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Articles avec #masse critique babelio catégorie

Max et la grande illusion 

« Max et la grande illusion » d’Emanuel Bergmann, éditions Belfond, collection Littérature étrangère

Résumé : Début du XXème siècle, un petit garçon juif, Mosche Goldenhirsch, naît à Prague. Il deviendra plus tard le grand illusionniste Zabbatini. Début du XXIème siècle, Max, 10 ans, vivant à Los Angeles, apprend que ses parents vont divorcer. En découvrant par hasard un vieux disque vinyle présentant des sortilèges du Grand Zabbatini, dont Le sortilège de l’amour éternel, il décide de partir à la recherche de ce magicien pour qu’il l’aide à réconcilier ses parents, et qu’il y ait de nouveau de l’amour entre eux…

Mon avis : Tout d’abord, merci aux éditions Belfond et à Babelio de m’avoir proposé de lire ce roman de la rentrée littéraire en avant-première.

Dès le début, on se retrouve happé par l’histoire, qui commence comme une sorte de fable où la vie et la mort vont se disputer le premier rôle.

Le roman débute par le « miracle » de la naissance de Mosche, qui sera vite terni par les aléas de la vie, et tout finit par un autre miracle, que le lecteur découvre à la fin.

Mosche est un enfant juif, qui naît dans la ville de Prague à la fin de la Première Guerre mondiale. Elevé par un père rabbin, mais dont la paternité n’est pas sûre, il ne sait pas ce qu’il fera plus tard, peu attiré par la religion. Lors d’une sortie avec un voisin au cirque, il va assister, et même participer à un spectacle de magie qu’il va trouver époustouflant, et qui va lui donner la vocation de devenir magicien à son tour. Dans une Europe où il ne fait pas bon être juif, il va se former pour devenir le Grand Zabbatini, célèbre mentaliste qui va avoir un succès fulgurant. Mais la trahison sur ses origines va l’amener à survivre dans les camps. A la fin de sa vie, il vivote dans une maison de retraire à Los Angeles.

C’est là qu’entre en scène Max, petit garçon qui voit ses parents divorcer, et souhaite les voir retrouver l’amour. Il découvre, grâce à un disque, que le Grand Zabbatini pourrait l’aider grâce à ses dons, et il décide de partir à sa recherche, s’il est encore en vie.

Les chapitres alternent entre le point de vue d’un narrateur externe au début, puis de Mosche et de Max. L’histoire, qui semble au début relier des êtes différents, va finalement les faire se rapprocher, et bien plus qu’on n’aurait pu le supposer.

La petite et la grande histoire vont se croiser, entre antisémitisme, avènement du parti nazi au pouvoir ou déportation. Les camps de concentration semblent être une sorte de fil rouge, qui va permettre de relier les destins de Max et de Mosche.

A la lecture de ce roman, tour à tour glaçant, drôle, triste, touchant et émouvant, on assiste à une sorte de parabole de la vie, où magie, illusions, amour et destin vont se croiser.

Perd-on obligatoirement ses illusions en grandissant, ou peut-on garder sa capacité d’émerveillement. ?

Ce roman va prouver que la perte des illusions et de la foi en l’homme peut malgré tout être le terreau d’une vie qui prend sens, même sur le tard. Les hommes on viscéralement besoin de croire en la magie, de s’émerveiller, pour croire en la vie, laisser se dissiper le voile de tristesse qui peut les étreindre, et parfois, des miracles qu’on ne voit pas finissent par arriver.

Un roman de plus en en plus intense, qui ne vous laissera pas indifférent, et vous fera parcourir la piste aux étoiles.

