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Articles avec #coups de coeur catégorie

La terre qui penche

« La terre qui penche » de Carole Martinez, éditions Gallimard

Résumé : Blanche est une jeune demoiselle d’une dizaine d’années qui vit dans le château de son père, qui la fait élever à la dure. Un jour, elle sent un changement, mais personne ne lui dit rien alors qu’on lui coud un magnifique surcot. Son père l’emmène alors sur un cheval à travers la forêt et elle arrive au Domaine des Murmures, où l’attend son promis.

Mon avis : Ce roman se situe essentiellement au Domaine des Murmures, où quelques siècles auparavant, Esclarmonde vivait et s’était enfermée volontairement dans un bâtiment attenant à la chapelle du Domaine, devenant une femme presque sainte, dans le roman « Du domaine des murmures », que j’avais beaucoup apprécié.

Ici, on rencontre Blanche, une petite fille d’environ 10-11 ans, fille d’un seigneur rugueux qui n’apporte aucun amour à sa famille, ainsi qu’à sa sœur, ou à ses autres bâtardes. Il part souvent guerroyer, et punit ses filles dès qu’elles s’écartent du chemin qu’il leur a tracé. Malgré tout, Blanche est un peu rebelle, elle est même surnommée « Chardon », un peu spéciale aussi, car elle parle la nuit et ne peut donc garder aucun secret.

Mais un jour Blanche découvre qu’on lui prépare un magnifique surcot aux armes de son père, avec trois loups couleur de sable, et se retrouve un matin à cheval pour aller à la rencontre de son destin. Celui-ci va la mener au Domaine des murmures, où l’attend son futur époux, Aymon, qui est simple d’esprit. Elle va alors rester au Domaine afin d’apprendre à lire et à écrire, afin de pouvoir gérer le Domaine à partir du jour où elle se mariera, pour suppléer à son mari. Au début, Blanche se révolte, est effrayée qu’on lui choisisse son destin, mais finalement, après avoir dépassé sa peur du diable à l’œuvre dans les actions que nous entreprenons, elle va s’adapter à cette vie et découvrir le plaisir de la connaissance. Elle va aussi en apprendre plus, par petites bribes, sur l’amour entre sa mère qu’elle n’a pas connue, et son père.

Le récit est raconté à deux voix, l’une est celle de la fillette, l’autre, celle de la vieille âme qui reste enterrée auprès de la fillette, et qui a vu les siècles défiler. Toutes deux se replongent dans les souvenirs de Blanche, qui est morte très jeune à 12 ans.

On retrouve un Moyen Age où la vie est difficile et violente, la peste présente, le pouvoir des hommes implacable, la condition des femmes peu enviable, mais où règne aussi une certaine résistance des femmes face à leur destin, où la magie imprègne les lieux et les esprits des gens. La rivière de la Loue vers laquelle la terre du Domaine penche, comme irrésistiblement attirée, est un personnage à part entière, capable d’amour, mais aussi de remous et de courants monstrueux, incarnée par la Vouivre, cette femme légendaire qui a sur son front un rubis, et qui tue les hommes après l’amour. On y croise des loups couleur de sable, des êtres légendaires, le diable qui s’incarne souvent en l’homme pour faire le mal, un cheval au cœur courageux, un père heureux d’ouvrir son cœur à son fils…

On entre de plein dans l’imaginaire du Moyen Age, avec son bestiaire monstrueux, ainsi que les légendes locales, aux confins du Doubs et du Jura : ogre qui viole et dévore les petits enfants, Vouivre…

Réalité et légende sont inextricablement liées dans cette histoire, où certains êtres apparaissent aux enfants au cœur pur, où une vieille âme peut s’égarer dans son récit, mais qui finalement prône une certaine liberté des femmes par rapport à leur destin, même si elles le payent chèrement.

Une histoire envoûtante et violente à la fois, aux confins de la rêverie, de l’étrange, et de la réalité, empreinte de douleur, de poésie et de mysticisme.

« A tes côtés, je m’émerveille.

Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.

