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Articles avec #lecture-adultes catégorie

Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses

« Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses ou comment j’ai cru devenir libraire » de Leslie Plée, Jean-Claude Gawsewitch Editeur

 

Résumé : Leslie Plée raconte ses débuts dans le monde du travail. Elle réussit à avoir un job dans un grand centre commercial culturel. Elle commence son métier avec joie, mais va très rapidement déchanter devant les conditions de travail.

 

Mon avis : Une bande dessinée où Leslie Plée raconte ses débuts dans le métier de libraire. Au début, elle laisse éclater sa joie d’avoir pu trouver aussi rapidement un travail à temps complet, mais elle va rapidement comprendre que le métier de libraire auquel elle pensait est très différent de celui qu’elle exerce : manutention, étiquetage, mise en place et rangement des rayons, retour des invendus, temps de pauses rares, formation quasi inexistante et clients difficiles. Le métier qu’elle exerce est multitâche et ressemble parfois à de l’esclavagisme. Au lieu de travailler dans une vraie librairie, elle se retrouve dans un centre commercial culturel, qui préfère vendre et mettre en avant ce qui marche plutôt que faire découvrir aux clients d’autres lectures. Les cadences sont infernales, et on est bien loin de l’épanouissement professionnel.

 

Il s’agit d’un témoignage de ce qu’a vécu l’auteur, et cela lui permet d’évacuer psychologiquement tout ce qu’elle a vécu, mais j’ai trouvé que c’était en même temps un portait très réaliste de ce que peuvent vivre les employés de ces grandes surfaces culturelles. Quand je me rends dans certaines enseignes de ce type, je vois bien toute la manutention à faire, les étagères qui changent régulièrement de place, les espaces remodifiés et rénovés, la mise en valeur des produits qui se vendent, et les conditions de travail loin d’être idylliques. Tout cela pour satisfaire le client, le faire acheter, et lui donner envie de revenir consommer.

 

En lisant cette histoire, on se dit que ces grandes surfaces culturelles sont bien loin des petites libraires de quartier, de plus en plus rares, où les libraires lisent beaucoup de livres, et sont capables de vraiment vous conseiller, mais où les gens se rendent hélas de moins en moins.

 

Les couleurs utilisées par Leslie Plée reflètent bien la tristesse et le stress vécu, avec des teintes plutôt sombres et ternes. Lorsque enfin Leslie décide de quitter ce métier pour éviter toute cette souffrance, elle renoue enfin avec son amour premier :  le dessin, pour notre plus grand plaisir ! 

 

Une BD à lire pour voir tout ce qui se cache derrière les façades colorées et lumineuses des grandes surfaces dites culturelles, et pour parler de la souffrance au travail.

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Journal d’un vampire en pyjama

« Journal d’un vampire en pyjama » de Mathias Malzieu, éditions Albin Michel

 

Résumé : Mathias Malzieu se sent bien fatigué entre les concerts et la préparation de l’adaptation de son livre en film. Mais rien ne le prépare au diagnostic qui tombe comme un couperet sur sa vie : « aplasie médullaire », c’est-à-dire que sa moelle osseuse ne fonctionne plus correctement et que son système immunitaire se retourne contre lui. Dès lors va démarrer une course macabre pour lutter contre la mort.

 

Mon avis : Je ne m’attendais pas à lire un récit autobiographique quand j’ai emprunté ce livre. J’avais déjà lu auparavant « La mécanique du cœur », et là j’avais été attirée par le titre lui aussi très original. La quatrième de couverture mentionnait seulement : « Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. ».

 

Et je me suis pris une claque dans la figure.

Très vite, on entre dans le vif du sujet. Mathias Malzieu est atteint d’une maladie auto-immune rare qui le fatigue et le vide des composants essentiels de son sang. A partir du jour du diagnostic, sa vie va être totalement bouleversée : choc du diagnostic, allers-retours et séjours à l’hôpital, transfusions, chimiothérapie, souffrance, peur de la mort en la personne de Dame Oclès, réaction et protection de ses proches.

