« Diego aime Julie » de Sophie Grenaud, éditions du Rouergue, collection Dacodac
Résumé : Diego a dit à Julie qu’il l’aimait, et attend sa réponse. Tous ses camarades attendent sa réponse. Mais Julie, qu’en pense-t-elle ? Et comment savoir qu’on aime ?
Mon avis : Voici une lecture courte sur le thème de l’amour, vu sous l’angle original de la réponse à la déclaration d’amour.
Julie sent une énorme pression et tous les regards tournés vers elle, car depuis que Diego lui a fait sa déclaration, tout le monde attend sa réponse : ses amies, les amis de Diego, les élèves de sa classe, les autres élèves de sixième. Et Julie ne sait pas quoi en penser, certes elle est flattée, mais elle s’interroge : qu’est-ce que l’amour ? Comment savoir qu’on est amoureux ? Et quand on comprend qu’on ne l’est pas, comment répondre négativement sans faire du mal à l’autre ?
Un récit original qui montre que l’amour c’est pas automatique, que les sentiments ne se commandent pas et qu’ils peuvent évoluer.
Un extrait :
Est-ce qu’on peut décider d’être amoureuse ? Est-ce que l’amour ça vient tout d’un coup ? Est-ce qu’on peut être amoureuse sans le savoir ? Les baisers, les caresses, c’est obligé ?
« Kemono Incidents, 16» de Shô Aimoto, éditions Kurokawa
Résumé: Kabané et ses amis partent à Kyoto pour tenter de récupérer les gemmes. Ils vont y rencontrer le Genji, une organisation qui lutte contre les Kemono, mais est prête, sous conditions à s’allier à eux pour lutter contre Inari.
Mon avis : Kabané et ses amis vont rencontrer des alliés inattendus à travers le Genji et ses membres, qui souhaitent faire tomber dame Inari. Mais rien n’est simple, car cette organisation déteste les Kemono, et leur chef, Raiden, semble en vouloir à Inugami.
Alors, pour savoir si l’alliance peut fonctionner, Raiden propose des combats un contre un entre Kemono et Genji. Rien de plus facile, semble-t-il, pour Kabané et ses amis, qui pensent devoir retenir leur force face à des humains, mais rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît.
Un tome 16 qui relance l’action, avec des surprises lors des combats, car les membres du Genji compensent leurs faiblesses physiques par de nombreuses ruses et astuces. Et le lecteur découvre un peu une partie du passé d’Inugami. A suivre…
« Les Mythics, Tome 19. Hypérion » de Patrick Sobral, Patricia Lyfoung, Philippe Ogaki, éditions Delcourt
Résumé : Les Mythics, de nouveau au complet, poursuivent leur mission en apportant leur aide. Mais de nouveaux monstres apparaissent, et d’étranges phénomènes magnétiques ont lieu en même temps.
Mon avis : Une nouvelle saison s’ouvre avec ce tome 19 : cette fois-ci nos héros vont devoir faire face à un nouveau danger qu’ils doivent identifier. De nouveaux monstres coriaces à battre commencent à arriver progressivement, et cela semble lié à un champ magnétique apparaissant dans les mêmes moments. Par ailleurs, Abi commence à en avoir marre de cacher à sa meilleure amie sa double vie de lycéenne et de Mythic.
Un tome 19 qui relance l’action, avec de mystérieuses armures, des nouveaux monstres, de nouveaux ennemis, et des réflexions sur l’amitié. A suivre…
« Plus jamais petite» de Séverine Vidal, éditions Nathan, collection Court Toujours
Résumé: Lucie a décidé de rendre visite à son père en prison, en espérant pouvoir se libérer du mal qu’il lui a fait, et pouvoir enfin vivre sa vie.
Mon avis: Ce court roman est fort et incisif, avec le poids des mots dans chaque ligne, pour parler de l’inceste.
Lucie a été abusée par son père, a osé en parler et a témoigné contre lui au procès. Elle se fait suivre par une psychologue, a pu compter sur sa mère, sa grand-mère et ses amis qui l’ont toujours soutenue. Mais elle sait qu’il lui reste un dernier pas à franchir, le plus dur, celui d’oser croiser le regard de son père, en qui elle avait confiance, qui a gâché son enfance. Elle sait que c’est une étape pour lui permettre de se libérer et pouvoir aller de l’avant, loin de l’emprise que son père a pu exercer sur elle.
Un texte à lire, écouter ou à lire à voix haute, avec juste ce qu’il faut de mots pour parler de l’indicible, montrer qu’il faut parler, et qu’on peut se reconstruire.
Un extrait :
J’ai décidé d’aller bien, enfin d’aller de mieux en mieux. J’ai décidé que le fond, je l’avais déjà touché, que j’avais refait surface, même, tu vois. Et que toute cette lumière, j’allais te la cracher au visage, que j’allais t’éblouir, toi qui te caches.