Tu dors, ô mon enfance,

Et, pour l’éternité, dans la tombe, je veille. »

L'avis de Manou, qui m'a donné envie de lire ce roman : http://www.bulledemanou.com/2016/10/la-terre-qui-penche-carole-martinez.html

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 Nos âmes rebelles

« Nos âmes rebelles » de Samantha Bailly, éditions Rageot

Résumé : Sonia et Lou entrent en terminale, chacune dans sa ville. Sonia retrouve l’internat et son ami Matthieu, tandis que Lou rencontre un bel italien dans sa classe le jour de la rentrée. Toutes deux continuent à écrire et à dessiner, espérant pouvoir publier et réaliser leurs rêves : fac de philo pour Sonia et école des Gobelins pour Lou. Cette année est la dernière avant leur vie d’étudiante et de jeune adulte.

Mon avis : Suite de « Nos âmes jumelles » que j’avais adoré, « Nos âmes rebelles » nous emmène dans une nouvelle année scolaire en compagnie de Sonia et de Lou. Après un heureux été passé ensemble, elles se résignent à retourner au lycée, avant de pouvoir vivre leur vie une fois le bac réussi.

Sonia est toujours en quête éperdue d’amour, et doute beaucoup d’elle. Elle continue à écrire son premier roman, qu’elle souhaite ensuite envoyer à des éditeurs.

Lou est toujours aussi mal à l’aise avec les autres, mais la découverte d’un nouvel élève un peu intrigant va lui permettre de se rapprocher un peu des autres.

Avec Sonia, elles continuent à publier sur leur page Facebook , s’inspirant de leur quotidien. Sonia rêve de pouvoir entrer à la Sorbonne en philo, tandis que Lou se prépare aux examens d’entrée à l’école des Gobelins, malgré les doutes ou l’opposition de leurs parents respectifs. Leurs rêves les poussent à continuer, à écrire et dessiner encore et encore pour progresser. C’est leur havre de paix, le moyen pour elles de vivre vraiment, de respirer la vie.

J’ai trouvé ce tome 2 aussi passionnant que le précédent. L’amitié indéfectible entre Sonia et Lou leur permet de croire en elles-mêmes, de s’épanouir. Sonia est en perpétuelle quête de l’amour, ce qui lui vaut des désillusions, tandis que Lou commence à s’ouvrir aux autres, et à se socialiser. Leur art, chevillé au corps et à l’âme, est le plus important pour elle, et elles croient en leurs rêves. Ces deux amies, presque âmes sœurs, sont toujours aussi attachées l’une à l’autre, mais commencent aussi à mûrir, à devenir un peu plus adultes, et « rebelles » dans le sens où elles décident de se forger leur avenir en croyant en leurs rêves. J’ai trouvé toujours aussi intéressant les petits mots mis en exergue de chaque chapitre, qui montre le recul pris par les héroïnes, 10 ans après.

Cette série, comme je l’avais déjà dit, semble s’inspirer fortement de l’amitié entre Samantha Bailly et Miya. Elles ont d’ailleurs signé « Alchimia », un manga écrit à quatre mains.

Un roman qui montre les fêlures de l’adolescence, l’envie de grandir, mais aussi la passion et la foi en son art. Un bel hommage aux arts et aux lettres.

Un extrait : « Peut-être que les ténèbres sont un passage obligé pour faire ressortir la beauté de la lumière ».

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Les garçons ne tricotent pas (en public)

 « Les garçons ne tricotent pas (en public) » de T.S. Easton, éditions Nathan

 

Résumé : A cause de ses copains et d’un mauvais concours de circonstances (vol d’alcool, accident de vélo sur trottoir avec une vieille dame faisant traverser les enfants devant l’école), Ben se voit inscrit dans un programme de mise à l’épreuve pour jeunes délinquants. Il doit filer dans le droit chemin, rendre service à la vieille dame qu’il a renversé, et s’inscrire à un cours de tricot ! Mais voilà qu’il se découvre une passion aussi subite qu’inattendue pour les mailles à l’endroit et à l’envers. Comment cacher ce secret ?

