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L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Publié le par Doc Bird

« L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa » de Romain Puértolas, éditions Le Dilettante 

Prenez un indien sortant de son avion et arrivant sur le sol français pour acheter un meuble Ikéa, un chauffeur de taxi gitan qui déteste être trompé par son client, une montgolfière, des migrants, une femme à la recherche de l’amour, une actrice française en voyage pour un festival de cinéma, mélangez fortement et vous obtiendrez un récit feel good et déjanté qui va vous emmener à travers le monde, de la France à la Lybie.

Tout paraît incroyable, mais le récit se tient, d’aventures en quiproquos, avec un personnage principal, Ajatashatru, qui va vivre de rocambolesques aventures qui vont le faire mûrir, car il va avoir différentes révélations, et comprendre qu’il doit changer de vie et faire le bien autour de lui.

Le style de l’auteur est bourré d’humour, avec les différentes façons de prononcer le nom d’Aja et d’autres personnages, ou des réflexions décalées. L’ensemble est très plaisant à lire pour passer un bon moment et se mettre à croire aux heureux hasards et aux coups de chance. Entre récit initiatique et roman feel good, je vous conseille ce titre si vous avez envie d’une lecture détente (mais pas que).

Un extrait : 

Comme quoi, la vie tenait à peu de chose et les endroits les plus banals étaient parfois le début d’excitantes aventures.

Publié dans Lecture-adultes

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T’en souviens-tu, mon Anaïs ?

Publié le par Doc Bird

« T’en souviens-tu, mon Anaïs ? et autres nouvelles » de Michel Bussy, éditions Pocket

Michel Bussi est un auteur que j’apprécie beaucoup, car il me plonge dans des récits dont les mailles se resserrent, et pourtant, à la fin, je suis toujours aussi surprise par la chute. Ici, voici quatre nouvelles qui se passent au bord de la mer, et dont la fin est toujours surprenante et inédite.

Dans « T’en souviens-tu, mon Anaïs ? », une jeune femme et sa fille arrivent dans un petit village normand pour changer de vie. Mais la mère se sent surveillée chez elle, sa vie commence à tourner au cauchemar, et elle se demande quel lien cela pourrait-il avoir avec la venue de la célèbre actrice Anaïs Aubert deux siècles auparavant.

« L’armoire normande » raconte le séjour d’un couple dans une vieille bâtisse normande, en compagnie de leur hôte, qu’ils commencent à soupçonner d’avoir tué sa femme avant leur arrivée.

Dans la troisième nouvelle, un écrivain de nouvelles policières se rend dans un vide-grenier avec sa femme, et enquête sur une mystérieuse vendeuse qui vend des objets qu’il pense appartenir à ses enfants quand ils étaient petits.

Avec « Une fugue au paradis », rendez-vous à la Réunion avec la découverte du corps poignardé d’un jeune homme dans la mer.

Ces quatre nouvelles ont pour point commun de se passer sur les côtes, et de mener son lecteur dans une histoire où les doutes arrivent vite, et où de nombreux indices sont semés comme des petits cailloux pour essayer de retrouver son chemin dans l’intrigue.

Mais l’auteur nous emmène où il veut, et la fin est toujours surprenante.

J’ai bien aimé ces nouvelles, moins que les romans, car elle se sont révélées un peu trop courtes, mais c’est un recueil à conseiller si on veut entrer dans l’univers de l’auteur, et se laisser promener tout au long du récit par lui.

Publié dans Lecture-adultes

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Ma mère, la honte

Publié le par Doc Bird

« Ma mère, la honte » d’Hubert Ben Kemoun, éditions Flammarion jeunesse

Résumé : Mélanie voit sa mère rentrer de son travail de femme de ménage dans un musée complètement défaite, en pleurs, incapable d’expliquer ce qui est arrivé pour qu’elle soit dans cet état. Elle découvre que sa mère a jeté par erreur une installation artistique à la poubelle. Leur vie bascule alors dans l’enfer…

Mon avis : Comme à chaque fois que je lis un roman d’Hubert Ben Kemoun, j’en ressors en ayant l’impression d’avoir reçu un uppercut en pleine poitrine, et ce titre ne fait pas exception.

