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Un hiver en enfer

Publié le par Doc Bird

« Un hiver en enfer » de Jo Witek, éditions Actes Sud Junior, collection Romans ado Thriller

 

Résumé : Edward est un adolescent fragile, entre son père qu’il adore mais qui est souvent absent pour son métier, et sa mère qui ne lui apporte aucun amour et n’a jamais aucun geste d’affection pour lui. Pour se rassurer et se sentir en sécurité, il s’accroche à ses TOC (troubles obsessionnels compulsifs), comme ranger ses stylos dans l’ordre des couleurs de l’arc en ciel, ce qui le fait passer pour un fou auprès de ses camarades du lycée qui le harcèlent. Sa vie déjà difficile va basculer le soir où sa mère lui dit qu’elle a changé et qu’elle va enfin pouvoir avoir une relation mère-fils avec lui. Car ce soir-là, ses parents sortent mais ne rentrent pas…

 

Mon avis : Jo Witek réussit très bien à entraîner le lecteur dans une histoire où les troubles psychiatriques et la folie mènent la danse.

Entre Edward qui vit avec ses TOC, souffre de sa vie familiale et est harcelé au lycée, et sa mère qui lui dit qu’elle va changer et qui devient l’extrême opposé de ce qu’elle était jusque-là, entourant son fils d’une sollicitude toute nouvelle et étouffante, le lecteur est vite plongé dans une atmosphère sombre et étouffante, qui le fait douter de la raison des uns et des autres.

Edward, le narrateur, est très fragile psychologiquement, jusqu’au moment où il va perdre tout contrôle de lui-même au lycée et va devoir partir avec sa mère dans un chalet isolé à la montagne. Là, Edward se ressource, mais comprend rapidement que quelque chose ne va pas, sa mère étant soudainement trop attentive à lui, étouffante, le surprotégeant en l’empêchant d’aller au lycée pour mieux le garder avec elle. Progressivement, tout le personnel employé par la famille va partir brutalement, sans explication, et Edward va se retrouver seul, enfermé avec la folie de sa mère qui lui paraît de plus en plus dangereuse. Mais comment prouver que l‘on craint pour sa vie quand les gens autour de vous pensent que vous délirez et que vous êtes paranoïaque ? Edward lui-même doute de lui…

 

J’ai trouvé ce roman très intense jusqu’à la fin, la tension montant progressivement, jusqu’au paroxysme des dernières pages. Le lecteur oscille entre plusieurs possibilités, se demandant qui a vraiment raison. La révélation finale est assez surprenante, compte-tenu du peu d’indices distillés par l’auteur, et renforce l’impression d’avoir été emporté au cœur d’un tourbillon de folie.

 

Un roman prenant qui interroge la folie jusque dans ses plus sombres recoins. A découvrir !

 

Un extrait :

« On n’est pas toujours responsable de ce qu’on est, mais je crois qu’on peut toujours se réveiller et prendre sa vie en main. »

Publié dans Lectures-romans

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Alice au royaume de Cœur, 2

Publié le par Doc Bird

« Alice au royaume de Cœur, 2 » de QuinRose et Soumei Hoshino, éditions Ki-Oon

 

Résumé : Alice continue à découvrir le monde où elle se trouve. Elle comprend que les gens l’aiment car elle est différente. Elle possède un vrai cœur et non une horloge à la place du cœur. Du coup, elle s’interroge sur le métier véritable de l’horloger qui l’héberge, et réalise que les gens ne tiennent pas à la vie comme dans son monde.

 

Mon avis : Ce deuxième tome donne quelques révélations sur les règles qui régissent l’univers où Alice se trouve plongée. Elle comprend qu’elle est précieuse aux yeux des gens car elle possède un vrai cœur. Du coup, ses réactions étonnent, car les gens pensent être des corps facilement interchangeables, et ne tiennent pas à la vie comme dans le monde d’Alice.

Les révélations sur les horloges donnent un peu de piquant et de mystère à l’histoire, mais ce tome 2 ne m’a pas non plus vraiment passionnée, à l’image du tome 1.

Publié dans Lectures-mangas

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Alice au royaume de Cœur, 1

Publié le par Doc Bird

« Alice au royaume de Cœur, 1 » de QuinRose et Soumei Hoshino, éditions Ki-Oon

 

Résumé : Alice rêve très souvent et peut s’endormir n’importe où pour rêver. Mais un jour, elle tombe à l’intérieur de son rêve, est obligée de suivre un homme lapin qui lui donne à boire une potion qui l’empêche de quitter le rêve.  Commence alors pour elle la découverte d’un univers empli de règles, de rencontres farfelues et de beaucoup de fantaisie.