«Le guichet de la lune» de Charlotte Bellière et Ian De Haes, éditions Alice jeunesse
Résumé : Sur la lune vit un vieux monsieur qui tient un guichet. Chaque jour, il récolte les rêves et pensées perdus par les gens distraits, dans la lune. Et un jour, une petite fille arrive sur la lune. Que va-t-il pouvoir faire d’elle ?
Mon avis : Un très bel album qui parle de rêves, de rêveries, de pensées, de transmission.
Jean est un vieux monsieur qui tient un guichet sur la lune, il ramasse chaque jour les pensées perdues des gens interrompus alors qu’ils étaient dans la lune, rêvassaient ou rêvaient la nuit. Il récolte les objets de ces pensées, les trie, les classe, les étiquette, en prend soin, au cas où les gens les récupéreraient.
Et un jour, une petite fille se présente au guichet, et Jean essaie par tous les moyens de la renvoyer, mais elle revient toujours.
Ils vont progressivement s’apprivoiser, se rapprocher, et la petite fille va commencer à le seconder. Jean va alors pouvoir lui passer le flambeau de sa mission.
Un album qui permet de parler des rêves, des souvenirs, de l’importance d’en prendre soin et de les chérir, et qui parle aussi de transmission et de passage de la vie.
« Le Bal des foudroyés » de Camille Pascal, éditions Robert Laffont, collection Pavillons
En 1661, le cardinal Mazarin vit ses dernières semaines, car les médecins sont formels, la maladie a gagné et la mort l’attend. Celui-ci, entre nostalgie de la perte de ses biens et richesses, et besoin de préparer son testament, nie la mort qui l’attend mais va bien devoir s’y résoudre. Avec ironie, l’auteur montre le bal des vautours qui rôdent autour de lui, espérant récupérer quelques grosses miettes de sa richesse, et l’avidité de Mazarin qui a accumulé un patrimoine, des richesses sous toutes les formes, et des millions, et qui regrette de s’en séparer et d’en profiter, tout en s’inquiétant de son héritage, et de comment le roi Louis XIV, son filleul, réagira quand il découvrira tout cela. Dans l’ombre ourdissent Colbert et Fouquet, et bien d’autres encore.
Personne ne s’attend, même pas la reine mère, à ce que Louis XIV, qui adore les fêtes et plaisirs, se transforme en un souverain qui va reprendre les rênes du pouvoir, et chacun pense à prendre la place laissée vacante avec le décès de Mazarin pour être au pouvoir, et s’enrichir en continuant à détourner de l’argent. Mais Louis XIV va se révéler en souverain incontestable, qui décide de lui-même de tout, et va reprendre le pouvoir, au détriment de Fouquet et d’autres puissants. Son action va devenir un véritable coup d’état, mené tambour battant en quelques mois, et qui va redistribuer toutes les cartes.
Fouquet en fera les frais, croyant flatter le roi en étalant sa magnificence, et se voyant déjà premier ministre, sous les flatteries d’un roi qui prépare en secret sa déchéance.
Le roman, organisé en deux parties, montre d’un côté la fin de Mazarin, puis le complot ourdi par Louis XIV pour faire tomber Fouquet et affaiblir ses ennemis, le tout en quelques mois.
La plume de Camille Pascal est incisive et pleine d’ironie, montrant les travers de tous, les cabales et complots, les alliances qui se font et se défont, et surtout l’avidité de chacun pour le pouvoir et les richesses, que ce soit dans l’ombre comme Colbert, ou bien visible, comme Fouquet.
Ce bal des foudroyés est aussi un véritable jeu de dupes, où personne ne sait très bien les atouts des autres, et où le mensonge et la duplicité sont érigés en comportements du quotidien.
La façon dont Mazarin est présenté n’est pas sans rappeler Harpagon qui se délecte d’entendre le son de ses richesses ou de voir toutes ses possessions, et regrette tout cela au lieu de se pencher sur son âme au seuil de la mort.
Fouquet apparaît comme un homme qui se croit au plus haut, et dont la chute sera d’autant plus douloureuse, malgré de nombreux avertissements.
La langue employée par l’auteur est certes modernisée, mais reprend du vocabulaire de l’époque, et tous les faits et paroles prononcées sont authentiques, en témoigne la riche bibliographie présentée en fin d’ouvrage.
Je suis ressortie de ce livre un peu désespérée de la nature humaine si prompte à flatter aux détriments des autres, et recherchant pouvoir et argent.
Je remercie les éditions Robert Laffont et Babelio pour l’envoi de ce roman dans la cadre de Masse critique Littératures.
« Le journal de Gurty, 12.Vacances à Paris » de Bertrand Santini, éditions Sarbacane, collection Pépix
Résumé : Gurty va accueillir Fleur quelques jours chez elle, à Paris, car son pépé s’est tordu la cheville. C’est parti pour des aventures de folie, entre l’écureuil qui débarque aussi, un pigeon hypnotisé, et des rats d’égouts !
