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lectures-romans

Un élément perturbateur

Publié le par Doc Bird

« Un élément perturbateur » d’Olivier Chantraine, éditions Gallimard

Serge Horowitz est un quadragénaire qui vit toujours chez sa sœur, se laisse porter par la vie et les événements, travaille juste le minimum et se laisse aller. Il est aussi hyponcondriaque, se rendant régulièrement à la pharmacie pour acheter diverses vitamines, minéraux et autres médicaments au cas où il lui arriverait quelque chose. Il travaille dans une entreprise de consulting, grâce à son frère, qui est ministre des finances.

Mais deux événements vont l’amener à devoir changer sa vision de la vie : il est irrésistiblement attiré par Laura, qui travaille dans la même équipe que lui et ne lui semble pas indifférente, et il va être pris d’épisodes d’aphasie, au cours desquels il ne peut pas sortir un seul mot, restant désespérément muet. C’est d’ailleurs ce qui va lui arriver au Japon au moment de boucler une affaire, il ne peut plus rien dire, et quand il retrouve l’usage de la parole, c’est pour dire la vérité et empêcher la transaction de se faire. Son patron exige alors qu’il se rattrape et fasse réussir la transaction. C’est à ce moment-là que Serge va comprendre que dans la vie, il faut avancer et faire des choix….

L’histoire est celle d’un homme qui s’est laissé aller depuis de nombreuses années, devenu presque un simple spectateur de sa vie, s’étant englué dans ses habitudes de vie. D’ailleurs, il ne va pas bien, même si lui-même ne s’en rend pas vraiment compte. Ses virées régulières à la pharmacie font le bonheur des laboratoires pharmaceutiques, car acheter divers produits lui permet de limiter les risques avant que ceux-ci n’arrivent vraiment, et lui donner l’impression d’être rassuré.

Mais un jour, son corps émet un avertissement en l’empêchant de parler, lui donnant un signal d’alarme. Bien sûr, Serge est hypocondriaque et va essayer de trouver des solutions en pharmacie, mais en vain. Car cette aphasie cache un mal plus profond, et va le mettre sur le chemin d’une prise de conscience de sa vie. Et il va aussi découvrir qu’il est tombé amoureux de Laura, sa collègue de travail, qui souffle le chaud et le froid avec ses sentiments, et que sa vie tranquille dans l’appartement de sa sœur pourrait aussi changer. En bref, beaucoup de changements pour quelqu’un habitué à sa tranquillité !

On se dit que cette intrigue va être porteuse, avec un héros banal qui va peut-être trouver un sens à sa vie, prendre conscience que ses idéaux bien enfouis en lui sont en contradiction avec son métier, et qu’il va devoir faire des choix de vie, et c’est le cas.

Mais le style d’écriture de l’auteur est par moments beaucoup trop familier, notamment lors des scènes d‘amour, alors que cela n’apporte rien à l’histoire, et l’appesantit au contraire. Par ailleurs, la transformation de Serge grâce à une chaîne de TV qui lui apporte une certaine sérénité arrive un peu trop rapidement, ouvrant certes des pistes sur sa transformation intérieure et un possible avenir, mais sans vraiment de travail sur lui-même.

On assiste à une sorte d’éveil de personnalité, grâce à l’amour et à la maladie, d’une personne qui était presque endormie dans ses habitudes de vie. Et sa conscience politique et éthique va parallèlement se réveiller, lui permettant également de réfléchir sur ses liens familiaux, notamment avec son frère ministre.

Par certains moments le déroulé de l’intrigue est trop prévisible, s’appuyant de façon trop visible sur l’actualité politique récente, et surfant également sur la vague du bien-être.

Un roman qui aurait mérité d’âtre approfondi, car j’ai trouvé que la transformation psychologique du personnage allait trop vite, parfois à la limite de la caricature. Mais on excuse l’auteur, car c’est un premier roman.

Merci à Masse critique de Babelio et aux éditions Gallimard de m’avoir fait découvrir ce roman de la rentrée littéraire en avant-première.

