« Sorceline, 3. Au cœur de mes zoorigines », scénario de Sylvia Douyé, dessin de Paola Antista, couleurs de Lowenael, éditions Vents d’Ouest
Résumé : Sorceline va rencontrer dans le marais un animal qu’elle est la seule à pouvoir voir, et va découvrir que cette vision pourrait lui être néfaste…
Mon avis : Ce tome 3 est riche en découvertes et en rebondissements.
Sorceline va comprendre que ce n’est pas elle qui est à l’origine de la transformation des autres en statue, mais que quelqu’un qu’elle n’imaginait pas s’est sacrifié pour que les autres puissent sortir de leur prison de glace. Et sa vie va vite se retrouver en danger, car elle voit un animal que les autres ne peuvent pas voir, et cet animal est un présage de mort. Comment Sorceline va-t-elle pouvoir échapper à ce funeste destin ?
C’est toujours un enchantement de suivre les aventures de Sorceline dans cet univers fantastique, d’autant plus qu’à chaque fois que le lecteur a une nouvelle révélation, celle-ci cache encore d’autres mystères !
«Mon cahier Vittozspécial gestion des émotions», de Suzanne Archawski et Margot Dugenet, éditions Larousse
Résumé : Une méthode pour apprendre à ressentir, nommer et gérer ses émotions, en s’appuyant sur la méthode Vittoz.
Mon avis: Ce titre s’adresse à la fois aux parents et aux enfants à partir de 6 ans.
Une première partie explique aux adultes la méthode Vittoz, et sa manière d’aborder les émotions.
Puis on passe à la pratique avec différents exercices proposés aux enfants, pour apprendre à ressentir les différentes parties de son corps, être attentif aux différentes sensations, apprendre à se concentrer, à reconnaître ses émotions et comprendre le besoin caché derrière, à les accueillir et à répondre au besoin.
Un bel outil à proposer en séance guidée avec un adulte, et qui peut largement être adaptée pour nos collégiens. Un titre à proposer et à tester.
« Sorceline, 2. La fille qui aimait les animonstres », scénario de Sylvia Douyé, dessin de Paola Antista, couleurs de Lowenael, éditions Vents d’Ouest
Résumé : Sorceline comprend que ce pourrait être elle qui transforme les autres en glace. Elle décide alors d’en avoir le cœur net.
Mon avis : J’ai retrouvé avec plaisir l’univers magique de Sorceline, qui va découvrir que ses émotions comme la colère pourraient bien être à l’origine des transformations des autres en glace. Et elle commence à se demander quel monstre elle peut bien être. Entre temps, un nouveau pensionnaire arrive qu’il faut soigner, un dragon.
Sorceline va se poser beaucoup de questions sur elle dans ce tome 2, mais va aussi comprendre que ses camarades cachent aussi des secrets, comme Alcide et Mérode, mais la vérité se dérobe souvent et n’est pas toujours celle qu’on croit.
J’ai été ravie de me replonger dans les aventures de Sorceline, d’autant plus que le mystère s’épaissit quand on pense en savoir plus. Une belle série à suivre.
« BluePeriod, 1 » de Tsubasa Yamaguchi, éditions Pika
Résumé : Yatora est un lycéen qui a de bonnes notes, mais il a l’impression de ne pas pouvoir vraiment communiquer avec ses camarades. Le jour où il peint un tableau avec différentes nuances de bleu, il va comprendre qu’il peut y communiquer ses émotions et son ressenti. Il se lance alors dans le club d’art, et envisage même de faire une fac dans ce domaine.
Mon avis : Voilà un manga dont j’avais beaucoup entendu parler, et que j’ai bien aimé lire. Il montre que l’art peut parler à tous, que c’est un moyen de pouvoir faire passer son ressenti, ses émotions.
Mais on ne devient pas artiste uniquement par génie (en tout cas, c’est très rare), et le manga montre bien qu’il faut beaucoup de travail, d’essais, d’échecs, de tests, avant de réussir à maîtriser un domaine.
C’est ce qui va arriver à Yatora, qui est un gros bosseur, et traîne avec des camarades qui aiment bien sortir. Il pense aller dans une fac pour faire des études sérieuses, sans trop se poser de questions. Mais sa rencontre avec l’art, et son premier essai de peinture à l’aquarelle vont lui faire prendre conscience que l’art est un moyen de communiquer avec les autres. Il va alors décider de se mettre à l’art, en rejoignant le club d’art du lycée, et en visant également d’intégrer une fac d’art. Pour cela, il va participer à des cours de vacances, dessiner et peindre sans cesse, découvrir le dessin d’observation, voir les autres travailler.