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Lotto Girl 

« Lotto Girl » de Georgia Blain, éditions Casterman

Résumé : Fern vit dans un monde séparé entre riches et pauvres. Les riches peuvent se permettre de choisir le patrimoine génétique de leurs enfants, tandis que les pauvres doivent travailler dans de difficiles conditions, sans espoir d’un monde meilleur pour leurs enfants. Sauf tous les 7 ans, quand des familles sont tirées au sort, et que les gagnantes peuvent choisir les avantages génétiques pour leurs enfants : beauté, talent dans un domaine, santé… C’est comme cela que Fern est née, elle est une Lotto girl, une fille de la loterie, et promise à une bonne éducation et un bel avenir. En tout cas, c’est ce qu’elle croyait jusque-là…

Mon avis : Quand Babelio m’a envoyé un mail pour me proposer ce roman, j’ai tout de suite dit oui, attirée aussi bien par la couverture, que par l’extrait en quatrième de couverture, qui était intrigant.

J’en profite d’ailleurs pour remercier Babelio pour cette opération Masse critique spéciale, ainsi que les éditions Casterman.

Fern, narratrice de l’histoire, est une Lotto Girl, une jeune fille qui a la chance de pouvoir faire des études dans un lieu privilégié, et promise à un bel avenir. Elle adore tout ce qui concerne les plantes, et aime tout e qui est en lien avec la communication, ce qui correspond à ce que ses parents souhaitaient pour elle. Très jeune, elle a été séparée de ses parents pour se rendre à l’école, et elle y va sans aucun regret, ce qui n’est pas forcément le cas des autres Lotto Girls qu’elle va y rencontrer, notamment Ivy qui se sent en décalage total et veut retourner dans sa famille. Elle va sympathiser aussi avec Wren et Lark, deux autres Lotto Girls.

Ces éléments du passé, le lecteur les connaît grâce aux confidences de Fern dans le Désert, sorte de réseau virtuel où de nombreuses données transitent.

Mais au début du roman, le lecteur ne connaît rien sur Fern, pas même sa vraie identité, et tout comme elle, s’interroge sur sa présence dans un endroit très pauvre, pollué, où les gens doivent travailler dans le tri des déchets pour pouvoir gagner des données à échanger contre de l’eau et de la nourriture.

L’auteur a fait le choix d’alterner dans chaque chapitre présent et passé, permettant peu à peu de reconstituer le puzzle de la vie de Fern. Est-elle un pur produit issu de la génétique et de la société BioPerfect ? Dans ce cas, comment se retrouve-t-elle à vivre dans une décharge dans l’attente qu’on vienne la chercher ? Que sont devenues ses amies ? Peut-elle avoir confiance en quelqu’un ?

Les questions que se pose le lecteur foisonnent, et l’auteur réussit à seulement montrer ce qu’elle souhaite, laissant le lecteur découvrir peu à peu les différents pans d’ombre dans la vie de Fern.

Par ailleurs, ce roman permet de se demander quelle est la part de génétique et d’éducation dans la réussite ?  Qu’est-ce qui constitue l’identité de chacun ? Est-on uniquement déterminé par la génétique ou a-t-on la liberté et le choix ? Quelle société voulons-nous ? Le numérique permet-il plus de liberté ou nous aliène-t-il ? Peut-on vivre dans une société qui surveille les données de tout le monde ?

Fern va avancer dans la vie et faire ses propres choix, ouvrant ainsi le lecteur à différentes réflexions et interrogations.

Un roman très intéressant, mêlant science-fiction, aventure, et réflexion éthique et philosophique. J’ai vu avec regret que l’auteur était décédée en 2016, des suites d’un cancer du cerveau, ce qui prive ses lecteurs d’une suite, car j’ai trouvé la fin trop rapide, notamment en ce qui concerne le combat entre généticiens et opposants sur ce qui fait la réussite et le bon développement d’une personne.

