« Les cahiers d’Esther. Histoires de mes 15 ans» de Riad Sattouf, éditions Allary
Résumé: Esther est désormais en 3ème, devient plus indépendante, souhaite faire une belle fête pour son anniversaire. Mais le Covid arrive et va tout chambouler.
Mon avis: A ma grande surprise, j’apprécie de plus en plus Esther au fur et à mesure qu’elle grandit. Elle mûrit de plus en plus, et a des réflexions de plus en plus poussées sur elle et sur le monde qui l’entoure.
Elle reste bien sûr une adolescente, et avec elle, je me mets aussi à jour sur les stars du moment, comme la youtubeuse Lena Situations.
Esther va aussi vivre le coronavirus, simple maladie lointaine qui va finir par la toucher dans sa vie quotidienne, entre son père hypocondriaque, les cours en visio, ou les rayons de supermarchés dévalisés.
Le tome se termine avec son entrée en seconde, et j’espère suivre ses chroniques de vie de ses 16 ans, reflets du temps et de son époque.
« 17 millimètres » de Florence Medina, éditions Scrineo
Résumé: Mona a eu sa première fois avec Liam en camp d’été. Mais le préservatif a craqué, et ils n’ont pas osé aller demander aux monos d’aller acheter en pharmacie la pilule du lendemain. Mona pense que ce n’est pas grave, car elle venait d’avoir ses règles. Mais six semaines plus tard, les tests sont formels, Mona est enceinte d’un embryon de 17 millimètres…
Mon avis: Coup de cœur pour ce roman écrit en vers libres qui parle avec justesse de l’avortement.
Mona a ses premières relations sexuelles avec son amour de vacances, Liam, mais le préservatif a craqué. Ayant honte d’en parler aux moniteurs du camp d’été, ils ne demandent pas d’aller chercher la pilule du lendemain, et Mona se dit qu’il est impossible qu’elle tombe enceinte car elle venait d’avoir ses règles.
Mais les règles des ovules et des spermatozoïdes sont impénétrables, et voilà que Mona découvre qu’elle est véritablement enceinte : les tests sont formels ! Elle sait que l’embryon fait 17 millimètres, elle l’a trouvé sur Internet. Elle sait aussi qu’elle peut avorter, car elle ne désire pas devenir maman à 16 ans.
Mais cela ne rend pas les choses plus simples pour autant. Heureusement, elle peut en parler à sa meilleure amie, Rose, qui va l’accompagner dans les démarches, au Planning familial…
Ce roman est percutant, tellement les mots sont justes pour parler de grossesse non désirée et d’avortement. On passe par les étapes du déni, de la colère, et de la prise en charge. Toutes les étapes et démarches sont bien expliquées, ainsi que les doutes, le poids de la société et du regard des autres, le sentiment d’injustice par rapport aux femmes qui n’arrivent pas à tomber enceintes, le fait qu’on laisse peu de place aux hommes et que ce serait une affaire de femmes, le dialogue avec cet embryon dans le ventre, le combat des femmes pour que l’avortement devienne légal en France, le fait qu’avorter est tout sauf un acte anodin, que ce geste ne s’oubliera jamais, quel que soit l’âge qu’on a quand cela arrive.
Un roman fort et intense à lire et faire lire autour de soi !
Ce roman sort demain en librairie.
Merci à Babelio et aux éditions Scrineo de m’avoir proposé la lecture de ce livre lors d’un Masse critique spécial.
Quelques extraits :
Cette fille-là
N’est pas un assassin une assassine
Parce qu’elle choisit
La vie
La sienne
Plutôt que celle du fayot
Parce que j’ai peur
Peur, je peux même pas te dire à quel point
Peur de tout
Peur de le virer
Peur de le garder
Peur d’avoir mal
Peur que ça existe
Peur que ça n’existe que pour moi
Comme si ce n’était rien
Envie que ça ne soit rien
Alors que ça ne peut pas être rien
Puisque ça m’arrive
«L’incroyable catalogue des monstres», texte de Grégoire Kocjan, illustrations de Mateo Dineen, éditions Margot
Résumé : Si tu croises des monstres sous ton lit ou dans le placard, ou que tu fais des cauchemars avec les monstres, ce livre est pour toi : il va te permettre de les connaître, et de pouvoir affronter tes peurs, ou même en rire !
Mon avis: Coup de cœur pour ce bel album, dont la couverture est déjà très attirante !
Les illustrations des monstres sont tout simplement superbes, et les textes explicatifs bourrés d’humour et de détails amusants.