 

Mathias Malzieu se retrouve rapidement pris dans une spirale infernale, et la description de tout ce qui lui arrive donne mal au cœur, même s’il réussit malgré tout à dédramatiser certaines situations, à faire preuve d’un petit grain de folie poétique et créatrice.

Seule sa rage de vivre et de créer va lui permettre de faire face dans ce duel à mort avec la maladie.

 

Pour quelqu’un qui a pu accompagner un proche face à une maladie, tout ce que raconte Mathias Malzieu raconte fait ressurgir des souvenirs souvent douloureux : coup de téléphone du laboratoire qui annonce de mauvaises nouvelles, coup de poing du diagnostic, besoin de protéger ses proches et de tenter de donner le change, soins douloureux et longs, rechutes, peur de la mort qui rôde… Mais aussi espoir de guérir, gentillesse et soutien du personnel médical et infirmier, humour et poésie pour braver le destin à travers de tous petits actes héroïques.

 

Un témoignage bouleversant et un peu fou qui remet face à la réalité et qui fait réfléchir à l’essentiel dans la vie. 

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La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre

« La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre » d’Alain Gillot, éditions Flammarion

 

Résumé : Antoine, 42 ans, a un métier qui consiste en la retouche de scénarios, surtout dans l’urgence. C’est ainsi qu’il va partir de Paris pour se rendre dans le sud, afin de modifier un scénario. Il va devoir couper des scènes, et c’est à partir de ce moment-là que sa vie va basculer. Emma, une jeune femme qui devait jouer dans une scène supprimée, va le rejoindre sur le court de tennis, pour lui donner une gifle magistrale. Et elle va l’entraîner bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer…

 

Mon avis : J’ai lu ce livre dans le cadre d’un « Masse critique » spécial, et j’ai demandé ce roman par curiosité vis-à-vis de son titre et de son résumé. J’en profite d’ailleurs pour remercier Babelio et les éditions Flammarion pour m’avoir permis de le lire.

 

On se retrouve en compagnie d’Antoine, quarantenaire, qui vit en couple avec Cécile, mais sans passion. Antoine a un métier qui consiste à retoucher des scénarios lorsque des producteurs l’appellent en raison de différentes contraintes, souvent budgétaires. Antoine n’a pas vraiment d’ambition, il est satisfait de la vie qu’il mène, discrète et sans nouveauté. Il part quelque part en France modifier un scénario, va jouer au tennis, et se contente de vivre la vie comme elle vient, sans s’impliquer personnellement et émotionnellement.

 

Mais toute sa philosophie de vie va être mise en mal, quand il va croiser la route d’Emma, qui va lui mettre une gifle pour avoir enlevé la scène où elle jouait. A partir de ce moment, Antoine ne va plus se reconnaître lui-même.

Mû par la culpabilité, ou par un sentiment qu’il n’ose pas nommer, il va proposer son aide à Emma, et se retrouver embarqué dans une aventure où il va boire la tasse, froisser de la tôle, et croiser des personnes étonnantes qui vont bouleverser sa façon de voir la vie.

Antoine porte une armure pour ne pas être touché par les sentiments, refuse de tomber amoureux d’Emma qui pourrait être sa fille. Mais sa carapace va se fissurer au hasard des endroits et des rencontres, et il va devoir faire face à lui-même et à son passé. Il va devoir chercher au plus profond de lui-même pour arrêter de se cacher la vérité.

 

J’ai trouvé que les thèmes de l’histoire (rencontre amoureuse, quête de soi) étaient intéressants.

 

Par-contre, j’ai trouvé que l’auteur les traitait de façon trop conventionnelle, avec trop peu de profondeur, et en utilisant un schéma trop classique, celui de l’homme qui va remettre en cause toutes ses certitudes à partir d’une rencontre. Rencontre d’ailleurs trop annoncée dès le début, comme si l’histoire d’amour était écrite par avance, la mystérieuse inconnue nageant dans la mer étant la jeune femme qui allait le gifler. J’ai trouvé que cela était trop prévisible.

