« La Rose écarlate, XVIII. Elle est de retour» de Patricia Lyfoung, éditions Delcourt
Résumé : Guilhem, Killian et Maud sont en mauvaise posture, alors qu’ils touchaient au but. Le Cercle va-t-il en finir avec eux ? Et pourront-ils arrêter à temps la machine qui pourrait en finir avec l’humanité ?
Mon avis : Ce tome 18 est très tendu, car entre la trahison d’Artmésis qui veut que son frère soit réincarné dans un nouveau corps, et l’idée diabolique du Cercle qui veut changer l’humanité en la détruisant avec sa machine infernale, la situation semble désespérée.
Maud et Guilhem vont découvrir le mystérieux maître Qwartz qui veut rendre l’humanité bonne en lui enlevant la mémoire et en la rééduquant. Cela va les faire réfléchir sur ce qui être bon pour les hommes. Et ils pensent que les souvenirs des amitiés et des bons moments, ainsi que les différentes cultures, sont une richesse pour tous.
Et la fin est terrible, car on se demande ce qu’il va advenir de Guilhem…
A suivre dans le prochain tome !
Un extrait :
Mais ce sont nos différences qui font de nous des être uniques ! Et elles ne nous empêcheront jamais d’être ouverts aux autres !
« Le chant du bison » d’Antonio Pérez Henares, éditions J’ai lu
Chat-Huant est un petit garçon homo sapiens orphelin, isolé au sein de son clan, se faisant tout petit, et se débrouillant par lui-même pour trouver plus de nourriture que ce que les autres lui laissent. Un jour, un homme surnommé l’Errant arrive dans sa grotte, et le petit garçon le suit comme son ombre. L’Errant va de grotte en grotte et de clan en clan, et est respecté partout où il passe, car c’est un chaman aux grands pouvoirs, et il survit seul à ses voyages malgré les intempéries, les accidents possibles, ou les attaques de bêtes sauvages. Le jour où l’Errant repart sur les routes, Chat-Huant va l’accompagner, et le suivre dans son périple. Cela l’amènera à découvrir d’autres univers et cultures, rencontrer d’autres clans, et peu à peu devenir un adulte. Il va découvrir la mer, l’amour, la peur et le pouvoir.
Terre d’Ombre est un néandertalien à part des autres, car sa mère était une homo sapiens. Son physique et sa couleur de peau sont donc différents. Il doit donc apprendre à se faire sa place par la force dans son clan, où il va peu à peu gravir les échelons, et souhaite devenir chef. Il propose l’idée d’enlever des femmes homo sapiens, car il se rend compte que son clan dépérit, et qu’il y a de moins en moins d’enfants…
Le destin de ces deux hommes se croisera un jour….
Ce roman est une véritable plongée dans la Préhistoire, entre Espagne et France, avec l’épopée de deux personnages qui vont grandir et forger leur identité au cours du temps, dans deux groupes d’humains opposés : les homo sapiens et néandertaliens, avec des points communs mais aussi des différences.
Les néandertaliens s’appellent entre eux les premiers hommes, et ont été chassés au cours du temps de leur grotte par les peaux sombres, les homo sapiens. Ils vivent à part, ont des difficultés à passer l’hiver car les lunes de glace durent de plus en plus longtemps, et ils meurent parfois de faim ou mangent ceux d’entre eux qui sont morts pour survivre. Ils sont moins habiles de leurs mains, ont un corps plus massif et plus fort, et rencontrent des soucis de survie car de moins en moins d’enfants naissent, et peu survivent…
Les homo sapiens sont plus élancés, ont découvert l’usage du propulseur, et rencontrent les mêmes problèmes de survie l’hiver, qui commence de plus en plus tôt et dure de plus en plus longtemps, avec le phénomène de glaciation. Ils vivent au sein de clans, avec un chaman sorcier et une guérisseuse liée au culte de la mer, et leurs traditions les amènent à peindre dans les grottes.
Le roman montre en parallèle le destin deux garçons, qui tous deux sont orphelins, et vont évoluer différemment au cours de leur vie. Chat-Huant va prendre confiance en lui, prendre de l’assurance, et goûter aux joies du pouvoir qui va lui monter à la tête à certains moments. Terre d’Ombre, lui, va rapidement devenir un fin stratège et utiliser la ruse pour parvenir à ses fins. Et leurs routes vont finir par se croiser….
J’ai beaucoup apprécié ce titre, où l’auteur s’est appuyé sur des connaissances scientifiques et des œuvres de l’art pariétal retrouvées dans les grottes pour écrire son roman.
A certains moments, il s’affranchit des époques pour que cela colle mieux à son récit, mais cela est toujours précisé en note de bas de page.