 

Mon avis : J’ai trouvé ce roman réjouissant, avec un final mémorable et jubilatoire.

 

 

Premier bon point d’abord avec la couverture rigolote qui fait penser que le tricot est réservé aux petites mamies qui font des pulls pour leur chien.

 

Ensuite Ben, le héros, est un garçon ordinaire qui a l’art de se retrouver dans des situations désastreuses, surtout avec ses trois amis !

 

Aussi, quand il choisit le cours de tricot, une vie de mensonge commence pour lui ! Il n’ose pas avouer à son père qu’il fait du tricot et préfère lui faire croire qu’il fait partie du club poterie, quitte à s’embourber dans de plus en plus de mensonges, le mettant dans des situations pas possibles.

 

Et il découvre avec stupeur qu’il est passionné par le tricot, mais qu’en plus, il est plutôt doué ! Bientôt, les aiguilles, les différents types de laines, les mailles endroits et envers, le jacquard n’ont (presque !) plus de secret pour lui ! Et il se lance même dans la création !

 

Mais comment avouer aux autres, surtout aux garçons et aux hommes, qu’il est fan de tricot ! ? Surtout son père qui va le pendre pour un efféminé, ou ses amis, ou encore le trio qui le persécute au collège ? Et comment alors réussir à séduire une fille, comme la belle Megan ?

 

Bref, tout se complique, et les situations s’enchaînent pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

Mention spéciale pour sa rencontre avec la vieille dame qu’il a renversé et qu’il doit aider, car elle se révèle « dépotante » ! Et elle pourrait se révéler une de ses meilleures alliées !

 

En résumé, un roman plaisant qui permet de dépasser les préjugés et les stéréotypes sur les activités réservées aux filles et aux garçons, avec un soupçon d’humour anglais, qui fait du bien tout en faisant réfléchir !  Le nouveau Billy Elliot ou le nouveau Louis Feyrières (de "Maïté coiffure") arrive et emporte tous les suffrages avec lui. On en redemande !

 

Un extrait : « Le souk, ça peut avoir du bon. Quelquefois, pour que quelque chose soit beau, il faut un peu de désordre. On ne peut pas toujours tout contrôler, il faut savoir laisser les choses prendre leur envol. »

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La Passe-miroir, 2. Les Disparus du Clairdelune

 « La Passe-miroir, 2. Les Disparus du Clairdelune » de Christelle Dabos, éditions Gallimard jeunesse

 

Résumé : Ophélie est intronisée à la cour de Farouk et devient vice-conteuse de ce dernier. Elle découvre les risques et les dangers auxquels elle s’expose en étant ainsi au centre des attentions. Par ailleurs, des Mirages disparaissent de Clairdelune sans qu’on sache ce qu’ils sont devenus. Ophélie va être sommée de mettre ses talents de liseuse pour essayer de les retrouver. Et sa famille va arriver rapidement chez elle avant le mariage. Comment cela va-t-il se passer ?

 

Mon avis : Je me suis plongée avec délice dans ce tome 2 et j’ai tout de suite retrouvé cet univers enchanteur mais dangereux. Ophélie est toujours aussi maladroite, mais devient de plus en plus en forte pour oser affirmer ses idées. Elle va faire preuve de persévérance, mais aussi d’audace, va en découvrir plus sur Thorn, recevoir des lettres de menaces de mort et courir de graves dangers. Son union future avec Thorn ne plaît pas à tout le monde, et elle va découvrir qu’elle est la cible de nombreux complots pour empêcher son mariage, quitte à la tuer. Mais Ophélie est curieuse et veut découvrir ce qui se trame, même si plus elle en apprend, moins elle comprend. Les révélations finales vont permettre à Ophélie et au lecteur d’en savoir un peu plus, mais il reste beaucoup de pans d’ombre à éclaircir. Moi qui croyais que l’histoire se terminait avec le tome 2, j’ai découvert avec joie qu’il me restait encore de bons moments à passer avec un tome 3 qui est sorti le 1er juin.