 

 

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Un élément perturbateur

« Un élément perturbateur » d’Olivier Chantraine, éditions Gallimard

Serge Horowitz est un quadragénaire qui vit toujours chez sa sœur, se laisse porter par la vie et les événements, travaille juste le minimum et se laisse aller. Il est aussi hyponcondriaque, se rendant régulièrement à la pharmacie pour acheter diverses vitamines, minéraux et autres médicaments au cas où il lui arriverait quelque chose. Il travaille dans une entreprise de consulting, grâce à son frère, qui est ministre des finances.

Mais deux événements vont l’amener à devoir changer sa vision de la vie : il est irrésistiblement attiré par Laura, qui travaille dans la même équipe que lui et ne lui semble pas indifférente, et il va être pris d’épisodes d’aphasie, au cours desquels il ne peut pas sortir un seul mot, restant désespérément muet. C’est d’ailleurs ce qui va lui arriver au Japon au moment de boucler une affaire, il ne peut plus rien dire, et quand il retrouve l’usage de la parole, c’est pour dire la vérité et empêcher la transaction de se faire. Son patron exige alors qu’il se rattrape et fasse réussir la transaction. C’est à ce moment-là que Serge va comprendre que dans la vie, il faut avancer et faire des choix….

L’histoire est celle d’un homme qui s’est laissé aller depuis de nombreuses années, devenu presque un simple spectateur de sa vie, s’étant englué dans ses habitudes de vie. D’ailleurs, il ne va pas bien, même si lui-même ne s’en rend pas vraiment compte. Ses virées régulières à la pharmacie font le bonheur des laboratoires pharmaceutiques, car acheter divers produits lui permet de limiter les risques avant que ceux-ci n’arrivent vraiment, et lui donner l’impression d’être rassuré.

Mais un jour, son corps émet un avertissement en l’empêchant de parler, lui donnant un signal d’alarme. Bien sûr, Serge est hypocondriaque et va essayer de trouver des solutions en pharmacie, mais en vain. Car cette aphasie cache un mal plus profond, et va le mettre sur le chemin d’une prise de conscience de sa vie. Et il va aussi découvrir qu’il est tombé amoureux de Laura, sa collègue de travail, qui souffle le chaud et le froid avec ses sentiments, et que sa vie tranquille dans l’appartement de sa sœur pourrait aussi changer. En bref, beaucoup de changements pour quelqu’un habitué à sa tranquillité !

On se dit que cette intrigue va être porteuse, avec un héros banal qui va peut-être trouver un sens à sa vie, prendre conscience que ses idéaux bien enfouis en lui sont en contradiction avec son métier, et qu’il va devoir faire des choix de vie, et c’est le cas.

Mais le style d’écriture de l’auteur est par moments beaucoup trop familier, notamment lors des scènes d‘amour, alors que cela n’apporte rien à l’histoire, et l’appesantit au contraire. Par ailleurs, la transformation de Serge grâce à une chaîne de TV qui lui apporte une certaine sérénité arrive un peu trop rapidement, ouvrant certes des pistes sur sa transformation intérieure et un possible avenir, mais sans vraiment de travail sur lui-même.

On assiste à une sorte d’éveil de personnalité, grâce à l’amour et à la maladie, d’une personne qui était presque endormie dans ses habitudes de vie. Et sa conscience politique et éthique va parallèlement se réveiller, lui permettant également de réfléchir sur ses liens familiaux, notamment avec son frère ministre.

Par certains moments le déroulé de l’intrigue est trop prévisible, s’appuyant de façon trop visible sur l’actualité politique récente, et surfant également sur la vague du bien-être.

Un roman qui aurait mérité d’âtre approfondi, car j’ai trouvé que la transformation psychologique du personnage allait trop vite, parfois à la limite de la caricature. Mais on excuse l’auteur, car c’est un premier roman.

Merci à Masse critique de Babelio et aux éditions Gallimard de m’avoir fait découvrir ce roman de la rentrée littéraire en avant-première.

