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Les filles de Brick Lane 2. Sky

Publié le par Doc Bird

« Les filles de Brick Lane 2. Sky» de Siobhan Curham, éditions Flammarion jeunesse

 

Résumé : Sky, Ambre, Rose et Maali se retrouvent le 31 décembre afin de souhaiter que leurs vœux se réalisent durent l’année à venir. Mais les rêves ne se réalisent pas toujours comme on le souhaiterait. Sky va devoir aller au lycée, Ambre veut rechercher sa mère biologique, Rose veut oser être elle-même, et Maali voudrait connaître l’amour. Quelles surprises l’année leur réservera-t-elle ?

 

Mon avis : Coup de cœur pour ce tome 2, dont j’avais déjà apprécié le tome 1.

Chacune des filles de Brick Lane a son propre caractère, et va devoir affronter ses peurs ou le regard et le jugement des autres, lors de cette année éprouvante, mais qui va aussi leur apprendre à mieux se connaître et à être elles-mêmes.

 

Leur fraîcheur, leurs regards sur la vie, aussi différents soient-ils, se rejoignent sur l’essentiel, et permettent au lecteur d’approfondir sa propre réflexion surtout en cette période d’adolescence pas toujours facile.

 

Sky va devoir aller au lycée, alors qu’elle n’est jamais allée sur les bancs de l’école, mais va avoir l’heureuse surprise de rencontrer Léon, un jeune slameur.

Ambre va vouloir découvrir qui est sa mère biologique, tout en traversant une période de doute par rapport à elle-même, elle se sent différente, et doute de ses capacités et de ses talents de rédactrice pour son blog.

Rose va faire la révélation de son homosexualité, et va découvrir les affres de l’amour.

Maali voudrait oublier Ash, qui lui a brisé le cœur, et rencontrer l’amour, mais elle va apprendre que son père est gravement malade, remettant en question toutes ses croyances.

 

Chaque épreuve que va rencontrer chacune des filles va entrer en résonance avec les autres, mais leurs joies vont aussi leur permettre de donner des instants de bonheur aux autres.

 

Au final, une année à la fois douloureuse et magique, qui va permettre à chacune des jeunes filles de mûrir et de prendre confiance en elle.

J’ai lâché avec regret ce tome 2, attendant avec impatience la suite des aventures des filles de Brick Lane, qui portent un regard lucide et positif sur la vie, montrant que l’amitié et la solidarité peuvent aider les autres à aller mieux. 

 

Et voici un beau poème présent au cœur de l'histoire qui m'a touché et que je partage : 

COURAGE
Par Sky et Léon
Quand la peur fait trembler la forêt
Reste droit comme le pin le plus haut
Au fond de toi bat un cœur pur et beau
Qu’aucune peine ne peut effleurer
Tes branches peuvent bien plier
Mais le courage te donne un tronc d’acier

Quand la peur fait trembler la vallée
Vole sur les nuages tel un vautour
Au fond de toi bat un cœur plein d’amour
Qu’aucune peine ne peut effleurer
Tes plumes peuvent bien s’emmêler
Mais le courage te donne des ailes d’acier

Quelques extraits :

Comment je suis censée savoir quoi faire de ma vie si je ne sais pas qui je suis vraiment ? Si je ne le sais jamais ?

Mais je pense qu’il y a une force d’amour au fond de chacun de nous, et dans tout l’univers.

C’est alors qu’une pensée lui vint : aussi longtemps qu’on garde son imagination, tout n’est pas perdu. Il reste toujours de l’espoir.

Notre société n’a pas besoin d’un tas d’esprits libres qui savent ce qu’ils veulent et qui savent comment l’obtenir, en suivant leur propre chemin. Notre société a besoin d’un troupeau de moutons prêts à faire aveuglément tout ce qu’on leur dit de faire. C’est à l’école primaire que ça commence. C’est là qu’on nous éduque à devenir de bons petits moutons bien conformes.