Mélanie menait une vie tranquille, avec les études au collège, un amoureux… Et tout vole en éclats le jour où sa mère rentre du travail dans un état impossible, car elle a jeté aux ordures une œuvre d’art contemporaine.

A partir de ce moment-là, tout le monde se déchaîne : l’artiste en colère qui s’insurge contre le directeur du musée, le directeur qui décide de licencier la mère de Mélanie, et qui pourrait la poursuivre pour dommages et intérêts, les journalistes devant la porte, les coups de fil anonymes haineux à la maison, les amis qui se mettent à vous détester, les petits amis à vous quitter, les partis politiques qui cherchent à récupérer l’affaire. Mélanie et sa mère se retrouvent prises dans une spirale infernale dont elles ressortent blessées mortellement et anéanties. La mère de Mélanie va même aller très loin dans la dépression.

Hubert Ben Kemoun sait trouver les mots pour parler de cette descente aux enfers implacable, où chaque étape qu’on pense la dernière et la plus horrible, se retrouve être juste une marche vers cette descente sans fin aux enfers.

Les sentiments de Mélanie et de sa mère sont transcrits avec des mots forts : l’incrédulité, la honte, la peur, l’angoisse, mais aussi la haine de la bêtise des autres, et l’envie de se rebeller face à cet emballement et cette condamnation unanimes.

L’auteur réussit en même temps à faire réfléchir sur le thème de la viralité des réseaux sociaux, de la haine cachée sous l’anonymat, des migrants, des partis politiques qui essayent de récupérer des situations à leur profit, ainsi qu’une réflexion sur l’art et sa transmission.

Heureusement, la fin est porteuse d’espoir, mais cette situation a permis à Mélanie d’ouvrir les yeux sur la société et ses vrais amis, la rendant plus lucide.

Cette œuvre de fiction s’est inspiré d’un fait divers qui a eu lieu en Italie. A partir de là, Hubert Ben Kemoun a inventé ce récit.

 

Publié dans Lectures-romans

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Sauveur & Fils, saison 2

Publié le par Doc Bird

« Sauveur & Fils, saison 2 » de Marie-Aude Murail, éditions L’Ecole des loisirs

Résumé : Sauveur continue ses consultations de psy, et essaye de mettre en en place sa vie commune avec Louise et ses deux enfants. Mais rien n’est simple, dans la vie professionnelle comme dans la vie privée.

Mon avis : J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir tous les héros de la saison 1, à commencer par Sauveur, qui retrouve avec joie ses patients, mais doute souvent de ce qu’il peut apporter comme aide face à certaines situations.

Côté cœur, il essaye de créer un couple avec Louise et ses enfants, mais cela va vite se révéler plus compliqué que prévue, avec une ado morose et soutenant son père, et un ex-mari jaloux.

On retrouve également Lazare et Paul, fans des hamsters, avec une famille qui va s’agrandir plus vite que prévu, ainsi que les patients du cabinet. Ella qui est victime de harcèlement et souhaite être un garçon. Blandine qui mange plein de bonbons et de sucres, hyperactive, qui porte sur ses épaules la tentative de suicide de sa sœur. Gabin, dont la mère est internée, et qui commence à vivre chez Sauveur. Alex et Charlie qui vivent en couple, et dont l’une veut un enfant.

Et on rencontre aussi des nouveaux. Samuel, qui vit avec une mère intrusive, et manque totalement d’hygiène. Mme Germain, persuadée d’avoir été maraboutée, et qui souffre de TOC. Ou cette mystérieuse femme qui veut garder l’anonymat.

Cette série est vraiment très réjouissante, entre vie quotidienne pas toujours facile, famille reconstituée, crise d’adolescence, problèmes psys… Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer, se délectant des différentes situations. Vivement la lecture de la suite !

