« Witch Hunter, 2. L’assassin du roi » de Virginia Boecker, éditions Pocket jeunesse
Résumé : Elizabeth, après avoir réussi à blesser Blackwell, mais en ayant sur la conscience la mort de Caleb, son ancien meilleur ami, risque l’exil et peut-être une mort certaine. Mais elle a un atout en main, sa connaissance de Blackwell, qui pourrait faire pencher la balance en faveur de son camp. Blackwell continue à la traquer, et prépare une immense armée. Pourquoi s’intéresse-t-il autant à Elizabeth ? Que détient-elle qu’il souhaite lui prendre ?
Mon avis : J’ai bien aimé cette suite, même si je n’ai pas été aussi transportée que dans le premier tome, où je découvrais un nouvel univers et la noirceur de certains personnages.
On retrouve Elizabeth toujours aussi déterminée à tuer Blackwell, qui a mis en prison son neveu le roi Malcom, et pris le trône à sa place. Blackwell réunit une armée qui grandit de jour en jour, afin de lutter contre les derniers résistants à son pouvoir, et continue de traquer Elizabeth.
Cette dernière comprend que Blackwell souhaite récupérer la magie de son stigmate, mais elle ne l’a plus depuis qu’elle en a fait don à John pour le sauver de la mort. Elle comprend alors avec horreur que si Blackwell s’en rend compte, il va s’en prendre à John et le tuer pour récupérer la magie du stigmate.
Ce tome 2 est encore plus sanglant que le premier, avec la guerre qui se profile en toile de fond. Complots, espionnage, traîtrise, violence et souffrance seront au rendez-vous, et des révélations vont surprendre le lecteur.
L’histoire d’amour entre John et Elizabeth, qui avait si bien commencé, s’effrite peu à peu à cause du pouvoir du stigmate qui commence à prendre le contrôle sur la personnalité de John.
De nombreux drames vont être vécus, ainsi que de nombreux rebondissements.
Un tome 2 intéressant et riche, mais qui m’a moins happée que le premier, peut-être parce que je n’en découvrais plus l’univers.
« Witch Hunter» de Virginia Boecker, éditions Pocket jeunesse
Résumé: Elizabeth, 16 ans, est chasseuse de sorciers en Anglia. Elle les traque avec son ami chasseur Caleb, et les arrête au nom du puissant Blackwell. Mais elle va entrer dans un engrenage infernal le jour où elle va être à son tour accusée de sorcellerie, et condamnée à être brûlée vive. C’est alors qu’elle va être délivrée par le grand sorcier Nicholas Perevil, et qu’elle va se retrouver fugitive, recherchée dans tout le royaume. Car elle est au cœur d’une prophétie. Elizabeth acceptera-t-elle de collaborer avec un sorcier ? Et pourquoi veut-on la tuer ?
Mon avis : J’ai acheté ce titre car j’avais reçu gratuitement le tome 2, mais je n’étais pas spécialement attirée. Eh bien, je peux dire que j’ai bien fait de l’acheter et de le lire, car je me suis retrouvée tout de suite prise dans l’histoire, dans un monde fantastique où les frontières entre le bien et le mal semblent bien établies, mais où tout va se brouiller rapidement et remettre en cause les certitudes d’Elizabeth.
Cette dernière a choisi d’être chasseuse pour lutter contre les sorciers qui ont lancé la peste sur le pays, et tué ses parents par ce fléau. Elle n’a aucun remords d’arrêter des sorciers et de les faire condamner au bûcher, pensant que la cause qu’elle sert est juste, au service de Blackwell, puissant conseiller du roi, qui a créé le groupe de chasseurs.
Mais le jour où elle se retrouve accusée de sorcellerie, son monde va vaciller et ses certitudes se fissurer. Elle va être délivrée de la prison, non par son meilleur ami chasseur Caleb, mais par le plus puissant des sorciers, Nicholas Perevil, qui la fait soigner et lui propose un marché : retrouver la tablette qui lui a envoyé une malédiction avec une terrible maladie empoisonnante.