Un tome 1 alléchant qui met en avant l’art, mais aussi les études, l’observation, et la répétition pour devenir professionnel dans ce domaine.
« Le clan des Brumes» d’Antonio Pérez Henares, éditions Hervé Chopin
A la fin du Paléolithique, Œil Perçant grandit dans le clan des Brumes, et prend de plus en plus de distance avec les règles et rites qui rythment la vie du clan. Contrairement aux autres, il ne fait pas passer le clan avant tout, même s’il sait que sa survie dépend de celui-ci. Il est beaucoup plus indépendant et a de l’ambition. Orgueilleux, il décide de chasser tout seul un immense sanglier, espérant ainsi prouver sa force et sa bravoure, et pouvoir se rapprocher de Merlette, la guérisseuse, pour laquelle il est plein de désir.
J’avais déjà lu« Le chant du bison », qui était une superbe épopée initiatique, et j’ai tout de suite postulé pour ce titre lors du dernier Masse critique Littérature. Je remercie d’ailleurs Babelio et les éditions Hervé Chopin de me l’avoir envoyé.
Mais contrairement à ma précédente lecture, celle-ci m’a paru plus terne, j’ai trouvé qu’elle manquait de souffle et de voyages, et j’ai eu plus de mal à m’attacher au personnage principal, Œil Perçant, dont la personnalité trop égoïste m’a agaçée à certains moments, même s’il va commencer à évoluer en fin de récit.
Œil Perçant est un jeune homme assez égoïste, qui souhaite briller aux yeux de tous, quitte à se mettre en danger ou à mettre en danger les autres membres de son clan, et il ne pense qu’à « posséder » une femme, Merlette, la guérisseuse du clan.
J’ai trouvé que les scènes de sexe ne servaient pas vraiment l’intrigue, et que l’ensemble de l’histoire se déroulait à un ryhtme trop lent.
J’ai plus apprécié les moments de rencontre avec les autres clans, dont les mœurs diffèrent, et qui ont des innovations différentes, ainsi que la rencontre avec des femmes qui pratiquent encore le culte de la Déesse-mère, avant que les chamans sorciers hommes ne prennent définitivement l’avantage.
J’ai aussi aimé les réflexions et les questions que se pose Œil Perçant sur les étoiles et l’astronomie.
La fin augure d’une suite, et le résumé nous dit qu’il s’agit d’un premier tome. A voir si la suite devient plus passionnante, à l’image de la fin de ce premier tome.
«Méditer avecPetit Bambou» de Benjamin Blasco et Ludovic Dujardin, illustrations de Marie Renaud, éditions Marabout, collection Marabout poche
Résumé : Des pistes et des exercices pour apprendre à méditer, en s’appuyant sur le corps, la respiration, les sens, les émotions, les pensées, l’intention et l’ouverture sur l’extérieur.
Mon avis : Petit Bambou est une des applications de méditation les plus téléchargées, et ce petit ouvrage permet de se faire une idée de ce qu’est la méditation de pleine conscience, à travers 80 métaphores et exercices associés.
Une définition est donnée pour chaque métaphore, puis deux exercices sont proposés pour apprendre vivre l’instant présent, sans jugement.
Ce livre propose des formats courts qui sont une bonne idée pour piocher des idées et rendre accessible la méditation, en apprenant à poser son attention sur son corps, sa respiration, ses sensations, à laisser passer ses pensées.
J’ai acheté ce titre pour mon coin zen au CDI, et j’espère que les élèves y trouveront de petits exercices à appliquer !
«Bergères Guerrières, Tome 4. L’abîme », scénario de Jonathan Garnier, dessin d’Amélie Fléchais, éditions Glénat, collection Tchô ! L’aventure…
Résumé: Molly, Liam et Sarah ont été séparés du reste du groupe lors d’un éboulement. Les habitants du village où ils sont arrivés vont partir à leur aide. Et Liam a retrouvé son grand frère Adam, fait prisonnier. Il leur reste encore à parcourir les Terres Mortes, pour essayer de trouver un remède et retrouver les hommes de leur village.
Mon avis: Ce tome 4 termine de façon magistrale la série, sans que tout se termine bien pour tout le monde, la fin de l’aventure étant tout en nuance, avec des moments de joie, mais aussi des moments de peur et des tragédies. Chacun des héros sera touché dans sa chair et dans son âme par cette épopée.