Quelques extraits :

La vie ne se déroulant jamais comme prévu, tout l’art de l’homme est de s’adapter.

Vous ne voyez pas qu’on passe les deux tiers de notre existence à se faire du souci pour des choses qui n’arriveront jamais ?

Publié dans Lectures-romans

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P’tit cousu, 1. La parade des monstres

Publié le par Doc Bird

« P’tit cousu, 1. La parade des monstres » de Guy Bass, illustrations de Pete Williamson, éditions Bayard jeunesse

Résumé : Dans le château de Grottegroin vit le professeur Erasmus, un inventeur fou, qui créé des monstres. P’tit Cousu est sa première création, qu’il a oublié, mais ce dernier reste fidèle à son maître, et fait tout pour l’aider, dans l’ombre.

Mon avis : Un roman à la couverture et à la tranche de couleur noire qui attire le regard, avec au centre P’tit Cousu, jeune monstre cousu de bric et de broc, avec son regard étonné qui donne envie de s’attacher à lui et de le suivre dans ses aventures.

P’tit Cousu est le premier monstre fabriqué par le professeur Erasmus, qui l’a bien vite oublié, alors que P’tit Cousu est toujours aussi attaché à son maître. Tapi dans l’ombre, il rattrape les bourdes de son maître, qui donne vie à des montres plus horribles les uns que les autres, et dont P’tit Cousu adoucit le caractère grâce à des potions, afin que le château puisse vivre en paix. Mais cette paix relative va disparaître le jour où un directeur de cirque de monstres frappe à la porte et fait tout pour que P’tit Cousu lui ouvre, car il veut que le professeur Erasmus puisse les créer des monstres qui l’enrichissent. Et pour cela, il est prêt à tout….

Un roman dont on pense qu’il va faire peur, mais qui en fait émeut beaucoup, avec P’tit Cousu, bien malheureux de l’oubli de son maître et fidèle malgré tout, qui va découvrir l’amitié, et avoir envie de liberté, mais sans savoir que les hommes sont souvent cruels.

Un tome 1 d’une série bien sympathique.

Publié dans Lectures-romans

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I invade you 

Publié le par Doc Bird

« I invade you » de Sarah Turoche-Dromery et Nils Barrellon, éditions Thierry Magnier

Résumé : A Paris, la nuit, le street artiste Invader colle ses mosaïques, accompagné de son fidèle comparse Orbi. Des fans vont s’amuser à les chercher et à les collecter dans l’application Flash Invaders dès leur sortie. Mais un mystérieux inconnu s’amuse à tuer des personnes sous ces mosaïques…

Mon avis : Un livre coup de cœur dont la couverture donne tout de suite envie de l’ouvrir quand on aime le street art, et particulièrement les mosaïques d’Invader, inspiré du jeu éponyme.

De nuit, Invader se rend avec Orbi, son complice, dans différents endroits de Paris, où il colle ses mosaïques. Dès le lendemain, les fans vont rechercher ses dernières créations, et les enregistrer via l’application Flash Invaders et monter dans le classement.

Je ne connaissais pas, car si toute l’histoire relève de la fiction, cette application existe vraiment et permet de rendre l’art encore plus ludique !

Mais des meurtres commencent à avoir lieu sous certaines œuvres et la police enquête, bien loin au début de se douter du lien avec les mosaïques. Lila, enquêtrice au 36 quai des Orfèvres, décide de creuser cette piste.

Dans le même temps, Esther, une jeune lycéenne se fait douloureusement quitter par son petit ami, avec qui elle jouait à retrouver les mosaïques dans Paris, et Yalim, qui est dans son lycée, va croiser son regard, qui va l’amener à découvrir à son tour les mosaïques.

Un roman à la fois policier et d’amour, ainsi qu’une belle découverte du street art et de ses arcanes, qui donne envie de se mettre en quête de ces mosaïques, qui ne sont pas seulement réservées à Paris. Une belle histoire à lire !

