« Lettres d’un mauvais élève » de Gaia Guasti, éditions Thierry Magnier, collection Petite poche
Résumé : M. est un collégien mauvais élève. Il va écrire plusieurs lettres pour expliquer comment il voit et comment il ressent cela.
Mon avis : Sept lettres à lire à voix haute pour faire comprendre ce que le cancre, le mauvais élève, ressent face à ses difficultés qui deviennent de plus en plus insurmontables, et qui font baisser les bras.
M. ressent beaucoup de tristesse face à ses mauvais résultats, et voit la déception de ses parents, ressent aussi de la rage par rapport à la déléguée qui ne l’a pas soutenu, le professeur principal qui ne croit pas en lui.
Heureusement, il y des lueurs d’espoir, comme quand il revoit son ancienne institutrice, ou quand il pense à sa petite sœur. De quoi lui donner l’idée d’appeler au secours.
Sept lettres courtes et incisives, qui font réfléchir à ceux qu’on qualifie de cancres, et montrent leur souffrance.
« Assassination classroom, tome 16 »de Yusei Matsui, éditions Kana
Résumé : M. Koro raconte à ses élèves son passé, expliquant comment il est devenu un monstre avec des tentacules de poulpe, suite à des expérimentations scientifiques peu scrupuleuses…
Mon avis : Ce tome 16 est un tournant dans la série, riche en révélations inédites sur le passé de M. Koro.
Et cela permet de renouveler l’histoire, tout en ouvrant de nouvelles possibilités.
Bien sûr, je ne vous révélerai rien, pour ne pas gâcher le plaisir de la surprise. Je peux juste dire que ce tome est quasiment consacré au passé de M. Koro, et que l’on comprend pourquoi il est question d’assassinat et de techniques de meurtre dans l’histoire, pourquoi la date limite pour tuer M. Koro est le 13 mars, et comment il est possible que quelqu’un change, et accepte de faire jaillir la petite étincelle qui permet aux autres d’avoir confiance en eux.
La réaction des élèves sera étonnante, et promet de belles aventures dans la suite de la série.
Gros coup de cœur pour ce tome 16, et une belle envie de lire la suite ! Une réussite !
Résumé : Ash, le petit ami de Honey, fait le tour du monde, son grand rêve. Il fait des compte-rendu très détaillés et bourrés d’humour à Honey, mais celle-ci lui manque terriblement, et la distance lui pèse beaucoup. Va-t-il continuer son voyage en solitaire ?
Mon avis : Grosse déception pour ce tome 6 ½ des Filles au Chocolat ! D’abord le format, tout petit, et le récit très court, qui font de ce tome un rajout plus commercial qu’autre chose. J’aurais dû me méfier en voyant le prix tout riquiqui ! Mais bon, les élèves le réclamaient, et je l’ai donc commandé les yeux fermés.
Hormis cette désagréable impression du tome en trop, qui laisse une impression d’inachevé en raison du peu de pages, la plume de Cathy Cassidy est toujours aussi agréable.
Cette fois-ci, elle donne la parole à Ash, petit ami de Honey. Son tour du monde, dont il rêvait depuis longtemps, lui paraît bien fade en l’absence d’Honey.
En se rendant à Paris, capitale bien connue des amoureux, il va se faire lire les lignes de la main, et découvrir que rein n’est tracé, et que des changements pourraient arriver.
Ce tome est intéressant en raison de sa vision de Paris, selon qu’on soit seul ou avec la personne aimée, et lance une réflexion sur l’amour à distance et le choix de son avenir. Dommage qu’il soit si court, mais il ravira sûrement les fans de la série.
Un extrait :
« La famille ne se résume pas aux liens du sang. Elle inclut tous ceux à qui on tient et sur qui on peut compter. »
« Terminale Terminus » de Thierry Robberecht, éditions Syros, collection Rat noir
Résumé : La vie d’Alexia et de ses parents bascule lorsque la police vient leur annoncer la mort de Louis, renversé par une voiture. Après la peine et la désolation, Alexia veut surtout comprendre, elle doute que la mort soit accidentelle, et mène sa propre enquête.
Mon avis : Un polar prenant, qui dès le début, montre que les apparences sont trompeuses.
Louis est victime de harcèlement depuis qu’il est en seconde. Il pense que son année de terminale sera identique, et se rend au lycée la boule au ventre. Mais cette année se passe plutôt mieux, jusqu’au jour de l’accident mortel.