Le destin de ces deux hommes est passionnant, ainsi que les découvertes faites au fur et à mesure du récit, avec par exemple l’existence d’un dessin pariétal d’un homme-baleine, unique au monde, les traditions chamaniques des peuples pour la chasse, la reproduction, les morts…
Ce roman est une véritable plongée dans une histoire à la fois lointaine et proche de nous, avec des éléments qui nous parlent et d’autres plus loin, comme le cannibalisme. Un titre passionnant à lire !
« Au large des vîles, 1 » de Lucie Pierrat-Pajot, éditions Gallimard jeunesse
Résumé: Bunny, 17 ans, vit avec sa petite sœur et son père sur une île pauvre où elle collecte des déchets pour l’entreprise de recyclage Lemnistic Artefacts. Mais un jour, sa sœur et son père sont enlevés, et elle décide de partir à leur recherche. Adam, 18 ans, vit sur une île riche, mais souffe d’un lourd handicap physique. Il s’évade dans le monde virtuel de la Dentelle, et espère pouvoir y rester défintivement, loin de son corps. Leurs destins vont se croiser…
Mon avis: Je remercie les éditions Gallimard jeunesse et Babelio, qui m’ont proposé de lire ce roman lors d’un Masse critique spécial. Il s’agit du tome 1 d’une série prévue en deux tomes.
On entre immédiatement dans un monde dans un futur pas si lointain. Après différentes catastrophes naturelles causées par l’homme, les consciences se sont éveillées. Désormais, les humains vivent sur des îles flottantes ou sur des vîles (des villes sur des îles) pour les plus riches, qui se déplacent avec des moteurs électriques.
L'entreprise Lemnistic Artefacts a trouvé un processus permettant de créer un nouveau matériau à partir de plastique recyclé. Cette entreprise très riche a aussi créé des implants que seuls les plus riches peuvent s’acheter, qui permettent de se rendre dans un monde virtuel, où les « motifs » sont des décors permettant de vivre dans différentes bulles. Certains humains ont totalement délaissé leur corps, qui est déposé dans un caisson, et vivent uniquement dans la Dentelle, un metavers.
Adam, 18 ans, passe ses journées dans la Dentelle, détestant son corps handicapé, et souhaitant pouvoir bénéficier d’un caisson pour laisser son corps et vivre uniquement dans le monde virtuel. Pour cela, il est devenu un créateur hors pair de motifs dans la Dentelle, sous le pseudonyme de Prime, et espère pouvoir intéger Lemnistic Artefacts grâce à ses talents, et pouvoir ainsi laisser son corps de côté. Il le fait en cachette de son père, un riche homme d’affaires qui souhaite que son fils lui succède.
Bunny, elle, a 17 ans et vit sur une île pauvre, allant récupérer et trier des déchets pour Lemnistic Artefacts. Elle connaît l’envers du décor de cette entreprise, avec la pollution de la mer, le travail des enfants pour peu d’argent, la corruption des chefs. Mais elle est heureuse avec son père et sa petite sœur. Mais son père commence à avoir peur d’un danger qui pourrait venir de la mer, et un jour, son père et sa petite sœur disparaissent, enlevés par un mystérieux bateau. Bunny ne peut se résoudre à son sort, et décide de partir en quête de son père et de sa sœur. Elle va alors découvrir que le monde peut être encore plus cruel que ce qu’elle imaginait, et progressivement découvrir de sombres secrets cachés.
Bunny et Adam vont voir leurs destins se croiser sur une île, et découvrir qu’ils ont plus en commun que ce qu’ils auraient pu penser.
J’ai trouvé ce roman original de par son univers qui montre un futur pas très éloigné du nôtre, où les humains vivent de plus en plus dans un monde virtuel très réaliste, qui leur fait oublier leur corps, et leur fait progressivement couper tout lien avec celui-ci. D’ailleurs, le patron de l’entreprise Lemnistic Artefacts vit depuis des années dans la Dentelle, et ne réintègre plus son corps. Il a comme projet de faire entrer les humains dans le monde virtuel de la Dentelle tout en conservant leurs corps dans des caissons. Des artistes qui ont un implant créent des motifs plus vrais que nature, et laissent parler leur créativité, tout comme Adam-Prime.
L’idée de faire vivre les humains sur des vîles qui peuvent se déplacer sur les mers et océans est aussi intéressante.
Ce roman fait réfléchir sur la relation corps-esprit, les dérives possibles des mondes virtuels, les manipulations génétiques, la protection de l’environnement, sur ce qui se cache aussi derrière la façade d’entreprises dites propres.
Par-contre, j’ai trouvé que la mise en place de l’action pour Bunny et Adam mettait un peu trop de temps à s’installer, alors que le rythme s’accélère enfin à la fin du livre, avec des révélations, qui donnent envie de savoir ce qui va se passer par la suite.
