Marie de Beaujeu 

Publié le par Doc Bird

« Marie de Beaujeu » d’Elisabeth Bourgois, éditions du Triomphe

Je remercie Babelio et son opération Masse critique Littératures, ainsi que les éditions du Triomphe, pour l’envoi de ce roman historique, qui va nous emmener au cœur du 13ème siècle, entre la Franche-Comté, Paris et la route de la dernière croisade de Saint-Louis.

Avant de parler plus avant de ce roman, je précise qu’il a déjà été publié en 2014 sous le même titre, mais que l’édition que j’ai reçue a été intégralement révisée en 2025.

L’autrice, Elisabeth Bourgois, s’est inspirée d’une histoire locale du site de Beaujeu, en Haute-Saône, où subsiste de nos jours une tour carrée, où aurait vécu Marie de Beaujeu, l’héroïne de cette histoire.

Marie est une jeune fille pleine de vie et d’enthousiasme, qui vit dans le château de Beaujeu avec ses parents et ses deux frères. Un seigneur plein d’envie de posséder ce beau fief, Erard de Blamont, va alors se rapprocher de la famille, car, ne pouvant envahir le château, il décide de demander la main de Marie à son père. Mais Marie déteste cet homme au physique repoussant, qui a en plus l’âge de son père, et elle aime secrètement Guy, qui rêve de devenir chevalier, mais est le fils du meunier. Ses parents repoussent leur décision, tout du moins au début, car ils veulent le bonheur de leur fille.

Mais les événements vont se précipiter, entre la mort qui va s’inviter au château, un horrible secret caché par son frère aîné Jehan, l’arrivée d’un cousin de la famille, Thomas d’Oiselay, conseiller du roi Saint-Louis, et l’invitation faite aux seigneurs et chevaliers de repartir avec le roi Louis IX pour une nouvelle croisade.

Ce roman historique est foisonnant, avec un mélange plutôt réussi de fiction et de réalité historique. Si la plupart des personnages principaux sortent de l’imagination de l’auteur, ou de légendes locales, d’autres sont bien réels, comme Marguerite de Flandre ou le roi Saint-Louis. L’ambiance de l’époque est bien restituée, montrant une société où le roi de France a une juridiction limitée sur Paris et ses alentours, mais est un souverain chrétien et pieux capable de pouvoir lancer des Croisades, où les fiefs peuvent passer d’un seigneur à un autre par la ruse ou par la force, et où peuple et seigneur vivent en dépendant l’un de l’autre.

L’atmosphère du Paris du 13ème siècle est également bien restituée, tout comme la réalité historique parfois bien cruelle, notamment avec la dernière croisade de Saint-Louis où les morts vont s’accumuler à cause des diverses maladies et de la peste, et où celui-ci trouvera la mort. Le lecteur se rend aussi compte combien la religion chrétienne imprégnait cette époque.

Bien sûr, certains éléments apportent une touche de modernisme qui ne correspond pas à la réalité de l’époque, comme le fait que l’avis d’une jeune fille puisse être pris en compte par ses parents pour le mariage, qui était arrangé en fonction des intérêts familiaux, et où l’amour n’avait guère de place.

Et l’autrice se permet des rebondissements peut-être un peu trop faciles, avec des retournements de situation peu crédibles à certains moments, comme celle de la personne qui n’était pas celle qu’on croyait. Elle se permet aussi des raccourcis sur l’hérédité que j’ai trouvé un peu top passe-partout, sur le thème de « bon sang ne saurait mentir », qui apportent parfois un peu trop de facilité à l’histoire.

Et pourtant, malgré ces bémols, j’ai été plutôt emportée par le récit, que j’ai plus lu comme une légende romanesque, où le bien finit par gagner. On suit bien sûr le destin de Marie, qui va vivre de nombreux événements, être éprouvée par les épreuves, mais aussi celui de son frère Jehan forcé de partir à Paris, et celui de Thomas, son cousin, qui va être le personnage fil rouge du récit.

Un roman entre faits historiques, complots, amour et aventure, qui m’a emmenée dans une époque rude mais passionnante, aux côtés d’une héroïne courageuse pour pouvoir choisir sa destinée.

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M
Un bon roman historique donc ! J'en lis rarement je l'avoue...par contre je serais curieuse de savoir quels changements ont été effectués entre les deux éditions, à moins de découvertes historiques majeures, je ne vois pas trop ce qui peut être modifié. Peut-être ont-ils voulu moderniser ce personnage féminin, ou alors supprimer des longueurs pour rendre le roman accessible à plus de monde...Je trouve toujours ça bizarre et je me méfie d'une certaine censure...
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D
Alors comme je n'ai pas lu la version de 2014, je ne sais pas du tout ce qui a pu être modifié... Peut-être que le texte a été rendu plus accessible aux lecteurs. J'espère que ce n'est pas une censure en effet....
F
Tu as l'oeil dis donc, lors des masses critiques ! J'aime beaucoup les romans historiques, en particulier de cette période. Bon par contre je ne sais pas si tes bémols ne m'auraient pas eue à l'usure.
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D
Je ne sais pas si j'ai l'oeil, et il y a aussi le hasard de savoir si on gagné, et quel livre parmi ceux sélectionnés !<br /> C'est un roman historique plaisant, cela faisait un moment que je n'en avais pas lu. Mais je pense que ces bémols t'auraient gênée au bout d'un moment... J'ai passé outre, mais aussi peut-être parce que c'est sur fond de légende :)
A
Je m'empresse de le noter. J'aime beaucoup ton terme de légende romanesque et apprécie en général ce mélange historique/fiction. Le fait qu'il y ait un élan de modernité devrait plaire aux jeunes lecteurs et l'apport historique les enrichir. Enfin pas que les jeunes lecteurs car je t'avoue que ce n'est pas le cadre historique que je maîtrise le mieux.
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D
J'ai bien aimé l'idée que l'histoire soit inspirée d'une légende locale, et je pense que la touche de modernité, si elle peut hérisser les puristes, pourra attirer d'autres lecteurs. Pour le cadre historique, pas d'inquiétude, on se glisse aisément dedans. Ce roman m'a rendue curieuse de cet endroit, mais je n'ai pas trouvé trace de la légende sur Internet.