Elizabeth va alors commencer à réfléchir par elle-même, et découvrir la face cachée et les intentions horribles de son maître Blackwell. Elle va aussi découvrir l’amitié, et même l’amour, et remettre en cause tout ce qu’elle pensait être vrai. Elle va devoir se lancer dans l’aventure, avec tous les dangers, et devoir faire face à ses plus grandes peurs.
Un coup de cœur pour ce tome 1, et je vais me plonger avec délice dans le tome 2 !
Quelques extraits :
Nicholas dit que la magie n’est pas intrinsèquement bonne ou mauvaise, c’est l’usage que les gens en font qui détermine cela. Ça m’a pris du temps avant de le comprendre. Ensuite j’ai réalisé que ce n’est pas la magie qui nous sépare d’eux, ou toi de moi. C’est l’incompréhension.
L’oiseau.
La voix m’a semblé tout à fait étrangère à la mienne. Elle était faible, rauque.
- Dans l’arbre. Pourquoi ?
Il a répondu sans hésiter :
- Parce que je t’aime. Parce qu’être avec toi me fait me sentir libre.
Ce que tu veux devenir, qui tu veux être, tout cela ne dépend que de toi. Comme je le dis toujours, rien n’est gravé dans la pierre.
« Bye bye Bollywood » d’Hélène Couturier, éditions Syros
Résumé: Nina est très contente, tout comme sa sœur Garance, car leur mère leur annonce qu’elles vont partir 18 jours en Inde. A elles, les tenues colorées, la nourriture délicieusement épicée, le repos au bord de la piscine… Mais hélas, ce n’est pas du tout ce qu’a prévu leur mère ! Ce sera yoga, méditation et vie en communauté dans un ashram ! Comment Nina va-t-elle survivre à cette épreuve ?
Mon avis : Coup de cœur pour ce roman qui met en scène la vie dans un ashram pour une adolescente connectée et adorant parler, bref, qui est tout le contraire de ce qu’on demande dans un ashram !
Nina est une jeune fille moderne, qui adore ses amies, Internet et les réseaux sociaux, et qui se rebelle contre sa mère à l’adolescence. Lorsque cette dernière, lui propose, ainsi qu’à sa sœur, un voyage en Inde, elle ne peut pas cacher sa joie, car elle s’imagine passer des vacances comme dans les films de Bollywood. Mais ce n’est pas du tout ce qui l’attend, sa mère, fan de yoga, ayant décidé de partir dans un ashram perdu, sans connexion internet, avec une nourriture saine, des tâches ménagères, le silence, du yoga et de la méditation. La déception de Nina est immense, et elle en veut à sa mère de l’avoir emmenée avec sa sœur dans ce trip ! Et il n’y a qu’un seul adolescent de son âge, qui la snobe, a l’air d’être un premier de la classe, la prend pour une fille superficielle, et en plus s’appelle Jésus !
Ce voyage en Inde ressemble de plus en plus à une punition, et Nina se demande comment elle va pouvoir survivre 18 jours dans cet enfer.
Mais elle va aussi découvrir un autre visage de l’Inde, et voir que la condition féminine est encore très difficile dans ce pays, en croisant une voisine de l’ashram, une jeune fille qui a 14 ans, comme Nina, et qui va être obligée de se marier à un homme beaucoup plus vieux qu’elle. Nina est révoltée. Comment pourrait-elle l’aider et empêcher ce mariage ?
Ce roman est une vraie pépite avec une héroïne au caractère caustique, qui n’a pas la langue dans sa poche, s’oppose à sa mère comme toute adolescente, et refuse de vivre en recluse dans un ashram, mais qui est surtout une jeune fille qui change, qui est timide, et cherche aussi à comprendre et changer le monde qui l’entoure.
Dès qu’elle découvre que sa voisine indienne va être mariée de force, elle n’a de cesse de chercher une solution pour empêcher ce mariage, et pour cela, elle peut compter sur l’aide de sa petite sœur, et pourrait rencontrer un allié inattendu en Jésus…
Un roman plein d’impertinence plus profond qu’il ne pourrait en avoir l’air au premier abord, où Nina va finalement beaucoup mûrir lors de son séjour, s’ouvrir aux personnes qui l’entourent, et décider d’agir. On y rencontrera la figure de Sampat Pal et de son Gulabi Gang, personne et groupe que je ne connaissais pas, mais dont j’admire le courage et la détermination pour leur lutte pour la cause des femmes.