 

Mais l’ensemble s’améliore à partir du moment où Antoine va commencer à écouter son instinct au lieu de sa raison, et sortir de la routine. Et il est servi avec Emma, qui vit dans une famille avec des problèmes, et qui va l’aider à sortir de sa coquille, tout en le poussant à se plonger en lui-même, en quête d’un passé qui l’empêche vraiment de vivre.

 

Un avis en demi-teinte, donc.

La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre
La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre

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Méditer en tout lieu, à tout moment

« Méditer en tout lieu, à tout moment » de Cindy Chapelle, éditions Jouvence, collection Les Pratiques Jouvence

 

Résumé : Un guide pour apprendre à prendre conscience de l’instant présent, et être attentif à l’ici et maintenant, quels que soient les moments et les situations : au réveil, en famille, au travail, en cuisinant, dans les transports…

 

Mon avis : Ce petit guide pratique a été écrit par la sophrologue Cindy Chapelle, qui partage ses conseils pour apprendre à méditer.

 

Elle fait référence à la méditation de pleine conscience ou mindfulness, et explique qu’elle proposera deux types de méditations pour toutes les situations : l’une qu’elle qualifie de « flânerie méditative » qui consiste à ralentir et à prendre conscience de ce que l’on fait, ressent, entend, et la méditation proprement dite, qui nécessite de s’installer dans un endroit calme, et de prendre une posture méditative.

 

Après avoir présenté les effets positifs de la méditation et donné des conseils pour apprendre à méditer, elle propose différentes méditations en fonction des heures de la journée, de l’endroit où on se trouve, des activités ou des situations : au réveil, au travail, à la pause déjeuner, dans les transports, en cuisinant, en famille, en situation de stress, en bougeant.

 

Pour chacun des chapitres, elle propose la même structure, qui permet au lecteur de mettre en place des routines de méditation : un exercice pour réfléchir à son niveau de conscience, des flâneries méditatives à tester, des pistes pour progresser, des méditations plus approfondies, des pistes d’inspiration pour chaque situation.

 

Avec la répétition, le lecteur est encouragé à ancrer en lui des habitudes de méditation et à en faire une routine, qui l’aide à canaliser ses pensées.

 

S’il fallait retenir quelques éléments pour apprendre à méditer, ce seraient l’attention à ce qui est ici et maintenant sans jugement, se recentrer sur sa respiration, écouter son monde intérieur, ainsi que le monde extérieur, ralentir, et lâcher prise.

 

Un guide centré sur l’aspect pratique, avec des conseils à mettre en oeuvre immédiatement, à destination des personnes qui connaissent déjà le sujet, ou qui désirent se mettre tout de suite à la pratique.

 

Merci aux éditions Jouvence et à Babelio et son opération Masse critique pour m'avoir fait découvrir ce livre.

                        

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Devenir zen pour les nuls en BD

« Devenir zen pour les nuls en BD » de Leslie Plée, éditions Delcourt et First Editions.

 

Je connaissais la collection « Pour le nuls » depuis longtemps, mais je ne connaissais pas le format BD.

Et le titre de celui-ci m’a attiré, tout autant que l’illustration et son humour caustique. Je me suis laissée tentée pour mon plus grand plaisir !

L’auteur, Leslie Plée, se met en scène dans cette BD, aidée de deux personnages qui vont l’aider à être plus zen. Elle va cohabiter avec Fleur d’hibiscus, jeune femme yogi et très zen, et avec Léa, qui va devenir son coach sportif. Ces deux personnes vont l’encadrer pour lui donner des conseils et l'aider dans sa recherche de plénitude.

Et bien sûr, rien n’est gagné, car Leslie est hyper super méga stressée et névrosée, et la zen attitude est bien éloignée de son quotidien !

