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Des philosophes pour vivre mieux

Publié le par Doc Bird

« Des philosophes pour vivre mieux » de Michel Rayot, éditions Favre

Après avoir subi la perte douloureuse de son fils, l’auteur, Michel Rayot, décide d’écrire ce livre en réponse à la promesse qu’il avait faite à ce dernier : écrire un titre sur la philosophie dont il lui parlait beaucoup.

En s’inspirant des échanges avec les membres du groupe de réflexion philosophique Khaïre, de ses lectures des textes des stoïciens, et d’autres philosophes d’autres époques, ainsi que des livres et réflexions d’autres auteurs sur ces philosophes, Michel Rayot nous emmène avec lui dans ce livre où il partage des éléments de sagesse, notamment antique, afin de mieux vivre la vie qui nous est donnée.

Afin de guider le lecteur, il propose un cheminement à travers les époques, avec comme boussole trois grands préceptes et valeurs que sont la sérénité, la joie et la force.

Il nous offre dans chaque partie un condensé des réflexions philosophiques de nos prédécesseurs, et propose des pistes de sagesse que nous pouvons suivre.

Sa démarche est fondée sur le partage de ses connaissances et l’état de ses réflexions, sur un modèle altruiste, car il a renoncé à ses droits d’auteur. Son objectif est la diffusion massive des idées, pour que chacun s’en inspire pour avoir la meilleure vie possible.

Il nous embarque alors avec lui dans un voyage à travers les époques, en ayant fait le choix de 11 compagnons de routes, des philosophes dont la réflexion et la sagesse l’ont profondément inspiré. Il fait aussi un détour moderne avec la psychologie positive, même s’il a fait le choix de ne pas s’étendre dessus.

Le lecteur va donc suivre un itinéraire balisé en 4 étapes : la sagesse de l’antiquité grecque en suivant Epicure, Diogène et Zénon, les philosophes stoïciens avec Sénèque, Marc Aurèle et Epictète, des philosophes du 18 au 20ème siècle avec Hume, Nietzsche et Jankélévitch, et enfin un retour en arrière avec Montaigne et Spinoza.

Pour chaque philosophe, il va expliquer l’essentiel de sa réflexion, présentant aussi des éléments de sa vie, et à la fin, il synthétise l’essentiel de l’apport de ce philosophe, en invitant le lecteur à réfléchir aussi par lui-même, et en mettant en avant ses forces en relation avec la joie, la sérénité et la force.

Moi qui ai fait des études de lettres, j’ai retrouvé avec plaisir certains auteurs étudiés, me replongeant avec plaisir dans leurs réflexions, comme Epicure, Sénèque, Epictète ou Montaigne. Cela m’a donné envie de me replonger dans leurs écrits, et dans ceux qui analysent et expliquent leurs réflexions. Et surtout, je me suis rendu compte combien nos angoisses et questions modernes trouvent leurs échos dans les réflexions du passé, par d’autres hommes qui ont réfléchi avant nous et nous proposent des pistes à suivre pour bien vivre, comme profiter du moment présent, cultiver la joie et les relations avec les autres, faire preuve de recul, dépasser les obstacles qui peuvent nous faire évoluer… Par-contre, je me suis un peu perdue dans la compréhension des réflexions de Hume, Nietzsche et Jankélévitch, ainsi que dans l’annexe des palettes chromatiques des philosophes, à laquelle j’ai été un peu hermétique.

Un titre à lire en prenant le temps, en y revenant, et qui invite à retourner aux sources, aux textes de ces philosophes qui nous ont précédés.

Je remercie Babelio et les éditions Favre de m’avoir envoyé ce livre lors du Masse critique non-fiction.

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Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ? 

Publié le par Doc Bird

« Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ? » de Jean Guilaine, éditions Odile Jacob

J’ai reçu ce titre dans le cadre de l’opération Masse critique non-fiction, et je remercie Babelio et les éditions Odile Jacob pour l’envoi.

Il s’agit d’un essai écrit par Jean Guilaine, spécialiste de la Préhistoire et de la Protohistoire, ancien professeur d’archéologie au Collège de France et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Son ouvrage, richement documenté des recherches et fouilles archéologiques, accompagné dune bibliographie conséquente, part du postulat de mettre en parallèle notre monde et notre société actuelle avec les sociétés du Néolithique, période où les hommes ont commencé à vivre en société, se sédentarisant, se regroupant dans des villages ou des villes, et devenant des agriculteurs et éleveurs au lieu de de rester des chasseurs-cueilleurs.

Jean Guilaine va ainsi évoquer différentes thématiques en abordant d’abord notre société contemporaine, puis en remontant au Néolithique pour vérifier si, pendant cette période, l’homme a été confronté aux mêmes problématiques, et quel était le fonctionnement des sociétés. Il va aborder sept grandes thématiques : la domination et le pouvoir, les inégalités sociales et les oppressions, les changements climatiques et les catastrophes naturelles, l’action de l’homme sur l’environnement, les maladies et épidémies, la guerre et les tortures, les changements démographiques.

Si certains pouvaient penser que le Néolithique était une période idéale, une sorte d’âge d’or de l’humanité, ils risquent fort d’être déçus, car les preuves archéologiques démontrent que l’homme a toujours été ce qu’il est maintenant, un être avide de pouvoir, de richesses et d’apparats, où le patriarcat domine et où les femmes ont peu de place, et encore pire si elles sont esclaves, où il a du s’adapter aux contraintes climatiques comme les montées des eaux, les sécheresses, les séismes, les éruptions volcaniques, où la soif de richesses a lancé les humains à forer la terre, où le regroupement et la proximité des animaux d’élevage a favorisé la transmission de maladies et la survenue d’épidémies, où la guerre a toujours existé, tout comme la torture, ainsi que des rituels sanguinaires, et où les grandes villes et civilisations ont connu leur apogée et ont disparu, à cause de l’agriculture intensive, de la sécheresse, des révoltes contre le pouvoir, des changements climatiques.

Jean Guilaine nous dresse donc le portrait d’une humanité peu reluisante, où les racines de nos problématiques actuelles ont été plantées il y fort longtemps. D’ailleurs, l’auteur le dit lui-même dès le début, il va nous présenter une face assez négative et noire de l’humanité, loin de l’idéal d’une société néolithique parfaite. Et les différentes fouilles et recherches archéologiques sont sans ambiguïté, révélant le tableau d’une société néolithique inégalitaire, esclavagiste, se faisant la guerre, et commençant à piller les ressources de la planète, tout en se croyant supérieure à la nature et maître du monde.

J’ai trouvé que ce titre permettait de comprendre, qu’hélas, à de rares exceptions, l’homme continue toujours dans la même lancée, comme s’il oubliait ce qu’il aurait pu apprendre pour mieux vivre en harmonie avec les autres et la nature. La seule petite lueur d’espoir semble être la capacité de résilience de l’humanité face aux problèmes et catastrophes.

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