Un livre intéressant et plaisant à lire, qui plonge dans un univers différent, prône le respect des autres, la prise en main de sa vie, avec une héroïne pleine d’humour et de dynamisme.
Quelques extraits :
Petite précision sur moi-même. Il y a des filles qui émeuvent et bouleversent les garçons, mais moi je les fais rire.
C’est pour ça qu’il faut continuer à être vigilant, ne pas croire que nous vivons dans un monde libre et parfait. Accepter l’autre tel qu’il est, même différent.
Tu m’as poussée à bousculer mon karma, à lui dire : tu n’es pas le seul à avoir le droit de décider de ma vie présente, moi aussi j’ai mon mot à dire. Et aujourd’hui je suis tellement heureuse ! Qu’est-ce que je peux te dire d’autre à part : à ton tour maintenant Nina ! Prends ta vie en main. Vis ce que tu as à vivre. Ne laisse pas la peur te guider. C’est à ton amour de te guider.
« Le Chevalier et le Diable » de Bernard Jouve, éditions L’Harmattan
Tout d’abord je remercie les éditions L’Harmattan, ainsi que Babelio, pour m’avoir proposé la lecture de ce livre.
Aimant bien les romans portant sur des thèmes historiques et parfois fantastiques, j’ai été attirée par le résumé de ce récit.
Aymar de Mortemer, jeune Hospitalier, va avoir la mission d’accompagner Djem, le frère banni du sultan Bajazet, tout au long de son errance captive depuis l’île de Rhodes jusqu’en Europe. Parallèlement, il est en quête du mystère des Templiers, qui permettrait de révéler qui est le vrai maître du monde, de Dieu ou du Diable.
L’histoire avait l’air intéressante, mêlant histoire, enquête et mystères, mais j’ai hélas rapidement déchanté dès le début de ma lecture. D’ailleurs, si ce livre ne m’avait pas été proposé par Babelio, je crois que pour une fois, j’aurais arrêté ma lecture au bout de quelques chapitres.
L’écriture est plutôt aride, pleine de détails historiques, de descriptions de monuments, et à aucun moment je n’ai réussi à avoir de l’empathie pour aucun des personnages, étant mise à distance par l’écriture de l’auteur. Ce dernier est un universitaire, et cela se ressent dans l’écriture, qui ressemble beaucoup plus à un écrit de mémoire ou de thèse, qu’à un récit enfiévré qui donne envie de se passionner pour l’histoire et ses héros.
Par ailleurs, ce roman a déjà été édité en 2013 par les éditions du Velours, et j’ai trouvé dommage que la relecture du texte ait été mal faite : des espaces manquant entre les mots, des accords non respectés, des mots manquants, des chiffres à la place de lettres, et cela dès le résumé de la quatrième de couverture, où Aymar s’appelle Mortimer puis Mortemer.
Certes, la vérité historique est bien présente, narrant l’errance forcée du prince Djem qui aurait voulu reprendre le trône à son frère Bajazet, ainsi que les différents accords et tractations autour de lui par les Grands de cette époque, mais il n’y a absolument pas eu de petite étincelle qui donne vie et puissance au récit.
Et même les difficultés mystiques et remises en question d’Aymar ne sonnent pas justes, le lecteur n’entrant pas dans la psychologie du personnage, et ne comprenant pas vraiment sa crise mystique et existentielle.
« Parvana. Une enfance en Afghanistan » de Deborah Ellis, éditions Le livre de poche jeunesse
Résumé : Parvana, 11 ans, vit en Afghanistan, sous le régime des talibans. Depuis plus d’un an, elle ne peut plus aller à l’école ou sortir seule dans la rue, sans être accompagnée de son père. Mais sa vie déjà difficile va l’être encore plus le jour où son père va être emprisonné. Comment sortir et nourrir la famille, maintenant qu’il n’y a plus son père ? Heureusement, Parvana est ingénieuse.
Mon avis : C’est un titre que j’ai lu il y a longtemps, à l’époque de de sa sortie en poche. Et j’ai eu envie de le redécouvrir après la sortie du film animé.