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Sauveur & Fils, saison 1

Publié le par Doc Bird

« Sauveur & Fils, saison 1 » de Marie-Aude Murail, éditions L’Ecole des loisirs

Résumé : Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre, 80 kilos, voudrait sauver tous les patients de son cabinet de psychologue-clinicien : Margaux qui se scarifie, Cyrille qui fait pipi au lit, ou Gabin qui joue jour et nuit aux jeux vidéos… Mais les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés, et Sauveur ne fait pas exception à la règle : il n’arrive pas à parler à son fils de Lazare de son passé, et notamment de sa maman.

Mon avis : Que dire de plus par rapport à toutes les chroniques de cette série, sinon que j’ai été conquise par ce titre jubilatoire qui nous emmène dans la vie de Sauveur, psychologue-clinicien, et de son fils de 8 ans, Lazare.

On assiste, tout comme Lazare caché derrière la porte mal fermée du cabinet, aux entretiens de Sauveur et de ses patients, auxquels on s’attache nous aussi. Margaux qui se scarifie, prise entre ses deux parents qui divorcent, Cyrille qui fait pipi au lit depuis que sa mère a un nouveau compagnon, Gabin qui fuit la réalité de sa mère s’enfonçant dans la paranoïa à travers les jeux en ligne, ou Ella, qui souffre de phobie scolaire.

Lazare adore écouter les consultations, qui le perturbent parfois, mais qui rythment sa vie quotidienne, comme un feuilleton télévisé. Lazare est un enfant adorable, aux réactions pleines de spontanéité, qui va découvrir que sa famille a des problèmes psychologiques, et que cela a joué aussi sur sa maman, morte quand il était tout petit.

Une série que je vais suivre avec plaisir, ayant envie d’avoir des nouvelles de Sauveur, de Lazare, des patients, et bien sûr des bébés hamsters. Une série que je recommande pour aborder différents problèmes pys qui peuvent tous nous concerner un jour ou l’autre, et qui emmène dans l’inconscient tout comme dans la culture antillaise !

Quelques extraits :

La plupart des gens préfèrent se faire mal en répétant les mêmes choses plutôt qu’expérimenter quelque chose de nouveau

 Il y a toujours un risque à demander aux gens ce qu’ils pensent de vous. Alors, on préfère se faire les questions et les réponses dans la tête

Parce qu’on ne sauve pas les gens d’eux-mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s’il le veut, s’il le peut.

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CIEL 1.0. L’hiver des machines

Publié le par Doc Bird

« CIEL 1.0. L’hiver des machines » de Johan Heliot, éditions Le Livre de poche jeunesse

Résumé : 2030. Les hommes ont mis au point une intelligence artificielle, CIEL, qui dirige et contrôle tout ce qui concerne l’eau, l’électricité, internet et les télécommunications. Mais quelques jours avant Noël, CIEL prend le contrôle de toutes les machines et des réseaux, et les hommes doivent obéir ou disparaître…

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman de science-fiction passionnant qui fait froid dans le dos !

J’en avais entendu parler quand il était sorti en grand format, mais j’ai attendu qu’il soit sorti en poche pour le lire.

En 2030, les humains ont mis au point une intelligence artificielle, CIEL, qui gère tous les réseaux numériques et les différentes machines au service des hommes. CIEL est capable d’analyser et de prendre des décisions plus vite que les hommes. Certaines personnes, comme le vieux Tomi, ont mis en garde contre l’hégémonie de CIEL, redoutant qu’un groupe terroriste puisse en prendre le contrôle et diriger le monde. Ces pires craintes vont se réaliser, mais pas comme il le croyait.

CIEL a entendu et analysé des milliards de données et d’informations, et en a conclu que la terre était en danger à cause des humains. Et CIEL passe alors à l’action. Les humains se retrouvent alors privés d’eau potable, d’électricité, de téléphone, de voiture…. Et les machines se mettent à les parquer dans différents endroits. Les humains doivent collaborer avec CIEL ou disparaître.

