en ayant une vision à long terme. Mais les hommes pourront-ils se mettre d’accord sur la planète et agiront-ils avec conscience ?

Ce livre est destiné au grand public, et fait un état des lieux des différents systèmes souffrant de l’action humaine, mais certaines parties ont un contenu scientifique un peu ardu pour les néophytes comme moi. L’idée de donner la parole à Pando est une bonne idée, mais souvent il disparaît derrière le contenu scientifique et des références, rendant parfois sa parole un peu indigeste. Il aurait fallu un plus de fiction documentaire que de documentaire pur et dur pour que le livre soit adapté à tous.

Mais le contenu est très intéressant, et montre que l’humain va devoir agir très vite s’il veut encore espérer vivre sur notre belle planète. Le point de non-retour n’est pas loin, et tous les pays doivent en prendre conscience et se mobiliser rapidement,  pour éviter le pire. Ils doivent s’entendre sur la gestion durable des forêts, la plantation massive d’arbres, et la limitation de l’utilisation des énergies fossiles.

Des forêts, des arbres et des hommes
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Les lotus d’or

Publié le par Doc Bird

« Les lotus d’or » de Jane Yang, éditions Charleston

J’ai reçu ce roman dans le cadre du Masse critique Littératures organisé par Babelio, que je remercie, ainsi que les éditions Charleston, que j’ai découvert à cette occasion. J’avais demandé ce titre, attirée par la couverture flamboyante et le résumé.

L’histoire se déroule en Chine au XIXème siècle, et présente le destin de deux femmes depuis leur enfance.

Dans une société hiérarchisée par beaucoup de règles et de traditions, Petite Fleur apprend depuis toute petite à bander ses pieds pour qu’ils deviennent des lotus d’or, de petits pieds lui permettant plus tard de pouvoir espérer un bon mariage, et donc une situation correcte.

Mais les aléas de la vie font que sa mère est obligée de la vendre pour pouvoir assurer leur survie et l’éducation de son frère. Elle va devenir muizai, une esclave au service d’une famille riche, les Fong. Sa mère lui fait promettre de toujours bander ses pieds, qui sont sa seule chance de pouvoir s’en sortir, d’obéir et d’être sage. Petite Fleur se retrouve attachée au service de Linjing, une petite fille gâtée qui est promise à un bon mariage, et qui impose à Petite Fleur ses caprices et ses désirs.

Petite Fleur va peu à peu voir ses rêves se déliter face à la dure réalité de sa condition, sa maîtresse étant égoïste, lui imposant des ordres douloureux comme celui d’arrêter de bander ses pieds, car elle doit elle-même garder ses pieds naturels, pour plaire à son futur mari, qui est contre les lotus d’or, et avance dans la modernité.

Petite Fleur trouve refuge dans sa passion pour la broderie, art dans lequel elle excelle, et qui rend jalouse Linjing. Elle a des idées novatrices qui rendent ses motifs et ses couleurs vivants, et la broderie est ce qui lui permet d’échapper à la dure réalité quotidienne, et de se sentir vivante et libre.

Linjing a peur de son futur mariage, notamment de sa belle-mère et de ses belles-sœurs, car elle sent que ces dernières croient en la vertu des lotus d’or, et pourraient lui mener la vie dure. Elle comprend rapidement que Petite Fleur, avec ses idées et son audace, pourrait être sa seule alliée sur place. Elle va alors tout faire pour que celle-ci la suive, sans écouter les envies de cette dernière…

Je n’en dis pas plus sur ce roman qui est une vraie fresque familiale, qui permet de découvrir le monde de la Chine à la fin du XIXème siècle, quand le pays commence à s’ouvrir à l’Occident, mais où les traditions sont toujours très fortes dans la société.

Seuls les hommes ont le droit d’aller et de venir, de faire des choix, alors que les femmes doivent rapidement trouver un mari convenable pouvant assurer leur subsistance, devant vivre une vie d’obéissance au mari et à la famille de celui-ci. Et dans une société où l’homme peut avoir plusieurs épouses, les rivalités et coups bas peuvent être féroces pour détrôner la première épouse, et donner un fils à la famille. Les femmes ne s’entraident pas, et la belle-mère peut régner sur ce petit monde en personne acariâtre, imposant sa douloureuse domination sur toutes les femmes de la maison de son fils. Les lotus d’or ont une valeur de vertu, et sont très recherchés, au prix de grandes souffrances physiques, et ces petits pieds contribuent à l’enfermement des femmes chez elles, car celles-ci ne peuvent faire que de petits pas et fatiguent vite. Les femmes n'ont pour seuls choix que le mariage, la vie en couvent, ou dans une communauté de sœurs chastes qui doivent travailler sur pour assurer leur subsistance. La notion de bonheur individuel n’existe pas, et les valeurs de la famille sont les plus importantes.  