 

Mon avis : Ce tome 1 m’a été donné par un élève. J’ai eu du mal à me mettre dedans, trouvant les situations assez étranges et décousues. Il est bien fait référence au monde merveilleux d’Alice, mais ici il est encore plus bizarre. Alice va de rencontre en rencontre, et comprend qu’elle pourrait avoir elle-même choisi ce rêve où tout le monde l’aime. Elle doit rencontrer des personnes pour reconstituer le liquide de la potion lui permettant de retourner dans son monde. Mais n’est-elle pas le jouet d’illusions ?

 

Un tome 1 assez étonnant, avec un univers dans lequel je n’ai pas vraiment réussi à me plonger.

Publié dans Lectures-mangas

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Le plus beau reste à venir

Publié le par Doc Bird

« Le plus beau reste à venir » d’Hélène Clément, éditions Albin Michel

 

Résumé : A la mort accidentelle de son père, Raphaël Verdier doit appeler trois personnes qui ont beaucoup compté pour son père, et qui ont reçu son aide il y a quelques années. Leur arrivée va bouleverser le cadre tranquille de sa vie et lui faire se rappeler ses années lycée. Son père avait en effet apporté son soutien à Gustave, Rose et Malllory, trois jeunes différents, mis à l’écart, avec qui Raphaël va passer par toutes les émotions, mais dont il va se séparer après le bac.

 

Mon avis : Ce roman est construit avec des allers-retours entre les années lycée (1996-1999) et l’époque du décès du père de Raphaël, en 2010.

 

Tout commence par le décès de Michel Verdier, ancien professeur au lycée. Son fils se retrouve à devoir écrire son avis de décès, et surtout à téléphoner à trois anciens amis, pris sous l’aile de son père, et avec qui il a coupé les ponts.

 

 A leur arrivée, il va passer par toutes sortes d’émotions, et surtout revenir dans le passé, à la fin des années 90, pendant le lycée. On y découvre alors un Raphaël adolescent, emménageant dans une nouvelle ville, et bien décidé à se faire des amis, loin des années collège et de sa maladie cardiaque qui l’a mis à part des autres et rendu solitaire.

 

Son père, professeur au lycée, remarque trois élèves, Gustave, Mallory et Rose, qui sont à part dans le lycée, voire harcelés, et qui rencontrent des difficultés dans leur vie personnelle. Il leur offre alors les clés d’une grange, endroit où ils pourront se réfugier et préparer leur avenir. Raphaël a aussi le droit de s’y rendre, mais il va devoir pour cela mériter l’amitié du trio, qu’il dédaigne au début.

 

Des liens vont se nouer entre des quatre personnages, mélange d’amitié, d’amour, de respect, de jalousie… Peu à peu, leurs liens vont se resserrer, mais l’univers impitoyable du lycée va faire voler en éclat certains moments précieux que vous découvrirez en lisant ce roman.

 

Du coup, l’émotion est forte quand ils se réunissent à nouveau dix ans après, à l’occasion de la mort de leur mentor, père de Raphaël.

 

J’ai trouvé ce premier roman très bien écrit, les personnages bien campés et l’histoire m’a happé. Je me suis attachée à Gustave, Rose, Raphaël et Mallory, peut-être parce qu’ils ont vécu leurs années lycée environ à la même époque que moi, que la figure du professeur, Michel Verdier, m’a touchée, et que la mort peut réunir des êtres séparés qui vont enfin avoir l’occasion de se retrouver, et peut-être de faire du bien entre eux et autour d’eux.

 

Chaque personnage est intéressant : Gustave et ses rêves de théâtre, et qui subit des moqueries en raison de ses deux mamans, Rose qui est malheureuse dans sa famille qui la rejette, mais qui est une parfaite cuisinière, Mallory qui vit avec son père alcoolique et essaye de le protéger, Raphaël, l’ado qui se perd en cherchant des amis, Michel Verdier, un professeur comme tout le monde en voudrait car il croit en ses élèves, Suzanne Verdier, avec son immense cœur.

 

Le tout sur des airs de Goldman, qui me pousse à dire que ces personnages « changeaient la vie ».

 

A lire pour se faire du bien au moral et croire en la vie, surtout quand tout paraît désespéré, car « le plus beau reste à venir ».

 

Merci à Babelio et son opération Masse Critique, ainsi qu’aux éditions Albin Michel, pour cette belle découverte.