Mon avis : Un nouvel opus de Gurty qui fait sourire une fois de plus, avec des aventures rocambolesques, même si j’ai trouvé cette fois-ci que les ficelles étaient un peu grosses par certains moments.
Gurty va venir chercher Fleur en Provence avec son maître, et la ramener chez elle à Paris. Fleur n’est pas du tout enchantée, ne veut pas quitter le monde qu’elle connaît, et a peur de paraître provinciale et ringarde à Paris, ce qui va faire l’objet de nombreux quiproquos suite à un mensonge.
Mais les vacances agréables envisagées ne vont pas se passer comme prévu, car l’écureuil qui fait hi hi s’est immiscé comme voyageur clandestin, et va en faire voir de toutes les couleurs à nos deux amies, tout en faisant preuve de solidarité malgré tout.
Il va y avoir des rencontres avec des chiens, des rats, une maman pigeon, et une vieille dame qui a l’air très sympathique.
Une aventure qui fait du bien à lire, même si j’ai moins été emportée que dans les autres tomes, qui met en avant le fait d’être soi-même et de se faire confiance.
Quelques extraits :
La vie, c’est moins drôle quand on n’a pas d’ennemi.
C’est juste une bonne leçon à retenir : ce n’est pas en se faisant passer pour quelqu’un d’autre qu’on se fait de vrais amis !
Tu avais tous ces pouvoirs en toi ! La seule chose qui t’empêchait d’en profiter, c’est que tu ne croyais pas assez fort en toi !
Résumé : Dad se fait aider par Panda qui lui sert d’agence pour les castings, voit Bébérénice commencer à s’affirmer, mais va aussi devoir quitter sa famille temporairement pour s’occuper de son papa le temps de l’hospitalisation de sa mère.
Mon avis: Un tome 10 toujours aussi dynamique pour cette série qui sait se renouveler.
Bébérénice commence à s’affirmer, et la petite famille va devoir apprendre à s’y faire, en l’accompagnant vers l’autonomie. Dad va laisser faire Panda qui va avoir bien du travail à faire pour servir à Dad d’agent pour qu’il ait des rôles. Et surtout les filles de Dad vont devoir apprendre à vivre plusieurs jours sans lui, car il doit partir s’occuper de son père. Et les filles vont alors découvrir tout le travail invisible qu’il fait, en devant tout gérer.
« Je fais de mes émotions une force» de Sophie Aiello, illustrations de Clémentine Latron, éditions Magenta, collection Sans tabou
Nous ressentons tous des émotions tout au long de nos journées, et parfois il est difficile de vivre avec elles, notamment à l’adolescence, où elles peuvent être exacerbées et changer d’un moment à l’autre.
Ce documentaire, écrit par une psychologue, va proposer aux jeunes de mieux les comprendre et les gérer. Pour cela, ils sont invités à découvrir les principales émotions et toutes leurs nuances, comprendre que cela ne se passe pas que dans la tête, mais aussi dans le corps, que les émotions ont pour objectif de faire passer un message, qu’il faut apprendre à les accueillir et les écouter, et découvrir quel besoin est caché derrière pour pouvoir y répondre.
Des outils sont donnés pour apprendre à gérer les émotions, éviter leur accumulation et le trop-plein qui déborde, apprendre à communiquer avec les autres sur ses émotions, et découvrir l’empathie pour mieux écouter et comprendre celles des autres.
Ce documentaire est parsemé de questions, de ressentis à écrire pour permettre à chaque jeune de s’interroger sur lui-même et de mieux vivre avec ses émotions, et les témoignages déposés ça et là permettent de voir qu’on n’est pas seul face à ses émotions.
Un documentaire réussi à proposer aux ados, et qui peut aussi servir pour préparer des séances sur les compétences psychosociales.
«Le château solitaire dans le miroir, 5» de Tomo Taketomi, d’après l’œuvre originale de Misuki Tsujimura, éditions Nobi Nobi !
Résumé : Aki a enfreint la règle en restant au château, et tous ont été mangés par le grand méchant loup, hormis Kokoro qui n’était pas au château ce jour-là. Elle doit alors faire preuve d’un grand courage pour partir en quête de la clé des souhaits, afin de pouvoir faire revenir tout le monde.
Mon avis : Ce tome 5 termine la série de façon magistrale, avec des rebondissements inattendus, des révélations, des liens qui se font, une plongée dans le passé de chacun des adolescents, un tourbillon de sentiments et d’émotions, de belles valeurs, de la force, du courage et de l’espoir.
Comme le montre la couverture, le printemps revient et la nature renaît, tout comme nos héros qui vont garder en eux le souvenir des forces qu’ils ont reprises au château, et le masque de mademoiselle Loup va tomber, permettant de connaître son lien avec l’un des adolescents et son rôle dans l’histoire.
Et peut-être que les liens noués vont leur permettre de se retrouver, mais pas forcément comme ils auraient pu se l’imaginer.