 

Un roman magnifique qui se lit d’une traite tellement on est pris par l’intrigue. Seuls quelques indices sont donnés, mais on navigue souvent à vue dans le brouillard, les lunettes ne permettant pas d’éclaircir toute la vérité. Ophélie est une héroïne maladroite, mais qui accepte de regarder la vérité en face et se confronter aux autres, elle a un coeur bon, et découvre en elle la force d’aller face au danger pour aider ceux qui lui ont proches. Il reste encore beaucoup de mystères à découvrir sur ce monde déchiré divisé en arches. Vivement que je puisse lire le tome 3 !

 

Un extrait : « Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c’était que les erreurs étaient indispensables pour se construire. »

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La Passe-miroir, 1. Les Fiancés de l’hiver

« La Passe-miroir, 1. Les Fiancés de l’hiver » de Christelle Dabos, éditions Gallimard jeunesse

 

Résumé : Dans un monde futuriste divisé entre différentes Arches dirigées par des esprits de famille, je vous présente Ophélie, qui vit sur l’arche Anima, où les gens ont des dons avec les objets, que ce soit pour les réparer, « lire » leur histoire… Ophélie a deux dons originaux : elle peut traverser des miroirs, et est une liseuse renommée, tenant son musée d’objets du passé. Soudainement, elle découvre qu’elle va devoir se marier. Mais son promis n’habite pas Anima, et vient du Pôle. Elle va devoir quitter sa famille soudainement pour suivre son futur mari chez lui, heureusement accompagnée par sa tante Roseline. Mais elle va rapidement comprendre qu’elle se retrouve en territoire ennemi…

 

Mon avis : Coup de cœur pour ce premier roman de Christelle Dabos dont j’ai entendu ou lu beaucoup de bien.

 

Le lecteur est plongé dans un monde futur, où les gens vivent dans des Arches différentes, sous l’égide de leur esprit de famille. Ophélie est une jeune fille un peu à part dans son Arche d’Anima, elle a des dons un peu spéciaux, n’est pas du tout coquette, et a déjà refusé deux cousins en mariage ! Mais tout change du jour au lendemain, elle va devoir se marier à un parfait étranger qui vient de l’Arche du Pôle. Et quand elle rencontre son fiancé, Thorn, elle découvre un homme glacial, peu causant, aux manières un peu rustres, qui l’ignore complètement, et semble encore moins apprécier qu’elle l’idée du mariage.

 

Mais elle n’a pas le choix, elle va devoir le suivre chez lui, dans la Citacielle, qui sous couvert d’illusions, cache de sombres secrets, complots et meurtres. Accompagnée de sa tante Roseline, Ophélie va devoir affronter une belle-famille pas toujours vraiment accueillante, et comprendre que sa vie pourrait même être en danger.

 

Pourquoi Thorn l’a-t-il choisie ? Quels sont les avantages de ce mariage soudain pour lui et sa famille ? Ophélie est bien déterminée à comprendre ce qui se trame…

 

Quand on plonge dans ce roman, on se retrouve avec une Ophélie aux antipodes des critères de l’héroïne accomplie : elle prend peu soin d’elle, s’habille et se coiffe avec négligence, est myope, souvent malade, toujours maladroite, et ne s’intéresse qu’aux objets du passé. Aussi, on se demande comment elle va pouvoir survivre dans un univers glacial et fourbe, face aux différentes manigances qui se trament dans son dos, alors qu’elle ne sait toujours pas pourquoi elle a été choisie.

 

C’est avec d’autant plus de plaisir qu’on la voit progressivement s’affirmer, comprendre les mystères qui entourent sa venue, et décider de devenir maîtresse de son propre destin. Car sous ses airs frêles, elle cache une grande force de caractère en quête d’honnêteté et de vérité. Sa vie sera difficile et elle va être malmenée, mais ses qualités d’écoute et de réflexion vont lui permettre de se frayer une place dans ce monde si différent du sien.