 

Un extrait : « Il sait que la vie est merveilleuse alors la sienne le restera. Le bonheur a des conditions, mais c’est surtout un état d’esprit et personne ne l’a mieux compris que lui. »

 

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Toc toc toc : papa, où es-tu ?

Publié le par Doc Bird

« Toc toc toc : papa, où es-tu ? » de Bryan Collier et Daniel Beaty, éditions Little urban

 

Résumé : Un petit garçon joue tous les matins au « toc toc toc » avec son papa et cela le rend heureux. Mais un matin, son père ne frappe pas à la porte, alors le petit garçon l’attend chaque jour…

 

Mon avis : Un superbe album sur l’absence du père. On ne sait pas ce qui est arrivé exactement au papa, même si on le devine. Son absence va assombrir la vie du petit garçon qui attend son papa pour le guider dans la vie. Alors il lui écrit une lettre. Et un jour, une réponse arrive, qui va le guider dans sa vie, même s’il ne revoit pas son père. Cette lettre va lui ouvrir les portes qui vont lui permettre de réaliser ses rêves, mais surtout de se réaliser dans la vie.

 

Un bel album, avec des collages qui marquent la douceur et la joie, mais aussi la peine face à l’absence du père. Ce dernier disparaît physiquement, mais va guider son fils à travers les mots, lui demandant d’être sérieux et de croire en lui-même pour oser vivre sa vie.

Un album doux-amer qui pourra permettre aux enfants de mettre des mots sur leur souffrance, mais aussi de comprendre qu’ils peuvent choisir leur vie et se construire.

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Dragon Axiom, 1

Publié le par Doc Bird

« Dragon Axiom, 1 » de Little Cloud, éditions Kotoji

 

Résumé : A bout-du-Monde, une légende raconte qu’un dragon et un homme se sont liés d’amitié et ont vécu ensemble de nombreuses aventures. Mais depuis la mort de l’homme, le dragon immortel serait inconsolable, et des catastrophes climatiques commencent à arriver. C’est à ce moment-là que Fenetten, jeune marin, croise la route de Lacus, qui est à la recherche du dragon.

 

Mon avis : Ce manhua nous emmène au cœur d’une légende chinoise, qui raconte qu’un dragon est devenu inconsolable à la mort de son compagnon homme. Depuis, le monde change et pourrait bien remettre en question la vie sur terre. Fenetten, jeune marin aux pouvoirs magiques liés à l’eau, va rencontrer Lacus, un jeune homme original qui est lié aux dragons. Lacus va entraîner Fenetten à l’aventure, sur les traces du dragon, pour essayer de sauver la vie sur terre.

 

J’ai trouvé ce titre plutôt original, faisant référence à une ancienne légende oubliée. Les deux héros ont un caractère très différent, se disputent souvent, mais leurs pouvoirs semblent très bien se compléter dans leur quête.

Mais il y a certains moments où je me suis retrouvée un peu perdue dans l’histoire, avec le foisonnement de personnages et ne comprenant pas toujours ce qui se passait.

A vous de vous faire votre propre avis.

Publié dans Lectures-mangas

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L’élite

Publié le par Doc Bird

« L’élite » de Joelle Charbonneau, éditions Milan, collection Macadam

 

Résumé : Cia est très excitée le jour de la remise des diplômes, qui marque son entrée dans le monde adulte. Elle aimerait poursuivre ses études à l’université, mais pour cela, il faut être nommé pour passer le test, et depuis de nombreuses années, personne n’a été appelé à le passer dans sa ville. Quelle n’est donc pas sa joie de savoir qu’avec d’autres camarades, elle va pouvoir passer ce test à la capitale. Son rêve se réalise ! Mais son père lui conseille de se méfier et dès son arrivée, elle va rapidement comprendre que ce test est une question de vie ou de mort !

 

Mon avis : Cette dystopie se place dans la lignée de « Hunger Games », « Divergente » et « Le labyrinthe » mêlant un peu de chaque univers.

 

Cia doit passer un test pour appartenir à l’élite, dans un monde divisé en colonies, où il faut tenter de survivre face à une nature hostile et polluée par les différentes guerres du passé. Les qualités à posséder pour réussir le test sont avoir des connaissances en sciences, être capable de se débrouiller en milieu hostile, être déterminé et savoir prendre des décisions pour survivre. Car ce test n’est pas seulement un examen écrit, c’est aussi un test grandeur nature pour survivre en milieu hostile face à des concurrents prêts à tout pour réussir.