Un élément perturbateur
Un élément perturbateur
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Un cœur en vacances

Publié le par Doc Bird

« Un cœur en vacances » de Ségolène Valente, éditions Rageot, collection Rageot romans

Résumé : Pour la première fois, Camille et Malika vont partir une semaine en vacances ensemble, au bord de la mer, avec la famille de Camille. Mais Camille est triste de se séparer de Rémy, et se sent bien seule quand Malika l’entraîne vers un groupe de beaux surfeurs. Leur amitié résistera-t-elle ?

Mon avis : Un roman d’été qui est plus profond que ce que pourrait suggérer le titre.

Camille est super contente, car sa meilleure amie va pouvoir partir avec elle en vacances. Mais elle va vite déchanter, car entre le regret d’être loin de Rémy, et Malika qui n’arrête pas de lui parler des surfeurs, Camille commence à en avoir marre ! Malika n’arrête pas de l’entraîner vers le groupe de surfeurs, et Camille commence à craquer, car elle sent que leur amitié vacille…

Ce roman commence comme une histoire d’amours d’été et d’amitié, sur fond de plage et de mer, mais va plus loin, en proposant une réflexion sur l’amitié, les sentiments et l’amour.

Camille ne sait pas trop où elle en est, entre Rémy, qu’elle oublie un peu, Malika qui s’éloigne d’elle et la fait tourner en bourrique par moments.

Une histoire qui devrait plaire aux filles, car elles se reconnaîtront dans cette période charnière de l’adolescence où tous les repères se trouvent bouleversés.  

Publié dans Lectures-romans

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6 potes en 2de

Publié le par Doc Bird

 

« 6 potes en 2de » de Sophie Laroche, éditions Hachette

Résumé : C’est la rentrée en seconde pour nos 6 amis. Cette fois-ci, personne n’est dans la même classe, et Louis n’a pu éviter d’aller dans le lycée privé choisi par sa mère. Mais il a un plan pour pouvoir retrouver ses amis au lycée public. La seconde marque l’entrée dans un monde plus adulte, et les premières amours. Auront-ils le temps de se retrouver et de partager ? Leur amitié sera-t-elle toujours aussi forte ?

Mon avis : Changement de ton par rapport à « 6 potes en 3e ». Cette fois-ci, Sophie Laroche fait entrer de plein pied ces 6 adolescents dans la maturité, notamment sexuelle. D’ailleurs, elle s’en explique à la fin, précisant qu’elle voulait écrire une histoire ni vulgaire, ni ressemblant trop à un cours d’éducation sexuelle.

Au final, elle fait vivre au groupe d’amis des expériences, des joies, des peines, et des interrogations à foison. Comment se passe la première fois ?  Doit-on accepter de faire l’amour tout de suite ? N’importe où ? Quelle place pour les sentiments ? Peut-on tout accepter ?

Entre Alie qui n’a pas froid aux yeux, Léa qui cherche l’amour et voit sa mère retomber dans l’adolescence, Mazo qui a trop bon coeur, Solal qui cache ses amours, Beverly qui se renseigne sur la sexualité faute de la pratiquer, et Louis qui se vante, nos amis vont vivre une année très ancrée sur l’amour, et différentes autres expériences.

Par ailleurs, l’auteur nous amène aussi à réfléchir sur le thème très actuel des migrants, petit fil conducteur de l’histoire. Entre collecte de vêtements, réflexion citoyenne, et rencontre dans la réalité de migrants, les amis vont évoluer, s’interroger, bref devenir adultes, avec ses dangers et ses surprises.

Un roman à réserver au lycée et aux élèves de troisième, permettant aux jeunes de réfléchir sur l’amour et l’acte sexuel, sans jugement, mais avec beaucoup de franchise.

Publié dans Lectures-romans

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Le Pacte 

Publié le par Doc Bird

 « Le Pacte » de Lars Kepler, éditions Actes Sud, collection Actes noirs

Résumé : Une jeune femme est retrouvée morte sur un bateau, les poumons remplis d’eau, mais sans que ses vêtements soient mouillés. Dans le même temps, le directeur chargé de signer les contrats de vente d’armes vers l’étranger est retrouvé pendu chez lui. Ces deux affaires auraient pu être rapidement classées, mais c’est sans compter les circonstances et le flair de l’inspecteur Joonas, qui va découvrir qu’elles sont liées.

Mon avis : Quand j’avais lu la quatrième de couverture, je m’étais dit que ce polar suédois allait m’intéresser, et on m’on avait dit le plus grand bien.