Elle va découvrir et tester différentes méthodes que le lecteur pourra tester à son tour afin de découvrir ce qui lui correspond le mieux : psychologie positive, méditation, relaxation, yoga, tai chi, sport, massage, sophrologie. Chaque méthode ou technique est expliquée simplement et permet du coup de se faire une véritable idée de ce que c’est, sans vocabulaire compliqué.

Je me suis reconnue dans certaines situations stressantes, et l’humour de Leslie Plée permet de dédramatiser les pires situations. J’ai adoré sa façon de de dessiner et les couleurs et encres employées, très « flow ».

Une belle réussite à conseiller aux personnes stressées que l’on connaît pour les aider tout en apportant une belle note d’humour. On apprend plein de choses sur les différentes méthodes, et Leslie avec son humour ravageur, prend en compte beaucoup de situations qu’elle semble avoir testé pour le meilleur !

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Mange, prie, aime

Mange, prie, aime

Voici la dernière chronique concernant mes lectures de vacances, ensuite, je reviendrai avec d'autres critiques jeunesse !

« Mange, prie, aime » d’Elizabeth Gilbert, éditions Le livre de poche

Résumé : Elizabeth comprend lorsqu’elle aborde la trentaine qu’elle ne veut pas avoir d’enfant avec son mari et que sa relation avec ce dernier ne lui convient plus. Elle décide alors de mener le parcours du combattant en divorçant. En même temps, elle se remet en cause et décide de se consacrer une année pour s’occuper d’elle-même et apprendre à mieux se connaître et mieux se comprendre afin de vivre pleinement sa vie. Elle va alors partir en Italie, en Inde et en Indonésie.

Mon avis : J’avais entendu beaucoup de bien de ce livre qui a été ensuite adapté au cinéma avec Julia Roberts dans le rôle principal. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans les traces des pas (autobiographiques) d’Elizabeth Gilbert. Et je n’ai pas été déçue du voyage !

Le récit est organisé en trois parties, correspondant aux trois pays où Elizabeth va partir, et chaque partie est à son tour divisée en 36 chapitres, pour en total de 108 chapitres qui correspondent au nombre de perles d’un japa mala, chapelet bouddhique utilisé pour les prières. On comprend donc dès le début que ce livre est placé sous l’égide de la réflexion et de la prière.

Mais pas seulement, car lors de son séjour en Italie, Elizabeth va éprouver la joie de se laisser vivre tout simplement, mangeant de magnifiques spécialités culinaires italiennes, accompagnées de glaces, sans penser aux calories, prenant seulement plaisir à savourer ses repas. Cette quête sera celle des plaisirs de la vie.

Ensuite, elle va se rendre dans un ashram en Inde pour partir en quête de Dieu et de spiritualité. Elle va y vivre des moments intenses et forts, faire face à sa propre détresse pour la méditation ou dans un mantra, pour finir par se révéler et comprendre sa propre nature.

Enfin, elle va aller en Indonésie retrouver un sorcier qui lui avait prédit son retour et proposé son aide pour la méditation. Elle va y rencontrer l’amour et aussi l’équilibre.

J’ai vraiment bien aimé cet ouvrage où une femme met à nu ses émotions, ose montrer ses peurs et sa tristesse, et se lance dans une aventure qui va lui faire visiter des pays très différents des Etats-Unis.

Elle va y faire des rencontres qui vont l’aider à progresser dans sa quête spirituelle, se trouver et se sentir enfin elle-même.

Il y a bien sûr par certains moments une vision un peu trop américaine du monde, une tendance à parfois trop détailler sans cesse ses états dépressifs, mais on pardonne bien volontiers à l’auteur, qui va, à travers son périple, accéder à son moi intérieur et à plus de sagesse.

Un livre témoignage intéressant pour les personnes en quête de spiritualité et d’évasion.