 

L’histoire est assez prenante, mais ne m’a pas non plus happée, car elle a un air de déjà vu et présente peu d’originalité. On s’attend à ce qui arrive entre concurrence, même entre amis, attaques surprises de bête ou d’hommes mutants, atmosphère de fin du monde, décisions difficiles à prendre et horreurs vécues.

L’avantage est que ce roman peut être proposé aux lecteurs qui n’aiment pas trop lire les gros pavés et souhaitent entrer dans ce type d’univers.

Publié dans Lectures-romans

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Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses

Publié le par Doc Bird

« Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses ou comment j’ai cru devenir libraire » de Leslie Plée, Jean-Claude Gawsewitch Editeur

 

Résumé : Leslie Plée raconte ses débuts dans le monde du travail. Elle réussit à avoir un job dans un grand centre commercial culturel. Elle commence son métier avec joie, mais va très rapidement déchanter devant les conditions de travail.

 

Mon avis : Une bande dessinée où Leslie Plée raconte ses débuts dans le métier de libraire. Au début, elle laisse éclater sa joie d’avoir pu trouver aussi rapidement un travail à temps complet, mais elle va rapidement comprendre que le métier de libraire auquel elle pensait est très différent de celui qu’elle exerce : manutention, étiquetage, mise en place et rangement des rayons, retour des invendus, temps de pauses rares, formation quasi inexistante et clients difficiles. Le métier qu’elle exerce est multitâche et ressemble parfois à de l’esclavagisme. Au lieu de travailler dans une vraie librairie, elle se retrouve dans un centre commercial culturel, qui préfère vendre et mettre en avant ce qui marche plutôt que faire découvrir aux clients d’autres lectures. Les cadences sont infernales, et on est bien loin de l’épanouissement professionnel.

 

Il s’agit d’un témoignage de ce qu’a vécu l’auteur, et cela lui permet d’évacuer psychologiquement tout ce qu’elle a vécu, mais j’ai trouvé que c’était en même temps un portait très réaliste de ce que peuvent vivre les employés de ces grandes surfaces culturelles. Quand je me rends dans certaines enseignes de ce type, je vois bien toute la manutention à faire, les étagères qui changent régulièrement de place, les espaces remodifiés et rénovés, la mise en valeur des produits qui se vendent, et les conditions de travail loin d’être idylliques. Tout cela pour satisfaire le client, le faire acheter, et lui donner envie de revenir consommer.

 

En lisant cette histoire, on se dit que ces grandes surfaces culturelles sont bien loin des petites libraires de quartier, de plus en plus rares, où les libraires lisent beaucoup de livres, et sont capables de vraiment vous conseiller, mais où les gens se rendent hélas de moins en moins.

 

Les couleurs utilisées par Leslie Plée reflètent bien la tristesse et le stress vécu, avec des teintes plutôt sombres et ternes. Lorsque enfin Leslie décide de quitter ce métier pour éviter toute cette souffrance, elle renoue enfin avec son amour premier :  le dessin, pour notre plus grand plaisir ! 

 

Une BD à lire pour voir tout ce qui se cache derrière les façades colorées et lumineuses des grandes surfaces dites culturelles, et pour parler de la souffrance au travail.

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Ma meilleure amie s’est fait embrigader

Publié le par Doc Bird

« Ma meilleure amie s’est fait embrigader » de Dounia Bouzar, éditions de La Martinière

 

Résumé : Sarah et Camille sont les meilleures amies du monde et partagent tout. Mais brusquement leur amitié se fissure sans que Sarah comprenne ce qui arrive à Camille. Cette dernière change du tout au tout, se coupe des autres et de sa famille, et devient une fanatique d’un Islam radicalisé.

 

Mon avis : Ce roman est un ouvrage fort à mettre en toutes les mains.

Dès le prologue, le ton est donné : Sarah s’interroge sur ce qui s’est passé et ce qu’elle a manqué de voir à propos de Camille.

Ensuite l’histoire alterne entre les voix de Sarah et de Camille, qui, tour à tour, vont donner leur version des faits. Tout commence avec un exposé sur l’agroalimentaire que doivent préparer les deux amies. Camille navigue de site en site et de vidéo en vidéo, jusqu’à comprendre que le monde est manipulé et qu’il y a un complot derrière tout cela. Elle accepte alors comme un ami un certain Abucobra qui va la radicaliser complètement, jusqu’à ce que Camille décide de partir en Syrie. Sarah ne va pas comprendre ce qui arrive à son amie, et quand elle comprendra, il sera (presque !) trop tard.