Mais peut-être est-ce parce que j’ai lu trop de polars de Camilla Läckberg, ou parce que je ne connais pas suffisamment les instances politiques et policières de Suède, mais toujours est-il que j’ai vraiment eu du mal à me mettre dans l’histoire. J’ai été gênée par les nombreuses astérisques expliquant à quoi correspondaient les différents noms des services de police ou au sein de l’état, j’ai eu beaucoup de mal à me repérer entre les différents protagonistes au sein de la police. Ce qui fait que cela m’a empêché de me laisser emporter par l’intrigue. Mais peut-être est-dû au fait qu’il y  a d’autres titres que je n’ai pas lu, et qui ont déjà présenté les enquêteurs. ?

L’auteur alterne pourtant des passages entre enquête policière, nouveaux événements, suivi des différents personnages, suspense avec le tueur à gages…  L’intrigue est prenante, mais je n’ai réussi à me mettre vraiment dans ce roman qu’à partir de la moitié, me sentant souvent un peu perdue.

Un avis en demi-teinte donc…

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La terre qui penche

Publié le par Doc Bird

« La terre qui penche » de Carole Martinez, éditions Gallimard

Résumé : Blanche est une jeune demoiselle d’une dizaine d’années qui vit dans le château de son père, qui la fait élever à la dure. Un jour, elle sent un changement, mais personne ne lui dit rien alors qu’on lui coud un magnifique surcot. Son père l’emmène alors sur un cheval à travers la forêt et elle arrive au Domaine des Murmures, où l’attend son promis.

Mon avis : Ce roman se situe essentiellement au Domaine des Murmures, où quelques siècles auparavant, Esclarmonde vivait et s’était enfermée volontairement dans un bâtiment attenant à la chapelle du Domaine, devenant une femme presque sainte, dans le roman « Du domaine des murmures », que j’avais beaucoup apprécié.

Ici, on rencontre Blanche, une petite fille d’environ 10-11 ans, fille d’un seigneur rugueux qui n’apporte aucun amour à sa famille, ainsi qu’à sa sœur, ou à ses autres bâtardes. Il part souvent guerroyer, et punit ses filles dès qu’elles s’écartent du chemin qu’il leur a tracé. Malgré tout, Blanche est un peu rebelle, elle est même surnommée « Chardon », un peu spéciale aussi, car elle parle la nuit et ne peut donc garder aucun secret.

Mais un jour Blanche découvre qu’on lui prépare un magnifique surcot aux armes de son père, avec trois loups couleur de sable, et se retrouve un matin à cheval pour aller à la rencontre de son destin. Celui-ci va la mener au Domaine des murmures, où l’attend son futur époux, Aymon, qui est simple d’esprit. Elle va alors rester au Domaine afin d’apprendre à lire et à écrire, afin de pouvoir gérer le Domaine à partir du jour où elle se mariera, pour suppléer à son mari. Au début, Blanche se révolte, est effrayée qu’on lui choisisse son destin, mais finalement, après avoir dépassé sa peur du diable à l’œuvre dans les actions que nous entreprenons, elle va s’adapter à cette vie et découvrir le plaisir de la connaissance. Elle va aussi en apprendre plus, par petites bribes, sur l’amour entre sa mère qu’elle n’a pas connue, et son père.

Le récit est raconté à deux voix, l’une est celle de la fillette, l’autre, celle de la vieille âme qui reste enterrée auprès de la fillette, et qui a vu les siècles défiler. Toutes deux se replongent dans les souvenirs de Blanche, qui est morte très jeune à 12 ans.

On retrouve un Moyen Age où la vie est difficile et violente, la peste présente, le pouvoir des hommes implacable, la condition des femmes peu enviable, mais où règne aussi une certaine résistance des femmes face à leur destin, où la magie imprègne les lieux et les esprits des gens. La rivière de la Loue vers laquelle la terre du Domaine penche, comme irrésistiblement attirée, est un personnage à part entière, capable d’amour, mais aussi de remous et de courants monstrueux, incarnée par la Vouivre, cette femme légendaire qui a sur son front un rubis, et qui tue les hommes après l’amour. On y croise des loups couleur de sable, des êtres légendaires, le diable qui s’incarne souvent en l’homme pour faire le mal, un cheval au cœur courageux, un père heureux d’ouvrir son cœur à son fils…