L’Afghanistan ne fait plus la une de l’actualité, mais l’intégrisme religieux et le fanatisme sont toujours d’actualité, ainsi que le combat des femmes pour l’égalité et la liberté.
Parvana souffre de ne plus pouvoir aller à l’école, sortir rarement, et être confinée à la maison avec sa famille. Mais lorsque son père est arrêté sous ses yeux, elle comprend qu’il s’agit d’un nouveau tournant dans sa vie. Il lui revient de trouver une solution pour pouvoir faire vivre sa famille.
Alors Parvana se fait couper les cheveux et s’habille en garçon, découvrant la joie de pouvoir sortir librement et de pouvoir ramener de l’argent à sa famille, espérant que son père soit libéré.
Sa mère, d’abord effondrée, va reprendre la rédaction d’articles clandestins pour témoigner de ce qui se passe en Afghanistan, et chacun à sa façon va résister et essayer de bouger pour que les choses changent.
Un récit sous forme de témoignage qui permet de faire connaître les conséquences de la guerre, mettre en avant la condition des femmes, et réfléchir au fondamentalisme, avec une héroïne forte et courageuse.
« The hate u give. La haine qu’on donne » d’Angie Thomas, éditions Nathan
Résumé : Starr, 16 ans, noire, vit dans un quartier régi par des gangs, et où les sorties de police sont souvent violentes. Elle va dans un lycée où les blancs sont majoritaires, et vit entre ces deux mondes opposés. Mais sa vie va basculer le jour où son meilleur ami se fait tuer sous ses yeux par la police lors d’un simple contrôle. Elle va se retrouver face à ses choix : se taire par peur, ou oser parler pour témoigner.
Mon avis : J’ai lu plusieurs avis unanimes sur ce titre sur la blogosphère, et je suis tout à fait d’accord avec eux.
Ce livre poignant est un uppercut qu’on reçoit en pleine poitrine, qui fait qu’on ne sera plus tout à fait le même après.
Tout le monde a entendu parler des faits divers aux Etats-Unis, où, pour un geste ou une attitude mal interprétés, des noirs se font tirer dessus par des policiers blancs. C’est ce qui va arriver sous les yeux de Starr, qui avait déjà perdu sa meilleure amie sous ses yeux quand elle était petite, tuée par des tirs entre gangs.
Cette fois-ci, elle revient avec son meilleur ami, Khalil, d’une soirée quand le contrôle policier tourne mal et que Kahlil se fait tuer de trois balles dans le dos par un policier qui a trop vite appuyé sur la gâchette. Traumatisée, et seule témoin de la scène, Starr ne sait pas comment réagir face à ce nouveau coup du sort. Doit-elle se taire, par peur des représailles, ou aura-t-elle le courage d’oser parler et témoigner pour que justice soit faite ?
Ce roman est une plongée très réaliste dans le monde des quartiers très difficiles, où les guerres de gangs rythment le quotidien, la pauvreté est immense, et le sentiment d’injustice intenable.
Starr vit écartelée entre deux monde, celui de son quartier et celui de la banlieue chic où elle va au lycée, avec ses amis blancs, et la façade d’insouciance. Tout vole en éclats avec la mort de Khalil, et Starr va devoir remettre en cause sa petite vie bien réglée, mais qui la rend folle en même temps.
Un roman fort, poignant, sans misérabilisme ni faux semblant, qui montre la réalité crue du quotidien des quartiers difficiles, la pauvreté, la drogue, l’infiltration des gangs, l’écart entre quartiers proches, le racisme, les a-priori et la peur de la police, le manque criant de justice, et qui met en avant une héroïne forte, mais qui doute d’elle-même et de son courage.
Un roman poignant et intense, à lire et à faire lire !
Un film a été adapté du roman, mais je ne l'ai pas vu. Et vous ?
Quelques extraits :
Papa m’a toujours dit qu’il ne fallait jamais avoir peur de dire la vérité aux gens. Lui inclus.
C’est ça le souci. On laisse les gens dire des trucs, et ils en abusent au point qu’ils ne voient plus le problème. Et que ça devient normal pour nous. A quoi ça sert d’avoir une voix si c’est pour se taire quand il faudrait parler ?