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Le Lecteur de cadavres

Le Lecteur de cadavres

« Le Lecteur de cadavres » d’Antonio Garrido, éditions Le Livre de Poche

Résumé : Cí Song est un jeune homme promis à un riche destin dans l’académie de médecine. Mais les coups du sort vont se multiplier : son père doit quitter son emploi de comptable dans la ville de Lin’an pour retourner à la campagne faire le deuil du grand-père, Cí se retrouve à devoir travailler la terre sous les ordres d’un frère humiliant au lieu de poursuivre ses études à l’université…

Aussi lorsque son ancien maître vient leur rendre visite au moment où Cí retrouve le corps d’un homme assassiné, ce dernier participe à l’analyse du corps pour essayer de retrouver le coupable. Et lorsque le coupable est dévoilé, la vie de Cí en est bouleversée à tout jamais.

Il va devoir fuir pour survivre. Arrivera-t-il à réaliser ses rêves ?

Mon avis : J’ai bien aimé ce roman richement documenté qui se déroule dans la Chine du XIIIème siècle. D’ailleurs, l’auteur présente à la fin ses sources bibliographiques, et donne la notice biographique de Cí Song, connu comme étant le premier médecin légiste de l’histoire. A partir de là, il a réalisé cette histoire autour de ce personnage.

Dès le début, le lecteur est plongé au cœur de la Chine impériale du Moyen Age, avec ses nombreux rites, codes et vicissitudes. Cí va affronter un destin douloureux et difficile, qui va lui montrer la noirceur de l’âme humaine, lui faire rencontrer la misère la plus absolue, mais aussi la haine, l’ambition démesurée, l’appât effréné du gain et la mort. Il va d’ailleurs côtoyer très souvent la mort, de par son intérêt pour la « lecture des cadavres », comme dans sa vie personnelle. Il va douter de tous ceux qu’il va croiser, même des membres de sa propre famille. Sa droiture et son honnêteté vont souvent lui poser problème, tout comme les mensonges qu’il va devoir proférer pour sauver sa vie.

Cí va être précurseur dans le domaine de la médecine légale, il va faire des propositions pour examiner avec méthode les cadavres, définir les causes possibles des blessures. Mais cette soif de connaissance, lié à sa capacité de lire les cadavres, sont à la fois un don et en même temps une malédiction, qui vont l’emmener jusqu’au plus profond de la noirceur de l’âme humaine et de la trahison. Sa vie sera semée d’embûches et d’épreuves douloureuses qui vont le meurtrir et le marquer profondément.

Une lecture qui plaira aux passionnés de la Chine médiévale, à ceux qui aiment lire des biographies romancées de qualité, et enfin à tous ceux qui aiment les enquêtes retorses avec un retournement final.

Dans mon cas, j’avais découvert qui pouvait être le traître à l’origine de bien des événements, mais sans en comprendre les motivations.

Petit bémol : le résumé en quatrième de couverture en dit trop, ce qui fait qu’il y a beaucoup de coups de théâtre et de revirements qui ont déjà été annoncés, empêchant le lecteur d’être surpris vu que le résumé les annonçait.

Je vous conseille donc de lire ce livre sans regarder la quatrième de couverture pour garder un peu de mystère.

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La soledad

La soledad

« La soledad » de Natalio Grueso, éditions Presse de la Cité

Résumé : Bruno Labastide vit désormais à Venise, en solitaire. Il y rencontre un jour Keiko, une jeune japonaise, dont il tombe irrémédiablement amoureux. Pour la séduire et obtenir une nuit d’amour fou, il n’y a qu’une seule possibilité, l’émouvoir par l’écriture. Bruno va alors inventer ou se remémorer des histoires.

Mon avis : J’ai d’abord été attirée par la couverture du roman, et interpellée par son titre mélancolique. La solitude est visible sur la couverture, avec la disproportion entre un imposant éléphant qui semble avoir vécu et être marqué par ses expériences, et la petite fille solitaire qui le mène.