J’ai apprécié que les auteurs ne terminent pas la série dans un happy end trop général, mais que toutes les émotions soient représentées. J’ai aussi apprécié leur mise en avant de la folie des hommes qui sont en guerre, pillent les ressources naturelles et s’étonnent ensuite que la nature et les éléments se retournent contre eux. Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’actualité.
Molly et Liam vont alterner entre espoir, joie, colère, tristesse et parfois désespoir, car leur enfance leur a été volée à cause de la cupidité des hommes, et ils en payent aussi le prix.
Les dessins sont toujours aussi magnifiques, et je retiendrai surtout que la confiance en l’autre permet de réaliser de grandes choses.
«L’Atelier des Sorciers, 9 » de Kamome Shirahama, éditions Pika
Résumé : Coco et ses amies sont très heureuses de participer à la Fête de la Nuit d’argent, elles ont d’ailleurs inventé des sorts à vendre dans la boutique de Tarta et de son père. Et elles sont heureuses à l’idée de pouvoir découvrir d’autres stands !
Mon avis : Ce tome 9 mêle ombre et lumière, avec d’un côté la joie des apprenties sorcières de découvrir de nouveaux sorts, de nouvelles inventions, et de participer à la Fête de la Nuit d’argent, et de l’autre, la découverte du travail de la milice, les sorts interdits, et la surprise de voir arriver Kustas qui semble avoir bénéficié de la magie interdite.
L’histoire permet de mettre en avant ce qui se joue dans l’ombre du pouvoir, où tout ne semble pas aussi clair que cela dans les relations entre les sorciers et les grands des royaumes, mais aussi où les sorts interdits sont peut-être plus courants qu’on n’aurait pu l’imaginer.
Par ailleurs, on va découvrir la fonction de la milice sous un angle plus sympathique que dans les autres tomes, car son rôle est de protéger chacun dans son intégrité, et de faire justice. Il sera d’ailleurs question dans ce tome du consentement et de la parole de l’un contre celle de l’autre. Et Coco et Tarta vont se retrouver en mauvaise posture.
Un tome 9 intéressant qui met en avant beaucoup de questions éthiques et qui fait réfléchir.
«La porte du voyage sans retour » de David Diop, éditions du Seuil
A la mort de son père, Aglaé va découvrir cachés dans un tiroir secret des carnets écrits par son père quelques temps avant sa mort. Elle va alors découvrir la deuxième passion de son père, en dehors de celle dévorante pour les plantes. Et le lecteur plonge alors avec elle dans le récit du séjour au Sénégal du naturaliste Michel Adanson.
J’ai mis un peu de temps à lire ce roman, car j’ai eu du mal à entrer dans le récit, notamment la première partie, alors que j’ai dévoré la seconde partie.
Le début se passe en France avec la mort de Michel Adanson, et sa fille qui accepte son héritage de botaniste et de naturaliste. Connaissant bien son père, et ayant renoué avec lui à la fin de sa vie, elle fait transporter toutes les affaires qu’il lui a léguées, et va faire preuve de curiosité face à un meuble, elle va alors découvrir dans une cachette d’un tiroir des carnets écrits par son père, revenant sur son voyage au Sénégal et son premier amour disparu. C’est à partir du moment où, penchée sur l’épaule d’Aglaé pour lire avec elle les mots tracés pas son père, je me suis enfin laissée transporter par l’histoire.
Dans les pas de Michel Adanson, j’ai découvert les enjeux politiques au Sénégal, assisté avec le fils d’un roi, Ndiak, à une magnifique cérémonie de mariage, et surtout été curieuse de trouver la mystérieuse Maram, objet de légendes, et que Michel souhaite rencontrer, car c’est la seule femme qui aurait réussi à s’échapper de l’esclavage. Sa rencontre avec elle sera foudroyante, et il va tomber irrémédiablement amoureux d’elle, mais leur rencontre va se faire sous le signe de la tragédie.
Autant j’ai eu du mal à me mettre dans la première partie, autant le récit des carnets m’a subjuguée, certes pour l’histoire d’amour, mais aussi et surtout par la description de la nature, des croyances sénégalaises sur son animal protecteur, les femmes guérisseuses, mais aussi hélas la méchanceté, l’avidité et la lâcheté humaine.
Un beau récit écrit avec cœur et poésie, s’appuyant sur des faits réels, car Michel Adanson a vraiment effectué un voyage au Sénégal, mais le reste, le plus puissant dans l’histoire, est fictif, empli de magie et de mystère, et ravit nos âmes.