On entre de plein dans l’imaginaire du Moyen Age, avec son bestiaire monstrueux, ainsi que les légendes locales, aux confins du Doubs et du Jura : ogre qui viole et dévore les petits enfants, Vouivre…

Réalité et légende sont inextricablement liées dans cette histoire, où certains êtres apparaissent aux enfants au cœur pur, où une vieille âme peut s’égarer dans son récit, mais qui finalement prône une certaine liberté des femmes par rapport à leur destin, même si elles le payent chèrement.

Une histoire envoûtante et violente à la fois, aux confins de la rêverie, de l’étrange, et de la réalité, empreinte de douleur, de poésie et de mysticisme.

« A tes côtés, je m’émerveille.

Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.

Tu dors, ô mon enfance,

Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille. »

L'avis de Manou, qui m'a donné envie de lire ce roman : http://www.bulledemanou.com/2016/10/la-terre-qui-penche-carole-martinez.html

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Article publié depuis Overblog

Publié le par Doc Bird

« Journal d’un dégonflé, Tome 10 : Zéro réseau » de Jeff Kinney, éditions du Seuil

Résumé : Greg apprend qu’il va devoir laisser sa chambre à son grand-père, car ce dernier va vivre avec eux, il va devoir partager la chambre de son petit frère Manu, et toujours cohabiter avec le cochon bizarre. Mais cela ne l’empêche pas d‘avoir de fausses bonnes idées à la minute, comme de vendre de la citronnade sans savoir comment la préparer correctement, essayer de s’échapper de la corvée de nettoyage du parc, bref, d’enchaîner les bêtises, comme à son habitude Et cette fois-ci, en voulant réparer une de ses bourdes, il va se retrouver forcé à partir en voyage scolaire vers la ferme à la dure, pour échapper aux foudres de son père. L’horreur !

Mon avis : Un tome 10 placé sous le thème du retour au passé : Greg doit cohabiter avec son grand-père, et bien sûr aller à la ferme à la dure, où aucun outil technologique n’est autorisé, et où le confort moderne a disparu : chacun doit apprendre à coopérer et à se débrouiller dans la nature. Et le pire, c’est que le fantôme du cruel Silas Crochu pourrait bien errer dans les parages !

Une fois de plus, Greg réussit le pari de nous faire rire avec ses idées improbables, ses bêtises toutes plus inventives les unes que les autres, alors qu’il pense toujours bien faire ! Sa naïveté et ses interrogations font toujours sourire, et les situations dans lesquelles il se retrouve sont toujours aussi inventives.

Un bon moment de lecture plaisir pleine d’humour !

Publié dans Lectures-romans

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 Nos âmes rebelles

Publié le par Doc Bird

« Nos âmes rebelles » de Samantha Bailly, éditions Rageot

Résumé : Sonia et Lou entrent en terminale, chacune dans sa ville. Sonia retrouve l’internat et son ami Matthieu, tandis que Lou rencontre un bel italien dans sa classe le jour de la rentrée. Toutes deux continuent à écrire et à dessiner, espérant pouvoir publier et réaliser leurs rêves : fac de philo pour Sonia et école des Gobelins pour Lou. Cette année est la dernière avant leur vie d’étudiante et de jeune adulte.

Mon avis : Suite de « Nos âmes jumelles » que j’avais adoré, « Nos âmes rebelles » nous emmène dans une nouvelle année scolaire en compagnie de Sonia et de Lou. Après un heureux été passé ensemble, elles se résignent à retourner au lycée, avant de pouvoir vivre leur vie une fois le bac réussi.

Sonia est toujours en quête éperdue d’amour, et doute beaucoup d’elle. Elle continue à écrire son premier roman, qu’elle souhaite ensuite envoyer à des éditeurs.

Lou est toujours aussi mal à l’aise avec les autres, mais la découverte d’un nouvel élève un peu intrigant va lui permettre de se rapprocher un peu des autres.