Cette photo de couverture est peut-être le symbole de la rencontre entre Bruno, aventurier qui a bourlingué à travers le monde et en est sorti marqué, et Keiko, jeune femme qui l’attire, mais qui ne le regardera qu’au moment où il saura l’émouvoir.

Dans ce roman, tout commence avec Bruno, qui tombe amoureux de Keiko, et doit la séduire par des mots qui viennent vraiment du cœur. Alors, il s’invente ou se rappelle des histoires, lui qui a tant inventé de mensonges dans sa vie. Les histoires vont alors s’enchaîner et s’emboîter les unes dans les autres, comme des poupées gigognes, liées par des personnages réels ou imaginaires qui passent le relais des récits.

Porté par les mots, on croisera un prescripteur de livres bibliothérapeuthe, un commentateur sportif qui va ruiner sa vie par amour pour son grand-père, un riche homme solitaire qui créé un impôt sur les mots tandis qu’un jeune garçon amoureux va réussir à transgresser cette loi, un chasseur de rêves, un garçon au pied gauche en or, découvrir dans le désordre quelques épisodes de la vie de Bruno entre profits mal acquis, arnaques et rencontres.

Les mots de Natalio Grueso tissent la solitude, incarnent l’amour et les sentiments et finalement lient les hommes entre eux, souvent à leur insu. Leur trame fait apparaître la solitude, même au milieu des autres, montre les aspects négatifs des hommes par certains côtés, mais aussi positifs et emplis d’amour par d’autres, présente des femmes fatales qui vont déterminer le destin, parle d’aventure, de football, et bien sûr d’écriture et de mots. A la fin, dix mots vont permettre à l’histoire de se terminer, et au lecteur de retrouver sa solitude après avoir été invité à parcourir le chemin d’autres vies.

Un beau roman, poétique jusque dans sa façon de montrer les bassesses et les douleurs des hommes, et finalement glorifiant le sentiment amoureux qui permet de garder une touche d’espoir. Et qui met les mots et l’écriture au cœur de son histoire, provoquant émotions et réactions chez le lecteur.

Une belle découverte de la rentrée littéraire. Merci à Babelio et son opération Masse critique, ainsi qu’aux éditions des Presses de la Cité.

Quelques extraits :

  • « en plus, avec l’impôt sur les mots, il parlait de moins en moins aux siens, et, comme pris dans une sorte de spirale, à force de moins se parler, ils avaient chaque fois moins de choses à se dire »
  • « Tel est peut-être le grand mal de notre temps, le fait que tout le monde pense avoir le droit de tout juger, d’avoir une opinion sur tout en ne disposant que d’une infime partie des faits, comme le marin bouffi d’orgueil qui méprise l’iceberg sans savoir ce qui se trouve en dessous. »
  • « La seule chose qu’il comprit clairement, c’est que l’être humain peut être d’une cruauté diabolique, et qu’à la fin chacun reste seul et désemparé sous les étoiles, si magnifiques soient-elles. »
  • « Toute une vie à attendre des mots qui ne viennent jamais, pendant que d’autres se censurent par lâcheté. »
  • « Les choses ne se déroulèrent pas comme il l’avait escompté, comme tant de fois par le passé, la vie est ainsi, elle est indomptable. »

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Ça peut pas rater !

Ça peut pas rater !

« Ça peut pas rater ! » de Gilles Legardinier, éditions Pocket

Résumé : Après 10 ans de vie commune, Marie se fait quitter par Hugues de façon très malpropre : il lui donne une semaine pour quitter l’appartement car il va y faire venir sa nouvelle petite amie beaucoup plus jeune. C’en est trop pour Marie qui sent la rage et la haine monter : elle décide de se venger et d’en faire baver à tous les hommes. Mais soudain, elle reçoit une mystérieuse lettre d’un inconnu qui dit l’aimer. Marie se laissera-t-elle tenter ?

Mon avis : Encore un très bon roman « feel good » de Gilles Legardinier qui fait du bien au cœur et à l’âme !