J’ai également trouvé que le résumé en disait un peu trop sur ce qui allait arriver à Bunny et Adam, ce qui fait qu’il manque l’effet de surprise, et que cela ajoute au fait qu’on trouve le début de l’histoire un peu lent à se mettre en place.
A noter, l’autrice est professeure-documentaliste ;) et a écrit la trilogie des « Mystères de Larispem ».
Résumé: Les élèves du Royal Ballet sont en effervescence, car des représentants viennent choisir des élèves pour jouer des rôles dans « Casse-Noisette » ! Et Kanade participe aussi à une création libre de Keira.
Mon avis : Kanade va découvrir que des élèves vont être sélectionnés pour jouer un rôle dans « Casse-Noisette », et elle va être retenue pour le rôle de souris, qui était d’ailleurs aussi son premier rôle dans ses débuts dans la danse !
Elle va aussi découvrir de plus en plus de choses sur la danse, en comprenant qu’elle en apprend chaque jour un peu plus, et s’ouvre un peu plus au monde. C’est pour elle une formidable découverte !
Et elle comprend aussi que comprendre le point de vue du chorégraphe est très important pour une danseuse, même si cela va amener des quiproquos avec son groupe d’amies.
Un tome 17 toujours aussi intéressant à suivre, avec une Kanade qui garde son enthousiasme intact et continue de progresser.
Quelques extraits :
Voilà une autre qualité d’un ou d’une bonne chorégraphe : trouver les points forts de chaque danseur et danseuse, afin d’en tirer parti.
Modes de vie et cultures différentes s’appréhendent mieux en les vivant. Le monde, tel que je le voyais avant, était si exigu !
Pour moi, la danse permet de se comprendre au-delà des mots. Là, je découvre que marier la danse et les mots est du domaine du possible.
« Kemono Incidents, 11 » de Shô Aimoto, éditions Kurokawa
Résumé : Inugami et Kabané doivent faire face au duo infernal dans l’usine de production de viande. Parviendront-ils à les vaincre et à obtenir la gemme ?
Mon avis : Ce tome 11 montre que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on pourrait croire, et Kabané et Inugami vont devoir faire face à des ennemis pleins de ressources.
Ce tome 11 est donc toujours riche en actions, et le personnage de Nobimaru, bras droit de dame Inari, présent sur la couverture, va revêtir une nouvelle envergure, et peut-être montrer son vrai visage…
« A corps perdu » de Muriel Zürcher, éditions Didier jeunesse
Résumé : Sacha est accusé d’avoir causé l’infection et la mort de nombreuses personnes en vendant des masques chirurgicaux retrouvés dans les poubelles d’un hôpital. Lors d’un transfert, il réussit à s’échapper et fuit vers les montagnes, là où il a appris à survivre loin de tout.
Mon avis : Voilà un roman qui fait écho à l’actualité de 2020, avec le Covid, le confinement, le manque de masques, et certaines personnes prêtes à tout pour gagner de l’argent. C’est dans ce contexte que Sasha, un jeune adolescent, est surnommé par les médias « le monstre des masques », car il est accusé d’avoir vendu des masques contaminés, causant l’infection et la mort de très nombreuses personnes.
Suite à une bagarre en prison, il se retrouve dans une ambulance dont il réussit à s’échapper pour fuir dans les montagnes. Il n’a qu’une peur, être repris, car il sait comment survivre dans une nature hostile, loin des hommes. Mais parviendra-t-il à rester loin d’eux ? Saura-t-il échapper à la chasse à l’homme ?
Parallèlement, d’autres personnages apparaissent, qui vont jouer un rôle dans le récit.
Louise est journaliste, et en a marre de n’avoir que des sujets peu intéressants, liés à son physique avantageux, alors qu’elle voudrait avoir enfin un vrai sujet à traiter. En étant près des lieux de l’évasion de Sasha, elle va s’intéresser à lui, et décider de mener son enquête sur lui, qui semble condamné avant d’être jugé. Elle part alors sur les traces de son passé.
Océane est une adolescente qui en a marre d’être jugée sur son apparence physique, et que sa mère cherche à tout prix à faire maigrir. Elle va obtenir un job d’été en travaillant pour sa tante comme bergère dans la montagne, et elle va rencontrer Sasha sans savoir qui il est.
Commence alors à se brosser le portrait d’un adolescent pas comme les autres, qui a vécu une enfance bien différente des autres, avec un père survivaliste qui a éduqué son fils à survivre seul, quels que soient les moyens employés.
Ce titre est un roman très fort qui parle à la fois de lynchage médiatique, d’enfance maltraitée, de jugement et d’a priori sur les apparences physiques, et qui met mal à l’aise à de nombreux moments.