Un élément perturbateur
Un élément perturbateur

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La vie étoilée d’Ethan Forsythe

« La vie étoilée d’Ethan Forsythe » d’Antonia Hayes, éditions Autrement, collection Autrement Littérature

 

Résumé : Ethan a 12 ans et est passionné d’astronomie et de physique. Les planètes et les étoiles n’ont presque aucun secret pour lui, mais il a du mal à lier des liens avec les jeunes de son âge, surtout depuis l’adolescence, car ces derniers le trouvent « zarbi ». Sa vie va être bouleversée par le retour de son père, qu’il n’a jamais connu, et que sa mère veut tenir à l’écart de lui. Quel lourd secret ses parents lui cachent-ils ?

 

Mon avis : Un récit à plusieurs voix intense et émouvant.

 

On fait la connaissance d’Ethan, jeune garçon surdoué en ce qui concerne l’espace et la physique, mais qui rencontre des difficultés d’adaptation dans la vie au collège, où même son meilleur ami s’éloigne de lui. Depuis toujours, il vit seul avec sa mère, et n’a jamais connu son père. Les années passant, il s’interroge sur ce père dont il ne sait rien, regardant parfois les mains des hommes pour savoir s’il ne pourrait pas le reconnaître. Et voilà que son père fait irruption d’un coup dans sa vie, alors que sa mère voudrait qu’il ne sache rien et n’ait aucune relation avec lui. Il se découvre une passion commune avec lui : la physique. Mais comment nouer des liens avec cet homme inconnu qui a un terrible secret à cacher ?

 

La mère d’Ethan, Claire, ne veut plus jamais avoir à rencontrer Mark, son ex-mari, mais le destin va en décider autrement. Le père de ce dernier est mourant, et Mark va revenir dans la ville de Claire pour le revoir. Il ne va pas pouvoir résister à la tentation de revoir Claire, ainsi qu’à celle de faire connaissance de son fils. En le revoyant, Claire est prise de sentiments ambivalents : elle lui veut toujours de ce qu’il a fait 12 ans auparavant, et en même temps ressent toujours de l’amour pour lui. Et elle a peur pour son fils.

 

C’est au moment où Ethan va avoir un malaise et qu’il va être hospitalisé, que passé et présent vont se cristalliser, et qu’Ethan va partir à la recherche des secrets du passé, tout en explorant les immenses possibilités de son cerveau.

 

Il est impossible d’en dire plus sur ce roman sans trop en dévoiler. Les voix d’Ethan, de Claire et de Mark vont alterner dans ce roman, faisant le lien entre les constellations de l’histoire. Il sera question de secret qu’on se cache même à soi-même, d’enfant surdoué, de maladie, de la difficulté d’être parent, des choix de vie qu’on fait ou qui sont imposés, d’étoiles, de gravité, de passé, de présent, de futur et de pardon. Les révélations sont assez étonnantes, car comme Claire, le lecteur s’est mis à douter par rapport à Mark, et commence à se dire que tout était peut-être faux. Comme le résumé l’indiquait, ce roman est vraiment dans la lignée du « Bizarre incident du chien pendant la nuit » qui mettait en scène un enfant autiste, et qui était surdoué dans un domaine, et de « Nos étoiles contraires » où la maladie était prégnante, mais où l’amour était au centre de l’histoire.

 

Un roman fort, qui fait réfléchir sur les liens familiaux, le pardon, l’amour, et est une véritable invitation à lever la tête vers les étoiles.

 

Merci à Babelio et son opération Masse critique, ainsi que qu’aux éditions Autrement, pour m’avoir fait découvrir ce beau roman.

