« Le Manoir, 1. Liam et la Carte d’éternité » d’Evelyne Brisou-Pellen, éditions Bayard jeunesse
Résumé : Le jour de sa sortie de l’hôpital, Liam est emmené dans une maison de convalescence pour se reposer. Mais dès le début, l’endroit lui paraît plutôt étrange : il se retrouve dans un vieux manoir, sans électricité ni Internet, en compagnie de personnes qui lui paraissent un peu dérangées, sa valise est vide, et il se demande ce qu’il fait là…
Mon avis : Un roman fantastique sympathique, qui emmène le lecteur dans une atmosphère très bizarre, oscillant entre réel et irréel.
Liam se retrouve dans ce manoir, pensant être dans une maison de repos pour malades, mais très rapidement, il comprend que ce lieu est plutôt spécial, et que les pensionnaires sont tous plus ou moins étranges : entre Léo qui est habillé comme un guerrier grec, Fanny qui coud des habits démodés, ou les frères qui font plein de bêtises.
Et tout devient de plus en plus étrange quand il découvre que des fantômes sans âmes, très dangereux, pourraient bien vivre au sous-sol…
Heureusement, arrive une nouvelle personne, Cléa, jeune fille avec qui il s’entend bien rapidement, et qu’il voudrait aider…
On est rapidement happé par l’atmosphère étrange du manoir, entre complicité entre les habitants du manoir, bizarrerie de leur comportement, et les différents mystères de l’endroit.
A la suite de Liam, on comprend que ce dernier est différent et un peu spécial, que la sortie du manoir semble impossible, et que les habitants du manoir ont un point commun, qu’ils se le cachent pour éviter de voir la réalité en face, mais que le lecteur devine assez rapidement.
La décision finale de Liam permet d’imaginer que les tomes suivants vont être riches en aventures, notamment en ce qui concerne le mystère de Cléa.
« Big Easy » de Ruta Sepetys, éditions Gallimard jeunesse, collection Scripto
Résumé : Au début des années 50, à La Nouvelle-Orléans, Josie, 17 ans, fille d’une prostituée peu aimante, occupée à faire le ménage d’une maison close, et travaillant aussi en librairie, rêve d’un avenir plus radieux. Et quand un gentleman franchit la porte de la librairie, et lui donne confiance pour entrer dans une université renommée, Josie pense quitter la ville pour intégrer une prestigieuse université au nord du pays. Mais un meurtre dans lequel pourrait être impliquée sa mère va bouleverses ses plans…
Mon avis : Après avoir lu « Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » qui m’avait beaucoup ému, je retrouve la plume de Ruta Sepetys qui emmène le lecteur au sud des Etats-Unis, dans les années 50.
On y retrouve Josie, 17 ans, qui veut mener sa vie comme elle l’entend, voudrait faire des études à l’université, mais souffre de la prostitution de sa mère, ainsi que de son manque d’amour.
On se retrouve plongé dans l’atmosphère bruyante de La Nouvelle-Orléans, entre le Vieux carré, quartier populaire où vit Josie, et les quartiers plus chics des bourgeois de la ville.
Josie rêve d’un avenir meilleur, et quand elle croise le chemin d’un gentleman et d’une jeune fille de bonne famille, elle se met à croire en son étoile, et décide de faire une demande d’inscription pour une université du nord.
Mais entre le manque d’argent, les soucis causés par sa mère, la maladie du libraire qui est comme un père pour elle, et le meurtre auquel elle se retrouve mêlée malgré elle, Josie va devoir puiser dans toute sa force, sa ténacité, son courage et sa ruse, pour essayer de relever la tête. Le destin semble s’acharner sur elle, mais Josie possède des ressources intérieures et a des amis qui l’entourent.
Une plongée dans la vie d’une jeune fille pauvre qui veut prendre son destin en main, malgré les coups du sort. Elle devra faire des choix difficiles et douloureux, et on suit avec ferveur son parcours, espérant qu’elle va s’en sortir.
« La vie compliquée de Léa Olivier, 1. Perdue » d’après le roman de Catherine Girard-Audet, scénario de Alcante, dessin de Ludo Borecki, couleurs de Johan Pilet, éditions Kennes
Résumé : Léa est catastrophée : elle déménage de la campagne, où vivent sa meilleure amie et son petit ami, pour aller vivre en ville ! Elle a peur de se sentir seule et abandonnée. Heureusement, elle arrive à lier connaissance, et il y a toujours les réseaux sociaux pour communiquer avec sa meilleure amie !
