Cité Les Argonautes, 1. Des mensonges plus grands que le collège

Publié le par Doc Bird

« Cité Les Argonautes, 1. Des mensonges plus grands que le collège » de Insa Sané, éditions Milan

Résumé : Bounégueux est devenu le Nouveau en emménageant dans la Cité des Argonautes. Mais en entrant en sixième, et en voyant Medi se faire harceler par un redoublant, il décide de se rapprocher du groupe auquel il appartient, pour se sentir plus fort.

Mon avis : Je remercie Babelio et les éditions Milan pour cet envoi du Masse critique littérature jeunesse.

J’ai été heureuse de lire un titre d’Insa Sané, un auteur de Sarcelles, qui montre que le monde de l’écriture est ouvert à tous, y compris quand on vit en banlieue. Ici, son roman s’adresse plutôt à des collégiens, et s’appuie à la fois sur son vécu en tant qu'élève, mais aussi ses rencontres avec des collégiens.

Il écrit un tome 1 d’une série réaliste, au ton choral, avec des chapitres racontés du point de vue de plusieurs personnages. Le récit commence avec Bounégueux, qui arrive dans la Cité des Argonautes, et doit vivre avec l’étiquette de Nouveau qu’on met de côté car on ne le connaît pas. Il décide d’appartenir à un groupe en entrant en sixième, et va devenir ami avec Medi, Maya, Erwan et Jeanne. Leur amitié repose sur l’idée que l’union fait la force, notamment face à Fabrice, un élève redoublant qui fait peur aux autres et harcèle notamment Medi. Mais les idées de Bounégueux ne sont pas toujours aussi géniales qu’il n’y paraît, et ne fonctionnent pas toujours. Malgré tout, ça y est, il fait partie de la bande.

On croise aussi Erwan, qui vit pauvrement, et croit encore à la petite souris, car cela lui permet d’enchanter sa vie dans un quotidien difficile, Medi, qui vit douloureusement son père si peu présent, et absent, même quand il est présent, Maya, qui adore la moto et son père, et enfin Jeanne, que sa mère surveille constamment et qui n’aime pas ses amis.

Tous les cinq vont être liés par un secret, et cela pourrait leur coûter un retour de bâton du destin.

Un roman que j’ai lu d’une traite, au ton et aux mots justes, qui sait dépasser les apparences et les préjugés pour aller au cœur de chacun. On sent bien le vécu dans le récit, et Insa Sané a aussi sûrement mis de lui dans le personnage du comédien qui vient en résidence d’artiste dans un collège monter avec la classe une pièce. Tout n’est pas rose dans la Cité des Argonautes, loin de là, et des drames vont même survenir, on croise le racisme, la peur de la différence, les difficiles relations familiales, les préjugés.

J’ai bien envie de connaître la suite avec le tome 2 qui sort en février 2022.

Quelques extraits :

Bien sûr, il avait raison : on grandit toujours plus vite quand on affronte ses peurs et les défis que nous offre la vie. 

 L’absence, c’est le vide. Peut-on toucher le vide ? Sentir le vide ? Entendre le vide ? L’embrasser ? On sait que le vide est là, mais peut-on lui donner un nom ? Dans mon univers à moi, le vide s’appelle « Papa »

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