Être courageuse, ça veut dire ne pas se laisser abattre par sa peur. Et c’est ce que tu fais
Pourtant, je crois qu’un jour ça changera. Comment ? Je ne sais pas. Quand ? Je le sais encore moins. Alors pourquoi ? Parce qu’il y aura toujours quelqu’un pour se battre. Et peut-être qu’à présent c’est mon tour.
« La théorie du complot » d’Arthur Ténor, éditions Scrinéo
Résumé : Sébastien, élève de troisième geek et surdoué, adore alimenter les hoax sur Internet. Et lorsqu’après les attentats de novembre 2015, il reçoit d’un mystérieux interlocuteur des mails montrant la face cachée des attentats, il n’hésite pas à les publier sur son site. Le voilà parti dans une spirale infernale…
Mon avis: J’ai acheté ce titre, car je trouvais intéressant de pouvoir avoir un roman sur le thème des fake news et des théories du complot.
Mais je n’ai pas réussi à accrocher dans ce titre, qui, en voulant parler du sujet, est un peu trop didactique à mon goût, et empêche de vraiment rentrer dans l’histoire. Du coup, il manque la petite étincelle et l’émotion qui permettent de vraiment adhérer à l’histoire.
L’intention est louable, en expliquant comment Sébastien se retrouve pris dans ses mensonges, et n’arrive plus à s’en sortir, mais les ficelles sont un peu trop grosses. Par exemple, je trouve que Sébastien, présenté comme plutôt intelligent et surdoué, arrive à se retrouver dans une situation où il ne réfléchit pas suffisamment avant de publier les textes douteux d’un informateur, ou lorsque la situation dérape complètement à la fin, et que Sébastien passe pour un futur terroriste.
C’est dommage, mais ce texte peut malgré tout être utilisé en EMI ou en EMC pour pouvoir aborder le thème de la théorie du complot.
Résumé : Harriet, revenue des Etats-Unis, fait sa rentrée en décalé dans son lycée. Elle se dit qu’elle va devoir se faire des nouveaux amis, et se prépare psychologiquement pour y arriver. Mais rien ne se passe comme prévu, et Toby semble l’ignorer pour elle ne sait quelle raison. Et lorsque tout va s’emballer autour d’elle, elle va devoir faire face et réfléchir sur ce qu’est vraiment l’amitié.
Mon avis : Cela faisait un moment que je n’avais pas vécu les aventures d’Harriet.
Et j’ai retrouvé notre héroïne avec plaisir, malgré l’agacement certain qu’elle donne par moments, en présentant trop souvent des informations qu’elle a lues et qu’elle retient. Je comprends à certains moments la réaction de ses camarades qui la trouvent pimbêche et asociale.
Mais on lui pardonne bien vite, car cela fait partie de sa nature et de sa timidité, et d’ailleurs, elle va décider dans ce tome de changer.
Car Harriet comprend qu’elle doitchanger si elle veut se faire des amis et s’intégrer. Et elle décide aussi de prendre sa carrière de mannequin en main, et de profiter de ce qui se présente. Bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu, il y aura des aléas et des déconvenues, parfois importantes, mais on voit Harriet mûrir de plus en plus dans chaque tome, devenant plus réfléchie et audacieuse, et c’est toujours agréable et frais à lire.
Quelques extraits :
Et se plonge dans les histoires écrites par les autres au lieu de vivre la sienne
Tout, dans ma vie, a déjà changé, et ceci est ma seule chance d’accompagner le changement. De prendre ma propre histoire en main et d’en tourner les pages.
Car si on refait sans cesse les mêmes choses, il ne faut pas s’attendre à ce que le résultat change. Si je veux vraiment que ma vie change… il faut que je commence par me changer moi-même.
Je commence à comprendre que l’amitié véritable ne survient pas toujours de manière spectaculaire. Elle s’installe sans bruit, sans strass ni paillettes, sans chichis ni fioritures
Si à chaque acte de de gentillesse, nous ne brillons pas un peu plus fort, illuminant un peu plus les ténèbres. Si avec chaque amitié l’espace ne devient pas un peu moins vaste, et nous, un peu plus proches. Fabriquant nos étoiles à nous, pour ne jamais être vraiment seuls.