Mon avis : Cette BD est l’adaptation du roman du même nom.
J’ai été attirée par la couverture, intriguée par l’héroïne un peu perdue au milieu de la ville. C’est d’ailleurs ce qui va arriver dès le début, Léa va se perdre dans la ville, faire sa rentrée dans le mauvais bâtiment… Car elle est plutôt étourdie, ce qui fait son charme.
Son arrivée va être difficile au début, mais elle va se faire des amis des membres du club journal, et elle discute sur les réseaux sociaux avec sa meilleure amie.
Mais elle va aussi découvrir que son petit ami se fait plus distant, et elle peut compter sur son amie pour être ses yeux et se oreilles et tout lui raconter.
Une BD sympathique, qui met le lecteur dans la peau d’une adolescente qui va découvrir que les histoires d’amour à distance peuvent être compliquées, et que les sentiments peuvent évoluer.
« La mer infinie » de Rick Yancey, éditions Robert Laffont, collection R
Résumé : Après avoir réussi à détruire la base où se trouvait enfermé son frère, Cassie se retrouve avec quelques autres humains à attendre dans un hôtel le retour d’Evan, qui a promis de revenir. Mais le temps passe, sans nouvelle de lui, et il est risqué de rester au même endroit, alors Ringer décide de sortir pour trouver une autre planque dans les grottes…
Mon avis : J’avais eu un premier avis mitigé sur le premier tome, « La 5e vague », et c’est la même chose pour ce tome 2.
Le scénario de l’histoire est toujours original, l’auteur alternant le point de vue de plusieurs des membres du groupe de rescapés, et le mystère sur les techniques des extraterrestres pour tuer les hommes est toujours aussi épais. On en découvre un peu plus sur leur plan au fur et à mesure de l’histoire, partagé entre désespoir et envie que les héros s’en sortent. Mais rien ne se passe comme on pourrait l’imaginer.
A la fin ce tome, on en sait un peu plus, mais cela ne fait qu’augmenter le suspense.
Cependant, le vocabulaire est toujours trop familier, même si on peut comprendre qu’il est en relation avec la détresse des jeunes confrontés à cette horrible invasion, et à leur vie totalement chamboulée. Mais malgré tout, c’est un point négatif pour moi, car je ne trouve pas que cela fasse mieux ressortir et ressentir ce que vivent les héros. Dommage.
« Mentine : Pas de cadeau ! » de Jo Witek, illustrations de Margaux Motin, éditions Flammarion jeunesse
Résumé : Mentine commence son année de seconde dans un lycée près de chez elle, après être partie dans un internat en Suisse, et avoir mûri. Elle y retrouve sa meilleure amie, Johanna, surnommée Miss Flamenca pour ses talents à la guitare. C’est d’ailleurs en voulant l’aider que Mentine va réagir de façon irréfléchie, et va se retrouver dans de gros ennuis…
Mon avis : J’ai retrouvé avec plaisir Mentine dans ce tome 3. Même si elle a bien grandi et évolué depuis le premier tome, Mentine agit de manière toujours aussi spontanée, et est parfois très agaçante, même auprès de sa meilleure amie.
Et les ennuis ne vont tarder : portée par son élan d’amitié, elle va commettre une grosse bêtise, qui va la faire se sentir très honteuse vis-à-vis de ses parents. Et c’est d’ailleurs sa punition qui va lui ouvrir les yeux, et le cœur, sur les difficultés de la vie. Elle va se rendre compte qu’au-delà des apparences, chacun porte en soi des problèmes, et que la solidarité et l’entraide peuvent rendre le monde meilleur.
Un troisième tome où Mentine s’est un peu assagie, mais où elle va foncer tête baissée, ce qui va lui permettre de grandir encore un peu, et de réfléchir sur le monde et sur la société.
Ce tome 3 aborde avec force les thèmes de l’amitié, des liens familiaux, de la séparation des parents, des talents musicaux, de la solidarité, de la responsabilité de ses actes. Une série très sympathique !
« Eloge de la névrose en 10 syndromes »de Leslie Plée, éditions Delcourt, collection Tapas
J’adore le graphisme et les idées de Leslie Plée, aussi, quand j’ai vu ce titre dans les rayons de la librairie, je n’ai pas hésité à l’acheter ! J’en avais d’ailleurs aussi entendu beaucoup de bien !