Sous couvert de présentation scientifique, avec la reprise de codes qui font sérieux (nom commun du monstre, nom latin, description…), ce livre projette le lecteur dans un imaginaire mystérieux et foufou, où les monstres sont tous plus bizarres les uns que les autres, parfois gentils, souvent étonnants. Un régal pour les yeux et l’imaginaire !
Mentions spéciales pour le Guffon qui fait du parapente à Vesoul, et le Muffmffmmf au nom imprononçable qui étouffe avec ses fesses.
On sent que les auteurs s’en sont donnés à cœur joie pour inventer présenter tous ces monstres !
«Heartstopper, Tome 1. Deux garçons, une rencontre» de Alice Oseman, éditions Hachette
Résumé : Charlie et Nick vont se rencontrer au lycée. Charlie a le coup de foudre pour Nick, alors qu’il sait que ce dernier aime les filles.
Mon avis : Voilà un roman graphique à proposer aux adolescents, car il permet de mettre en avant l’amour homosexuel, en prenant le temps de raconter la rencontre entre deux garçons, leur attirance réciproque, et les questionnements qui vont avec.
Car autant Charlie sait qu’il est homosexuel, depuis qu’il a fait son coming out, autant Nick ne comprend pas vraiment les sentiments qu’il ressent, alors qu’il est d’habitude attiré par les filles.
L’auteur prend le temps de raconter leur rencontre, les premiers regards, l’attirance amicale qui pourrait se transformer en amour. On comprend bien qu’il est difficile de déclarer son amour, surtout que Charlie a été harcelé par le passé, et a peur de perdre son amitié avec Nick, et Nick est perdu dans le tourbillon de ce qu’il ressent.
Une belle histoire à suivre, qui a été adapté sur Netflix.
« Moi, le Minotaure» de Sylvie Baussier, éditions Scrineo, collection Scrineo Mythologie
Résumé : Astérios est prince de Crète, et vit depuis toujours seul dans ses appartements, tout le monde le fuit ou l’évite. Il va un jour découvrir son reflet dans l’eau et comprendre qu’il a une tête de taureau, et va se mettre en quête de ses origines.
Mon avis : Comme les autres titres de la collection, celui-ci est aussi sensible, mettant en avant le personnage du Minotaure, en racontant l’histoire de son point de vue. Car on sait bien que l’histoire est toujours racontée du point de vue des vainqueurs, et qu’on connaît du coup la version de Thésée qui parvient à tuer dans le labyrinthe l’animal sanguinaire qu’est le Minotaure.
Mais avant d’être un monstre, il est d’abord un humain, se prénomme Astérios, et est prince de Crète. Il n’a jamais vu son visage car il n’a aucun miroir, mais tout le monde le fuit et a peur de lui, sauf sa sœur Ariane qui a pitié, et sa mère qui l’aime malgré tout.
Mais un jour, il va découvrir son reflet dans l’eau et va comprendre qu’il a une tête de taureau. Il va désormais enquêter pour savoir d’où lui vient cette malédiction, tandis que son père va faire construire un labyrinthe et l’y enfermer.
C’est émouvant de lire l’histoire de ce jeune homme, jouet du destin, qui subit une apparence liée à une faute de son père. J’ai trouvé aussi intéressant sa lutte entre sa part humaine et sa part monstrueuse, ainsi que l’acceptation de sa mort par Thésée pour pouvoir enfin être délivré.
A lire !
Un extrait :
Enfermé ou non, je suis né prisonnier d’une histoire qui me dépasse. Mais je peux imaginer la suite. Personne ne me volera mes rêves, mes espoirs !
« Cinq, six bonheurs » de Mathis, éditions Thierry Magnier, collection Petite Poche
Résumé : Théophile a une rédaction à faire pendant les vacances, et il ne sait pas quoi écrire. Car leur professeur leur a demandé d’écrire sur le bonheur. Alors Théophile décide de demander ce qu’est le bonheur aux membres de sa famille.
Mon avis : Une bien belle histoire qui met en avant la thématique du bonheur, concept bien souvent abstrait pour les jeunes.
En interrogeant les différents membres de sa famille, Théophile va découvrir qu’il existe plein de petits bonheurs pour tous, comme de jouer avec un train électrique ou pêcher, et va même découvrir que ce peut être aussi pour lui de jouer dans la neige.
Un texte à lire à voix haute pour ensuite discuter avec les élèves des petits bonheurs de la vie.