 

Quelques extraits :

 

- « Avant que votre cerveau ne puisse déchiffrer ce que l’on est en train de vous dire, vous savez que quelque chose ne va pas. Et le temps que vous réagissiez, il est déjà trop tard. Parce qu’une fois que vous avez entendu ces mots, un événement se met en mouvement, à partir duquel tout est bouleversé. »

 

- « Mais peut-être qu’Ethan avait raison au sujet du voyage dans le temps : nous ne pouvons pas changer ce qui s’est déjà produit, mais nous pouvons encore changer le futur. »

La vie étoilée d’Ethan Forsythe
La vie étoilée d’Ethan Forsythe

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Le plus beau reste à venir

« Le plus beau reste à venir » d’Hélène Clément, éditions Albin Michel

 

Résumé : A la mort accidentelle de son père, Raphaël Verdier doit appeler trois personnes qui ont beaucoup compté pour son père, et qui ont reçu son aide il y a quelques années. Leur arrivée va bouleverser le cadre tranquille de sa vie et lui faire se rappeler ses années lycée. Son père avait en effet apporté son soutien à Gustave, Rose et Malllory, trois jeunes différents, mis à l’écart, avec qui Raphaël va passer par toutes les émotions, mais dont il va se séparer après le bac.

 

Mon avis : Ce roman est construit avec des allers-retours entre les années lycée (1996-1999) et l’époque du décès du père de Raphaël, en 2010.

 

Tout commence par le décès de Michel Verdier, ancien professeur au lycée. Son fils se retrouve à devoir écrire son avis de décès, et surtout à téléphoner à trois anciens amis, pris sous l’aile de son père, et avec qui il a coupé les ponts.

 

 A leur arrivée, il va passer par toutes sortes d’émotions, et surtout revenir dans le passé, à la fin des années 90, pendant le lycée. On y découvre alors un Raphaël adolescent, emménageant dans une nouvelle ville, et bien décidé à se faire des amis, loin des années collège et de sa maladie cardiaque qui l’a mis à part des autres et rendu solitaire.

 

Son père, professeur au lycée, remarque trois élèves, Gustave, Mallory et Rose, qui sont à part dans le lycée, voire harcelés, et qui rencontrent des difficultés dans leur vie personnelle. Il leur offre alors les clés d’une grange, endroit où ils pourront se réfugier et préparer leur avenir. Raphaël a aussi le droit de s’y rendre, mais il va devoir pour cela mériter l’amitié du trio, qu’il dédaigne au début.

 

Des liens vont se nouer entre des quatre personnages, mélange d’amitié, d’amour, de respect, de jalousie… Peu à peu, leurs liens vont se resserrer, mais l’univers impitoyable du lycée va faire voler en éclat certains moments précieux que vous découvrirez en lisant ce roman.

 

Du coup, l’émotion est forte quand ils se réunissent à nouveau dix ans après, à l’occasion de la mort de leur mentor, père de Raphaël.

 

J’ai trouvé ce premier roman très bien écrit, les personnages bien campés et l’histoire m’a happé. Je me suis attachée à Gustave, Rose, Raphaël et Mallory, peut-être parce qu’ils ont vécu leurs années lycée environ à la même époque que moi, que la figure du professeur, Michel Verdier, m’a touchée, et que la mort peut réunir des êtres séparés qui vont enfin avoir l’occasion de se retrouver, et peut-être de faire du bien entre eux et autour d’eux.

 

Chaque personnage est intéressant : Gustave et ses rêves de théâtre, et qui subit des moqueries en raison de ses deux mamans, Rose qui est malheureuse dans sa famille qui la rejette, mais qui est une parfaite cuisinière, Mallory qui vit avec son père alcoolique et essaye de le protéger, Raphaël, l’ado qui se perd en cherchant des amis, Michel Verdier, un professeur comme tout le monde en voudrait car il croit en ses élèves, Suzanne Verdier, avec son immense cœur.

 

Le tout sur des airs de Goldman, qui me pousse à dire que ces personnages « changeaient la vie ».

 

A lire pour se faire du bien au moral et croire en la vie, surtout quand tout paraît désespéré, car « le plus beau reste à venir ».

 

Merci à Babelio et son opération Masse Critique, ainsi qu’aux éditions Albin Michel, pour cette belle découverte.