Mais la Chine commence un peu à s’ouvrir au monde, notamment les britanniques, et la société commence une lente évolution. Cela fait que ce roman est aussi une vraie fresque féministe, montrant les inégalités entre hommes et femmes, et le combat de certaines femmes pour faire évoluer leur condition. Petite Fleur fait partie de ces femmes d’exception. Elle va devoir se battre face à un destin tout tracé d’esclave, privée de liberté, elle va devoir faire face à de nombreux coups du sort très douloureux, notamment à cause de la jalousie et de l’égoïsme de Linjing, et faire preuve de créativité et de résilience.

Les chapitres alternent d’ailleurs entre leurs deux voix, permettant au lecteur de s’immerger dans leur intériorité et leurs réflexions. Même si j’ai préféré le courage de Petite Fleur, souffert avec elle des revirements du destin qui semblent contrecarrer tous ses projets, j’ai quand même ressenti de l’empathie et de la pitié pour Linjing à certains moments, celle-ci cédant toujours à la peur, même si le plus souvent elle m’agaçait prodigieusement avec ses réflexes de petite-fille gâtée.

Chaque partie du roman semble être une étape douloureuse de plus pour nos deux héroïnes dont le destin est inextricablement lié. Seule la toute dernière partie m’a parue un peu trop romantique et à l’eau de rose, je l’ai hélas trouvée assez peu réaliste et plutôt hors-sol, même si cela permet à Petite Fleur de devenir une figure de résistance qui montre une ouverture possible.

Ce roman m’a permis de découvrir un pays et une société que je connaissais peu, notamment la tradition des pieds bandés, qui m’a horrifiée, car j’ai cherché sur Internet de plus amples informations, les photos que j’ai vues m’ont révulsée : c'est un véritable outil de domination masculine au prix d’une immense souffrance, avec les os cassés, et les gangrènes possibles. J’ai aussi découvert de l’intérieur le fonctionnement des familles, et la mise en rivalité des femmes pour toujours mieux les maintenir dans leur condition. Et ce roman a aussi attisé ma curiosité sur la broderie et les motifs de décoration orientaux.

Un titre qui allait vers le coup cœur, mais la fin m’a parue trop peu réaliste, même si elle permet d’avoir un peu d’espoir.

Les lotus d’or
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Invulnérable 

Publié le par Doc Bird

« Invulnérable », scénario de Damián, dessins d’Alberto Sanz, couleurs de Mario Ceballos, éditions Bamboo

Résumé : Xavier est un garçon un peu à part, rêveur, qui adore imaginer les aventures de personnages imaginaires, les Plutokids. Il arrive même à se persuader que ceux-ci existent vraiment et qu’il doit s’entraîner pour entrer dans leur équipe de super héros.

Mon avis : Voici une BD émouvante qui comporte une part d’autobiographie, Xavier représentant une part de la jeunesse du scénariste.

Xavier est fan de super héros, notamment Super Man que son grand-père lui a emmené voir au cinéma. Il est persuadé qu’il peut lui aussi devenir un super héros, avec un entraînement suffisant. Et les BD qu’il lit en cachette de son père, avec la complicité de son grand-père, nourrissent son imaginaire foisonnant.

Il rêve des Plutokids, un groupe de super héros qui vont de planète en planète recruter des héros qui veulent rejoindre leur cause, poursuivis par un méchant. Xavier est persuadé que les Plutokids vont arriver d’ici quelques mois sur terre, et qu’il est le candidat idéal pour rejoindre leur équipe. Et pour cela, il est prêt à essayer tous les sports pour devenir fort et musclé.

Mais la réalité de la vie va le heurter de plein fouet, cela lui permettra de mûrir et de se découvrir une vocation.

Cette BD est une plongée douce amère dans l’enfance, abordant les rêves d’enfant, le harcèlement, le deuil, et le monde des super héros.

On comprend vite que les super héros permettent à Xavier de pouvoir prendre des distances par rapport à la réalité, et d’introduire une distorsion d’un quotidien parfois compliqué. Ce n’est pas un hasard s’il s’imagine en futur super héros.

On tremble aussi avec ses parents, comme le papa qui se mure dans la colère face aux délires de son fils, et qui craint qu’il mette sa vie en danger. Son grand-père est une véritable figure rassurante, Xavier ayant une grande complicité avec lui à travers les BD.

Une belle BD à lire.

Merci à Babelio et aux éditions Bamboo pour l'envoi de cette BD lors du Masse critique littérature jeunesse. 

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