Le Bal des foudroyés
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« Le Bal des foudroyés » de Camille Pascal, éditions Robert Laffont, collection Pavillons
En 1661, le cardinal Mazarin vit ses dernières semaines, car les médecins sont formels, la maladie a gagné et la mort l’attend. Celui-ci, entre nostalgie de la perte de ses biens et richesses, et besoin de préparer son testament, nie la mort qui l’attend mais va bien devoir s’y résoudre. Avec ironie, l’auteur montre le bal des vautours qui rôdent autour de lui, espérant récupérer quelques grosses miettes de sa richesse, et l’avidité de Mazarin qui a accumulé un patrimoine, des richesses sous toutes les formes, et des millions, et qui regrette de s’en séparer et d’en profiter, tout en s’inquiétant de son héritage, et de comment le roi Louis XIV, son filleul, réagira quand il découvrira tout cela. Dans l’ombre ourdissent Colbert et Fouquet, et bien d’autres encore.
Personne ne s’attend, même pas la reine mère, à ce que Louis XIV, qui adore les fêtes et plaisirs, se transforme en un souverain qui va reprendre les rênes du pouvoir, et chacun pense à prendre la place laissée vacante avec le décès de Mazarin pour être au pouvoir, et s’enrichir en continuant à détourner de l’argent. Mais Louis XIV va se révéler en souverain incontestable, qui décide de lui-même de tout, et va reprendre le pouvoir, au détriment de Fouquet et d’autres puissants. Son action va devenir un véritable coup d’état, mené tambour battant en quelques mois, et qui va redistribuer toutes les cartes.
Fouquet en fera les frais, croyant flatter le roi en étalant sa magnificence, et se voyant déjà premier ministre, sous les flatteries d’un roi qui prépare en secret sa déchéance.
Le roman, organisé en deux parties, montre d’un côté la fin de Mazarin, puis le complot ourdi par Louis XIV pour faire tomber Fouquet et affaiblir ses ennemis, le tout en quelques mois.
La plume de Camille Pascal est incisive et pleine d’ironie, montrant les travers de tous, les cabales et complots, les alliances qui se font et se défont, et surtout l’avidité de chacun pour le pouvoir et les richesses, que ce soit dans l’ombre comme Colbert, ou bien visible, comme Fouquet.
Ce bal des foudroyés est aussi un véritable jeu de dupes, où personne ne sait très bien les atouts des autres, et où le mensonge et la duplicité sont érigés en comportements du quotidien.
La façon dont Mazarin est présenté n’est pas sans rappeler Harpagon qui se délecte d’entendre le son de ses richesses ou de voir toutes ses possessions, et regrette tout cela au lieu de se pencher sur son âme au seuil de la mort.
Fouquet apparaît comme un homme qui se croit au plus haut, et dont la chute sera d’autant plus douloureuse, malgré de nombreux avertissements.
La langue employée par l’auteur est certes modernisée, mais reprend du vocabulaire de l’époque, et tous les faits et paroles prononcées sont authentiques, en témoigne la riche bibliographie présentée en fin d’ouvrage.
Je suis ressortie de ce livre un peu désespérée de la nature humaine si prompte à flatter aux détriments des autres, et recherchant pouvoir et argent.
Je remercie les éditions Robert Laffont et Babelio pour l’envoi de ce roman dans la cadre de Masse critique Littératures.
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