 

En bref, un roman que je recommande à tous, mais je reste sceptique sur le fait que des élèves de collège accrochent à ce gros pavé à l’histoire très (trop !) originale pour eux. Je le conseillerais plutôt à partir du lycée. J’ai l’impression que ce roman entre dans les catégories des livres qui ont un très gros succès auprès des prescripteurs de lecture, mais qui a du mal à se faire une place chez les jeunes. Un peu comme « Vango » de Timothée de Fombelle. Mais peut-être que je me trompe…

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Le grand méchant Renard

« Le grand méchant Renard » de Benjamin Renner, éditions Delcourt, collection Shampooing

 

Résumé : Renard va régulièrement à la ferme pour tenter de s’emparer d’une poule à dévorer. Mais hélas, il ne fait absolument pas peur, et les poules se moquent de lui. Alors quand Loup lui suggère de voler les œufs d’une poule, de les couver, d’élever les poussins pour les manger, Renard n’hésite pas un instant. Mais c’est sans compter sur ses émotions de « mère poule ».

 

Mon avis : Cette BD a reçu en 2016 le Fauve Prix jeunesse du Festival d’Angoulême, et on comprend pourquoi.

 

J’ai moi aussi adoré cette BD pleine de joie, où le Renard est l’antithèse des animaux qui font peur. Même les petits oiseaux se moquent de lui et ne ressentent aucune peur. Le cochon et le lapin du fermier ont même pitié de lui et lui donnent des navets, car Renard est bien incapable de faire le poids par rapport aux poules. Alors, lorsque son compère Loup lui suggère de voler des œufs pour élever des poussins et les dévorer, il pense que c’est enfin le moment d’y arriver. Mais bien sûr, rien ne se passe comme prévu pour notre Renard un peu (beaucoup !) looser. Les petits poussins vont vite s’attacher à lui, et il va découvrir les joies et les crises de nerfs de la vie en famille !

 

Une BD réjouissante où on rit de Renard lésé par le Loup (pour une fois), bien loin de la légendaire ruse dont on affuble les animaux de sa race. Renard est maladroit, peureux, mais aussi attachant. Et il va se révéler finalement bien plus courageux qu’il y paraît quand il va devoir sauver la vie des petits poussins qu’il aime finalement comme une mère. Beaucoup de gags, mais aussi de poésie et des moments touchants dans cette BD qui se lit d’une traite et se relit aussi pour le plaisir !

 

A lire absolument !

 

Le grand méchant RenardLe grand méchant Renard
Le grand méchant RenardLe grand méchant Renard

Pour prolonger l'aventure, une aventure interactive très sympathique est disponible en ligne :

 

Aventure de Renard

 

Et voici la bande-annonce du film d'animation qui sortira sur les écrans le 21 juin

 

 

L'avis de Manou, qui m'avait fortement donné envie de lire cette BD, c'est par ici : http://www.bulledemanou.com/2016/04/le-grand-mechant-renard-benjamin-renner.html

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Toc toc toc : papa, où es-tu ?

« Toc toc toc : papa, où es-tu ? » de Bryan Collier et Daniel Beaty, éditions Little urban

 

Résumé : Un petit garçon joue tous les matins au « toc toc toc » avec son papa et cela le rend heureux. Mais un matin, son père ne frappe pas à la porte, alors le petit garçon l’attend chaque jour…

 

Mon avis : Un superbe album sur l’absence du père. On ne sait pas ce qui est arrivé exactement au papa, même si on le devine. Son absence va assombrir la vie du petit garçon qui attend son papa pour le guider dans la vie. Alors il lui écrit une lettre. Et un jour, une réponse arrive, qui va le guider dans sa vie, même s’il ne revoit pas son père. Cette lettre va lui ouvrir les portes qui vont lui permettre de réaliser ses rêves, mais surtout de se réaliser dans la vie.

 

Un bel album, avec des collages qui marquent la douceur et la joie, mais aussi la peine face à l’absence du père. Ce dernier disparaît physiquement, mais va guider son fils à travers les mots, lui demandant d’être sérieux et de croire en lui-même pour oser vivre sa vie.