 

Un extrait : « Il sait que la vie est merveilleuse alors la sienne le restera. Le bonheur a des conditions, mais c’est surtout un état d’esprit et personne ne l’a mieux compris que lui. »

 

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Brelin de la lune

« Brelin de la lune » de Kochka, illustration de Charles Dutertre, éditions Oskar

 

Résumé : Brelin n’est pas un enfant tout à fait comme les autres, car il est autiste. Sa passion, c’est la lune qu’il aime bien contempler. Alors, un jour, il va partir en direction de la lune. Comment sa famille va-t-elle pouvoir le retrouver ?

 

Mon avis : Un magnifique album qui met en scène Brelin, un petit garçon né un peu plus tôt que prévu, et qui est marqué du sceau de la lune dès sa naissance.

Mais rapidement, ses parents se rendent compte qu’il ne grandit pas tout à fait comme les autres enfants. Il est autiste. Il y a des moments où il s’amuse à se cacher et à rêver, et d’autres où il fait beaucoup de bruit et de musique. C’est donc difficile à suivre pour son grand frère, mais il l’aime malgré tout énormément. Et le jour où Brelin disparaît, happé par son projet de se rendre sur la lune, son grand frère va devoir se mettre à sa place et réfléchir comme lui pour retrouver ses traces.

 

Un bel album aux couleurs jaune comme la lune et bleu foncé comme la nuit, qui permet de parler de la différence, et de comprendre ce qu’est l’autisme, à hauteur d’enfant.

Brelin n’est pas comme les autres, son trouble autistique peut parfois rendre son comportement pénible en famille, mais il a une fascination pour la lune qui le transporte et lui fait écrire des poèmes. Ce qui est considéré comme une maladie en Europe, est transformé en don de sorcier pour sa grand-mère africaine, permettant de montrer que chacun possède plusieurs facettes, et détient aussi une magie personnelle.

 

Un album plein de douceur et d’émotion toute en retenue, à mettre entre les mains des plus jeunes.

 

Merci à Babelio et son opération Masse critique jeunesse et aux éditions Oskar pour cette belle découverte !

 

Brelin de la lune
Brelin de la lune

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La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre

« La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre » d’Alain Gillot, éditions Flammarion

 

Résumé : Antoine, 42 ans, a un métier qui consiste en la retouche de scénarios, surtout dans l’urgence. C’est ainsi qu’il va partir de Paris pour se rendre dans le sud, afin de modifier un scénario. Il va devoir couper des scènes, et c’est à partir de ce moment-là que sa vie va basculer. Emma, une jeune femme qui devait jouer dans une scène supprimée, va le rejoindre sur le court de tennis, pour lui donner une gifle magistrale. Et elle va l’entraîner bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer…

 

Mon avis : J’ai lu ce livre dans le cadre d’un « Masse critique » spécial, et j’ai demandé ce roman par curiosité vis-à-vis de son titre et de son résumé. J’en profite d’ailleurs pour remercier Babelio et les éditions Flammarion pour m’avoir permis de le lire.

 

On se retrouve en compagnie d’Antoine, quarantenaire, qui vit en couple avec Cécile, mais sans passion. Antoine a un métier qui consiste à retoucher des scénarios lorsque des producteurs l’appellent en raison de différentes contraintes, souvent budgétaires. Antoine n’a pas vraiment d’ambition, il est satisfait de la vie qu’il mène, discrète et sans nouveauté. Il part quelque part en France modifier un scénario, va jouer au tennis, et se contente de vivre la vie comme elle vient, sans s’impliquer personnellement et émotionnellement.

 

Mais toute sa philosophie de vie va être mise en mal, quand il va croiser la route d’Emma, qui va lui mettre une gifle pour avoir enlevé la scène où elle jouait. A partir de ce moment, Antoine ne va plus se reconnaître lui-même.

