Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ?
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« Les Néolithiques et nous : Sommes-nous si différents ? » de Jean Guilaine, éditions Odile Jacob
J’ai reçu ce titre dans le cadre de l’opération Masse critique non-fiction, et je remercie Babelio et les éditions Odile Jacob pour l’envoi.
Il s’agit d’un essai écrit par Jean Guilaine, spécialiste de la Préhistoire et de la Protohistoire, ancien professeur d’archéologie au Collège de France et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
Son ouvrage, richement documenté des recherches et fouilles archéologiques, accompagné dune bibliographie conséquente, part du postulat de mettre en parallèle notre monde et notre société actuelle avec les sociétés du Néolithique, période où les hommes ont commencé à vivre en société, se sédentarisant, se regroupant dans des villages ou des villes, et devenant des agriculteurs et éleveurs au lieu de de rester des chasseurs-cueilleurs.
Jean Guilaine va ainsi évoquer différentes thématiques en abordant d’abord notre société contemporaine, puis en remontant au Néolithique pour vérifier si, pendant cette période, l’homme a été confronté aux mêmes problématiques, et quel était le fonctionnement des sociétés. Il va aborder sept grandes thématiques : la domination et le pouvoir, les inégalités sociales et les oppressions, les changements climatiques et les catastrophes naturelles, l’action de l’homme sur l’environnement, les maladies et épidémies, la guerre et les tortures, les changements démographiques.
Si certains pouvaient penser que le Néolithique était une période idéale, une sorte d’âge d’or de l’humanité, ils risquent fort d’être déçus, car les preuves archéologiques démontrent que l’homme a toujours été ce qu’il est maintenant, un être avide de pouvoir, de richesses et d’apparats, où le patriarcat domine et où les femmes ont peu de place, et encore pire si elles sont esclaves, où il a du s’adapter aux contraintes climatiques comme les montées des eaux, les sécheresses, les séismes, les éruptions volcaniques, où la soif de richesses a lancé les humains à forer la terre, où le regroupement et la proximité des animaux d’élevage a favorisé la transmission de maladies et la survenue d’épidémies, où la guerre a toujours existé, tout comme la torture, ainsi que des rituels sanguinaires, et où les grandes villes et civilisations ont connu leur apogée et ont disparu, à cause de l’agriculture intensive, de la sécheresse, des révoltes contre le pouvoir, des changements climatiques.
Jean Guilaine nous dresse donc le portrait d’une humanité peu reluisante, où les racines de nos problématiques actuelles ont été plantées il y fort longtemps. D’ailleurs, l’auteur le dit lui-même dès le début, il va nous présenter une face assez négative et noire de l’humanité, loin de l’idéal d’une société néolithique parfaite. Et les différentes fouilles et recherches archéologiques sont sans ambiguïté, révélant le tableau d’une société néolithique inégalitaire, esclavagiste, se faisant la guerre, et commençant à piller les ressources de la planète, tout en se croyant supérieure à la nature et maître du monde.
J’ai trouvé que ce titre permettait de comprendre, qu’hélas, à de rares exceptions, l’homme continue toujours dans la même lancée, comme s’il oubliait ce qu’il aurait pu apprendre pour mieux vivre en harmonie avec les autres et la nature. La seule petite lueur d’espoir semble être la capacité de résilience de l’humanité face aux problèmes et catastrophes.