Parfois, on ne sait pas de quoi on a besoin, ce qui nous manque… jusqu’au moment où on le trouve.

beaucoup de nos peurs ne sont que des ombres

Mais j’adore ta manière de surmonter tes peurs, de ne pas les laisser te dicter tes actes.

Elle avait aussi appris que même dans les heures les plus sombres, une petite lumière brillait au bout du tunnel ; et qu’il n’était pas impossible de trouver l’amour même au cœur de la tempête.

Elle savait maintenant qu’on ne trouve pas sa véritable identité à travers celle de quelqu’un d’autre. On la trouve en soi.

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Radiant, 1

Publié le par Doc Bird

« Radiant, 1 » de Tony Valente, éditions Ankama

 

Résumé : Seth est un jeune sorcier plein de fougue qui souhaite prouver qu’il est capable de tuer des Némésis, des monstres qui surgissent pour faire des ravages. Mais sa jeunesse et son inexpérience lui font souvent faire des bêtises, ce qui le fait détester des humains, qui ont déjà des préjugés négatifs sur les sorciers.

 

Mon avis : Ce manga au ton humoristique m’a fait penser par certains côtés à la série des « Seven Deadly Sins », avec un univers improbable, dans lequel on rencontre des îles perchées dans les airs, et des sorciers qui pourraient vaincre le mal.

Mais les sorciers, seuls capables de lutter contre le fléau des Némésis, sont mal perçus des habitants, qui sont bien contents que ces derniers viennent les aider, mais les huent et les poursuivent de leur haine dès que le danger a disparu.

 

C’est dans ce contexte que nous rencontrons Seth, jeune sorcier qui vit sous l’aile d’une sorcière expérimentée, et qui multiplie souvent les bêtises.

Il confond par exemple des vaches avec des Némésis, semant la panique dans un village.

 

Autant dire qu’on s’attache rapidement à ce héros décalé, qui cache en fait un énorme potentiel.

Pour cela, il va devoir se rendre chez un maître sorcier pour son apprentissage.

 

Il décide de partir à la recherche de l’origine des Némésis, pour les tuer radicalement avant leur arrivée chez les humains.

Mais son chemin sera loin d’être facile, car il se laisse emporter, et n’écoute pas vraiment les conseils qu’on lui donne.

 

J’ai trouvé ce tome 1 plutôt intéressant, et je lirais avec plaisir la suite, avec un héros qui va devoir se former, une menace constante, et une Inquisition qui suit les faits et gestes de sorciers.

Publié dans Lectures-mangas

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L’aube sera grandiose

Publié le par Doc Bird

« L’aube sera grandiose » d’Anne-Laure Bondoux, illustrations de Coline Peyrony, éditions Gallimard jeunesse

 

Résumé : Nine doit passer la nuit à une fête avec des amis. Mais sa mère, Titania, l’a brusquement emmenée en voiture, direction une cabane dans la forêt, à côté d’un lac. Car cette nuit est différente des autres. Titania va faire à Nine le récit de l’histoire familiale, et de ses nombreux secrets. A l’aube, rien ne sera plus pareil.

 

Mon avis : Coup de cœur pour ce roman pour grands ados, que j’ai apprécié en tant qu’adulte.

 

Nine se retrouve embarquée à bord de l’antique voiture de sa mère, direction une cabane perdue au fond des bois, à côté d’un lac.

Car suite à une nouvelle importante, Titania, la mère de Nine, décide qu’il est temps pour elle de raconter à sa fille le roman familial, loin des non dits et des mensonges, et de transmettre son héritage familial à sa fille.

Heure par heure, durant toute une nuit, le lecteur est convié à écouter le récit d’une famille dans les années 70.

 

Sans rien dévoiler du récit, qu’il faut savourer étape par étape, je peux dire qu’il y est question de belles rencontres, de joie de vivre, de tristesse, de handicap et d’amour familial.