Car quelle que soit l’expansion de l’Univers, quelle que soit la distance qui nous sépare, ce sont là des liens qui nous tiennent ensemble. Les connexions qui ne seront jamais coupées.
« Les Sorcières du Clan du Nord. La reine captive » d’Irena Brignull, éditions Gallimard jeunesse
Résumé : Poppy s’est transformée en hirondelle, direction l’Afrique, où elle est recueillie, mais aussi bientôt prisonnière. Pendant ce temps, dans les clans des sorcières, la révolte gronde avec l’absence d’une reine pour diriger, résoudre les conflits, et d’autres sorcières pourraient souhaiter prendre sa place. Alors Charlock prend la route et remonte le passé pour essayer de sauver Poppy…
Mon avis : J’avais eu un coup de cœur pour le tome 1, qui se confirme avec le tome 2, dont la couverture est tout aussi magnifique d’ailleurs !
Après la bataille, Poppy s’est transformée en hirondelle et a décidé de tout quitter, son rôle de reine qu’elle refuse, tout comme son amour interdit pour Leo, à qui elle souhaite de vivre heureux avec la douce Clarée. Arrivée en Afrique, elle se pose, et est recueillie pas une chamane, qui la maintient prisonnière pour la protéger de son destin. Poppy va se retrouver face à elle-même et à ses choix, mais pourra-t-elle les réaliser ?
Charlock, de son côté, part en quête du passé, car elle sent qu’elle doit réparer ce qu’elle a fait pour pouvoir aider sa fille. Quant à Leo et Clarée, leur vie n’est pas aussi sereine qu’ils pouvaient le souhaiter, car Poppy manque terriblement à Leo…
Ce tome 2 est tout aussi magnifique et terrible que le premier, avec des sentiments et des amours contrariés, de l’amour, de l’amitié, de la haine, de la jalousie… Tous les sentiments sont exacerbés, et le passé douloureux permet aussi d’expliquer le présent, et les graines jetées qui grandissent et se transforment en haine, en envie de pouvoir, même au-delà de la mort.
Ce deuxième tome lance aussi de nombreuses interrogations, tout comme le premier, et au lecteur d’y réfléchir. Peut-on dépasser la haine ? Le passé peut-il vraiment mourir ? A-t-on le choix face à un destin qui semble tout tracé ? Peut-on protéger les gens de tout en les enfermant ? Est-il possible d’être libre ? La perte de mémoire peut-elle être aussi douloureuse qu’une mémoire de moments difficiles trop présente dans son esprit ? L’amour se décrète-t-il ? Peut-on pardonner ? Apprend-on de ses erreurs ?
Une belle fresque, et un conte cruel et réaliste, où finalement l’amour peut être l’étincelle qui permet de vivre ou de ramener à la vie. A lire !
Résumé : Maisie est ronde, et ne supporte plus le regard et le jugement des autres sur son corps. Alors elle se fait invisible, et dessine pour oublier et vivre une autre vie, par dessins interposés. Elle a un seul ami, Owen, aussi à part et ayant un humour particulier. Mais un jour, alors que Maisie doit travailler en binôme avec Jesse en cours de sciences physiques sur ordre de son professeur, elle ne supporte plus cette situation et le regard des autres, et décide de venger de Jesse, qui l’a humiliée à son entrée au lycée en lui mettant des Chocapic dans son casier. Elle créé alors un faux profil sur les réseaux sociaux, se faisant appeler Sienna, et prête à tout pour humilier Jesse.
Mon avis : Merci à Babelio et aux éditions Hachette de m’avoir proposé de lire ce roman, que j’ai choisi de lire car les réseaux sociaux sont souvent à l’origine ou les transmetteurs d’histoire entre élèves.
On fait la rencontre de Maisie, une jeune ado qui n’aime pas son corps depuis qu'il a commencé à grossir à l’adolescence. Elle pense qu’elle a perdu sa meilleure amie à cause de son poids et s’est repliée sur elle-même, n’ayant pour seul ami qu’Owen, un garçon un peu à part au lycée, avec ses idées et ses réflexions farfelues, et Grace, nouvelle au lycée, et qui se lie à elle, même si elle est populaire et peut discuter avec tout le monde.