On ne peut s’empêcher de se demander pourquoi presque personne n’a rien vu, et pourquoi les services sociaux n’ont pas vraiment bougé pour aider Sasha avant qu’il soit trop tard.
D’un autre côté, la rencontre de Sasha et d’Océane ve se faire se collisionner deux univers qui vont s’apprivoiser, et redonne confiance en la vie.
« La boîte à musique, 5. Les plumes de l’aigle douce » dessin et couleurs de Gijé, scénario de Carbone, éditions Dupuis
Résumé: Nola veut rentrer dans l’Hexomonde, et découvre avec stupeur que le passage s’est refermé ! Elle fait alors appel à ses amis pour l’aider. La clé est tombée dans sa chambre, et il faut la remettre en place. Mais pour cela, il faut un ingrédient essentiel : des plumes d’aigle douce !
Mon avis : Nola va avoir des sueurs froides dans ce tome 5, et ses amis aussi : la clé de la boîte à musique est tombée par terre dans sa chambre, ce qui fait que le passage entre Pandorient et l’Hexomonde s’est refermé ! Il faut alors fabriquer une poudre de lévitation pour la remettre en place, mais cela s’avère vite compliqué, car il manque un ingrédient essentiel : des plumes d’aigle douce. Nola et Andréa partent alors en quête de ses plumes, et vont faire la rencontre de l’aigle douce !
Nola va vivre une fois de plus des aventures extraordinaires en rencontrant l’aigle douce, et va aussi apporter un plaidoyer pour lutter contre la mort des aigles douces pour obtenir leurs plumes. Et elle va aussi découvrir par hasard des secrets sur la mort de sa mère, et les éventuelles responsabilités de personnes de Pandoccident.
Ce tome 5 est donc aussi une transition vers un nouveau cycle où Nola va sûrement partir en quête de ce qui est arrivé à sa mère, qui pourrait remettre en cause l’équilibre à Pandorient.
« 100 jours avant ta mort, 6 » de Migihara, éditions Glénat
Résumé : Il reste 20 jours à Taro pour se rappeler de ses quatre déclarations d’amour à Umi, sinon il l’oubliera définitivement…
Mon avis : Ce dernier tome de la série se termine avec un nouveau challenge. Cette fois-ci, c’est Umi qui doit tout faire pour sauver la mémoire de Taro par rapport à elle, sinon, il n’aura plus jamais aucun souvenir d’elle. Umi décide alors de tout faire pour qu’il se rappelle de ses quatre déclarations mémorables, mais Taro semble souffrir de ces efforts pour lui faire revenir la mémoire. Umi va alors devoir se faire confiance et parler avec franchise de tout son cœur à Taro.
Même si j’ai peu apprécié les dessins des personnages, j’ai trouvé cette série courte intéressante, avec un scénario original et des personnages qui évoluent au cours des tomes, et qui font preuve d’un amour à toute épreuve.
« Le petit illustré de l’intimité, 2. Du pénis, du scrotum, des testicules, du prépuce, des érections, etc» de Mathilde Baudy & Tiphaine Dieumegard, éditions Atelier Belle Etoile
Ce tome 2 de la collection parle cette fois-ci de l’intimité masculine, avec comme pour le tome précédent, des planches présentant les différents organes sous différents angles, pour mieux s’approprier l’anatomie : pénis, gland, prépuce, scotum, testicules, spermatozoïdes, éjaculation, puberté…
Des pages sont communes avec le tome 1 sur la pudeur, le consentement, le genre, l’amour, la reproduction et l’accouchement.
Loin de tout stéréotype, cet ouvrage montre aussi les différentes qualités que peuvent avoir les garçons. Et le jeune est invité à regarder son intimité avec un miroir et à la dessiner pour mieux se l’approprier (comme dans le tome 1) également.
« 100 jours avant ta mort, 5» de Migihara, éditions Glénat
Résumé : Umi va oser parler de ses peurs à Taro, qui connaît maintenant les raisons de sa façon d’être. Mais l’espérance de vie d’Umi passe soudain à 5 jours. Taro et ses amis vont alors tout mettre en œuvre pour changer le destin…
Mon avis : L’auteur nous réserve bien des surprises dans ce tome 5, et l’histoire prend un tour plutôt inattendu.
Car non seulement Umi voit soudain son espérance de vie baisser d’un coup, et va devoir faire très attention dans les 5 jours qui viennent avec ses amis, mais en plus la résolution de son destin va mettre en branle un nouveau mécanisme implacable, avec un Dieu qui semble prendre du plaisir à s’amuser au détriment des humains.
Un tournant intéressant dans la série, qui donne envie de savoir comment cela va se finir dans le tome 6.