Leslie Plée nous emmène cette fois-ci au cœur des différentes névroses, mais on se rend vite compte, qu’en fait la névrose fait partie du genre humain, et que tout le monde est plus ou moins touché !
En vrac, on croisera le syndrome de l’âge adulte, la peur des voyages, les barrières qui empêchent de rester en contact avec les autres, un manifeste féministe, ou encore le manque de confiance en soi.
Chacun des syndromes est bien vu, et je me suis reconnue à certains moments (comment aurais-je pu survivre à la Préhistoire ? les peurs qui cachent d’autres problèmes…).
Les mises en scènes sont toujours excellentes, et les illustrations à l’encre superbes et très colorées. En prime, j’ai pu visiter Stockholm à travers ses illustrations.
J’ai aussi trouvé très intéressant sa dénonciation de l’image de la femme dans la société : presse féminine qui se contente d’expliquer ce qui plaît aux garçons, au lieu de parler du plaisir féminin, image honteuse de la femme, les difficultés pour s’habiller quand une femme sort seule dans la rue… Le combat est loin d’être terminé.
Une BD que je conseille à tous les jeunes adultes (mais pas que ! ), car elle parle de ce que chacun peut ressentir sans forcément oser le dire.
« Une année au lycée : troisième guide de survie en milieu lycéen » de Fabrice Erre, éditions Dargaud
On retrouve notre célèbre professeur d’histoire/géo pour une troisième année, celle de terminale, qui mène directement au bac !
Comme à chaque fois, les situations sont bien croquées et font sourire. En vrac, le décalage de génération avec les élèves, qui font que certaines références ne sont pas communes, les légendes scolaires (comme le prof qui note ses copies en les jetant sur les escaliers), le long chemin vers l’orientation avec APB qui se transforme en une traversée du désert avec un génie qui n’exauce pas forcément les vœux, les conversations en salle des profs…
Mais Fabrice Erre aborde aussi des sujets plus difficiles et d’actualité comme les migrants, les attentats, apportant un peu de douceur dans une actualité difficile.
Un tome 3 à offrir à des professeurs, qui s’y reconnaîtront toujours un peu !
« Keep me in mind » de Jaime Reed, éditions de la Martinière jeunesse, collection Fiction
Résumé : Quand Ellia se réveille sur un lit d’hôpital, les deux années précédentes ont disparu de sa mémoire. Elle se souvient de sa famille, de sa meilleure amie, mais absolument pas du jeune homme que l’attend à son réveil, Liam. Celui-ci veut tout faire pour qu’elle se rappelle de leur couple, et commence à écrire le récit de leur histoire. Parviendra-t-il à l’aider à reconstituer le puzzle de sa mémoire ?
Mon avis : Je remercie tout d’abord Babelio, et son opération Masse critique spécial jeunesse, ainsi que les éditions De la Martinière jeunesse, pour m’avoir permis de découvrir ce roman.
On y fait la rencontre d’Ellia, jeune fille qui a perdu la mémoire suite à une chute et un traumatisme crânien, alors qu’elle courait avec Liam, son petit ami. A son réveil, elle a perdu la mémoire des deux années précédentes, et doit apprendre à revivre le quotidien, avec cet énorme trou de 2 ans dans sa vie. Et elle se demande, qui est Liam, son petit ami, qu’elle ne reconnaît absolument pas.
Ce dernier est déterminé à aider Ellia à recouvrir la mémoire, et se rappeler de leur amour si fort. Il entreprend alors d’écrire le livre de leur histoire, mais il bloque sur le moment de l’accident, se sentant coupable.
Le lecteur se demande si tout ce que dit et écrit Liam est juste, car des zones d’ombres semblent planer sur sa relation avec Ellia, notamment le rejet de leur histoire d’amour par leurs deux familles.
Cette remontée dans le passé va permettre à Liam de plonger aussi en lui-même, et d’apprendre à mieux se connaître et se comprendre, tout comme il va permettre à Ellia de devenir ce qu’elle souhaite vraiment être, sans la chape d’un passé qui pourrait l’empêcher d’avancer.
Ce roman est écrit à deux voix, permettant d’alterner le point de vue de chacun à chaque chapitre, et de mieux appréhender les différentes facettes de leur relation.
L’auteur dépasse la classique histoire d’amour pour parler de construction de soi, des relations familiales, de la communication, des non-dits, de la construction d’un couple où chacun se sent libre, des conséquences de l’amnésie sur soi et sur son entourage.