 

Cette saga se laisse lire avec plaisir, avec des références qui font remonter à un passé pas si lointain pour certains, mais qui peuvent faire penser à la « Préhistoire » pour les jeunes : 3 chaînes de télévision, l’arrivée des CD, les cabines téléphoniques.

 

Un récit d’une enfance à la fois douce et amère, entre moments de complicité, et difficultés.

 

A l’aube, Nine connaîtra tout sur son passé familial, et elle va mettre un pied dans le monde adulte.

 

Un roman de qualité, touchant par moments, avec des moments de nostalgie. Une lecture qui permet de comprendre un peu la famille et de resserrer les liens.

 

Un extrait : 

 

Personne n’est jamais prêt à entendre la vérité. Je peux te le dire d’expérience, il n’y a pas de bon moment pour ça. Il arrive, et on n’y peut rien.

Et je vous mets en lien le billet de Manou qui m'a donné envie de lire ce titre : 

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Les optimistes meurent en premier

Publié le par Doc Bird

« Les optimistes meurent en premier » de Susin Nielsen, éditions Hélium

 

Résumé : Depuis la mort de sa petite sœur, Pétula s’est rendue la vie très compliquée : elle est devenue pessimiste pour pouvoir anticiper tous les problèmes, et a alors transformé sa vie en épreuves. Elle se lave les mains tout le temps, a peur d’attraper des microbes, de recevoir des objets sur la tête, d’être coincée dans un ascenseur… Pour l’aider, elle se rend dans un groupe, où elle va rencontrer Jacob, un adolescent avec une main bionique, qui lui aussi, cache un lourd passé…

 

Mon avis : Comme toujours avec Susin Nielsen, on se régale à la lecture de ses romans.

Avec une ironie mordante, mais avec aussi beaucoup d’amour pour ses personnages de papier, elle emmène son lecteur dans la vie d’adolescents aux vies compliquées, mais qui sont sur le chemin d’un mieux-être, même si rien ne semble gagné au départ.

 

Ici, on fait la rencontre du personnage de Pétula, qui dialogue peu avec ses parents, et se rend coupable de la mort de sa petite sœur.

Depuis, son père est toujours au boulot, sa mère s’entoure de chats, et Pétula devient une pessimiste qui veut éviter tout danger.

 

Elle se rend à une sorte d’atelier artistique de psychotérapie de groupe, où elle croise d’autres adolescents qui ont été cabossés par les difficultés de la vie.

Mais un vent d’air frais entre dans sa vie avec l’arrivée de Jacob dans le groupe.

 

Peu à peur, Pétula va se défaire de ses habitudes infernales, et va commencer à s’ouvrir aux autres, et tomber amoureuse de Jacob.

Grâce à des projets vidéos, les différents jeunes du groupe vont véritablement s’intéresser les uns aux autres, et commencer à aller (un peu) mieux.

 

Mais les optimistes ont-ils raison de voir la vie du bon côté, ou est-il plus raisonnable d’être pessimiste ? Pour le savoir, plongez-vous dans ce roman !

 

Un extrait :

 

Mais c’est la vie, je suppose. On ne peut pas la récrire. On ne peut pas défaire ce qui est fait, ni contrôler ce qui viendra ensuite. Tout ce qu’on peut faire, c’est espérer que ça se passera bien.

Publié dans Lectures-romans

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Les Légendaires, 14. L’héritage du mal

Publié le par Doc Bird

« Les Légendaires, 14. L’héritage du mal » de Patrick Sobral, éditions Delcourt

 

Résumé : Les Légendaires n’en reviennent pas : Jadina serait morte, remplacée par une usurpatrice, tandis que Ténébris prend le pouvoir du royaume d’Orchidia, aidée par Vangelis. Quelle sombre machination diabolique est à l’origine de ces événements ?

 

Mon avis : Ce tome 14 est très bien réalisé, et continue à accumuler les rebondissements improbables, faisant monter le suspense.

 

Patrick Sobral continue à faire des clins d’œil au lecteur, qui est ainsi partie prenante du récit (semblant même mieux comprendre que les Légendaires de quoi il retourne), tout en mêlant différentes références littéraires. Un vrai régal !