Alexia se pose beaucoup de questions, et se demande où se rendait son frère lorsqu’il s’est fait renverser. Elle ne croit pas une seule seconde à la thèse de l’accident, et pense que c’était un acte délibéré. Pour le prouver, elle décide de fouiller dans le passé et dans les secrets de son frère. Et elle va découvrir de bien sombres secrets, qui pourraient à son tour la menacer.
Ce polar est prenant, abordant à la fois la thématique du harcèlement dont est victime Louis, tout en mettant en avant la spirale infernale dans laquelle se retrouve entraîné ce dernier. C’est en voulant arrêter qu’il va signer son arrêt de mort. Alexia, qui mène l’enquête, est une jeune fille courageuse qui décide d’en savoir plus, quitte à se mettre en danger. Sa ténacité va l’emmener vers des recoins obscurs, tout en lui permettant d’apprendre à mieux connaître son frère.
Résumé : Max est secrètement amoureux de Marguerite depuis la rentrée, mais il est très maladroit avec elle et ne sait pas comment le lui dire. Il réussit à surmonter sa peur pour l’inviter à son anniversaire, à l’occasion duquel il y aura une murder party organisée par son grand frère. Mais rien ne va se passer comme prévu…
Mon avis : Les murder party sont plutôt à la mode, et le titre m’a donc attiré.
Le frère de Max va organiser une murder party pour son anniversaire, ce qui va changer des goûters d’anniversaire plus classiques. Ce serait pour Max l’occasion de pouvoir être seul avec Marguerite à qui il n’ose pas dire ce qu’il pense, tellement il est malade de timidité face à ses sentiments. Marguerite a des béquilles, et il est son « sherpa » pour lui porter son sac au collège, mais sans jamais vraiment lui parler. Il pense que cette murder party pourrait l’aider à oser se déclarer. Mais le cadavre qu’il va découvrir en faisant équipe avec Marguerite n’est pas un faux, et le meurtrier est encore là.
Un roman qui mêle à la fois histoire d’amour, avec un héros tellement timide qu’il fait souvent le contraire de ce qu’il pense, et une murder party qui devient bien réelle et où les vies sont en danger.
Un roman sympathique qui mêle émotions et frissons, et qui fait passer un bon moment.
« La différence invisible », scénario de Julie Dachez, adaptation du scénario, dessin et couleur de Mademoiselle Caroline, éditions Delcourt, collection Mirages
Résumé : Marguerite a 27 ans et se sent différente des autres, elle déteste le bruit, l’imprévu, qu’on la touche, ne comprend pas tous les codes de la société et les phrases à double sens. Elle se sent donc régulièrement en difficulté dans son travail, sa vie de tous les jours, ses interactions sociales, ou avec son petit ami. Le jour où elle peut mettre des mots sur ce qu’elle ressent, qu’elle découvre qu’elle est autiste asperger, est le début d’une nouvelle vie. Elle comprend que ce n’est pas à elle de s’adapter, mais aux autres, quitte à faire beaucoup changer sa vie.
Mon avis : Cette BD dont j’avais beaucoup entendu parler est un véritable coup de cœur !
Marguerite se sent depuis toujours à part, invisible aux yeux des autres, qui la prennent souvent pour une originale.
La première partie montre son quotidien, très répétitif, fait de rituels et empli de souffrance : le bruit des autres, leurs paroles, envahissent son univers et l’empêchent d’être bien. Elle fuit les contacts sociaux régulièrement, ayant du mal à participer aux conversations, ne comprenant pas le double sens, et faisant du coup souvent des méprises. L’imprévu l’angoisse terriblement.
Le jour où elle doit aller en week-end avec son petit ami chez des amis à lui sera le moment de sa plus grande crise d’angoisse : elle va pleurer de panique sur l’autoroute, les obligeant à faire demi-tour et à rentrer. Cette scène sera le déclencheur de sa réflexion, elle va se renseigner, se diriger vers les bons spécialistes qui vont lui diagnostiquer son autisme asperger.
A partir de là, Marguerite se sent soulagée et libérée. D’ailleurs, les nuances de gris des cases de la BD vont laisser place à de plus en plus de couleurs. Marguerite va décider de changer radicalement sa vie, rester avec les personnes qui l’acceptent, demander des aménagements dans son travail.