Mû par la culpabilité, ou par un sentiment qu’il n’ose pas nommer, il va proposer son aide à Emma, et se retrouver embarqué dans une aventure où il va boire la tasse, froisser de la tôle, et croiser des personnes étonnantes qui vont bouleverser sa façon de voir la vie.

Antoine porte une armure pour ne pas être touché par les sentiments, refuse de tomber amoureux d’Emma qui pourrait être sa fille. Mais sa carapace va se fissurer au hasard des endroits et des rencontres, et il va devoir faire face à lui-même et à son passé. Il va devoir chercher au plus profond de lui-même pour arrêter de se cacher la vérité.

 

J’ai trouvé que les thèmes de l’histoire (rencontre amoureuse, quête de soi) étaient intéressants.

 

Par-contre, j’ai trouvé que l’auteur les traitait de façon trop conventionnelle, avec trop peu de profondeur, et en utilisant un schéma trop classique, celui de l’homme qui va remettre en cause toutes ses certitudes à partir d’une rencontre. Rencontre d’ailleurs trop annoncée dès le début, comme si l’histoire d’amour était écrite par avance, la mystérieuse inconnue nageant dans la mer étant la jeune femme qui allait le gifler. J’ai trouvé que cela était trop prévisible.

 

Mais l’ensemble s’améliore à partir du moment où Antoine va commencer à écouter son instinct au lieu de sa raison, et sortir de la routine. Et il est servi avec Emma, qui vit dans une famille avec des problèmes, et qui va l’aider à sortir de sa coquille, tout en le poussant à se plonger en lui-même, en quête d’un passé qui l’empêche vraiment de vivre.

 

Un avis en demi-teinte, donc.

La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre
La meilleure chose qui puisse arriver à un homme, c’est de se perdre

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Méditer en tout lieu, à tout moment

« Méditer en tout lieu, à tout moment » de Cindy Chapelle, éditions Jouvence, collection Les Pratiques Jouvence

 

Résumé : Un guide pour apprendre à prendre conscience de l’instant présent, et être attentif à l’ici et maintenant, quels que soient les moments et les situations : au réveil, en famille, au travail, en cuisinant, dans les transports…

 

Mon avis : Ce petit guide pratique a été écrit par la sophrologue Cindy Chapelle, qui partage ses conseils pour apprendre à méditer.

 

Elle fait référence à la méditation de pleine conscience ou mindfulness, et explique qu’elle proposera deux types de méditations pour toutes les situations : l’une qu’elle qualifie de « flânerie méditative » qui consiste à ralentir et à prendre conscience de ce que l’on fait, ressent, entend, et la méditation proprement dite, qui nécessite de s’installer dans un endroit calme, et de prendre une posture méditative.

 

Après avoir présenté les effets positifs de la méditation et donné des conseils pour apprendre à méditer, elle propose différentes méditations en fonction des heures de la journée, de l’endroit où on se trouve, des activités ou des situations : au réveil, au travail, à la pause déjeuner, dans les transports, en cuisinant, en famille, en situation de stress, en bougeant.

 

Pour chacun des chapitres, elle propose la même structure, qui permet au lecteur de mettre en place des routines de méditation : un exercice pour réfléchir à son niveau de conscience, des flâneries méditatives à tester, des pistes pour progresser, des méditations plus approfondies, des pistes d’inspiration pour chaque situation.

 

Avec la répétition, le lecteur est encouragé à ancrer en lui des habitudes de méditation et à en faire une routine, qui l’aide à canaliser ses pensées.

 

S’il fallait retenir quelques éléments pour apprendre à méditer, ce seraient l’attention à ce qui est ici et maintenant sans jugement, se recentrer sur sa respiration, écouter son monde intérieur, ainsi que le monde extérieur, ralentir, et lâcher prise.

 

Un guide centré sur l’aspect pratique, avec des conseils à mettre en oeuvre immédiatement, à destination des personnes qui connaissent déjà le sujet, ou qui désirent se mettre tout de suite à la pratique.