 

Et petit plus dans ce tome, le thème de l’écologie est abordé, montrant les conséquences catastrophiques de l’exploitation des ressources de la terre par les hommes. Que demander de plus ?!

Eh bien de poursuivre les aventures dans le tome 15 ;)

Publié dans Lectures-BD

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La fourmi rouge

Publié le par Doc Bird

« La fourmi rouge » d’Emilie Chazerand, éditions Sarbacane

 

Résumé : Vania Strudel a 15 ans, et pense accumuler les handicaps : un père taxidermiste, une paupière tombant sur son œil, une meilleure amie atteinte d’une maladie qui rend son odeur plutôt insupportable. Et ce n’est pas le pire ! Car son meilleur ami, Pierre-Rachid, revient de vacances en lui expliquant qu’il sort avec son ennemie jurée ! C’en est trop pour Vania qui commence à se dire que le mail qu’elle a reçu d’une personne inconnue pourrait bien lui servir de guide. Et si elle était une fourmi rouge au lieu d’être une banale fourmi noire ?

 

Mon avis : On passe un bon moment réjouissant en lisant ce roman, entre moments loufoques, passages hautement humoristiques ou caustiques, et des moments plus tristes et douloureux.

 

Vania pense qu’elle a mal démarré dans la vie : un prénom de serviette hygiénique, un nom de famille allemand ridicule, une mère disparue, un père trop original, et des catastrophes qui s’enchaînent sur son passage.

 

Mais elle reçoit un jour un mail d’un expéditeur inconnu qui la pousse dans ses retranchements, et va l’obliger à se bouger pour enfin prendre sa vie en main. Elle va alors commencer à comprendre que la vie n’offre pas toujours ce qu’on veut, mais qu’il est important de faire avec ce qu’on a.

 

Le chemin pour qu’elle comprenne ce que veut dire être une fourmi rouge sera long, semé d’embûches, de quiproquos, de colères et de non-dits.

Car Vania cache des secrets, et se complique la vie en racontant des mensonges.

Et si elle osait dire ce qu’elle pense vraiment, et arrivait à parler de ce qu’elle ressent vraiment ?

 

Un roman intéressant, qui nous emmène à la suite d’une héroïne qui cumule des difficultés, mais qui est capable de rebondir et de s’ouvrir à la vie. A lire.

 

Quelques extraits :

 

Parce que le héros n’est pas forcément celui qui se bat, triomphe et récolte gloire et lauriers. Parfois, le héros, c’est juste celui qui choisit de rester.

Certes, nous sommes tous des fourmis, vus de la lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. Qu’est-ce que tu attends pour vivre ?! Plus tard, c’est maintenant. Demain, c’est tout de suite. Passe la seconde.

Je crois pas que l’important soit d’avoir le choix. L’important, c’est ce qu’on fait d’une situation qu’on n’a pas voulue.

Publié dans Lectures-romans

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Le dernier éléphant d’or

Publié le par Doc Bird

« Le dernier éléphant d’or », raconté par Mario Urbanet , illustré par Marjorie Pourchet, éditions Rue du monde, collection Papagayo poche

 

Résumé : Naruna Ashoka est un riche marchand qui collectionne les éléphants d’or. Un jour, il apprend qu’existerait un manteau qui rend immortel, et il part aussitôt en quête de ce manteau, rêvant de pouvoir contempler ses éléphants éternellement…

 

Mon avis : Un joli conte initiatique d’Inde qui montre que rêver d’immortalité pourrait changer la face du monde, par égoïsme, et empêcher de le rendre meilleur.

 

Naruna Askoka veut veiller sur son trésor, ses éléphants d’or, pour l’éternité. Et pour cela, il est prêt à quitter sa famille, braver les dangers, même un tigre géant, et il se perd finalement dans le reflet de son avidité.