Le chemin pour faire se faire accepter comme elle est sera long et compliqué, devant faire face aux a priori des gens. Mais elle va tenir bon, pour se sentir bien dans sa vie. La dernière case fait écho à la toute première, Marguerite se trouvant dans un parc, mais au lieu d’une personne triste, on découvre une jeune femme qui commence à s’épanouir.
Cette BD permet aux personnes de mieux comprendre ce qu’est l’autisme asperger, souvent discret, peu diagnostiqué, notamment parce que les personnes ont réussi à mettre en œuvre des stratégies de compensation.
Elle rassure toutes les personnes qui se sentent différentes, sans forcément être autistes, car la norme est un carcan qui peut étouffer. Elle permet à chacun de faire son propre chemin, loin des diktats de notre société, et d’accepter sa différence.
Cette BD m’a beaucoup touchée, ayant un élève au collège qui est autiste asperger. Il n’est pas si différent des autres, à part son extrême fatigabilité, ses rituels, son évitement des contacts, et son horreur du bruit. Il vient aux récréations se reposer dans une pièce du CDI, qui lui permet de se retrouver et d’être au calme, loin de l’agitation de la cour, et à part de la ruche bourdonnante du CDI à ce moment-là. Et c’est vrai que les enseignants sont mal informés, comme le reste de la population, sur l’autisme, pouvant entraîner beaucoup d’a priori.
Cette BD est donc à la fois beau message d’espoir, et un beau plaidoyer pour l’acceptation de la différence, qui permet de s’enrichir mutuellement.
En fin d’ouvrage, des pages documentaires expliquent avec des mots simples ce qu’est l’autisme, et notamment le syndrome d’Asperger, présentant leurs caractéristiques, mais aussi leurs points forts. Une bibliographie complète l’ensemble, pour ceux qui souhaitent aller plus loin.
Une BD à mettre dans tous les CDI de collège et lycée.
Résumé : Un homme triste arrive un jour sur une île isolée, où les hommes sont partis plusieurs mois pêcher, et où les habitants mènent une vie difficile. A peine a-t-il posé le pied sur l’île qu’il rencontre Elianor, une petite fille qui croit à la magie et possède une joie de vie débordante. Elle l’agace, mais il finit par s’y attacher, surtout quand de sombres événements vont arriver…
Mon avis : Une BD aux tons sombres, mais où certaines cases, par contraste, sont très lumineuses, notamment dans les moments de joie provoqués par Elianor.
L’île est à l’image de l’homme, triste, sombre, et emplie de désespoir. Les marins ne reviennent pas tous de la pêche, et la mort est courante.
Les habitants ont donc choisi d’élever leurs enfants dans la magie de la joie de vivre, avant que le malheur les rattrape.
L’homme est contre ce mode d’éducation, mais cela est aussi lié à son passé douloureux, qui l’a rendu amer. Il faudra qu’il voit un événement fantastique, pour vouloir venir en aide à Elianor, et peut-être guérir aussi lui-même.
Une BD toute en suggestion sur le thème de l’absence, de la mort, de la culpabilité, faisant intervenir des éléments fantastiques qui représentent les sentiments dans le cœur des hommes.
L’île est le reflet de leurs émotions, sombre quand ils le sont, lumineuse quand ils sont joyeux.
Cette BD propose une fable poétique qui explique que chacun possède en soi la joie de vivre, et que celle-ci peut disparaître, mais aussi revenir. Une belle note d’espoir.
« Courrier des miracles, 1 »de Noboru Asashi, éditions Komikku
Résumé : Makoto est un lycéen qui trouve que sa vie est plutôt monotone et routinière, et ressent de l’ennui. Mais sa route va croiser celle d’un pigeon, et il va avoir un accident. Il découvre alors qu’il va devoir devenir coursier des miracles pour pouvoir revenir à la vie. Sa vie va alors radicalement changer !
Mon avis : Tout d’abord merci à Babelio et son opération Masse critique, ainsi qu’aux éditions Komikku, de m’avoir fait découvrir ce titre.
Le premier tome de cette série m’a attirée, de par l’originalité de son sujet, celle d’un garçon qui se retrouve dans une sorte de monde entre la vie et la mort, et qui va devoir faire ses preuves, en devenant un facteur de bonnes nouvelles, pour pouvoir revenir à la vie.