Avec Sonia, elles continuent à publier sur leur page Facebook , s’inspirant de leur quotidien. Sonia rêve de pouvoir entrer à la Sorbonne en philo, tandis que Lou se prépare aux examens d’entrée à l’école des Gobelins, malgré les doutes ou l’opposition de leurs parents respectifs. Leurs rêves les poussent à continuer, à écrire et dessiner encore et encore pour progresser. C’est leur havre de paix, le moyen pour elles de vivre vraiment, de respirer la vie.

J’ai trouvé ce tome 2 aussi passionnant que le précédent. L’amitié indéfectible entre Sonia et Lou leur permet de croire en elles-mêmes, de s’épanouir. Sonia est en perpétuelle quête de l’amour, ce qui lui vaut des désillusions, tandis que Lou commence à s’ouvrir aux autres, et à se socialiser. Leur art, chevillé au corps et à l’âme, est le plus important pour elle, et elles croient en leurs rêves. Ces deux amies, presque âmes sœurs, sont toujours aussi attachées l’une à l’autre, mais commencent aussi à mûrir, à devenir un peu plus adultes, et « rebelles » dans le sens où elles décident de se forger leur avenir en croyant en leurs rêves. J’ai trouvé toujours aussi intéressant les petits mots mis en exergue de chaque chapitre, qui montre le recul pris par les héroïnes, 10 ans après.

Cette série, comme je l’avais déjà dit, semble s’inspirer fortement de l’amitié entre Samantha Bailly et Miya. Elles ont d’ailleurs signé « Alchimia », un manga écrit à quatre mains.

Un roman qui montre les fêlures de l’adolescence, l’envie de grandir, mais aussi la passion et la foi en son art. Un bel hommage aux arts et aux lettres.

Un extrait : « Peut-être que les ténèbres sont un passage obligé pour faire ressortir la beauté de la lumière ».

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Et mes yeux se sont fermés

Publié le par Doc Bird

« Et mes yeux se sont fermés » de Patrick Bard, éditions Syros, collection Hors-série

Résumé : Maëlle est une jeune fille qui veut changer le monde et aider les autres. Jusqu’au moment où elle croit comprendre que le monde est un immense mensonge, et que tout est complot. Elle décide alors de partir en Syrie. Mais un an après, elle en revient.

Mon avis : Un roman qui permet de voir l’embrigadement à travers le prisme de différents regards.

D’abord celui de Maëlle, jeune fille éprise d’absolu, qui va se laisser embrigader en naviguant sur You Tube et Facebook, croire aux différentes théories du complot, et décider de se convertir et de se rendre en Syrie. Elle va malgré tout fuir ce pays pour retourner en France, comprenant l’absurdité de sa situation.

On croise ensuite les regards d’Aïcha, s’occupant d’entretiens avec Maëlle à son retour en France, de Redouane, mari de Maëlle-Ayat, qui va fuir aussi la Syrie, de Maÿlis-Amina, qui est partie en Syrie avec Maëlle, et ne comprend pas sa fuite, de Céline, la maman de Maëlle, d’Hugo, l’ancien petit ami, du professeur de français de Maëlle, de Jeanne, la petite sœur

Tous ces regards vont permettre de voir la situation à travers les différentes personnes de son entourage, entre incompréhension, culpabilité de n’avoir pas compris ou de n’avoir rien osé dire. Ces différents points de vue permettent d’avoir un regard assez global sur ce qui est arrivé. Les différents angles d’approche son assez intéressants, afin de comprendre ce qui est arrivé. Mais il dommage que le point de vue de Maëlle n’ait pas été plus développé. A lire en complément de « Ma meilleur amie s’est fait embrigader » et de « Little Sister ». 

Publié dans Lectures-romans

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Le dompteur de lions

Publié le par Doc Bird

« Le dompteur de lions » de Camilla Läckberg, éditions Actes Sud, collection Actes noirs

Résumé : En plein Hiver à Fjällbacka, une jeune fille peu vêtue, hagarde, surgit de la forêt et se fait percuter par une voiture. On découvre qu’l s’agit de Victoria, jeune fille disparue depuis plusieurs mois, et dont le corps porte d’atroces mutilations. Cette macabre découverte relance l’enquête sur sa disparition, ainsi que celles d’autres jeunes filles. Erica rend pendant ce temps visite à Laila, une femme condamnée depuis de nombreuses années pour avoir tué son mari et avoir laissé leur fille enchaînée dans une cave, afin de préparer l’écriture d’un nouveau roman.