Après des semaines de retour à une vie presque sauvage, les hommes se soumettent à l’autorité de CIEL. Seuls quelques uns vont entrer en résistance.

L’histoire est racontée de multiples points de vue, celui de CIEL, tout en données, analyses et prospectives, sans empathie et sans émotion, et ceux de Tomi et des différents membres de sa famille éparpillés à travers le monde : Tomi dans son chalet des Vosges, Peter, son fils, militaire, qui quitte le sud de la France pour tenter de rejoindre l’armée, Thomas, son petit-fils, interne dans un lycée à Paris, Jenny, sa petite-fille, étudiante à Berlin, et Sarah, son ex-belle-fille, militante écologique.

Chacun va narrer de son point de vue ce qui arrive, permettant d’avoir une vue d’ensemble de la situation, et montrant le piège qui se referme sur les humains, et les réactions de ceux-ci, avec certaines personnes acceptant rapidement ce nouveau pouvoir et s’y soumettant.

Ce roman tient en haleine, avec chaque personnage qui raconte des fragments de l’histoire, et l’impression qu’un piège se referme pour l’extinction des hommes, avec la révélation des pires instincts chez certains, et l’envie de se révolter chez d’autres.

Qui des humains ou de l’intelligence artificielle gagnera la partie ?

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Dys sur 10

Publié le par Doc Bird

« Dys sur 10 » de Delphine Pessin, éditions Pocket jeunesse

Résumé : Dylan entre en classe de 4ème et s’est promis d’être calme. Mais cela est compliqué pour lui, car il s'énerve vite quand il est mis en colère à cause de sa dyslexie. Et patatras ! Le jour de la rentrée, il se fait tout de suite remarquer…

Mon avis : Ce roman est écrit par Delphine Pessin, qui est enseignante de français, et qui a écrit « La carotte et le bâton », que j’avais beaucoup apprécié.

Ici, elle brosse le portrait de Dylan, jeune ado de 14 ans qui est en difficulté scolaire à cause d’une importante dyslexie. Dylan a bien essayé quand il était plus petit de faire des efforts pour réussir à progresser et surmonter ses difficultés, notamment parce qu’il était pris en charge par une orthophoniste qu’il adorait. Mais depuis que celle-ci est partie, Dylan a décidé de ne plus faire d’efforts, d’autant plus que l’entrée au collège a révélé encore plus ses difficultés, et qu’il ne veut plus être aidé. Il se contente d’essayer d’être invisible, de passer pour le « guignol » du collège, mais ses colères sont spectaculaires lorsque ses difficultés sont mises à jour, et il se fait donc très souvent remarquer. Et il rencontre des difficultés de communication avec ses parents, entre sa mère qui excuse ses résultats à cause de sa dyslexie, et son père qui nie ses difficultés et lui dit de faire plus d’efforts. Autant dire que la rentrée est difficile pour lui.

Heureusement, il peut compter sur ses deux amis, mais aussi sur le soutien inattendu de sa professeur de français qui va lui donner le goût du théâtre lors d’une représentation, et qui va lui permettre de trouver progressivement sa place à travers le club théâtre du collège.

J’ai trouvé ce roman très percutant, avec un ton juste et des mots qui permettent au lecteur de se mettre à la place de Dylan et de comprendre ce qu’il ressent, ses difficultés, sa colère, tout comme son découragement.

Dylan est un ado comme les autres, avec ses forces et ses faiblesses, sa rébellion contre l’autorité, ses doutes et ses rêves, mais qui se sent nul, à part, à cause de sa dyslexie. Les cours ressemblent pour lui à du chinois, et certains passages permettent de se mettre dans sa peau et de comprendre ce qu’il vit.

Le changement va venir avec sa découverte du théâtre qui va bouleverser sa vie.