Le jeune Makoto, qui s’ennuyait auparavant dans sa vie, va alors découvrir que sa mission est loin d’être de tout repos, et que chaque missive à apporter est un véritable défi à réaliser, car les destinataires peuvent être tout sauf coopérants !
Il va croiser le chemin d’une jeune fille qui est amoureuse en secret de son voisin, mais n’ose pas lui dire, d’un homme qui fait tout pour voir le négatif, de peur d’être déçu si un de ses rêves se réalise, et d’un jeune homme qui s’interroge sur le bonheur.
En même temps, il va écouter les autres, tout en observant leurs modes de vie, et il va alors réfléchir au sens de la vie, et à celui qu’il pourrait donner à la sienne. Il se rend compte qu’il n’a pas donné de sens jusque-là à sa vie, et que c’est cela qui pourrait le faire avancer.
Ce manga est un vrai conte philosophique, où le héros, étape par étape, en rencontrant différentes personnes, va sûrement réfléchir à sa façon de vivre sa vie, et évoluer vers plus de sagesse.
Bonus, la série ne compte que trois tomes !
A découvrir !
Quelques extraits :
- « Tu fais ce que tu veux, c’est ton choix… Mais sache que la liberté de choisir n’est pas éternelle. »
- « Dans la vie, on ne peut jamais prédire si les choses vont évoluer dans le bon ou le mauvais sens. Alors pour éviter les coups du sort, il repère tous les éléments qui penchent vers le négatif, puis il s’autopersuade que tout va aller mal. (…) Mais dans la vie, ça ne tient qu’à toi de perdre ou de gagner, pas vrai ? Alors les gens négatifs par nature voient le mal partout, même quand tout se passe bien. »
- « Et pourtant, c’est la vérité ! C’est dans les petits riens de la vie quotidienne que réside le vrai bonheur. »
- « D’ailleurs personne ne vient au monde avec une raison de vivre ! Mais c’est à tout à chacun de la trouver ! C’est ça, la vie ! »
« Le copain de la fille du tueur » de Vincent Villeminot, éditions Nathan
Résumé : Charles arrive dans un établissement suisse sélectif, où étudient des jeunes, « enfants de riches ». Peu de temps après son arrivée, arrive dans l’appartement en dessous de chez lui Touk-E, fils d’un dictateur africain, qui va devenir son meilleur ami, l’entraînant dans la révolte et la rébellion. Puis arrive Selma, jeune fille dont il tombe amoureux dès le premier regard. Mais Selma est la fille d’un dangereux trafiquant de drogue…
Mon avis : Ce roman parle d’amitié et d’amour dans un contexte inquiétant.
Dès le début, on ressent que Charles a des relations plutôt difficiles et tendues avec son père, malade d’un cancer, et qui a laissé de côté son fils depuis la mort de sa femme, dont il était éperdument amoureux. Depuis, il semble avoir perdu goût à la vie, et Charles se sent seul et abandonné.
Mais l’arrivée de Touk-E, un peu fou et rebelle, va changer sa vie et son regard sur les autres. Il va vouloir agir, se révolter, se sentir vivre.
Et l’arrivée de Selma va totalement bouleverser sa vie. Dès le premier regard, il en tombe amoureux, ne sait comment lui parler et l’aborder, mais ressent des émotions très fortes. Mais Selma n’est pas n’importe qui, elle est la fille d’un chef du cartel de la drogue. Leur amour semble donc rapidement impossible. Une parenthèse enchantée va s’ouvrir, mais la réalité va vite revenir dans leur vie.
Une histoire d’amour forte, qui fait penser aux amours impossibles de Roméo et Juliette, des scènes de tendresse et d’amour au paradis, mais aussi l’implacable réalité qui rejoint vite les amoureux. La fin apparaît inéluctablement comme tragique, la tristesse accompagne les pas de Charles, entre son amour impossible et la fin de vie de son père, dont la poésie reflète la douleur d’avoir perdu l’amour de sa vie. Charles va vivre l’exaltation de l’amour, mais aussi la peur de perdre son amour.
Vincent Villeminot nous emmène sur les chemins tortueux de l’amour, entre poésie des sentiments, attirance physique, au cœur d’une situation inextricablement angoissante.
La fin est plutôt inattendue, et joue avec les nerfs du lecteur.