Mon avis : Ce neuvième opus est aussi glaçant, angoissant, inquiétant, macabre et haletant que les précédents. On croyait avoir atteint les bas-fonds de la noirceur de l’humain, et ce roman nous montre que l’horreur n’a jamais de limites.

Comme d’habitude, les regards croisés de Patrik, de son équipe, d’Erica font avancer l’intrigue, tandis que des retours dans le passé ont lieu, en lien avec l’affaire en cours.

J’ai retrouvé avec plaisir Erica qui se sent débordée par ses deux jumeaux trop pleins de vie, et dont l’instinct maternel va se retrouver face à l’impensable : une mère ayant été battue, ainsi que sa famille par son mari, et ayant accepté que sa fille soit enfermée, tenue par des chaines, dans la cave. En allant voir cette mère, Laila, elle comprend que cette dernière cache un lourd secret et essaie de le découvrir.

Pendant ce temps, Patrik et son équipe découvrent avec stupéfaction et horreur le cadavre mutilé de Victoria, qui avait disparu depuis plusieurs mois. Ils décident alors de reprendre l’enquête depuis le début, tout en se questionnant sur le sort des autres jeunes filles disparues. Leurs questions vont délier les langues qui cachaient des secrets.

L’enquête va progresser lentement, le suspense montant en puissance, jusqu’aux révélations glaçantes qui font froid dans le dos et mettent le cœur au bord des lèvres. Pour une fois, j’ai assez vite compris le secret caché par Laila, mais je n’avais pas pris toute la mesure de la sombre machination autour des disparitions des jeunes filles.

Un roman que j’ai encore beaucoup apprécié, que j’ai lu très rapidement, prise par l’intrigue, et avec des indices savamment distillés par l’auteur ! A lire pour se détendre !

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U4. Koridwen

Publié le par Doc Bird

« U4. Koridwen » d’Yves Grevet, éditions Syros et Nathan

Résumé : Koridwen habite en Bretagne, et a perdu toute sa famille à cause du virus U4. Elle a reçu elle aussi le message de Khronos, à travers le jeu WOT, et décide de partir à Paris en tracteur avec son cousin Max, afin de pouvoir remonter le temps et éviter la catastrophe.

Mon avis : J’ai plus apprécié ce tome avec Koridwen que celui avec Yannis. Dans un monde où la violence règne en maître, où chacun ne doit souvent que compter que sur lui-même pour sauver sa vie, Koridwen décide de partir pour Paris. Mais auparavant, elle veut aller chercher son cousin Max, placé dans une structure spécialisée. Avec lui, elle prend le volant de son tracteur pour rejoindre Paris et tenter de pouvoir inverser le cours de l’histoire.

Koridwen est une héroïne différente de Yannis, même si comme lui au début, elle pense à la mort afin de se libérer de l‘horreur d’avoir vu tous ses proches mourir du virus. Mais elle se doit d’aider son cousin, et c’est ce qui va la ramener vers la vie et la faire tenir. Elle découvre aussi une malle léguée par sa grand-mère un peu sorcière, à l’intérieur de laquelle elle découvre des objets, potions et documents qui semblent lui prouver que sa grand-mère avait prévu qu’elle pouvait changer le destin. Forte de cette croyance, malgré les moments de doutes, Koridwen comprend qu’elle va devoir, seule, mais aidée par des forces surnaturelles qui la dépassent, affronter son destin pour tenter de remonter dans le temps et changer le cours de l’histoire.

J’ai bien aimé Koridwen, jeune fille qui va s’endurcir face aux dangers et à la mort, mais aussi devenir adulte. Elle va découvrir qu’elle pourrait être prédestinée à remonter dans le temps. Comment ? Elle ne le sait pas, mais sa conviction est telle qu’elle est prête à accomplir son destin, quel qu’il soit.

On retrouve Yannis et Stephane qu’elle va rencontrer, mais en se positionnant cette fois-ci de son point de vue. La fin laisse en haleine, on se demande si Koridwen va réussir.

Un tome que j’ai beaucoup apprécié, avec son mélange de réalisme cru et douloureux, et des touches de légendes et de « sorcellerie » bretonne. 

Publié dans Lectures-romans

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