Un album doux-amer qui pourra permettre aux enfants de mettre des mots sur leur souffrance, mais aussi de comprendre qu’ils peuvent choisir leur vie et se construire.

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Le Héros

« Le Héros » de Pierre Cornuel, éditions HongFei

 

Résumé : Zhou Chu est fort et puissant, aime dominer les autres et les commander, ce qui le rend souvent cruel. Aussi lorsque qu’un habitant lui suggère de vaincre le terrible tigre et le monstrueux poisson, il pense devenir un héros respecté. Mais le destin va lui jouer des tours…

 

Mon avis : Cet album est tout simplement magnifique, avec ses illustrations au pinceau et à la plume, dignes des estampes traditionnelles !

 

L’histoire raconte la vie d’un jeune homme cruel et présomptueux, à qui la vie va offrir une leçon amère. Mais il va saisir cette occasion pour se recentrer sur lui-même, apprendre à se connaître et s’ouvrir au monde.

 

Une belle leçon de morale et qui fait penser à l’enseignement de Confucius. Elle peut permettre de faire réfléchir les élèves sur l’apprentissage de la sagesse, qui commence par la connaissance de soi et la maîtrise de son for intérieur.

 

Un vrai coup de coeur !

 

Un extrait : « Se dépasser soi-même est plus important que dominer les autres »

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14-14

« 14-14 » de Silène Edgar & Paul Beorn, éditions Castelmore

 

Résumé : Adrien se rend régulièrement au cimetière pour y retrouver Marion. Mais le jour où il compte lui déclarer sa flamme, elle lui envoie un SMS pour lui dire qu’elle sort avec Franck ! Désespéré, le garçon aurait bien besoin de conseils. Sa requête sera entendue. Il va entamer une correspondance avec celui qu’il pense être son cousin, Hadrien, par l’intermédiaire d’une boîte aux lettres un peu ancienne. Mais Hadrien ne vit pas en 2014 mais en 1914. Lui est amoureux de Simone, et souhaiterait pouvoir aller au lycée, mais son père refuse. Tous deux vont apprendre à se connaître et devenir amis. Mais la première Guerre Mondiale va bientôt survenir…

 

Mon avis : L’idée de faire correspondre deux garçons à 100 ans d’intervalle est originale.

Au début, chacun des garçons pense écrire à son véritable cousin, jusqu’à ce qu’ils découvrent, stupéfaits, que l’un vit en 1914 et l’autre en 2014. Tous deux vivent à des époques différentes, mais ont des préoccupations communes : l’école, la famille, l’amour… Chacun va apprendre à connaître l’autre, et tous deux vont se donner mutuellement des conseils qui vont leur servir et les aider à grandir. Mais lorsque Adrien comprend que la Première Guerre mondiale va bientôt éclater, il a peur de perdre son ami. Car le village où il habite va faire partie du Chemin des Dames et va vite être rayé de la carte. Comment faire pour l’aider ?

 

Chaque chapitre alterne des scènes de la vie quotidienne d’Adrien et Hadrien, ainsi que leurs lettres. Très vite, on oublie l’aspect merveilleux de l’échange de lettres à travers le temps pour se plonger dans la vie de ces deux garçons.

D’un côté, la vie moderne de 2014 avec la difficulté pour Adrien de trouver sa place, de réussir à exprimer ses sentiments, sa révolte contre l’école. De l’autre, en 1914, la vie à la campagne d’Hadrien qui va passer son Certificat et rêve d’intégrer le lycée pour devenir ingénieur, même si son père voudrait le garder à la ferme, la vie quotidienne aux champs et les soins des animaux, et les terribles maladies comme la pneumonie qui emportent des vies. Chacun va avoir besoin de l’autre et trouver des solutions pour venir à bout des difficultés rencontrées. Et surtout Adrien voudrait sauver Hadrien d’une mort certaine s’il ne quitte pas son village avec sa famille. Mais comment faire entendre aux autres que l’on reçoit des lettres du futur ?

