La couleur des sentiments

Publié le par Doc Bird

« La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett, éditions Actes Sud, collection Babel

Dans les années 60, dans la ville de Jackson, Mississippi, la ségrégation raciale est toujours aussi présente. Aibileen travaille comme bonne dans une famille, et elle s’occupe avec amour et tendresse d’une petite fille, dont la mère n’est pas proche du tout. Minny a été renvoyée de son dernier travail, et ne sait pas si elle va retrouver un emploi, car elle a mauvaise réputation en raison de son sens de la répartie, mais elle est une excellente cuisinière. Toutes deux vivent au quotidien dans des familles blanches, où elles entendent tout, mais n’en pensent pas moins. Il y aussi une blanche différente des autres, Skeeter, qui revient à Jackson après ses études, et découvre que Constantine, qui l’a élevée depuis toute petite, est partie sans rien lui dire. Skeeter veut en savoir plus, enquête, et va se rapprocher d’Aibileen, jusqu’à avoir l’idée d’écrire un livre-témoignage sur ce que vivent les femmes noires au service des blancs.

J’avais beaucoup entendu parler de ce roman, ainsi que du film qui en avait été tiré, mais je n’avais ni lu l’un ni vu l’autre. C’est chose réparée aujourd’hui, plus d’une dizaine d’années après la sortie du roman. Et je me suis laissée embarquée dans ce pavé avec passion, suivant le destin de femmes courageuses qui mènent des vies dures au service de familles blanches pas toujours reconnaissantes, et de femmes blanches différentes, qui agissent ou pensent autrement, et peuvent faire bouger les lignes. Car si le Mississippi ne semble pas vouloir bouger contre les lois raciales, le pays commence à entrer en ébullition, avec les marches noires, Martin Luther King.

L’autrice nous dresse le portrait d’une société aux règles bien définies, où la frontière entre blancs et noirs est imperméable, chacun vivant sa vie de son côté, les noires se rendant au travail chaque jour, et rentrant dans le quartier noir chaque soir. Certaines Blanches ont des relations un peu plus empathiques, tandis que d’autres font le maximum pour que chacun reste à sa place, et n’hésitent pas à promouvoir des toilettes séparées, car on ne sait jamais, les maladies des noirs pourraient affecter leurs familles.

Je me suis laissée happée par ce roman, touchée par la solidarité des héroïnes entre elles, leur courage, leurs sens des valeurs, essayant de faire bouger les lignes, sachant que leur action va avoir des retombées négatives sur elles : perte d’emploi, violences du Ku Klux Klan, mise au ban de la société…

J’ai même refermé la dernière page avec un soupir, car j’aurais encore voulu poursuivre un peu de chemin avec elles, et savoir comment leur vie se poursuivait.

Un livre coup de cœur !

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A
Un roman que j'ai envie de lire depuis des lustres mais sa taille me fait un peu peur ainsi que le sentiment de révolte qui doit accompagner les lecteurs durant certains passages. Merci pour ton avis qui donne envie de découvrir ces femmes courageuses.
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D
Cela faisait un moment que je voulais lire ce roman, et l'occasion s'est présentée en le croisant dans les rayons de la médiathèque. Il y en effet des moments difficiles et révoltants, mais je retiens surtout la force intérieure, le courage et la solidarité des ces femmes.
M
J'avais beaucoup aimé ce roman et lire ta chronique ce matin me rappelle plein de détails que je pensais oubliées...Merci pour ce partage. Bon courage pour cette fin d'année avec en plus j'imagine chez toi la chaleur extrême qui fatigue beaucoup...
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D
En me lisant, cela a réactivé tes souvenirs, si le livre t'avait marquée. <br /> Merci, car la canicule frappe fort en ce moment. J'ai hâte que l'année se termine...
F
J'avais beaucoup aimé le film. Je comptais lire le livre aussi, mais je n'ai pas réussi à le caser avant la sortie du film, du coup il sédimente dans ma PAL...
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D
Moi c'est l'inverse, il faudrait que je trouve le temps de voir le film maintenant ;)
T
Bonjour Doc Bird<br /> 624 pages sauf erreur de ma part? cela n'en fait pas un de mes "épais de l'été" (sauf s'il en existe une édition en langue étrangère comportant au moins 700 pages), mais te permet déjà de participer aux "Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste) si tu le souhaites!<br /> (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
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D
Ah oui, il me semble que j'étais plus proche des 540 pages que des 600 quand je l'ai lu ?! Je l'ai rendu à la médiathèque depuis ma lecture.... <br /> Il peut peut-être alors faire partie des Pavés de l'été.
B
J'ai beaucoup aimé le film.
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D
Il faudrait que je prenne le temps de le voir.