Quelques extraits :
Mais loin de m’affliger, l’idée que je n’étais pas plus considérable qu’un grain de sable dans le désert, ou qu’une goutte d’eau dans l’océan m’exalta. Mon esprit avait le pouvoir de situer ma place, si infime soit-elle, dans ces immensités. La conscience de mes limites m’ouvrait l’infini. J’étais une poussière pensante capable d’intuitions sans bornes, aux dimensions de l’Univers.
Parfois, lorsque nous nous retournons sur notre passé et sur nos croyances anciennes, nous tombons en présence d’un inconnu. Cet inconnu ne l’est pas vraiment, car il s’agit de nous-même. Même s’il est toujours là, dans notre esprit, il nous échappe souvent. Et quand nous le retrouvons au détour d’un souvenir, nous reconsidérons cet autre nous-même, tantôt avec indulgence, tantôt avec colère, parfois avec tendresse, parfois avec effroi, juste avant qu’il ne se volatilise à nouveau.
C’est par ses mots tendres que Ma-Anta a soigné mes blessures invisibles car, me répétait-elle aussi, il faut être guéri soi-même avant de prétendre guérir les autres.
Grâce à l’art, nous arrivons parfois à entrouvrir une porte dérobée donnant sur la part la plus obscure de notre être, aussi noire que le fond d’un cachot. Et, une fois cette porte grande ouverte, les recoins de notre âme sont si bien éclairés par la lumière qu’elle laisse passer, qu’aucun mensonge sur nous-même ne trouve plus la moindre parcelle d’ombre où se réfugier, comme lorsque brille un soleil d’Afrique à son zénith.
« Le mystère des trois cheminées » de Paul Genouville, en auto-édition
J’ai reçu ce livre suite à une proposition de l’auteur sur Babelio, et je le remercie pour l’envoi !
Le roman nous emmène dans une enquête policière qui débute à Paris, et se poursuivra en Suisse et en Italie. Le héros, surnommé Bobby, travaille comme ramoneur dans une entreprise de cheminée. De retour de vacances, il découvre un mot de son patron, monsieur Artipiac, lui annonçant qu’il part et reviendra dans huit jours. Bobby est étonné, son patron ayant une vie réglée comme une horloge, ne laissant pas de place à l’improvisation. Et il a raison car monsieur Artipiac ne revient pas. Accompagné du co-locataire des murs de l’entreprise de ramonage, Art, artiste peintre, Bobby se lance sur les traces de son patron, qui va l’emmener en quête d’un mystérieux livre maudit.
Ce premier roman de Paul Genouville a un petit goût de récit hors du temps, car les différents personnages communiquent par lettre ou éventuellement par téléphone, et Internet ne semble pas encore arrivé.
L’enquête de Bobby va le mener à recherche d’indices sur ce qui a pu ariver à monsieur Artipiac qui a disparu et n’a plus donné signe de vie. Il va alors se lancer dans une recherche qui va lui faire remonter l’histoire, à la recherche d’une ancienne famille italienne et d’un mystérieux texte appelé « Les trois cheminées ».
Pour cela, il pourra compter sur le flegme britannique d’Art, qui prend le temps de réfléchir ou de laisser venir les idées, et sur les connaissances de Sylvia, une belle bibliothécaire dont il est tombé amoureux, et qui va lui permettre de faire des recherches dans des bibliothèques de conservation.
Plus on avance dans le récit, plus le lecteur se surprend à chercher avec Bobby à comprendre les indices retrouvés, et à percer les secrets de monsieur Artipiac.
Je pense que ce roman pourrait être qualifié de cosy mystery, tout se passant tranquillement dans le livre, avec des réflexions autour d’une bonne tasse de thé, dans une atmosphère feutrée.
Par-contre, j’ai trouvé que les personnages étaient trop lisses, presque trop gentils, et trouvant peu d’obstacles à leur enquête. Ne vous attendez pas à un côté sombre des personnages, il n’y aura pas non plus de volte-face en cours de récit. Les amours sont toutes très belles et sincères, avec un côté fleur-bleu qui peut presque parfois agacer.
La fin m’a laissé sur ma faim, car le lecteur n’en sait pas plus sur le texte original du livre recherché et ses mystérieux pouvoirs. Peut-être la phrase finale suggère-t-elle un second tome ? Ou est-ce un une intervention de l’auteur dans son propre récit ?
Un roman intéressant à lire pour le côté recherche d’indices et réflexion, et qui aura peut-être une suite ?