J’ai trouvé que ce roman était une métaphore du passage à l’âge adulte, permettant à chaque héros de participer à la construction de sa personnalité, loin des clichés et des idées reçues, qui les façonnaient jusque-là.
Tous deux vont cheminer en parallèle pour mieux se découvrir, se rendant compte que chacun peut évoluer pour donner le meilleur de lui-même. Au-delà de l’histoire d’amour, on assiste au changement de deux adolescents, qui mûrissent, et deviennent capables de faire leurs propres choix.
Une belle histoire, à proposer aux adolescents, qui pourront se reconnaître, ente un jeune sportif et littéraire, et une jeune fille au fort tempérament, qui se cherche.
Quelques extraits :
- « La confiance est un art difficile à maîtriser, surtout pour une amnésique qui doit sans cesse compter sur les autres. »
- « Je veux juste contrôler le pouvoir que les émotions ont sur moi, que ce soit les miennes ou celles des autres. »
- « Ne laisse personne – pas même une fille – te tenir en laisse. Peu importe si elle est fabuleuse et géniale, personne ne vaut la peine que tu oublies qui tu es. »
- « Je ne veux pas être manipulée, malmenée, placée dans un moule qui ne me correspond pas. Ça vaut pour toi, mes amis et Liam aussi. Je ne peux pas être la fille de des rêves. »
- « On ne peut pas se contenter d’aimer les bons côtés d’une personne. Une fois que tu as vu les mauvais, soit tu l’aimes pour ce qu’elle est, soit tu l’aimes en dépit de ce qu’elle est. »
- « Quand on y pense, il n’y a pas de bon ou de mauvais moment pour naître ou mourir. Il y a de l’attente, puis la réalité, et ces deux-là ne se sont jamais entendues. »
- « Considère cette épreuve comme un nouveau départ. Une chance de te réinventer. »
- « Ma mémoire n’avait pas disparu, elle était simplement cachée. »
« De Cape et de Crocs, Acte XII, Si ce n’est toi… » d’Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, éditions Delcourt
Résumé: Eusèbe retrouve à Paris son frère jumeau Fulgence, qui est devenu le roi des mendiants. Il essaie de lui montrer le chemin de la vertu, alors que son frère voudrait le convaincre de faire comme lui et de travailler avec lui.
Mon avis: Cette suite des aventures d’Eusèbe est proprement réjouissante !
Il va retrouver son frère jumeau, dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis longtemps et va essayer de le ramener dans le droit chemin. Mais bien sûr, rien ne se passe comme prévu.
Fulgence va se servir de sa ressemblance comme deux gouttes d’eau à Eusèbe pour manigancer de mauvais coups, tandis qu’Eusèbe continue sa route, plein de gentillesse, de confiance et de naïveté.
Il va donc se retrouver dans d’improbables situations, et pourrait même changer le cours de l’histoire.
Il y a des clins d'oeil sur ce qui va lui arriver dans la suite de ses aventures : la rencontre avec une bohémienne, le voyage sur la lune… Et à la fin, on comprend comment il s’est retrouvé embarqué sur une galère.
Les textes sont toujours magnifiquement ciselés, les dessins toujours aussi flamboyants, nous entraînant dans les aventures d’un héros au cœur tendre. Un régal !
« Enola & les animaux extraordinaires : La gargouille qui partait en vadrouille », scénario de Joris Chamblain, dessin et couleur de Lucile Thibaudier, éditions de la Gouttière
Résumé : Enola vit au Muséum d’histoire naturelle, et a un métier très particulier : elle est vétérinaire des animaux de contes et de légendes ! Cette fois-ci, elle est appelée au chevet d’une gargouille qui n’arrête pas de se déplacer sur une église, et verse donc l’eau sur la tête des gens !
Mon avis : Cette BD est une vraie perle tant au niveau de l’histoire que des illustrations.
Enola est une jeune fille spéciale, car elle capable de soigner les animaux fantastiques. Elle vient ici à l’aide d’une gargouille qui a la bougeotte et gêne les habitants d’un village.
Après auscultation, le mystère reste entier, mais c’est sans compter sur la ténacité d’Enola et sa vivacité d’esprit pour mener l’enquête ! Car il y a bien une cause à tout cela, et cette raison est tendre et mignonne à la fois.
Une BD que j’ai adorée : l’histoire est touchante, avec des touches d’humour, notamment avec Maneki, le chat d’Enola, les illustrations sont superbes, les couleurs magnifiques. On en redemande !