 

Merci aux éditions Jouvence et à Babelio et son opération Masse critique pour m'avoir fait découvrir ce livre.

                        

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Soul breakers

« Soul breakers » de Christophe Lambert, éditions Bayard jeunesse

 

Résumé : Dans l’Amérique de 1936, où la crise est passée, nombreux sont les gens jetés sur les routes qui essayent de se rendre ailleurs pour trouver un emploi. Teddy, sa sœur Amy, et leur père, en font partie. Lors d’une étape dans un campement, une caravane de forains débarque, et Amy va avoir la joie d’assister à un spectacle de marionnettes. Mais dans la soirée, Amy change brusquement, et la petite fille joyeuse et pleine de vie laisse place à une personne plongée dans un état catatonique, comme si son âme avait disparu. Teddy est persuadé que les forains ont volé l’âme de sa sœur, et décide de partir à leur poursuite…

 

Mon avis : Un roman bouleversant que j’ai adoré et lu d’une traite !

 

L’histoire commence dans la difficile réalité des Etats-Unis, où la pauvreté augmente suite à la crise, et où les gens essayent de trouver un avenir meilleur et un emploi dans d’autres régions. La vie quotidienne est très difficile pour survivre, et l’argent manque cruellement.

Aussi, lorsque des forains proposent à Amy et Teddy une place gratuite pour le spectacle, Teddy se demande ce que cela cache. Et lorsqu’il découvre sa sœur dans un état d’abrutissement total, il comprend que les forains ont volé l’âme de sa sœur.

Incapable de l’expliquer, il quitte son père pour partir à la poursuite de cette étrange troupe de forains, aidé par son pouvoir qui lui permet de visualiser dans ses rêves la position des personnes.

 

Son chemin va le mener à faire de belles rencontres, à découvrir l’amitié, mais aussi le sordide quotidien des travailleurs américains dans les mines ou dans les abattoirs pour une poignée de dollars.

Il croisera toute une gamme de sentiments : amitié, amour, peur, solidarité, et il va aussi découvrir le pouvoir de forces occultes, chamanisme comme vaudou, au service de forces antagonistes.

 

Ce récit initiatique, sorte de road movie à travers le continent américain, mêle description de la vie rude à la fin des années 30 et magie intemporelle. Car la sinistre caravane des forains emporte les âmes sur son passage dans un but secret.

 

Une histoire forte, à laquelle je ne m’attendais pas à la lecture du résumé, et où le fantastique prend peu à peu possession du récit, mêlant différentes traditions et légendes, et nous emmenant dans un récit mené tambour battant.

 

Le héros, Teddy, va mûrir et va aussi apprendre à mieux se connaître et devenir adulte. Il va comprendre que, quel que soit son pouvoir, chaque homme a le choix de l’utiliser pour le bien ou pour le mal. Chacun est responsable de ses choix.

 

Une histoire que je conseille à partir de la troisième, au lycée, et à tout adulte qui a gardé son âme d’enfant, acceptant de croire l’impossible, et souhaitant connaître le destin des âmes emportées.

 

Merci à Babelio et son opération Masse critique, ainsi qu’aux éditions Bayard jeunesse, pour m’avoir fait découvrir ce roman passionnant juste après sa sortie !

 

 

 

 

Quelques extraits :

 

  • « Mais oui, il y a toujours des raisons de se réjouir. C’est juste que la plupart des gens ne les voient pas. »
  •  
  • « C’était ça, devenir adulte ? Etre en permanence devant des carrefours où personne n’aurait songer à planter de panneaux indicateurs ? Cela ne donnait guère envie de vieillir. »
  •  
  • « Parfois, on n’a pas le choix. Pour survivre, on se construit une carapace. On ferme les écoutilles et on avance… Teddy a fait des choses dont il ne se serait pas cru capable auparavant. »

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