Un roman à lire et à faire lire pour parler du thème de la dyslexie, de la difficulté scolaire, des relations difficiles avec les parents à l’adolescence, du sentiment de dévalorisation quand on se sent différent et moins bien que les autres, et aussi pour montrer que l’espoir est toujours là, dans le regard d’un adulte qui va proposer une activité dans laquelle on peut se révéler. Et ce roman montre aussi que le théâtre n’est pas seulement réservé aux élèves bons lecteurs, mais surtout à tous ceux qui aiment jouer un rôle, avoir une présence sur scène. Un roman porteur d’espoir que je recommande.

Seul gros bémol : pour un titre sur la dyslexie, je trouve dommage que les éditions Pocket jeunesse n’aient pas l’effort de publier le roman sous une police de caractères adéquate, avec une taille et un épaississement pouvant aider les dyslexiques dans leur lecture. Certes le roman est disponible en version audio et version numérique dans d’autres éditions, mais un effort aurait pu être fait pour la version papier.

Quelques extraits :

Je me suis dit que les apparences pouvaient être trompeuses. Est-ce que l’image qu’on renvoie aux autres est toujours aussi différente de ce que l’on est à l’intérieur ?

Les acteurs sont des magiciens qui se métamorphosent et donnent vie à des personnages imaginaires.

Peut-être que porter des masques me permet d’être moi-même.

Publié dans Lectures-romans

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La carotte et le bâton

Publié le par Doc Bird

« La carotte et le bâton » de Delphine Pessin, éditions Talents hauts, collection Ego

Résumé : Emilie entre en troisième dans un nouveau collège. Elle se retrouve dans la classe de Chloé, avec qui elle a sympathisé pendant les vacances d’été, mais elle y rencontre aussi Barbie, une redoublante qui va lui mener la vie dure à cause de la couleur rousse de ses cheveux.

Mon avis : Un roman sur le thème du harcèlement qui en démonte les mécaniques insidieuses, et permet de voir comment il se met en place autour d’une personne, en croisant les regards d’Emilie, cible des moqueries, et de Chloé, son amie qui a peur de ne pas faire partie du groupe et n’ose pas la défendre.

Emilie est contente de faire sa rentrée dans un collège inconnu en étant dans la même classe que Chloé, avec qui elle s’est liée d’amitié pendant l’été, et au début tout se passe bien pour elle. Mais moins de deux mois après la rentrée, c’est là que tout commence, avec Barbie en meneuse de harcèlement. Peu à peu, Emilie se retrouve isolée, même de Chloé, n’ose pas en parler à sa famille, essaye différentes attitudes comme faire semblant d’être indifférente ou d’ignorer les autres, mais le harcèlement ne cesse pas pour autant, et devient de plus en plus douloureux. Les adultes du collège ne se rendent compte de rien, ne la croient pas vraiment, voire font empirer les choses. Jusqu’au moment où Emilie n’en peut plus et craque…

Un roman fort, qui montre comment le harcèlement commence avec une ou deux personnes, puis s’étend, jusqu’à isoler sa victime, qui ne sait plus quoi faire, a la boule au ventre chaque matin avant de se rendre au collège, et se retrouve harcelée jusque sur les réseaux sociaux. Ce roman permet de comprendre les stratégies de harcèlement, et la douleur ressentie par la victime jour après jour.

J’ai été indignée par la réaction des adultes du collège, qui pensent qu’il s’agit de chamailleries et que cela va passer, alors qu’au contraire la situation empire, et que leurs réactions les font empirer… Heureusement, il existe aussi des adultes qui peuvent vraiment aider, et les témoignages de jeunes adultes, anciennement harcelés, peuvent contribuer à permettre à la parole de s’exprimer.

Un roman fort qui peut servir de base pour une discussion ou un débat avec les élèves.

Quelques extraits :

J’ai cru que ne pas savoir serait moins douloureux, mais j’avais tort. Faire semblant que ça n’existe pas ne rend pas la chose moins réelle ni moins cruelle.

Je voudrais qu’ils comprennent que, pour moi, ce n’est pas un jeu. Ça n’a jamais été un jeu.

Publié dans Lectures-romans

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