 

Le point fort de ce roman est qu’il laisse la parole aussi bien à Sarah, jeune adolescente musulmane, qui assiste désarmée à la radicalisation de son amie, et qui veut tout faire pour l’aider à s’en sortir malgré elle, en raison de leur indéfectible amitié, mais aussi à Camille qui s’enferme progressivement, trouvant une solution à sa fragilité et à son mal-être adolescent dans les explications d’Abucobra et du groupe d’amies radicalisées comme elle.

 

 D’un côté, on assiste en spectateur à ce qui arrive à Camille, tout comme Sarah et sa famille qui se trouvent impuissantes et qui ne savent pas comment réagir, sans prendre conscience de la radicalisation extrême de Camille. Et les propos de Sarah permettent de prendre du recul par rapport à ceux de Camille, Sarah prônant un Islam doux et compréhensif, dans lequel elle a été éduquée.

 

En ayant le point de vue de Camille, on comprend comment cette dernière a pu se retrouver embrigadée. Les explications données dans les vidéos correspondent à un moment où Camille se pose beaucoup de questions, est pétrie d’incertitudes, et ressent un certain mal-être. Aussi lorsqu’un inconnu la contacte en lui disant qu’il la comprend et qu’il peut l’aider, Camille accepte et se retrouve prise dans une spirale infernale : elle va se convertir, accepter Un Islam dur et radical, va se sentir élue, protégée également du regard des autres par son voile qui va la faire se sentir plus forte. Comme elle souhaite aider les enfants victimes des bombardements en Syrie, elle est prête à partir là-bas.

 

On voit Camille changer du tout au tout, devenir une sorte de robot qui ne réfléchit plus par elle-même, phagocytée par le groupe auquel elle appartient, acceptant le meurtre des autres. Heureusement, elle peut compter sur Sarah, qui ne pas lâcher et va tout faire pour sauver Camille d’elle-même.

 

J’ai trouvé ce roman indispensable, à faire lire aux jeunes, garçons ou filles, car il explique vraiment bien les mécanismes qui embrigadent les jeunes, souvent déjà fragiles et en mal-être. Les entretiens avec la psychologue sont forts et permettent de comprendre que chaque radicalisation est différente, s’appuyant sur les points faibles de chaque personne. L’histoire est ancrée dans la réalité actuelle, avec les attentats de novembre 2015, rendant encore plus fort le message de l’auteur. La décomposition des rouages de la radicalisation permet de dégager quelques pistes pour savoir comment réagir et essayer de sauver les jeunes d’eux-mêmes.

Publié dans Lectures-romans

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Le maître des livres, 8

Publié le par Doc Bird

« Le maître des livres, 8 » d’Umiharu Shinohara, éditions Komikku

 

Résumé : Le passé de Mikoshiba va le rattraper, notamment ses relations avec son père, et l’origine de son goût pour la lecture. On y parlera aussi kamishibai, amitié, relations familiales houleuses et confiance en soi.

 

Mon avis : Mikoshiba va un petit peu se dévoiler dans ce tome 8.

On va découvrir des scènes de son enfance, qui expliquent ses relations avec son père et surtout comment le goût de la lecture lui est venu, à travers un conte de Noël « Le drôle de Noël de M. Scrooge », qui va être adapté en kamishibai à la bibliothèque pour les fêtes.

 

Par ailleurs, le jeune Takeshi va découvrir un livre avec lequel il va se découvrir des affinités, « Poil de Carotte », car il lui rappelle ce qu’il vit un peu chez lui et cela va permettre de libérer la parole.

 

Et Isaki va découvrir qu’il doit développer sa confiance en lui avant de faire éditer son album jeunesse.

 

Comme à chaque fois, les livres permettent aux personnages de mieux appréhender certaines situations, ou d’apprendre à mieux se connaître et se comprendre. Un peu de l’histoire de Mikoshiba est dévoilée, même s’il reste encore de mystère. Cette série est toujours aussi intéressante, et prend le temps d’approfondir tranquillement le caractère et le passé des personnages.

 

Une série sympathique !  

 

Quelques extraits :

 

- « Je pense que ce qu’essaie de transmettre cette histoire du "Chant de Noël", c’est qu’il n’est jamais trop tard pour changer. Quoi que tu fasses, quelle que soit ta façon d’agir, il n’y a rien d’irréversible. Il y toujours un moyen de se rendre compte de ses erreurs. »

 

- « Moi je pense qu’il aime foncièrement les livres, mais qu’au-delà de ça, il aime plus que tout les gens qui aiment la lecture. »

Publié dans Lectures-mangas

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