 

J’ai trouvé ce roman poignant, mettant en parallèle la vie de deux garçons qui vont devenir amis. Certaines scènes sont très touchantes et donnent parfois même les larmes aux yeux. Le scénario de l’histoire est original, les lettres pleines de vie, et l’histoire commune des deux amis va permettre à chacun de trouver de l’aide et de trouver le courage de faire face aux difficultés de la vie.

Un livre que l’on referme avec nostalgie.

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Bluebird

 « Bluebird » de Tristan Koëgel, éditions Didier Jeunesse

 

Résumé : Sud des Etats-Unis, dans les années 1940. Minnie parcourt les routes du Mississippi avec son père, elle, jouant de l’harmonica, lui, du violon. Minnie a un rêve : pouvoir enregistrer un disque ! Tous deux passent d’un endroit à un autre, jusqu’au jour où le destin va les forcer à s’arrêter dans la plantation de Silas. C’est là que le destin de Minnie va basculer, pour le meilleur comme pour le pire : elle va rencontrer Elwyn, le fils du contremaître avec qui elle va se lier d’amitié, mais elle va aussi assister une catastrophe qui va la pousser à s’enfuir à Chicago. Que va-t-elle devenir dans cette grande ville ? Pourra-t-elle s’y reconstruire et réaliser son rêve ?

 

Mon avis : Gros coup de cœur pour ce roman qui fait chanter l’âme du blues jusqu’au tréfonds de votre être.

 

Minnie est la fille d’un songster, un chanteur noir itinérant, depuis la mort de sa femme qui s’est tuée à la tâche dans une plantation. Ils sillonnent les routes du sud, échangeant un toit et de la nourriture contre des chansons. Et tous deux savent mettre l’ambiance avec leur blues. D’ailleurs Mille rêve d’enregistrer un disque, de faire des tournées.

 

Le jour où ils sont contraints de s’arrêter dans une plantation, Minnie va découvrir un maître diabolique et pervers, entouré de la famille du contremaître qui ne vaut pas mieux que lui. Mais elle va aussi faire la rencontre d’Elwyn le fils des contremaîtres, qui vient l’écouter et lui apporter un bâton de sucre en cachette. Tous eux vont faire fi des conventions et de la ségrégation et devenir amis.

 

Mais Minnie va devoir face à un coup cruel du destin et fuir à Chicago. Là, elle va devoir apprendre à faire face à sa peine et survivre dans ce nouvel environnement. Le blues va revenir à elle par des biais détournés, heureux hasard ou destin écrit par le vieux sorcier qui lui a donné une amulette protectrice et lui a prédit que sa voix résonnerait au-delà des montagnes. Le lecteur découvre alors l’univers du blues, avec sa concurrence rude, les clubs où on joue, l’enregistrement des disques…

 

Ce roman touche au cœur, autant par l’histoire personnelle de Minnie, la reconstitution de l’atmosphère lourde et difficile dans les plantations, la ségrégation et le racisme quotidien envers les Noirs, que par la découverte du blues, qui va révolutionner l’univers de la musique à cette époque.

 

L’auteur prend le judicieux parti de faire alterner différentes voix au cours du roman, permettant de multiplier les points de vue. Chaque voix donne un élément d’un puzzle où le diable semble se rire de tout, et où les gens et les situations ne sont pas ce qu’elles pourraient sembler être.

 

On tremble avec Minnie qui va réaliser son destin à cause d’un événement tragique, on frémit de crainte face à Silas qui semble l’incarnation du diable en personne, on est ému par les sentiments d’Elwyn et son amour profond pour Minnie, on ressent de la fierté et de la tristesse avec l’histoire de Nashoba, jeune indien qui va suivre la famille du contremaître, on pleure avec les morts, tout comme on danse de joie à l’écoute du blues. Et on découvre la voix aérienne, profonde et envoûtante de Minnie, ressentant le blues dans son corps et dans son âme.

 

Un superbe roman, intense et sensible, que je vous conseille vivement !

 

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