Maisie s’évade grâce à ses dessins, griffonnant des histoires en marge de son cahier, et travaillant le week-end sur des projets de BD. Dans ses dessins, les situations sont différentes, elle peut se moquer des autres, et avoir le beau rôle, mais elle ne se représente jamais autrement qu’en personnage bâton, n’arrivant pas à se dessiner.
Le jour où son professeur de sciences physiques lui ordonne de travailler en binôme avec un garçon de sa classe, Jesse, Maisie ne supporte plus cette situation où elle sent que les gens se moquent d’elle. Elle décide alors de se venger de Jesse, en le faisant souffrir, car ce dernier lui avait rempli son casier de Chocapic à l’entrée au lycée, et le tout s’était déversé sur elle quand elle avait ouvert son casier, sous les yeux de tout le monde. Depuis, elle lui voue une haine féroce, et elle trouve alors l’idée de créer un faux profil sur un réseau social, elle la nomme Sienna, prend en photo de profil celle d’une fille d’une connaissance de sa mère, et envoie un message à Jesse pour l’attirer.
A partir de ce moment-là, Maisie ne peut plus retourner en arrière, et s’enfonce de plus en plus dans son mensonge chaque jour, rusant pour ne pas être démasquée. Mais en discutant en ligne avec Jesse, elle découvre que ce dernier n’est pas aussi antipathique qu’elle le pensait, qu’il a aussi des difficultés dans sa vie, et qu’il peut aussi avoir bon cœur. Elle doute de son idée, mais décide malgré tout d’aller jusqu’au bout, pour que Jesse devienne la risée du lycée. Mais catastrophe ! Claire, la jeune fille dont elle a utilisé la photo pour illustrer la photo de profil de Sienna, arrive en chair et en os dans sa ville. Maisie pourra-t-elle éviter le pire ?
Autant au début, j’ai trouvé l’histoire un peu niaise et caricaturale, avec une héroïne seule qui décide de se venger par rapport à son mal-être et le jugement des autres, autant la suite de la lecture m’a fait réviser ce premier avis, Maisie évoluant au fur et à mesure du récit, et réfléchissant aussi bien sur elle-même qu’aux conséquences de ses actes.
Car Maisie s’est peu à peu enfermée sur elle-même à cause de son poids, s’éloignant de sa meilleure amie, mais pensant que cette dernière s’éloignait d’elle à cause de son poids. Alors, Maisie s’est lancée dans le dessin pour vivre une autre vie par procuration, ne pas céder à la tristesse, et est devenue désagréable avec les autres, les éloignant d’elle.
Elle veut se venger de Jesse pour qu’il souffre autant qu’elle, mais la voix de sa conscience lui souffle que Jesse n’est finalement pas aussi méchant qu’elle le pensait, et qu’il peut aussi être quelqu’un de bien. Mais une fois enfermée dans son propre piège, dans la peau de Sienna, Maisie ne peut plus s’arrêter, et va se retrouver prise dans un engrenage infernal, quand Claire, la vraie Sienna, va débarquer au lycée.
Parallèlement, le récit met en avant son envie de rencontrer une star du dessin, ancienne élève de son lycée, et celle-ci va lui permettre d’avancer dans sa réflexion, lui disant d’être elle-même et de se trouver.
Au final, un récit intéressant, qui montre que chacun a des secrets et une face cachée, et que grandir nécessite de plonger en soi-même pour mieux se connaître.
Quelques extraits :
Je suis celle que je suis censée être. Et toi aussi. Si nous devenons particuliers, si nous nous distinguons des autres, c’est en utilisant ce qui nous constitue, pas en le rejetant.
J’ai une grande part de responsabilité dans ce qui s’est passé. J’ai rayé de ma vie des gens sans leur avoir donné leur chance. J’ai cru qu’on me rejetait, mais c’est peut-être moi qui rejetait les autres sans leur laisser le temps de me montrer qui ils étaient au fond. (…) Or, en me métamorphosant, j’ai découvert que je n’étais pas la seule à être enfermée entre des murs. Pas forcément apparents, comme les miens, mais tout aussi difficiles à abattre.