 

Une belle collection que je ne connaissais pas, de qualité, avec de belles illustrations colorées, qui permet de découvrir un conte d’un pays, en compagnie de la mascotte de la collection, le perroquet Papagayo.

 

En fin d’ouvrage, quelques pages documentaires permettent d’en savoir plus sur le pays dont est issu le conte.

 

Publié dans Lectures-contes

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Les Légendaires, 13. Sang royal

Publié le par Doc Bird

« Les Légendaires, 13. Sang royal » de Patrick Sobral, éditions Delcourt

 

Résumé : Les Légendaires accompagnent Jadina qui est convoquée à la cour du royaume d’Orchidia, où gouverne Adeyrid, la mère de Jadina. Adeyrid a des révélations à faire, car elle est atteinte d’une grave maladie. Mais cela n’empêche pas les Légendaires de décider de trouver de quoi la soigner…

 

Mon avis : Lire la suite des Légendaires est toujours un plaisir renouvelé.

 

Entre les moments intenses, les révélations qui interloquent, les scènes d’action, le tout entrecoupé de moments humoristiques et de jeux de mots, le lecteur suit les péripéties des Légendaires avec joie.

 

Ici, les révélations fracassantes de la reine Adeyrid vont bouleverser le destin de plusieurs personnes, tandis que les traîtrises semblent s’accumuler sur le chemin des Légendaires, laissant le lecteur face à un bon suspense

 

A suivre donc…

Publié dans Lectures-BD

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Une fille de…

Publié le par Doc Bird

 

« Une fille de… » de Jo Witek, éditions Actes sud junior, collection D’une seule voix

 

Résumé : Hanna court des dizaines de kilomètres plusieurs fois par semaine. C’est le seul moment où elle se sent forte, loin du jugement des autres. Car elle est la fille d’une prostituée ukrainienne, et la vie est difficile avec le regard des gens sur elle. Alors un espoir dans sa vie lui fait décider de raconter son histoire.

 

Mon avis : Les titres de la collection « D’une seule voix » sont toujours percutants, et « Une fille de… » ne fait pas exception.

 

La plume de Jo Witek rend bien la douleur de Hanna, ainsi que sa rage et sa volonté de pouvoir mener une vie comme tout le monde.

 

Chaque chapitre est comme un coup de poing, permettant à Hanna de libérer la parole, et d’oser partager son ressenti. Car une chose a changé :  Hanna est amoureuse, et veut dire la vérité à ce garçon qu’elle aime, afin de bâtir une relation saine, sans mensonges.

 

Depuis toute petite, Hanna a compris que sa mère n’avait pas un métier comme les autres, et a ressenti la désapprobation des gens qui connaissaient le métier de sa mère.

Elle se bat pour faire reconnaître ce qu’elle pense, et montre combien les sous-entendus, comme les insultes, peuvent être source de souffrance.

Elle décrit l’engrenage infernal dans lequel sa mère est tombé, et combien elle l’admire d’avoir réussi à l’éduquer, et à lui faire mener une vie (presque) normale.

 

Une histoire forte, qui permet de mettre des mots sur les maux, et engage le lecteur à réfléchir sur son attitude, les mots qu’il peut employer. Un récit à lire à voix haute, et qui peut servir à entamer un débat, loin des idées reçues, et en comprenant ce qui peut être ressenti de l’intérieur.

 

Un passage : 

 

Je ne trouve pas de réponse, alors je pars courir.
Un instinct. Ma sauvagerie à moi.
Courir pour gagner ma dignité. Courir pour me sentir unique sur terre. Courir pour exister. Me forger un moral de championne, un corps solide, musclé, entraîné. Un corps qu’on ne piétine pas. Qu’on n’avilit pas. Qu’on ne dompte pas. Courir pour que mon corps n’appartienne qu’à moi. Que mes désirs n’appartiennent qu’à moi. Courir pour marcher librement sans me soucier du regard des autres, sans dépendre du regard des autres, et surtout pas celui des hommes. J’avais trouvé ma parade : courir, cacher ma vie privée, et étudier le plus possible sans me faire remarquer. Tel était mon salut. La seule façon de me protéger de la cruauté des gens envers les enfants de prostituées.