Le début semble pourtant mal parti avec Marie qui finit à l’eau à cause de sa rupture et décide de faire de l’homme une espèce à abattre ! Alors, lorsque son patron lui demande de présenter au personnel de l’entreprise des avenants de contrats très réducteurs pour les droits de tous, Marie va sortir de sa torpeur et de sa discrétion pour dire à voix haute ce que beaucoup pensent tout bas !

A partir de ce moment, Marie semble prendre son destin en main, même si la lettre d’amour reçue d’un inconnu la trouble profondément. Avec sa meilleure amie Emilie, elle recherche qui dans son entourage du travail ou de son habitation pourrait en être l’auteur. Elle va passer de l’un à l’autre, faisant beaucoup de suppositions. Mais bien sûr, c’est loin d’être simple !

Ce roman est plein de rebondissements improbables, de rencontres incroyables qui montrent qu’il faut aller au-delà des apparences pour vraiment connaître quelqu’un, que la vie vaut la peine d’être vécue, et que l’amour est toujours possible.

On y croisera une fée aux ailes cassées, un lapin et ses laxatifs, un chat au nom de médicament, un concierge original, une vieille dame attendant chaque matin son mari…

L’héroïne est pleine d’humour et de pep’s, est capable de se retrouver dans les pires situations, mais commence à en savoir un peu plus sur la vie grâce à ses rencontres avec les autres qui vont lui permettre de savoir ce qu’elle veut vraiment et de prendre son destin en main.

Un roman que j’ai lu d’une traite pendant mes vacances, oscillant entre rire et émotion retenue.

Un roman qui fait du bien, et qui montre que des petits miracles peuvent permettre d’aller mieux si on accepte de faire confiance aux bonnes personnes.

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Du temps pour soi : Conquérir son espace intime

 Du temps pour soi : Conquérir son espace intime

« Du temps pour soi : Conquérir son espace intime » du Pr Laurent Schmitt, éditions Odile Jacob

Le professeur Laurent Schmitt est professeur de psychiatrie à l’université de Toulouse. Dans cet ouvrage, il pose la problématique du temps intime.

Il aborde le « mal du temps » dans notre société, et présente diverses pathologies et maladies par rapport au temps à travers différentes thématiques : être réglé comme une horloge, être tout le temps pressé, être toujours en décalage, trop en avance ou trop en retard, le paradoxe de la recherche de plus de temps libre et la volonté de tuer le temps qui ennuie, le temps passé sur Internet sur les réseaux sociaux ou les jeux vidéo, le rapport au temps du téléphone portable, les jeux, les vacances, les achats, les drogues, l’amour, les passions, la performance sportive, l’hypocondrie, les troubles de l’adaptation, la mélancolie et l’ennui, l’approche de la mort, la religion.

Il termine en interrogeant sur les possibilités de traitement des maladies du temps libre, et enfin il propose quelques pistes pour retrouver une certaine intimité avec notre temps.

En lisant le résumé de cet ouvrage, je m’attendais plutôt à ce que l’auteur pose quelques bases, et fasse ensuite des propositions détaillées avec des exemples.

En fait, il n’en est rien. Les propositions pour reconquérir son temps personnel arrivent à la fin et tiennent en moins de 10 pages. Pendant tout le reste de l’ouvrage, les différentes composantes des maladies liées au temps qui passe et qui fait peur sont détaillées. Le professeur présente les différents troubles et maladies liées au temps, présentant quelques témoignages et faisant beaucoup de références littéraires aux écrivains qui ont pu exprimer ces différents mal-être.

Je me suis forcée à lire ce livre jusqu’au bout, mais il ne me correspond pas du tout, l’auteur faisant plus un essai psychiatrique truffé de références littéraires plutôt qu’un guide pour aider les personnes qui ressentent le besoin de mieux vivre leur temps.

Ce livre faisait partie de la pochette surprise "feel good" proposée par ma médiathèque pendant les vacances d'été.

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