Et voici le lien vers l'avis de Manou, qui m'a donné envie d'emprunter ce livre à la médiathèque : 

http://www.bulledemanou.com/2018/12/une-fille-de/jo-witek.html

Publié dans Lectures-romans

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Blue gold

Publié le par Doc Bird

« Blue gold » d’Elizabeth Stewart, éditions Bayard

 

Résumé : Fiona vit en Amérique. Un soir, elle envoie depuis son smartphone une photo dénudée à son petit ami. Mais cette dernière se retrouve bientôt diffusée sur les réseaux sociaux. Les conséquences pour sa réputation seront terribles.

Sylvie vit en Afrique dans un camp de réfugiés, depuis qu’elle a fui le Congo, où son père a été tué à cause du conflit autour du coltan, qui est utilisé dans la fabrication des smartphones. La vie y est très difficile, et Sylvie va devoir faire des choix : se marier ou fuir ?

Laiping vit en Chine, et arrive dans la ville de Shenzen pour devenir ouvrière dans la fabrication de smartphones. Très vite, elle va comprendre que les conditions de travail sont extrêmement difficiles et épuisantes, et qu’il ne faut pas contester.

 

Mon avis : Ce roman fait se rejoindre les voix et les destins de trois jeunes filles, qui sont toutes reliées par un objet, le smartphone : en Occident avec l’usage négatif qui peut en être fait et le harcèlement, en Afrique où des personnes sont violées et massacrées à cause des conflits autour des minerais qui entrent dans la constitution des smartphones, et en Asie, où les conditions de vie des ouvriers dans les usines de fabrication des smartphones sont esclavagistes.

 

Chaque chapitre fait alterner les voix de chacune des jeunes filles, Fiona en Amérique, Sylvie en Afrique, et Laiping en Chine. Même si elles ne se connaissent pas, ces trois jeunes filles vont voir leur destin se croiser.

L’auteur a fait le choix d’alterner les voix de chacune des jeunes filles dans chaque chapitre.

 

Le lecteur arrive facilement à s’identifier aux personnages, tellement le récit de leurs souffrances est intense.

 

Fiona découvre avec horreur le harcèlement via les réseaux sociaux, et paye chèrement sa bêtise, un peu forcée par les sollicitations de son petit ami. Elle va devoir faire preuve de force pour réussir à dépasser cette situation très compliquée. En même temps, elle va découvrir que l’entreprise de son père n’est peut-être pas pour rien dans les conflits au Congo liés au minerai du coltan.

 

Sylvie a vécu l’horreur à cause des conflits et des guerres pour le coltan, montant les populations les unes contre les autres, et mettant en avant les personnes qui sont prêtes à tout pour gagner de l’argent et avoir le pouvoir. Violée, ayant vécu le traumatisme d’avoir aussi perdu son père, elle espère un avenir meilleur peut-être au Canada, mais son frère se retrouve à travailler pour la pègre du camp, et son destin semble se refermer sur elle.

 

Laiping arrive à Shenzen pleine de la joie de pouvoir travailler dans une usine et de pouvoir envoyer de l’argent à ses parents, restés à la campagne. Mais elle va vite déchanter, car les conditions de travail sont très difficiles, les cadences infernales, et la répression terrible pour les contestataires.

 

On suit avec fièvre le destin de ces trois jeunes filles, vivant dans des mondes très différents, mais devant lutter pour pouvoir réaliser leur vie.

 

Ce roman peut permettre aux jeunes, mais aussi aux adultes de comprendre les enjeux cachés derrière la possession d’objets de consommation électroniques, et peut-être entraîner une prise de conscience pour des achats un peu plus éthiques et responsables.

 

Car comme le dit l’auteur :

 

Posez-vous la question : « La fabrication de ce produit a-t-elle causé des souffrances à qui que ce soit ?

Publié dans Lectures-romans

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